avril 09, 2012

CR: BORDEAUX 2008

De piètre à excellente, à peu près tous les verdicts possibles ont été émis sur la qualité des bordeaux 2008. Qu'en est-il réellement de ces vins? C'est le jugement que cette dégustation devait nous aider à mettre au point. Deux volets de quatre vins, chacun étant composé de trois bordeaux 2008 et d'un vin pirate, pour rendre l'exercice de dégustation à l'aveugle plus intéressant.

L'impact avec les vins du premier volet a été un peu difficile. Malgré que le millésime ait la réputation d'avoir jouit d'un climat généralement frais, sans excès de chaleur, avec une saison végétative extrêmement longue, les vins présentaient une chaleur alcoolique parfois bien marquée.

La faveur du panel a été vers le Château Lascombes, un Margaux flatteur et élégant, très typé, qui a eu raison d'un excellent Haut Bailly, plus réservé et de très belle structure et du cabernet toscan Mormoreto, de la maison Frescobaldi, laissant le Smith Haut Lafitte, un des préférés du groupe, habituellement, loin derrière.

La qualité est montée d'un cran dans le deuxième volet. Le pedigree des vins en lice était sans doute propice à nous offrir de très belles choses, mais l'impression est que, en 2008, les vins plus septentrionaux, plus atlantiques, de Saint Julien, Pauillac et Saint Estèphe, soient plus harmonieux, en général.

Malgré l'homogénéité des vins du deuxième volet, tous de très grande qualité, l'élégance suprême du Lafite lui a permis de ramasser une grande majorité des votes du panel, ne laissant que des miettes pour la concurrence. Cela démontre bien qu'il ne faut pas nécessairement être une bête à concours pour gagner des dégustations à l'aveugle. Le Lafite, avec ses petits 12,5 degrés d'alcool, a surtout brillé par sa délicatesse et son harmonie. Et ce fut amplement suffisant.

J'achète ou je n'achète pas

Quoiqu'en disent certains experts, on est loin d'un grand millésime. Les 2008 ne possèdent pas la profondeur, la précision et la structure des 2005 et des 2000. Il y a eu de belles réussites, certainement, mais on est beaucoup plus près de millésimes comme 2006 et 2004. Si vous jugez que votre cave a désespérément besoin de quelques bordeaux de plus, vous pourriez être attirés par le prix très favorable de certains des meilleurs 2008. Si non, quoi que ce soit deux millésimes plus dispendieux, gardez à l'esprit qu'il y aura beaucoup de très bons achats à faire parmi les crus bourgeois et les petits crus classés de 2009 et 2010.
1er volet
Verre #1 - Smith Haut Lafitte 0 votes

Verre #2 - Lascombes 8 votes
Verre #3 - Mormoreto 4 votes
Verre #4 - Haut Bailly 2 votes

Pessac Léognan 2008, Château Smith Haut Lafitte
Rubis-pourpre, très bonne saturation. Nez très mûr, arômes de cerise à l'alcool, terre brûlée, caoutchouc, réglisse noire. Bouche dense, de très bonne matière, puissante, alcooleuse, un peu brûlante, tannins fermes mais bien enrobés. Pas tout à fait harmonieux en ce moment. À attendre.
(*** ½ - nov./11 - Fed)

Margaux 2e grand cru classé cru 2008, Château Lascombes
Rubis, très bonne saturation. Joli nez, très mûr, belle fraîcheur, cassis, avec des accents de violette et de poivron, boisé légèrement fumé, aux nuances de caramel et de moka. Bouche de bonne matière, fluide, assez sphérique, très margalaise, saveurs de cassis, de cerise mûre, très bonne concentration, tannins serrés, élégants, bonne finale, longue, subtilement réglissée. Très réussi!
(*** ½ @ **** - nov./11 - Fed)

Mormoreto Toscana i.g.t. 2007, Frescobaldi (SAQ 864512 - 59,75$)
Pourpre, très bonne saturation. Beau nez, expressif, de très bonne maturité et pureté de fruit, avec des arômes de confiserie, et de marmelade aux fruits noirs. Bouche de bonne matière, élégante, veloutée, avec des saveurs de mûres, de framboises, presque crémeux, de très bonne concentration, avec une trame tannique serrée, bien enrobée, une finale un brin chