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juin 20, 2011

CR: Toscane 2007: les super-toscans

Cette comparaison de vins du millésime 2007 nous a offert un programme d'une grande qualité, au point que plusieurs des gens présents étaient de l'avis qu'elle a été une des plus belles dégustations de vins toscans depuis plusieurs années. Des vins complets, équilibrés, déjà accessibles, un régal du début à la fin. 

Malgré l'homogénéité du programme, chaque volet a eu son vin dominant. Dans le premier volet ce fut le Tignanello, que certains des dégustateurs, ayant suivi ce vin depuis ses débuts, ont qualifié comme le meilleur de tous les temps. C'était effectivement un vin complexe et de grand raffinement, avec un élevage très réussi et une grande prestance en bouche. Une très grande réussite, si grande, en fait, que le très bon Oreno a un peu pâli en comparaison. Seul le Giusto di Notri s'en est assez bien tiré, probablement parce qu'il se différenciait de façon plus radicale, en raison de son caractère fortement marqué par le cabernet.

Dans le deuxième volet, c'est encore une fois la grande homogénéité des vins qui nous a étonnés. On avait là les deux plus grands représentants de l'appellation Bolgheri, qui étaient comparés à deux autres assemblages à base de cabernet sauvignon, un provenant du Chianti, l'autre de la Vallée de Napa. En théorie, on aurait dû avoir devant nous des vins très différents, alors que, paradoxalement, les vins les plus différents entre eux étaient bel et bien les deux Bolgheri.

C'est le vin dans le verre numéro 1, par sa fraîcheur et sa complexité, qui a retenu l'attention d'une majorité du panel. Les avis sur son identité étaient partagés, certains le prenant pour l'Ornellaia, d'autres pour l'Insignia, d'autres encore pour le Giorgio Primo, mais presque tous étant convaincus que c'était le meilleur du lot. En sortant la bouteille du sac, on a réalisé que c'était aussi le moins dispendieux du lot: le Giorgio Primo.

En ce qui concerne les autres vins de ce volet, l'Ornellaia est arrivé deuxième, loin derrière le Giorgio Primo mais, en sa défense, il faut dire que plusieurs dégustateurs étaient plutôt embarrassés au moment de choisir un préféré entre ces deux vins. Les deux autres vins n'ont reçu aucun vote, mais les avis à leur propos étaient très différents. D'un côté, plusieurs participants ont trouvé de très bonnes choses à dire sur le Sassicaia, mais sa précocité semblait en laisser plus d'un perplexe. De l'autre, la grande puissance du Insignia et sa carrure, taillée pour une très longue conservation, ont créé des difficultés pour une partie du groupe.

 

1er Volet
 
Verre #1 - Giusto di Notri      2 votes
Verre #2 - Tignanello            13 votes
Verre #3 - Oreno                     0 votes


Giusto di Notri Toscana i.g.t. 2007, Tua Rita (SAQ 11025609 - 109,25$)
Rubis, très bonne saturation. Beau nez de cassis, feuille de cassis et de cuir, plutôt typé cabernet. Bouche à la trame serrée, tendue par une belle acidité, des saveurs de fruit noir, acidulé, juteux, aboutissant en une finale très longue de fruit noir et de réglisse, aux relents terreux, goudronnés, légèrement chaleureuse. Élégant, complet.
(**** - avr./11 - Fed)

Tignanello Toscana i.g.t. 2007, Antinori (SAQ 10820900 - 99,00$)
Rubis, très bonne saturation. Très beau nez, complexe, raffiné, offrant un beau mélange de notes minérales, animales, un boisé très fin, balsamique, ainsi que des arômes de crème de cerise. Bouche de bonne matière, élégante, tendue, de bonne acidité, avec des tannins légèrement astringents, des saveurs de fruit noir, juteux, de réglisse, des touches boisées élégantes, une finale de bonne persistance, aux relents réglissés, minéraux. Grande réussite.
(**** @ **** ½ - avr./11 - Fed)

Oreno Toscana i.g.t. 2007, Sette Ponti (SAQ - 75,00$)
Rubis-pourpre, très bonne saturation. Très mûr, avec des arômes de confiture de fruits rouges, enrobés de nuances vanillées, ainsi qu'un caractère herbacé. Bouche de très bonne matière, mûre, légèrement herbacée, avec des saveurs de fruits rouges, mûrs, sucrés, encore de la vanille, des tannins mûrs, de la souplesse et une bonne finale chocolatée.
(*** ½ @ **** - avr./11 - Fed)

 

2e Volet
 
Verre #1 - Giorgio Primo         11 votes
Verre #2 - Ornellaia                    4 votes
Verre #3 - Insignia                       0 votes
Verre #4 - Sassicaia                    0 votes

Giorgio Primo Toscana Igt 2007, La Massa (SAQ - 87,00$)
Pourpre, excellenta saturation. Superbe nez, très frais, complexe, offrant de belles notes de cassis mûr, aux nuances florales, poivronnées, animales, cuirées, dans un ensemble qui par moments est vraiment très bordelais, avec à peine un peu plus de maturité. La bouche est ample, veloutée, très élégante, avec une matière mûre, bien glycérinée, des saveurs de fruit noir, très pur, aux accents végétaux discrets qui lui apportent une certaine fraîcheur, des tannins finement astringents et une très longue finale de chocolat noir. Superbe!
(**** ½ - avr./11 - Fed)

Ornellaia Bolgheri 2007, Tenute dell'Ornellaia (SAQ - 169$)
Rubis-pourpre, très bonne saturation. Nez très mûr, légèrement sucré, avec des arômes de fruit noir bien mûr, aux nuances de poivron, d'épices et de cuir, ainsi que des notes vanillées un peu trop soutenues. Bouche ample, dense, glycérinée, grande matière, trame serrée, fine, polie, finale très nourrie, aux saveurs de fruit noir, de moka et de chocolat amer, très long. Un vin très complet, même un peu trop chargé pour le moment. Quelques années de garde lui permettront de s'affiner.
(**** @ **** ½ - avr./11 - Fed)

Insignia Napa Valley 2007, Joseph Phelps (n.d. - 220$)
Rubis-pourpre, opaque. Dès le premier nez on sait qu'on a à faire avec un gros cabernet, profond, puissant, mûr, un brin monolithique à prime abord, mais il gagne lentement en complexité en se développant dans le verre, avec des arômes de cassis et de prune, d'aneth, de cuir, d'épices, de chocolat noir et de vanille. La bouche est plutôt imposante, très dense et structurée, aux tannins bien fermes, mais assez fins et bien enveloppés, des saveurs de fruit noir, très mûr, de la puissance, mais aussi une tenue impeccable pour un vin de cette stature, aboutissant en une très longue finale de chocolat noir. Un cabernet massif, mais étonnamment proportionné, il sera de très longue garde.
(**** @ **** ½ - avr./11 - Fed)

Sassicaia Bolgheri 2007, Tenuta San Guido (SAQ - 139,00$)
Rubis-grenat, très bonne saturation. Beau nez, complexe, déjà légèrement évolué, avec des arômes de cèdre, de champignon, de bois de santal, d'épices, ainsi que des nuances vanillées-fumées. La bouche est très élégante, de belle acidité, avec des saveurs de fruit noir acidulé, de cèdre, de champignon, une trame serrée, très polie, une bonne finale. Un vin élégant et complexe, qui semble toutefois destiné à une évolution précoce.
(**** - avr./11 - Fed)

 

Producteur: Foradori

Elisabetta Foradori raconte qu'à la mort de son père, alors qu'elle n'avait que onze ans, sa famille l'assura qu'elle ne devait pas se sentir obligée, un jour, de reprendre le domaine familial. Le ton ironique avec lequel elle raconte cette histoire laisse clairement sous-entendre que sa destinée était déjà écrite depuis longtemps quand, en 1984, à l'âge de 20 ans, elle a finalement pris le contrôle des activités.

À cette époque, la production locale favorisait nettement la quantité sur la qualité. À ce propos, très diplomatiquement, Elisabetta nous laisse comprendre que certaines pratiques n'ont pas du tout disparu. Toutefois, le cheminement de cette jeune femme fut clair dès le début, alors qu'elle mit tout en oeuvre pour revaloriser le grand cépage noir de la région, le teroldego, dont le "Granato" est probablement l'expression la plus noble.  

Toutefois, malgré le succès que connaissaient ses vins et les reconnaissances qu'elle a obtenues, Elisabetta avoue que, vers la fin des années '90, elle commençait à être fatiguée de ce qu'elle produisait. C'est ce qui l'a poussée à s'orienter vers la biodynamie, dès 2002, cherchant ainsi à apporter plus de pureté et d'équilibre à ses vins.

Les dernières étapes de la constante progression de son travail ont été la revalorisation d'un autre cépage autochtone pratiquement oublié, le nosiola, ainsi que la vinification du fruit de certains crus en amphores de terre cuite de 400 litres. Cette technique, qu'elle applique en blanc, sur le Fontanasanta (100% nosiola), ainsi qu'en rouge, sur les crus Sgarzon et Morei (100% teroldego), produit des vins d'une pureté désarmante.  

La jeune fille de vingt ans a fait beaucoup de chemin depuis les années '80. Un chemin qui n'a pas toujours été facile, le long duquel elle a fait des choix courageux, qui lui auront permis de contribuer à la revalorisation d'un territoire et de sa viticulture, tout en produisant des vins de très grande qualité. C'est un peu de tout ceci que vous apportez à votre table quand vous débouchez une bouteille qui porte le nom d'Elisabetta Foradori.

 

en   blanc 
 

Fontanasanta Nosiola Vigneti delle Dolomiti Igt 2009, Foradori
Le nosiola est un ancien cépage autochtone qu'Elisabetta Foradori a magnifiquement réussi à mettre en valeur dans cet excellent vin, doté d'un parfum très particulier de fleurs sauvages, de muriers et de framboise. La bouche est très cohérente, ample, ronde, florale. Un vin harmonieux et complexe, doté d'un caractère très distinct et original. 
(**** - fév./11 - Fed)

Myrto Vigneti delle Dolomiti Igt 2009, Foradori (I.P. 11421783 - 32,50$)
Issu entièrement du cépage incrocio manzoni (un croisement obtenu par le Professeur Luigi Manzoni entre le riesling et le pinot blanc), ce vin offre un joli nez fumé, calcaire, qui développe de beaux aromes de menthe fraîche et de basilic en évoluant dans le verre. La bouche est d'une belle fluidité, avec beaucoup de fraîcheur et un beau caractère minéral.
(*** ½ - fév./11 - Fed)

 

en rouge 

LES CRUS

Morei Teroldego Vigneti delle Dolomiti Igt 2009, Foradori
Les raisins de ce cru de 1 hectare, sur un sol sableux avec débris argileux, entrent habituellement dans le Granato, le vin de pointe de la maison. Or, en 2009, Elisabetta a décidé d'en vinifier une partie en amphores, pendant huit mois, avec un minimum de sulfitage. Rubis-pourpre, de très bonne saturation, ce vin offre un nez mûr, profond, légèrement épicé, avec des arômes de myrtilles, de mûres,   plutôt discret mais complexe, avec une légère volatilité, des nuances de vernis à ongle, de prune et d'anis, qui rappelle certains vintage. La bouche est ample, de belle viscosité, d'une trame assez fine, un beau fruit de mûres, de baies sauvages, qui persiste. Un vin très complet et complexe, de belle pureté, avec un caractère définitivement original.
(*** ½ @ **** - fév./11 - Fed)

Sgarzon Teroldego Vigneti delle Dolomiti Igt 2009, Foradori
Ce cru de 1 hectare, sur un sol sablo-caillouteux, avec des graviers de 30 cm. de profondeur, bénéficie d'un microclimat plus frais. Tout comme pour le Morei, les raisins du cru Sgarzon, viennent habituellement utilisés dans le Granato. En 2009, une partie a été vinifiée en amphores, pendant huit mois, avec un minimum de sulfitage. Rubis-pourpre, de très bonne saturation, ce vin offre un nez de très belle pureté, avec des arômes de mûres, de myrtilles, de baies sauvages, des nuances florales, encore très jeune et primaire mais extrêmement intéressant. La trame est un peu plus serrée, de très belle définition, avec une trame serrée, plutôt racée, une finale discrète mais très persistante, aux accents de baies sauvages et d'épices. Un vin très réussi, complexe, racé et original.
(**** - fév./11 - Fed)
 

LE GRANATO

Granato Vigneti delle Dolomiti Igt 2007, Foradori (SAQ 898130 - 54,75$)
Nettement plus de maturité que dans le 2006, avec un caractère plus opulent, offrant un beau caractère de crème de prune et de fruits noirs, avec un boisé bien intégré, légèrement graphité. La bouche est ample, mûre, crémeuse, avec des saveurs de prune de très bonne concentration, des tannins très fins, bien enrobés, finale de très bonne persistance, sur des notes de prune.
(*** ½ @ **** - fév./11 - Fed) 

Granato Vigneti delle Dolomiti Igt 2006, Foradori
Plutôt discret, avec un boisé très subtil, laissant des traces graphitées, sur un fond de fruit noir. La bouche est encore sur la discrétion, élégante, d'une trame assez raffinée, avec des saveurs de prune et de cerise, d'assez bonne concentration.
(*** ½ - fév./11 - Fed)

 

LE TEROLDEGO DE BASE

Teroldego Rotaliano 2007, Foradori (SAQ 712695 - 23,35$)
La maturité du millésime est évidente dans ce 2007, le vin offre un beau caractère de cerise et de mûre, la bouche est ample, ronde, souple, avec une matière fruitée bien mûre, mais un peu simple.
(*** @ *** ½ - fév./11 - Fed)

Teroldego Rotaliano 2008, Foradori
Plutôt discret, surtout après le 2007, ce teroldego offre néanmoins un beau nez de mûres et de baies sauvages, de belle fraîcheur. La bouche est de corps moyen, avec des tannins légèrement astringents, un brin de verdeur peut-être, mais aussi de belles notes fruitées acidulées.
(*** @ *** ½ - fév./11 - Fed)

 

CR: Bordeaux 2007


Les biens faits de la mondialisation

Il y a trente ans, un millésime comme 2007 aurait donné des vins maigres, végétaux et insipides. On nous aurait dit qu'il aurait fallu boire ces vins jeunes, en attendant que les meilleurs millésimes se fassent et personne n'aurait vu de mal à ça.

Aujourd'hui, par contre, on déguste les 2007 et on est forcés de se dire que, finalement, les grands crus ne s'en sortent pas si mal. Il est vrai que la technologie permet aux meilleurs producteurs de faire des miracles même dans les récoltes les moins favorables. Mais est-ce seulement une question de technologie? Quand des Châteaux bordelais réduisent leurs rendements sous la barre de 30 hl. par hectare, il devient clair que ceux-ci ne dépendent pas uniquement de l'osmose renversée pour embouteiller un vin satisfaisant. Ces choix nous démontrent que les grands châteaux sont prêts à faire de vrais sacrifices afin d'obtenir un grand vin qui maintienne des standards de qualité de premier niveau.

Qu'est ce qui justifie ces sacrifices? La concurrence. Bordeaux n'est pas la Bourgogne. Dans le marché d'aujourd'hui, quand vous produisez de 200'000 à 500'000 bouteilles par année, vous ne pouvez vous permettre de produire un mauvais millésime. Il y a trop de bons vins de partout à travers la planète pour que le consommateur se satisfasse d'un mauvais bordeaux à fort prix. Les bordelais le savent et, en bons hommes d'affaires qu'ils sont et qu'ils ont toujours été, ils réagissent en conséquence.

La dégustation

Cette dégustation proposait un rapide tour d'horizon de quelques uns des meilleurs châteaux du bordelais, question d'évaluer la qualité du millésime 2007.

Dans le premier volet, deux classiques bordelais étaient servis en compagnie de deux vins pirates: le canadien Osoyoos-Larose et le libanais "Comte de M". Le volet a été remporté haut la main par le très séduisant Margaux de Malescot Saint Exupéry. 

Le deuxième volet nous a véritablement montré à quel point les grands châteaux bordelais peuvent obtenir le meilleur même des pires récoltes. La qualité des quatre vins était réellement très satisfaisante, surtout pour un millésime si difficile. Si le dégustateur plus averti peut facilement s'apercevoir que ces vins ne possèdent pas la profondeur des 2005, force est de constater que dans les circonstances, ces producteurs ont su embouteiller des vins complets,  assez complexes et totalement dépourvus de ces traces végétales qui ont toujours trahit les vendanges difficiles. Pour les amateurs de statistiques, la lutte a été serrée entre Léoville Barton et Pichon Baron, ce dernier l'emportant par un seul vote.


 
J'achète ou je n'achète pas

Un amateur à ses premières armes ne devrait pas hésiter à peupler sa cave avec des bouteilles de quelques uns des vins de cette dégustation (Malescot, Barton, Pichon Baron). La qualité est tout à fait satisfaisante et les prix beaucoup moins dissuasifs que lors de millésimes ayant reçu meilleure presse.

Toutefois, un amateur ayant la cave déjà pleine de vins de millésimes comme 2005, 2003, 2000, 1996, 1995, etc., pourrait facilement se montrer plus sélectif.
 

 

en rouge 
 

Premier Volet 

Verre #1 - Osoyoos-Larose  1 vote
Verre #2 - Malescot St. Exupéry    10 votes
Verre #3 - Haut Bailly       0 votes
Verre #4 - "Comte de M" - Kefraya   1 vote


Le Grand vin Okanagan Valley 2006, Osoyoos-Larose (SAQ 10293169 - 43,50$)
Rubis-grenat, très bonne saturation. Bon nez, offrant des arômes d'aneth, de poivron, de violette, d'épices. Bouche à la trame assez sèche, serrée, légère astringence, saveurs d'aneth, de tabac, d'herbes, de réglisse et de goudron, assez complexe et persistante. Très bien fait, il devrait évoluer positivement sur les cinq prochaines années.
(*** ½ - fév./11 - Fed)


Margaux 2007, Château Malescot St. Exupéry    (SAQ 10848620 - 75,00$)
Rubis, profond, très bonne saturation. Beau nez de moka, sur un fond de cassis très pur, aux nuances florales, un soupçon de poivron, de cuir et d'écurie. Bouche très élégante, assez ample, veloutée, tannins très fins et parfaitement polis, saveurs de cassis, de réglisse, belle acidité, finale légèrement chocolatée, de bonne persistance. Un margaux d'un grand raffinement, très réussi pour le millésime.
(**** - fév./11 - Fed)


Pessac Léognan 2007, Château Haut Bailly    (SAQ 11024534 - 84,25$)
Rubis-pourpre, très bonne saturation. Plutôt fermé, avec un caractère assez sombre de réglisse, de tabac et de fruit noir. Bouche assez structurée, tendue, compacte, d'acidité soutenue, trame serrée, assez ferme, presque dure, avec des saveurs de cassis acidulé. Très intransigeant, pour le moment, un vin qui n'a rien de féminin et qu'il faudra attendre. 
(*** ½ - fév./11 - Fed)


"Comte de M" vallée de Bekaa 2006, Château de Kefraya  (SAQ 722413 - 48,25$)
Rubis-pourpre, très bonne saturation. Très expressif, méditerranéen, avec de très belles notes de tabac noir, de menthe, de poivron rôti, de goudron, d'épices. Bouche ample, mûre, très savoureuse, avec un beau caractère de tabac de Havane, de réglisse, de cuir, d'épices, des tannins fermes, belle mâche, aboutissant en une longue finale chaleureuse. Un assemblage de cabernet sauvignon et de syrah, très viril et complexe, une très belle réussite.
(*** ½ @ **** - fév./11 - Fed)
 

 


Deuxième Volet

Verre #1 - Pontet Canet       1 vote
Verre #2 - Cos d'Estournel    0 votes
Verre #3 - Léoville Barton   5 votes
Verre #4 - Pichon Baron   6 votes


Pauillac 2007, Château Pontet Canet    ($105,00)
Rubis-grenat, très bonne saturation. Discret, avec des arômes de graphite, de prune, de cassis très pur. La bouche est assez dense, compacte, tannins très serrés mais sans dureté, avec des saveurs de cassis, de bonne acidité, une arrière-bouche plus puissante, amplifiée par un caractère plus capiteux, de crème de prune et de goudron, qui persiste. Pas un modèle de charme, mais c'est un pauillac très complet et réussi, surtout pour le millésime.
(**** - fév./11 - Fed)


St. Estèphe 2007, Château Cos d'Estournel    ($159,00)
Beaucoup plus de cabernet sauvignon que par le passé pour ce Cos 2007 (85%, contre 12% de merlot et 3% de cabernet franc). Rubis-pourpre, très bonne saturation. Joli nez, offrant un caractère de moka, avec des arômes de chêne neuf de plus en plus fumés, sur un fond de cassis assez discret. Attaque ample et veloutée, bouche plutôt élégante, de bonne acidité, tannins très serrée mais fins, léger manque de profondeur en milieu de palais, il semble fermé, belle finale minérale, persistante. Pas au niveau des meilleurs Cos du passé.
(*** ½ @ **** - fév./11 - Fed)
 

St. Julien 2007, Château Léoville Barton    ($89,00)
Rubis-pourpre, très bonne saturation. Très beau nez, très subtil et complexe, avec des arômes de crème de cassis, de fleurs sauvages, de cuir, ainsi que des discrètes nuances animales. Très belle bouche, très étoffée et d'un beau volume, tannins fermes, serrés, légère astringence, saveurs de cassis, très belle fraîcheur de fruit, minéralité persistante en finale, avec des relents de chocolat noir. Encore une autre très grande réussite pour Léoville Barton qui, depuis une bonne décennie, nous offre un des meilleurs vins du Médoc.
(**** @ **** ½ - fév./11 - Fed)


Pauillac 2007, Château Pichon Baron    ($119,00)
Rubis-pourpre, très bonne saturation. Très beau nez, complexe, racé, offrant des arômes de moka, de chêne grillé, aux subtiles nuances cuirées, mentholées. Bouche ample, de très belle matière, avec des saveurs de cassis mûr, d'une acidité stimulante, des belles notes boisées, grillées, de très bonne concentration, bonne finale de cassis, minérale, persistante.
(**** - fév./11 - Fed)

CR: Châteauneuf du Pape 2006 - Rayas

Un retour sur le millésime 2006 en Châteauneuf du Pape, question de déguster un très grand vin, Rayas, un de ces bijoux vinicoles qui ont la rare capacité d'émouvoir le dégustateur, de lui donner des frissons, de l'amener à se demander: "comment ont-ils pu faire ça? comment ont-ils pu élaborer un liquide aussi complexe et raffiné à partir de simples raisins?" La réponse est longue et complexe mais, une fois de plus, le vin de Rayas aura ému le panel, s'attribuant la totalité des votes dans un volet dégusté à l'aveugle (quoique, déguste-t-on vraiment à l'aveugle quand Rayas est de la partie?) qui comprenait des vins d'excellente qualité.

Si le deuxième volet a abouti à une conclusion unanime, le premier nous a donné une lutte un peu plus serrée entre les vins de Fonsalette (eux aussi produits par Emmanuel Reynaud , de Rayas) et le Vieux Donjon. C'est la cuvée régulière de Fonsalette qui a remporté la première tranche de cette dégustation.

Finalement, en plus de l'émerveillement général pour un autre Rayas absolument magistral, plusieurs membres du panel ont réitéré leur appréciation pour le millésime 2006, qui nous a donné des Châteauneuf complets, très élégants et harmonieux. 

  

en rouge 
 
 

Premier volet

Verre #1 - Pégau CdP "Cuvée Réservée"  1 vote
Verre #2 - Fonsalette "Syrah"   4 votes
Verre #3 - Fonsalette Côtes du Rhône 6 votes
Verre #4 - Le Vieux Donjon CdP   3 votes 

 

Châteauneuf du Pape "Cuvée Réservée" 2006, Pégau
Rubis, bonne saturation. Très joli nez, frais, complexe, cerise confite, fleurs sauvages, quelques relents d'écurie. Bouche de corps moyen, assez velouté à l'attaque, plus tendue en milieu de palais, belle matière fruitée, mûre, sucrée, tannins fins, polis, longue finale réglissée. Un vin élégant et complexe, très réussi!
(**** - fév./11 - Fed)

Côtes du Rhône "Syrah" 2006, Château de Fonsalette
Rubis-pourpre, très bonne saturation. Profond, très frais, parfumé, avec des arômes de poivre noir, des nuances florales, des mûres, il fait très Rhône Nord. Bouche de bonne matière, dense, assez pleine, tannins serrés, assez fermes, bonne acidité, saveurs de framboise mûre, de réglisse. Jeune, vigoureux, très typé syrah, il devrait développer plus de complexité en vieillissant.
(**** - fév./11 - Fed)

Côtes du Rhône 2006, Château de Fonsalette
Rubis, bonne saturation. Très beau nez d'épices, de garrigue, avec de subtiles nuances viandées, réglissées. Bouche très élégante, elle gagne du volume et de la complexité à l'oxygénation, saveurs poivrées, de prune mûre, de cerise, de réglisse, finale discrète mais très longue, aux accents de réglisse et de poivre. Très belle réussite. AM: jusqu'en 2016.
(**** - fév./11 - Fed)

Châteauneuf du Pape 2006, Le Vieux Donjon
Rubis, profond, très bonne saturation. Discret, avec des arômes de kirsch, de réglisse. Bouche fermée, de bonne acidité, tannique, de la mâche, des saveurs de cerise mûre, du poivre, de la réglisse, finale réglissée de bonne persistance.
(**** - fév./11 - Fed)


 

Deuxième volet

Verre #1 - La Mordorée CdP "Reine des bois"  0 votes
Verre #2 - Rayas CdP    14 votes
Verre #3 - La Janasse CdP "Chaupin"   0 votes
Verre #4 - Isabel Ferrando CdP "Colombis"   0 votes

 

Châteauneuf du Pape "Reine des bois" 2006, La Mordorée
Pourpre, très bonne saturation. Beau nez, profond, aux arômes de kirsch, d'épices, de réglisse, de menthol, un caractère terreux, complexe. Bouche de très bonne matière, solidement structurée, avec des tannins fermes, astringents, sévères, des saveurs minérales, réglissées qui persistent dans longue finale. Un vin profond et complexe, qui semble inutilement durci par un excès d'extraction qui nuit à son équilibre.
(*** ½ - fév./11 - Fed)

Châteauneuf du Pape 2006, Château Rayas
Rubis, bonne saturation. Superbe nez, incroyablement complexe, exotique, avec des arômes épicés, de cannelle et de bois de santal, des herbes de Provence, du cèdre, de l'orange confite, de la cerise mûre, du cola et une touche de magie... La bouche est de corps moyen, très harmonieuse et veloutée avec des saveurs épicées, poivrées, qui s'allongent dans une finale de grande longueur. Un vin brillamment complexe, très élégant, absolument unique.  AM: jusqu'en 2018.
(**** ½ - fév./11 - Fed)

Châteauneuf du Pape "Chaupin" 2006, La Janasse
Rubis-pourpre, très bonne saturation. Premier nez fumé, légèrement sulfureux, il évolue très positivement, vers des arômes épicés de chêne et de cola, de liqueur de cerise, avec des nuances florales. La bouche est ample, riche et glycérinée, très mûre, avec des saveurs de raisin, de prune, de kirsch, d'épices, assez harmonieux, avec une finale persistante.
(**** - fév./11 - Fed)

Châteauneuf du Pape "Colombis" 2006, Isabel Ferrando
Rubis, très bonne saturation. Bon nez, mûr, avec des saveurs de cerise, de prune, un boisé aux relents de caramel, des nuances de fleurs fanées, un discret caractère terreux. Très belle bouche, ample, mûre, glycérinée, de très bonne concentration, avec des saveurs d'herbes, d'épices, de vanille, de cola, de tannins serrés, mûrs, bien enrobés, une longue finale réglissée.
(**** - fév./11 - Fed)


 

Producteur: Léon Beyer

Grand vecteur de terroirs, capable d'une rare complexité et d'une longévité hors normes, le riesling est certainement un des cépages les plus nobles qui existent. En fait, si ce n'était pour ces quelques dizaines d'hectares autour du Montrachet qui font pencher l'aiguille de la balance en faveur du chardonnay, le riesling serait sans doute LE Roi des cépages blancs.  

Ceci étant dit, il faut dire que peu de producteurs rendent justice au riesling aussi bien que la maison Léon Beyer: des vins droits, authentiques, de grande pureté, parfaitement secs et d'une grande longévité. Leur "Comtes d'Eguisheim" 1975 est un monument à la gloire de ce cépage et il est loin d'être le seul dans les réserves de la famille Beyer.

La Maison fut créé en 1867, mais la famille Beyer compte quatorze générations de viticulteurs, à partir de 1580. Leurs possessions se situent sur les grands crus Eichberg et Pfersigberg, mais vous ne trouverez pas la mention la mention "grand cru" sur les étiquettes de leurs vins car la famille juge que le système de classification alsacien est un peu trop permissif. 

La gamme Comtes d'Eguisheim représente le meilleur de la production de la Maison Beyer. Elle fut créé en 1964 pour le gewurztraminer et s'est lentement étendue à tous les grands cépages. Issues des meilleurs coteaux d'Eguisheim, principalement de vignobles en grand cru, ces cuvées ne sont produites que dans les meilleurs millésimes.

La cuvée "les écaillers" offre une autre très belle expression du riesling, tout en pureté, minéralité et droiture. De plus, comme en témoignent les 1995 et 1998, cette cuvée aussi est capable de vieillir et de se bonifier avec le temps.

En entrée de gamme, le riesling réserve offre un fruit plus immédiat, tout en préservant cette minéralité qui est à la base de tout riesling alsacien qui se respecte. Le millésime 2009 est une grande réussite.
 
 


en blanc 
 
 

Le riesling réserve


Riesling Réserve 2009, Léon Beyer (SAQ 081471 - 17,90$)
Mûr, expressif, doté d'un très beau fruité, aux accents de pêche et de lychee, sur un fond minéral discret. Belle bouche, fraîche, vibrante, de belle acidité, avec des saveurs de citron, et des accents pétroleux, de lanoline, finale citronnée, légèrement chaleureuse. Expressif, typé, très réussi. Un excellent achat pour le prix.
(*** ½ - jan./11 - Fed)
 

 

Le Comtes d'Eguisheim


Riesling "Comtes d'Eguisheim" 2005, Léon Beyer
Mûr, délicat, parfumé, d'une matière souple et élégante, aboutissant en une belle finale minérale. Charmeur, un peu facile.
(*** ½ - jan./11 - Fed)
 

Riesling "Comtes d'Eguisheim" 2004, Léon Beyer (SAQ 10844266 - 49,00$)
Assez profond, mûr, minéral, réglissé, avec des arômes de crème de citron et de cire d'abeille. Bouche mûre, assez puissante, de bonne acidité, des saveurs d'agrumes, minérales, bonne longueur. Il a besoin de temps.
(*** ½ @ **** - jan./11 - Fed)
 

Riesling "Comtes d'Eguisheim" 2003, Léon Beyer
Beau nez, mûr mais de belle fraîcheur, avec des arômes complexes de citron, de feuille, de miel, de fruit blanc et  de pétrole. La bouche est ample, mûre, de belle acidité, avec une longue finale minérale, réglissée. La chaleur du millésime apporte du gras et de la maturité mais n'enlève rien en finesse ni en fraîcheur. C'est une très belle réussite.
(*** ½ @ **** - jan./11 - Fed)
 

Riesling "Comtes d'Eguisheim" 1995, Léon Beyer
Très beau nez, d'une minéralité sublime, de grande précision, avec des nuances fumées bien marquées. La bouche est onctueuse, bien tendue par une parfaite acidité, citronnée, minérale, très longue. Un superbe riesling, très classique, qui vivra encore très longtemps.
(**** - jan./11 - Fed)
 

Riesling "Comtes d'Eguisheim" 1985, Léon Beyer
Remarquablement complexe, ce riesling offre des arômes sublimes de cire d'abeille, de tisane au citron et de miel, avec des nuances florales et de boîte à tabac. La bouche est ample et parfaitement sphérique, cohérente avec le nez, délicate mais pleine, très complexe et longue. Magnifique!
(**** @ **** ½ - jan./11 - Fed)
 

Riesling "Comtes d'Eguisheim" 1975, Léon Beyer
Un magnifique témoignage à la longévité du riesling. Ce 1975 est tout simplement exceptionnel! Une minéralité d'une précision hors du commun, avec des arômes fumés et des accents d'hydrocarbures. La bouche est ample, d'une acidité parfaite, grande précision, minéralité très marquée et une très longue finale citronnée. Un vin d'une vitalité incroyable malgré ses 35 ans, tout laisse croire qu'il atteindra le demi-siècle sans problèmes.
(**** ½ - jan./11 - Fed)
 

Riesling "Comtes d'Eguisheim" 1971, Léon Beyer
Un riesling délicat, offrant des arômes fumés, minéraux, floraux, avec des accents de menthe séchée. La bouche est assez pleine, légèrement mielleuse, élégante et de bonne longueur. Un riesling amadoué par le temps, qui possède encore une tenue plus que respectable malgré ses quarante ans.
(*** ½ @ **** - jan./11 - Fed)


 
 

Les écaillers


Riesling "les écaillers"2005, Léon Beyer
Robe or pâle, brillant, aux reflets verdâtres. Le nez offre un caractère de citron. La bouche est assez ample, mûre, étonnamment souple, avec des saveurs citronnées minérales. Marc Beyer définit 2005 comme un millésime "bourgeois" en raisin de sa maturité. C'est en effet un riesling dodu et étonnamment accessible pour son âge.  
(*** ½ - jan./11 - Fed)


Riesling "les écaillers"2004, Léon Beyer (SAQ 974667 - 35,00$)
Robe or pâle, reflets verdâtres. Nez profond, mûr, avec des notes minérales, du miel et du citron. Bouche ample, de bonne acidité, des saveurs de fruit blanc, pêche, citron, une finale moins précise, chaleureuse, réglissée, de bonne persistance.
(*** ½ - jan./11 - Fed)


Riesling "les écaillers"2001, Léon Beyer
Robe or pâle, reflets verdâtres. Nez légèrement plus évolué, mûr, avec des notes de miel, un mélange minéral, de lanoline et de pétrole, des nuances de savon à lessive. Bouche droite et structurée, belle acidité, minéralité pétroleuse, longue finale. Le nez est trompeur, ce riesling est encore très jeune.
(*** ½ @ **** - jan./11 - Fed)


Riesling "les écaillers"2000, Léon Beyer
Robe dorée, soutenue. Nez très mûr, semble nettement plus évolué, avec des arômes de miel, de fruits secs, sur un fond minéral réglissé. Bouche droite, acidité contenue, minéralité plutôt réglissée, qui s'allonge dans la finale puissante et persistante. Moins élégant que d'habitude.
(*** ½ - jan./11 - Fed)


Riesling "les écaillers"1998, Léon Beyer
Joli nez, aux arômes de citron, de miel et de fleurs blanches. Bouche droite, très élégante, elle commence à se fondre, l'acidité est moins soutenue mais confère néanmoins beaucoup de précision et de définition au vin, les accents citronnés apportent beaucoup de fraîcheur et la finale est longue et minérale.
(*** ½ @ **** - jan./11 - Fed)


Riesling "les écaillers"1995, Léon Beyer
Très expressif et complexe, il sauvignonne presque, offrant un joli mélange de notes citronnées, herbacées et minérales, très frais et crémeux. Bouche très élégante, de belle fraîcheur, une acidité encore bien définie malgré les quinze ans, une minéralité de grande précision, bonne longueur.
(**** - jan./11 - Fed)

 

CR: Toscane & Bordeaux 2006

Cette belle dégustation, au thème un peu hybride, devait nous permettre de suivre l'évolution des 2006 aussi bien en Toscane qu'à Bordeaux, deux thèmes qui avaient déjà été couverts dans le passé.

Le premier volet a plus que confirmé l'excellente qualité du millésime 2006 en Toscane. L'alignement nous a permis de faire constat du grand niveau qualitatif et de la grande homogénéité des vins. Les deux gagnants de la dégustation, ex-æquo, ont été les deux vins à base de sangiovese: Cepparello et Flaccianello. Ce duo a été talonné de près par l'excellent Giorgio Primo qui, à mon avis, était celui qui s'exprimait le mieux de tous, avec une superbe maturité de fruit et une acidité mieux intégrée. Le Il Blù, de la Brancaia, semble avoir été oublié dans le vote du panel, ce qui n'enlève rien à sa grande qualité.

Dans le deuxième volet, toujours en 2006, un trio de grands bordeaux se défendait face à un pirate toscan. Encore une fois, il faut signaler la grande qualité des tous les vins en dégustation, avec une mention particulièrement favorable pour celui du château La Lagune, de loin le moins dispendieux du lot, qui a néanmoins remporté le volet avec une majorité écrasante, grâce à sa complexité précoce. Le Pontet Canet, un colosse, comme d'habitude, est sans doute un grand vin en devenir. Personnellement, j'ai eu un penchant pour le Léoville Poyférré, dont la pureté de la finale m'a particulièrement séduit. Le pirate, le Lupicaia, était d'excellente facture, comme d'habitude.


Acheter ou ne pas acheter

Difficile dans les deux cas. Pour les toscans 2006, si 2007 n'avait pas été le millésime spectaculaire qu'il est, je dirais de vous précipiter. C'est définitivement un millésime qui mérite d'être représenté dans les meilleures caves, tout en considérant qu'il sera suivi par un autre grand succès donc, gardez-vous un peu de budget pour les 2007.

En ce qui concerne les bordeaux 2006, mon enthousiasme pour ce millésime continue d'être un peu refroidi par l'austérité des vins. Ils seront de grande longévité et la qualité est au rendez-vous, chez certains producteurs on peut même parler de grandes réussites. Toutefois, ayant fait le plein de 2005 (comme j'espère vous l'avez tous fait), le meilleur conseil serait d'acheter très sélectivement et avec modération. 

 


en rouge

1er volet
 
Verre #1 - Cepparello - Isole & Olena  5 votes
Verre #2 - Flaccianello - Fontodi   5 votes
Verre #3 - Giorgio Primo - La Massa  4 votes
Verre #4 - Il Blù - La Brancaia   0 votes


Cepparello Toscana Igt 2006, Isole & Olena (SAQ 928911 - 72,00$)
Rubis, très bonne saturation. Nez assez classique, avec des arômes de noyau de cerise, cèdre, épices, sucre brun. Bouche de bonne matière, tendue par une acidité plutôt soutenue, des saveurs de cerise mûre, juteuse, des épices, de la vanille pure, du sucre brun, des tannins fins, serrés, légèrement astringents. Il ne possède pas la dimension d'autres vins de son calibre, mais on apprécie sa finesse.
(*** ½ @ **** - nov./10 - Fed)


Flaccianello Toscana Igt 2006, Fontodi (SAQ - 85,00$)
Rubis-pourpre, très bonne saturation. Le nez offre des arômes de fruits noirs, juteux, acidulés, avec des nuances d'encens, d'épices, de bois brûlé. Bouche ample, dense, d'une belle chair dodue, des saveurs de fruit noir, d'épices, de chêne brûlé, de graphite, trame serrée en milieu de palais, soyeuse, légère astringence, finale de réglisse, tabac, avec toujours ces traces de fumé. Excellent potentiel, mais il faudra attendre que l'élevage s'estompe pour en obtenir une expression plus pure.
(*** ½ @ **** - nov./10 - Fed)


Giorgio Primo Toscana Igt 2006, La Massa (SAQ 10986053 - 82,75$)
Rubis-pourpre, excellente saturation. Beau nez de fruits noirs, belle fraîcheur, encre, bleuets, des subtiles notes graphitées, moka, des accents de violette. Bouche ample, de très belle matière, saveurs de fruits noirs et de réglisse, excellente concentration, trame serrée, belle mâche, légère astringence, longue et pleine finale, aux relents de fruits noirs, de réglisse et de chocolat amer. Grande réussite.
(**** @ **** ½ - nov./10 - Fed)


Il Blù Toscana Igt 2006, La Brancaia (SAQ 10769622 - 69,90$)
Rubis-pourpre, très bonne saturation. Beau nez, mûr, crémeux, avec des arômes de fruits noirs, d'herbes douces, d'épices. Belle attaque veloutée, bouche ample, saveurs d'herbes, de fruit noir, trame plus serrée en milieu de palais, belle acidité, finale de fruit noir, d'épices, graphite. Très réussi!
(**** - nov./10 - Fed)
 

 

2e volet
 
Verre #1 - Pauillac - Pontet Canet   2 votes
Verre #2 - Haut Médoc - La Lagune  9 votes
Verre #3 - St. Julien - Léoville Poyferré  2 votes
Verre #4 - Lupicaia - Castello del Terriccio  1 votes

 

Pauillac 2006, Château Pontet Canet (SAQ 10848929 - 107,00$)
Rubis-pourpre, très bonne saturation. Nez plutôt discret, de cuir, de poivron frais, sur un fond de cassis très pur. Bouche compacte, tendue, de très belle acidité, très serrés, très fins, polis, saveurs de fruit noir, acidulé, notes minérales, cuir, avec une longue finale de cassis. Un pauillac, droit, granitique, peu expressif mais profond, conçu pour un très long vieillissement.
(**** - nov./10 - Fed)


Haut Médoc 2006, Château La Lagune (SAQ 10859839 - 79,00$)
Rubis-pourpre, très bonne saturation. Beau nez, très complexe, profond, goudronné, avec des arômes de moka, de thé noir, du tabac, des épices. Bouche de bonne matière, avec des tannins fins, serrés, légèrement astringents, avec le même caractère terreux, de tabac de Havane et de thé noir, qui persiste. Complexe, complet, très réussi.
(**** - nov./10 - Fed)


St. Julien 2006, Château Léoville Poyferré (SAQ 10850041 - 109,00$)
Rubis-pourpre, très bonne saturation. Joli nez, discret, mais profond, très fin, avec des nuances de cassis, de violette, de poivron, de chêne. Bouche ample, de très bonne matière, structure tannique massive, astringente, sans être le moindrement rustique, saveurs minérales, goudronnées, ainsi qu'une longue finale de cassis pur.  Un vin introverti, qui se développe énormément en s'oxygénant et sera sans doute de grande garde.
(**** - nov./10 - Fed)


Lupicaia Toscana Igt 2006, Castello del Terriccio (SAQ 11292651 - 137,50$)
Rubis, très bonne saturation. Nez assez complexe, avec des arômes de fruits noirs, acidulé, aux nuances de cola, d'aneth, de champignon, sur un fond terreux. Bouche ample, de très bonne matière, tannins fermes, belle mâche, saveurs de cassis, de réglisse, de poivron, d'aneth, très bonne concentration, belle acidité, la finale de fruit noir et de réglisse persiste. Un assemblage de cabernet sauvignon (80%), merlot et petit verdot, compact, de bonne maturité, qui est très réussi. Toutefois, il n'offre absolument rien d'original et se vend un prix totalement dissuasif.
(**** - nov./10 - Fed)

Producteur: Fattoria La Massa - Giorgio Primo

Avoir la possibilité de participer à un échange d'opinions avec un producteur devient particulièrement fascinant quand on a la liberté de parler ouvertement de ses vins, de ce qu'ils sont, de ce qu'ils pourraient être et du pourquoi, bien sûr. Et quand cela se fait en compagnie du très sympathique Giampaolo Motta, l'échange devient encore plus intéressant, car l'ouverture au débat est totale, les échanges sont constructifs et on en ressort avec la nette sensation que l'homme est profondément convaincu de ce qu'il fait et que cette conviction dérive d'un long et  profond questionnement.


Imaginons, par exemple, un dîner dans un restaurant du Vieux Montréal, accompagné d'une longue verticale du vin de pointe de Fattoria La Massa, le Giorgio Primo. Imaginons, aussi, qu'autour de la table un des participants se borne sur l'inopportunité de toujours miser sur les cépages internationaux, au lieu de mettre en valeur le vrai cépage toscan par excellence: le sangiovese. Et bien, il se peut que le producteur arrive à expliquer le cheminement qui l'a amené à son choix grâce à un raisonnement lucide, articulé d'arguments tout à faits valides, qui amènent le borné à seconder pleinement  les décisions du producteur.


Giampaolo Motta est un producteur extrêmement motivé et, surtout, passionné. Cela est particulièrement évident quand on l'entend parler des vins qui l'ont inspiré dans son travail. Des vins toscans, mais aussi des vins de régions assez éloignées de la Toscane. On dira ce qu'on veut, mais quand un producteur est capable de parler avec émotion et admiration du vin d'un compétiteur, c'est habituellement bon signe, ça donne souvent une bonne indication de la passion qui l'anime.


Le Giorgio Primo était déjà un vin très renommé et acclamé par la critique internationale quand Giampaolo a commencé à se questionner sur la direction qu'il devait prendre avec ce vin qui est, après tout, un de ses plus grands accomplissements. Le succès n'ayant pas voilé son jugement, Giampaolo eut la lucidité et l'honnêteté de reconnaître et d'avouer ouvertement qu'il n'était pas satisfait de son travail. Giampaolo dira, qu'en Italie, c'est quelque chose qu'on ne peut pas affirmer très facilement. En fait, en Italie, comme ailleurs dans le monde, difficilement on entendra un producteur dire du mal de son meilleur vin. 


Le principal reproche que Giampaolo faisait à son Giorgio Primo était son incapacité de durer dans le temps. Il raconte de l'expérience qu'il eut avec un grand (très grand) bordeaux '59 et de comment ce vin l'avait laissé pantois, ne montrant absolument aucun signe de fatigue malgré ses quarante ans de bouteille. Cette expérience l'amena à la conclusion que s'il voulait faire un grand vin de son Giorgio Primo, celui-ci devait absolument vieillir comme un grand vin.


En faisant abstraction de toute considération de style et de typicité, il est vrai que les Giorgio Primo qui comportaient beaucoup de sangiovese dans l'assemblage, même dans les meilleurs millésimes comme 2001, sont aujourd'hui des vins à point, qui ne laissent soupçonner aucune marge d'amélioration pour le futur. Alors que les Giorgio Primo récents, qui comportent de moins en moins de sangiovese, voire pas du tout à partir du millésime 2007, laissent supposer un potentiel de vieillissement nettement supérieur. À ce, il faut ajouter que les derniers millésimes de Giorgio Primo sont d'une qualité irréprochable.


À partir du millésime 2009, grand millésime en perspective, Fattoria La Massa jouit de l'expertise de l'œnologue-conseil bordelais Stephane Derenoncourt. Giampaolo est très enthousiaste de cette collaboration et promet que les fruits de cette union ne tarderont pas à se manifester dans les vins. En tout cas, on ne peut que lui souhaiter que dans quarante ans, quelqu'un, quelque part dans le monde, puisse se pencher sur un verre de Giorgio Primo 2009 et en être aussi ému que Giampaolo le fut pour ce fameux bordeaux '59.

 

en  rouge


Giorgio Primo Igt Toscana 2008, Fattoria La Massa
Très jeune, encore primaire, offrant des arômes de framboise, d'épices, d'herbes, avec des notes laiteuses, vanillées. Bouche ample, veloutée, avec une matière mûre, crémeuse, des saveurs de chocolat au lait, de fruits noirs, long. Plus souple et accessible que les 2006 et 2007.
(*** ½ @ **** - nov./10 - Fed)


Giorgio Primo Igt Toscana 2007, Fattoria La Massa (SAQ 11290226 - 83,25$)
Composé sans l'ajout de sangiovese, pour la première fois depuis sa création, le Giorgio Primo 2007 offre un nez mûr, puissant, avec des arômes de kirsch, de cassis, de chocolat, avec des subtiles notes de chêne et de cuir neuf. La bouche est dotée d'une excellente matière, soutenue par une structure ferme, des tannins mûrs, bien enveloppés, avec des saveurs de cassis, de mûres, presque crémeux, avec une longue finale de chocolat et de cassis. Une grande réussite, issue d'un assemblage de merlot (50%), cabernet sauvignon (40%) et petit verdot.
(**** @ **** ½ - nov./10 - Fed)


Giorgio Primo Igt Toscana 2006, Fattoria La Massa (SAQ 10986053 - 85,75$)
Un assemblage de sangiovese (30%), merlot (30%), cabernet sauvignon (30%) et petit verdot. Rubis-pourpre, d'excellente saturation. Nez mûr, puissant, avec des arômes de kirsch et des subtiles notes boisées, qui gagnent des nuances de tabac en évoluant dans le verre. La bouche est dense, compacte, structurée, de belle mâche, avec une acidité stimulante, des saveurs de cerise noire de belle pureté, aboutissant en une finale puissante, aux relents de réglisse noire et de cassis.
(**** @ **** ½ - nov./10 - Fed)


Giorgio Primo Igt Toscana 2004, Fattoria La Massa
Discret, avec des arômes de cerise acidulée, aigre, subtiles nuances florales. La bouche est ample, la trame serrée, assez fine mais encore astringente, plutôt fermée, avec des saveurs de cerise mûre qui persistent dans la discrète finale. Il semble traverser une phase latente.
(*** ½ - nov./10 - Fed)


Giorgio Primo Igt Toscana 2003, Fattoria La Massa
Mûr, profond, avec des arômes de prune et d'herbes, des subtiles notes florales et viandées. Bouche ample, de bonne matière, très dense et veloutée, avec des tannins assez fins, qui se sont considérablement assouplis, des saveurs de fruits noirs, acidulés, de réglisse noire, d'épices, de tabac, des traces animales, puissant mais assez harmonieux, avec une très bonne finale de chocolat noir, amer. Belle réussite!
(**** - nov./10 - Fed)


Chianti classico Giorgio Primo 2001, Fattoria La Massa
Très beau nez, profond, complexe, terreux, avec des arômes de tabac de Havane, des subtiles nuances florales, minérales et de cuir neuf. Bouche ample, dense, avec de belles saveurs de tabac, d'épices, de relents terreux, une trame soyeuse, racée, une très longue finale de tabac et de chocolat noir. Très distingué! Parfaitement à point.
(**** - nov./10 - Fed)

 


 

CR: Bourgogne 2006

Une vraie dégustation de plaisir. Le sourire des gens en disait long après cette énième soirée de bourgognes 2006. Il est vrai que ces vins n'auront jamais la plénitude, la profondeur, la maturité de fruit et la structure des 2005, mais ils compensent du mieux qu'ils peuvent ces lacunes avec leur charme irrésistible. Les 2006 sont des bourgognes vraiment bourguignons! Et dans un contexte où presque tous les vins des autres grandes appellations perdent un peu de leur nature par excès de maturité et des taux d'alcools excessifs, il est bon de savoir qu'il reste encore des grands vins qui goûtent ce qu'ils devraient goûter!


Le premier volet a été largement remporté par l'excellent "cazetiers" de Faiveley, un vin élégant et complet, qui a eu le meilleur sur Gevrey village de Perrot Minot très empyreumatique, un Hautes Côtes de Beaune de Jayer Gilles extrêmement parfumé, au point d'en déplaire à certains, ainsi qu'un Beaune "grèves" de Montille qui semble avoir plu au groupe bien plus qu'à moi.


Dans le deuxième volet, "les cailles" de Bouchard a essayé de faire la vie dure aux deux vins de Sérafin, un exploit qu'il a partiellement réussi. Le volet a été remporté par le sublime "fonteny." À signaler la déception générale face au vin de Burguet, qui est pourtant un producteur très estimé par plusieurs des membres du panel.


Acheter ou ne pas acheter?


Difficile de dire que 2006 est un millésime à acheter, surtout si on déjà mis en cave beaucoup de 2005. Les 2006 sont très chers et leur potentiel de garde n'est pas des meilleurs. Avant cette dégustation ma réponse aurait définitivement et impérativement négative. Mais les vins sont d'un tel charme que l'amateur pourrait facilement se laisser séduire par quelques flacons à déguster (avec délectation) en attendant que les 2005 aient fait leur chemin.

 

en  rouge

1er VOLET

Verre #1 - Jayer Gilles - Hautes Côtes de Beaune    0 votes
Verre #2 - De Montille - Beaune 1er cru "les grèves"   3 votes
Verre #3 - Faiveley  - Gevrey 1er cru "les cazetiers"   10 votes
Verre #4 - Perrot Minot - Gevrey Chambertin   1 vote

 

Hautes Côtes de Beaune 2006 Jayer Gilles (SAQ 10919061 - 54,25$)
Rubis, très bonne saturation. Un nez explosif, très parfumé, complexe, offrant des arômes de confiserie, de bubble gum, de sirop, le tout sur un fond de cerise bien mûre et sucrée, avec des nuances florales, poivrées, une touche de menthol, ainsi qu'un caractère chimique assez persistant, évoquant le vernis à ongles. La bouche est ample, veloutée, très séduisante, avec une trame serrée, parfaitement polie, des saveurs de cerise sucrée, juteuse, des accents d'épices et de menthol, le tout de bonne concentration. Très différent de ce qu'il était l'an dernier, il semble tourner à plein régime et son intensité pourrait repousser certains amateurs. Personnellement, j'ai adoré!
(**** - nov./10 - Fed)


Beaune 1er cru "les grèves" 2006 De Montille (SAQ 11161379 - 70,00$)
Rubis, bonne saturation. Nez légèrement douceâtre, avec des arômes de fruits rouges, mûrs, sucrés, enrobés de notes boisées de butterscotch, il évolue déjà vers la prune fraîche et le tabac. Bouche souple, friande, aux saveurs de cerise très mûre, avec des traces boisées, du tabac, de la réglisse, une trame plus serrée en milieu de palais, avec une finale subtilement réglissée.
(*** ½ - nov./10 - Fed)


Gevrey Chambertin 1er cru "les cazetiers" 2006 Faiveley (SAQ 11153791 - 84,00$)
Rubis, bonne saturation, terne. Beau nez, complexe, évoluant lentement dans le verre, avec des arômes de framboise et de cerise, mûr, de belle pureté, il gagne des nuances terreuses, ainsi qu'un soupçon de cuir neuf. Bouche de corps moyen, ronde, de bonne acidité, avec une trame soyeuse, assez serrée, des saveurs de fruits rouges acidulés, des traces crayeuses, de la finesse et de la subtilité, ainsi qu'une finale persistante, un brin chaleureuse.
(**** - nov./10 - Fed)


Gevrey Chambertin 2006 Perrot Minot (SAQ 10919045 - 79,00$)
Rubis, très bonne saturation. Nez boisé, plutôt fumé, avec des traces d'allumette, de copeaux de crayon à mine, des nuances graphitées, légèrement brûlées, qui dominent les arômes de fruit rouges, bien mûrs. La bouche est assez pleine, de très belle densité pour un 2006, avec un milieu compact, assez ferme, de belle mâche, des saveurs de cerise très pures, qui persistent. Un vin qui pourrait constituer une réussite remarquable, s'il pouvait se débarrasser de son bouquet excessivement empyreumatique.
(*** ½ @ **** - nov./10 - Fed)

 

2e VOLET

Verre #1 - Sérafin - Gevrey 1er cru "le fonteny"   7 votes
Verre #2 - Burguet - Gevrey Chambertin mes favorites  0 votes
Verre #3 - Bouchard - Nuits 1er cru "les cailles"   4 votes
Verre #4 - Sérafin - Charmes Chambertin    3 votes

 

Gevrey Chambertin 1er cru "le fonteny" 2006 Sérafin (SAQ 11011611 - 145,00$)
Rubis, très bonne saturation. Très joli nez, très fin, épicé, finement crayeux, avec des nuances complexes, florales, terreuses, médicinales, il s'exprime avec beaucoup de distinction et de retenue, ce qui n'enlève rien à sa complexité. La bouche est de très bonne tenue, serrée, polie, avec un mélange de crayeux et de terreux, ainsi que des saveurs de cerise très pures qui persistent. Un Gevrey discret, réservé, mains indéniablement complexe et racé.
(**** @ **** ½ - nov./10 - Fed)
 

Gevrey Chambertin vieilles vignes mes favorites 2006 Burguet (SAQ 93,00$)
Rubis, très bonne saturation. Nez de framboise et de fraise, avec des nuances épicées, d'herbes, il s'estompe rapidement dans le verre. Bouche plutôt soupe, étonnamment accessible, avec des saveurs finement épicées, de cerise acidulée, juteuse. Plus cher que jamais et moins complet que d'habitude...
(*** ½ - nov./10 - Fed)


Nuits St. Georges 1er cru "les cailles" 2006 Bouchard (SAQ 11143285 - 115,00$)
Plutôt discret, des notes boisées, douces, aux relents de vanille pure, avec des nuances florales, crayeuses, très subtiles. Bouche souple, très élégante, très accessible, belle acidité, avec des saveurs de fruits rouges, très purs, légèrement sucrés. Très réussi, mais à un prix franchement dissuasif!
(*** ½ @ **** - nov./10 - Fed)


Charmes Chambertin grand cru 2006 Sérafin (SAQ 11011661 - 239,00$)
Rubis, très bonne saturation. Parfumé, floral, terreux, crayeux, de grande finesse, avec des nuances légèrement torréfiées et des arômes de fleurs sauvages qui reviennent constamment. La bouche est très élégante, dotée d'une trame serrée, très polie, avec des saveurs fruitées délicates, très pures, aux accents crayeux, finale longue et complexe.
(**** @ **** ½ - nov./10 - Fed)


 

Producteur: Albert Grivault

Ce domaine centenaire est aujourd'hui géré par Michel Bardet, petit-fils d'Albert Grivault. Le domaine possède 6 hectares de vignes, dont une parcelle de 1,60 hectares dans le climat "les Perrières."

Toutefois, le véritable bijou du domaine est le Clos de Perrières: une parcelle de près d'un hectare qu'Albert Grivault a racheté en 1879, alors qu'il n'avait que 23 ans et que le vignoble bourguignon est aux prises avec la crise du phylloxera. Le domaine Grivault survivra à la crise grâce, entre autres, aux revenus d'une distillerie que Monsieur Grivault créa en 1888 à Béziers. Le risque d'acheter la vigne la plus convoitée de toute l'appellation Meursault s'averera ainsi un pari réussi.


Meursault Perrières et Clos des Perrières

Situées à l'extrémité sud de la commune de Meursault, à la limite du territoire de Puligny, les Perrières sont entourées des climats les Charmes et les Genevrières. En plein centre des Perrières, derrière une grille en fer forgé et un muret d'un mètre cinquante de haut dont les pierres viennent d'une grotte adjacente, se situe le Clos des Perrières, une parcelle remarquable qui mériterait, selon l'avis de plusieurs experts, le classement en grand cru.

Ce Clos rectangulaire possède un terroir qui se distingue de celui de Perrières par sa nature très caillouteuse et par la profondeur et la composition de son sol qui, comme pour le Montrachet, possède un affleurement jurassique.

Le clos a été replanté en 1986 et 1989. Depuis l'année 2000, on produit une moyenne de 6000 bouteilles annuellement, grâce à des rendements inférieurs à 50 hl. par hectare.   

Le vin, dont on dit qu'il peut se conserver trente à quarante ans (quoique la dégustation ne confirmait pas tout à fait cette hypothèse), est élevé en fûts de chêne, dont un cinquième sont neufs.

Il en résulte un vin racé et puissant, qui exprime autant la nature du millésime que celle de son terroir et possède une personnalité marquée qui n'est pas sans rappeler celle de certains vins du Montrachet.

 

en blanc


Meursault 1er cru Clos des Perrières 2008, Albert Grivault
Très expressif, avec de beaux arômes floraux, vanillés, de crème citronnée, sur un fond minéral, très net. La bouche possède une acidité très stimulante, avec des notes citriques, minérales, des subtiles traces vanillées, une belle finale citronnée, très persistante. Très jeune, il devrait bien se développer.
(**** @ **** ½ - oct./10 - Fed)


Meursault 1er cru Clos des Perrières 2007, Albert Grivault
Nez légèrement plus boisé, avec des notes de crème citronnée, d'amandine, ainsi qu'un caractère légèrement fumé. Bouche assez grasse, mais toujours tendue par une acidité bien présente, qui lui donne beaucoup de droiture et de définition, aboutissant en une finale persistante aux accents citronnés et boisés. Un vin très élégant.
(**** - oct./10 - Fed)


Meursault 1er cru Clos des Perrières 2006, Albert Grivault
Nettement plus mûr que le 2007, avec un caractère crémeux plus prononcé, des arômes de pâtisserie, d'amande, de levure. Bouche plus ample, onctueuse, avec beaucoup de gras, l'acidité est présente, mais elle ne donne pas autant de tension, laissant des notes citriques, minérales, en arrière-palais, aboutissant en une finale très longue, aux traces d'amande et de fruits secs. Déjà très séduisant!
(**** @ **** ½ - oct./10 - Fed)


Meursault 1er cru Clos des Perrières 2005, Albert Grivault
La robe commence à donner des signes d'évolution, avec des reflets un peu plus dorés. Le nez semble aussi un peu plus évolué, avec des arômes de fruits secs, de figue, un caractère vineux, réglissé. Bouche ample, avec des arômes de fruits secs, de figue, une minéralité sèche, presque réglissée, assez puissant et très long, chaleureux, aux accents de figue mûre.
(**** @ **** ½ - oct./10 - Fed)


Meursault 1er cru Clos des Perrières 2004, Albert Grivault
Très beau nez, mûr, crémeux, avec des arômes de pâtisserie, de miel, de pain grillé, un fond minéral très subtil. La bouche est très ample, expressive, multidimensionnelle, avec des saveurs fruitées vibrantes, belle acidité, des saveurs légèrement évoluées, miel, praline, fruits secs, une subtile minéralité, aboutissant sur une très longue finale mielleuse, vaporeuse. Un vin très expressif, encore très vigoureux, qui offre tout un spectacle sur le palais.
(**** ½ - oct./10 - Fed)


Meursault 1er cru Clos des Perrières 2003, Albert Grivault
Expressif, d'une complexité assez particulière, avec des arômes de lanoline, de minéral, de fruits secs, évoluant vers le caramel et le miel. Bouche ample, d'une grande onctuosité, puissant, presque anesthésiant sur le palais, mais d'une façon étonnamment harmonieuse, avec des saveurs minérales, mentholées, aux nuances de fruits secs dans la finale discrète mais très longue.
(**** - oct./10 - Fed)

 


 

CR: Barolo et Barbaresco 2005

Cette évaluation du millésime 2005, pour ce qui concerne les grands vins piémontais à base de nebbiolo, nous offrait un programme riche en noms de grand prestige : Gaja, Sandrone, Vietti et plus.

Le premier impact avec les vins nous a immédiatement permis d'établir que la qualité générale du millésime était inférieure à celle des 2004, les vins étant moins complexes et nettement moins complets en bouche.

Le premier volet a été remporté par le cru Prapò de la maison Ceretto, un des vins les plus convaincants de la soirée.

Le deuxième volet semblait plus homogène en termes de qualité des vins (quoique les votes du panel ne reflètent pas nécessairement cela), avec le cru Ornato, de la maison Pio Cesare, donnant du fil à retordre à des vins nettement plus dispendieux tels que le Cannubi boschis de Sandrone et le Barbaresco de Angelo Gaja. C'est ce dernier qui a remporté le volet, avec une majorité très convaincante de voix, bien qu'il ait été suffoqué par un caractère fumé, brûlé, qui l'a affecté pendant presque toute la dégustation.
 

Acheter ou ne pas acheter

En étant très sélectifs, il est possible de dénicher des 2005 fort intéressants. Mais si votre cave est déjà bien fournie en grands nebbiolos, le meilleur conseil serait de passer votre tour et d'attendre les 2006 et 2007.

 

Premier volet


Verre #1 - Oberto - "Vigneto Brunate"           5 votes
Verre #2 - Prod. Barbaresco - "Rio Sordo"     3 votes
Verre #3 - Ceretto - "Prapò"                             6 votes
Verre #4 - Massolino - "Margheria"                 1 vote
 


Barolo "Vigneto Brunate" 2005, Andrea Oberto (SAQ 11301378 - 88,75$)
Rubis, très bonne saturation. Joli nez de cerise acidulée, frais, vif, avec une touche florale, sur un fond d'une subtile minéralité.  La bouche est de bonne maturité, structurée, à la trame fine, astringente, l'acidité lui donne beaucoup de définition et le caractère terreux, goudronné ajoute un sens de terroir. Bien fait. 
(*** ½ @ **** - oct./10 - Fed)

Barbaresco "Rio Sordo" 2005, Produttori del Barbaresco (SAQ 11060640 - 55,00$)
Rubis, très bonne saturation. Joli nez, avec des arômes de prune sucrée, de tabac blond, de chêne doux, légèrement caramélisé, ainsi que des subtiles nuances florales. L'attaque est ample, fluide, veloutée, avec un milieu de palais léger, mais ferme et astringent, structuré, avec des discrètes saveurs minérales, épicées.
(*** ½ - oct./10 - Fed)

Barolo "Prapò" 2005, Ceretto - Bricco Rocche (SAQ 11294702 - 86,75$)
Rubis, très bonne saturation, reflets grenat. Très beau nez, mûr, crémeux, offrant un mélange de fruit noir, d'épices, de notes balsamiques, de quinine, de tabac et de notes de menthol. L'attaque est ample, fluide, veloutée, belles saveurs d'épices, de tabac, de balsamique, de prune mûre, trame serrée, beaucoup plus ferme en arrière-palais, avec des saveurs minérales, de réglisse et de chocolat qui persistent dans la bonne finale. Très réussi!
(**** @ **** ½ - oct./10 - Fed)

Barolo "Margheria" 2005, Massolino (SAQ 11294753 - 70,75$)
Rubis, très bonne saturation. Nez de sirop de prune, avec un boisé discret et des nuances de violette. L'attaque est ample, la bouche est dure, virile, avec une minéralité profonde, presque ferrugineuse, une structure très ferme, astringente, aboutissant en une finale chaleureuse, minérale, réglissée. Il faudra être patients.
(*** ½ - oct./10 - Fed)
 


Deuxième volet


Verre #1 - Pio Cesare - "Ornato" 3 votes
Verre #2 - Vietti - "Rocche" 2 votes
Verre #3 - Gaja - Barbaresco 8 votes
Verre #4 - Sandrone - "Cannubi Boschis" 2 votes
 

Barolo "Ornato" 2005, Pio Cesare (SAQ 10271146 - 86,00$)
Rubis, très bonne saturation. Très beau nez, crémeux, avec des arômes de prune fraîche, d'épices, de chêne, d'encre, avec une subtile nuance florale. La bouche est ample, puissante, tannique, d'une structure ferme, astringente, avec un caractère terreux, épicé, qui laisse une impression de terroir, une longue finale minérale, chaleureuse, aux accents de bâton de réglisse.
(**** - oct./10 - Fed)

Barolo "Rocche" 2005, Vietti (SAQ 11187026 - 129,75$)
Rubis, très bonne saturation. Discret, notes boisées, douces, laissant des traces de caramel, avec des nuances épicées, d'anis. Attaque ample, fluide, veloutée, milieu de palais très tannique, puissant, épicé, avec une finale de réglisse noire. Un vin très fermé, difficile d'approche. Il faudra l'attendre plusieurs années.
(*** ½ - oct./10 - Fed)

Barbaresco 2005, Gaja (SAQ 11055832 - 223,50$)
Rubis, très bonne saturation. Nez très fumé, légèrement brûlé, caoutchouteux, qui a besoin de beaucoup d'oxygène avant de laisser émerger des nuances d'anis, de cerise mûre, de fleurs des champs et de mine de plomb. La bouche est très ample, veloutée, crémeuse, avec des la mâche, une trame ferme, astringente, mais très polie, des saveurs de cerise, de réglisse noire et des traces minérales qui persistent. Un vin complet, vinifié par une main de maître.
(**** @ **** ½ - oct./10 - Fed)

Barolo "Cannubi Boschis" 2005, Sandrone (SAQ 11054119 - 129,75$)
Rubis-pourpre, très bonne saturation. Discret mais mûr et profond, avec des arômes terreux, frais, mentholés, un fruit de prune mûre et des subtiles notes de tabac blond. La bouche est dure, tannique, très sévère et structurée, avec une longue finale minérale qui est de bon augure. À attendre.
(**** - oct./10 - Fed)


 

CR: Châteauneuf du Pape 2007

Cette dégustation comparative de Châteauneuf du Pape 2007 s'est révélée être beaucoup plus difficile d'approche que prévu, en raison de la grande chaleur (alcoolique) des vins. Beaucoup de dégustateurs ont déploré l'impact brûlant de ces vins, issus d'un millésime qui jouit néanmoins d'une grande réputation.
 

Les châteauneufs du millésime 2007 sont le résultat d'une superbe saison végétative, qui a permis au fruit d'atteindre une parfaite maturité phénolique sans jamais souffrir d'excès de chaleur (seulement 24 jours avec des températures supérieures à 30 degrés, contre 55 pour l'été de 2003.) Toutefois, plusieurs des vins dégustés présentaient des pourcentages d'alcools qui auraient été inimaginables il y a à peine une quinzaine d'années et se traduisaient par une chaleur alcoolique très prononcée. En défense des vins, il faut quand même préciser que cette impression de chaleur brûlante s'estompait considérablement à l'oxygénation. Un signe d'évolution très positif, qui semble avoir été insuffisant pour plusieurs des dégustateurs présents.
 

Le premier volet a été largement dominé par la sublime "cuvée réservée" de Pégau, qui n'a à peu près pas eu de compétition, un peu en raison de son extraordinaire qualité mais aussi parce que deux des vins au programme à ce volet laissaient planer des doutes plus que légitimes quant à leur état de santé (un vin définitivement bouchonné et un autre qui semblait être encore à l'état de fermentation.)
 

Dans le deuxième volet, la compétition a été beaucoup plus acharnée, malgré le fait qu'un des candidats pour la victoire (la cuvée Chaupin de La Janasse) était marqué lui aussi par un caractère de fermentation. Les trois vins qui se sont disputé le titre étaient tous très complets, riches en fruit (et en alcool), de grande concentration et, surtout, dotés de finales de remarquable longueur. Le vainqueur a été la cuvée vieilles vignes de Grand veneur, mais avec de si beaux vins, il faut aussi rendre honneur aux vaincus.
 
 
  
en rouge
 


PREMIER VOLET  
 

Verre #1         Pégau - "cuvée réservée"                             12 votes
Verre #2         Grand Tinel  - "Cuvée Alexis Establet"        2 votes
Verre #3         Villeneuve  - "vieilles vignes"                        0 votes
Verre #4         Lesec - "pierres dorées"                                 -
             
 
 

Châteauneuf du Pape "cuvée réservée" 2007 Domaine Pégau (I.P. - 93,00$)
Superbe nez! Tout ce qu'on voudrait toujours trouver dans le bouquet d'un châteauneuf du pape, avec des arômes de cerise confite, de kirsch, de garrigue, une fraîcheur de violette et des nuances légèrement viandées. La bouche est puissante, elle a besoin de beaucoup d'oxygène pour se défaire de sa chaleur brûlante et trouver une présence plus harmonieuse, des saveurs de cerise mûre, de réglisse, d'épices et de poivre, des tannins serrés, une trame très classique, une finale très longue. C'est une réussite exceptionnelle.
(**** ½ - oct./10 - Fed)
 

Châteauneuf du Pape "Cuvée Alexis Establet" 2007 Domaine du Grand Tinel  (LCBO - 59,00$)
Premier nez très mûr, avec des arômes de confiture de prunes, évoluant vers des arômes de garrigue, de cerises macérées dans l'alcool et de poivre. La bouche est très dense, mûre, avec des saveurs de kirsch, de prune, de réglisse, d'excellente concentration, beaucoup d'alcool, avec une longue finale chaleureuse, aux relents de goudron. Très généreux, à défaut d'être fin.
(*** ½ - oct./10 - Fed)
 

Châteauneuf du Pape "vieilles vignes" 2007 Domaine de Villeneuve (LCBO 163089 - 54.00$)
Un assemblage de grenache (70%), mourvèdre (16%), syrah, cinsault et autres, dont certaines vignes ont près de cent ans d'âge et viennent cultivées en biodynamie. Dommage, toutefois, que le vin soit marqué d'arômes de fermentation et de moût de raisin et que la bouche contienne un résidu de CO2 qui lui donne des airs d'un vin non fini.
(**  - oct./10 - Fed)
 

Châteauneuf du Pape "pierres dorées" 2007 Patrick Lesec (LCBO - 59,00$)
Bouteille défectueuse.
 
 
 
DEUXIÈME VOLET


Verre #1           Clos Saint Jean - "Deux Ex Machina"        4 votes
Verre #2          Cristia - "renaissance"                                  4 votes
Verre #3          La Janasse "Chaupin"                                    0 votes
Verre #4          Grand veneur  "vieilles vignes"                  6 votes
 
 
 
Châteauneuf du Pape "Deux Ex Machina" 2007 Clos Saint Jean (SAQ - 102,00$)
Rubis, très bonne saturation. Nez discret, offrant un mélange d'épices et de réglisse, avec des arômes boisés neutres. La bouche est puissante, dense, glycérinée, la chaleur brûlante de l'alcool s'estompe à l'oxygénation et le vin gagne une présence plus harmonieuse, on peut mieux apprécier les saveurs de cerise, de graphite, de garrigue, de très grande concentration, aboutissant en une finale interminable de réglisse et de goudron. Un vin très important, qu'il faudra impérativement décanter!
(**** - oct./10 - Fed)
 

Châteauneuf du Pape "renaissance" 2007 Domaine Cristia (LCBO 71399 - 99,00$)
Rubis, très bonne saturation. Nez légèrement chimique, rappelant le vernis à ongle, le vieux rhum, il serait difficile même de deviner qu'il s'agit d'un vin si on le dégustait dans un verre opaque. Éventuellement, des arômes plus opportuns de réglisse noire et de garrigue font surface. La bouche est très dense, ample, veloutée, de très grande concentration, avec une finale intense et incroyablement longue, aux relents de réglisse noire et de fruits secs. 
(**** - oct./10 - Fed)
 

Châteauneuf du Pape Chaupin 2007 Domaine de la Janasse (SAQ - 77,00$)
Rubis, très bonne saturation. Le nez est marqué par des arômes de fermentation, de moût de raisin, de prune sucrée. La bouche contient un résidu de CO2, les saveurs de cerise, de prune fraîche et de raisin sont des très bonne concentration et la finale est de très bonne longueur.
(*** - oct./10 - Fed)
 

Châteauneuf du Pape "vieilles vignes" 2007 Domaine Grand veneur (LBCO - 119,00$)
Pourpre, très bonne saturation. Nez très mûr, avec des arômes de sirop de prune, de réglisse, de garrigue et de minéral. Bouche ample, dense, assez souple malgré sa richesse, hédoniste, la puissance alcoolique s'estompe à l'oxygénation, laissant un vin imposant mais harmonieux, aux tannins fermes mais assez polis, avec une finale discrète mais de très grande longueur. Excellent!
(**** @ **** ½ - oct./10 - Fed)

Producteur: Braida - di Giacomo Bologna

Le nom de cette entreprise familiale, créé en 1961 et située à Rocchetta Tanaro, découle d'un surnom que Giacomo Bologna avait hérité de son père. Mais le surnom Braida n'est pas la seule chose que Giacomo hérita de son père: il reçut aussi l'amour pour sa terre et pour le vin qu'elle donne. C'est justement cet amour qui a instigué Giacomo à donner au barbera ses lettres de noblesse. Ce cépage, qui a toujours été largement répandu au Piémont, donnait généralement des vins simples, de consommation quotidienne. Giacomo eut l'idée de prendre le fruit de ses plus vieilles vignes et de leur donner un élevage en barriques de chêne. C'est ainsi que fut créé le premier barbera haut de gamme: le Bricco dell'Uccellone 1982.


Exploitant près de 56 hectares, Braida est aujourd'hui une référence en matière de Barbera. Les joyaux de la couronne, les crus Bricco della Bigotta, dell'Uccellone et le "Ai Suma" (expression qui signifie "on y est" en dialecte piémontais) sont parmi les meilleures expressions de barbera en circulation. Avec le Montebruna, la famille Bologna a démontré qu'ils savent produire de l'excellent Barbera aussi dans le milieu de gamme. Anna, Raffaella et Beppe, respectivement la femme et les enfants de Giacomo, ont réalisé des investissements importants dans le but de perpétuer le rêve qui était derrière le premier millésime de Bricco dell'Uccellone: celui de faire du barbera un grand cépage noble au même titre que les pinot noir et les cabernets de ce monde. Chaque nouveau millésime semble leur donner raison.
 
 
 
en rouge
 
 
Barbera d'Asti "Bricco della Bigotta" 2007, Braida - Giacomo Bologna (SAQ 11293873 - 72,00$)
Discret mais profond et finement minéral, avec un beau mélange de notes boisées et réglissées. La bouche est fermée, à la trame serrée, plutôt fine, avec des saveurs discrètes de fruit noir et de minéral, très longue finale. Un vin racé et complet, le plus réussi des trois crus présenté en dégustation.
(**** - sept./10 - Fed)
 

Barbera d'Asti "Ai suma" 2006, Braida - Giacomo Bologna
Rubis-pourpre, très bonne saturation. Très mûr, avec une légère pointe de surmaturité, des notes de raisin et de prune fraîche, sur un fond minéral. La bouche est ample et généreuse, glycérinée, mais soutenue par une belle acidité, misant sur la maturité du fruit, avec des saveurs de sirop de cerise, des épices, aboutissant en une bonne finale minérale.
(*** ½ @ **** - sept./10 - Fed)
 

Barbera d'Asti "Bricco dell'Uccellone" 2007, Braida  (SAQ 10217238 - 70,00$)
Rubis, très bonne saturation. Nez discret, il semble traverser une phase fermée, offrant des subtiles notes herbacées, du cuir, du fruit noir très mûr. Bouche ample, mûre, d'assez bonne matière, avec des subtiles notes vanillées, une fine astringence, une finale discrète mais persistante. Il faudra lui laisser quelques années pour mieux développer son discours.
(*** ½  - sept./10 - Fed)
 

Barbera d'Asti "Montebruna" 2008, Braida - Giacomo Bologna (I.P. - 33,75$)
Rubis, bonne saturation. Nez marqué par des subtiles notes boisées, épicées, sur un fond de cerise mûre. Bouche jeune, légèrement tendue, avec des tannins très fins, polis, des saveurs de fruit noir de bonne concentration, quelques traces vanillées adoucissent la finale qui est de bonne persistance. Bien fait.
(*** ½ - sept./10 - Fed)
 

"Il Bacialé" Monferrato rosso 2008, Braida - Giacomo Bologna (I.P. - 33,75$)
Un assemblage de barbera (60%), pinot noir (20%), cabernet sauvignon et merlot. Rubis, assez bonne saturation. Bon nez de fruits rouges, mûrs, légèrement macérées, avec une pointe de poivron assez nette, ainsi que des nuances d'herbes et de réglisse. Bouche souple, assez fluide, très harmonieuse, avec des saveurs de fruits rouges, une finale épicée, aux relents de cabernet. Intéressant, mais à ce prix on aimerait une bouche plus complète.
(*** - sept./10 - Fed)
 

Brachetto d'Acqui 2009, Braida - Giacomo Bologna (I.P. - 31,50$)
Un rouge mousseux, frais et fruité, avec seulement 5,5 degrés d'alcool et 130 grammes de sucre résiduel par litre. Il se présente sous une veste rubis, de très faible saturation, son nez est très parfumé, presque muscaté, avec des arômes de fruits rouges sucrés. La bouche est d'une mousse ample, avec des saveurs de fruits rouges sucrés, acidulé. Un vin-friandise, un peu trop doux à mon goût, qui pourrait se révéler fort agréables en certaines circonstances.
(*** - sept./10 - Fed)

Producteur: Schiopetto


 
La famille Schiopetto produit du vin depuis la moitié des années soixante, quand Mario Schiopetto loua une vigne de l'archevêché de Gorizia, à Capriva del Friuli. Mario avait hérité sa passion pour le bon vin de son père, qui était le propriétaire d'une brasserie très renommée à Udine et de son grand-père, qui était déjà négociant de vin au début des années 1900.
 

S'inspirant du savoir-faire allemand et français et doué d'une intuition remarquable, Mario est devenu une véritable locomotive de la viticulture frioulane, faisant en sorte que le nom de sa famille devienne pour les amateurs un synonyme de qualité et une source de certains des meilleurs vins blancs d'Italie. Aujourd'hui, c'est ses enfants, Maria, Carlo et Giorgio, qui s'occupent de la gestion du domaine et des 30 hectares de vignes, nichées dans cette région italienne, proche de la Slovénie, où la chaleur de la mer Méditerranée se bute à la fraîcheur des Alpes.
 

Comme l'explique Carlo Schiopetto, le Frioul est une région de vins blancs. C'est donc ces variétés qui viennent utilisées sur les meilleurs terroirs. Chez lez Schiopetto on mise beaucoup sur le tocai friulano, un cépage historique du Frioul qui, depuis quelques années, ne peut plus être commercialisé avec le nom de tocai et qu'on appelle désormais simplement friulano. Ce cépage, qui n'a rien à voir avec les Tokaji hongrois (vins liquoreux très nobles, issus essentiellement du cépage furmint) est en fait un cousin du sauvignon, que l'on connaît sous le nom de sauvignon vert et qui donne des vins plus riches mais moins parfumés que le premier.


Le Frioul est une région carrefour où historiquement se sont croisées plusieurs cultures. Il n'est donc pas étonnant d'y noter la présence de nombreux cépages internationaux, comme le cabernet sauvignon, le cabernet franc et le merlot, qui y sont cultivés depuis près de deux siècles et s'y sont acclimatés parfaitement. Ces cépages s'expriment à merveille dans le rivarossa, un rouge élégant et typé qui offre un rapport qualité prix très intéressant.


 
 
en blanc 
 

Friulano Collio Doc 2008, Schiopetto (I.P. - 33,25$)
Bon nez, parfumé, débute sur des notes presque muscatées, du lychee, de la poire bien mûre, de l'amande, sur un fond minéral. Bouche assez ample et onctueuse, belle rondeur, maturité de fruit, avec une subtile minéralité qui persiste.
(*** ½ - sept./10 - Fed)
 

Blanc des rosis Venezia Giulia igt 2008, Schiopetto (I.P. - 30,25$)
Un assemblage de 50% de friulano (tocai friulano), avec l'ajout de pinot grigio, malvasia, et sauvignon blanc. Un vin bien mûr et parfumé, avec des arômes de pomme et de vanille. Bouche ample, de belle fraîcheur, marquée par une minéralité prononcée qui persiste dans la longue finale.
(*** @ *** ½ - sept./10 - Fed)
 

Sauvignon Collio Doc 2008, Schiopetto (I.P. - 33,25$)
Nez assez variétal, avec des notes de pamplemousse et de pipi de chat. Bouche assez droite, de bonne acidité, avec des discrètes saveurs de groseille. Beaucoup moins original que le friulano, mais assez bien fait.
(*** @ *** ½ - sept./10 - Fed)
 

Pinot grigio Collio Doc 2008, Schiopetto (I.P. - 33,25$)
Plutôt discret, assez fin, avec quelques subtiles nuances fumées. Bouche discrète, longiligne, au palais très sec, aboutissant en une finale de bonne minéralité, qui persiste.
(*** - sept./10 - Fed)
 
 
 
en rouge
 

Rivarossa Venezia Giulia igt 2005, Schiopetto (SAQ 11035946 - 26,75$)
Un assemblage de cabernet sauvignon (35%), cabernet franc (35%) et de merlot (30%) qui offre un nez très typé, avec des arômes de champignon, de feuille de cassis et d'épices. La bouche est d'assez bonne matière, souple, élégante, aux tannins mûrs, assez serrés mais sans aucune austérité, des saveurs de cassis et de réglisse, avec une finale subtilement minérale. Très bien fait, frais et élégant, à moins de trente dollars il se compare favorablement à bien des crus bourgeois ou des deuxièmes étiquettes du Médoc.
(*** ½ - sept./10 - Fed)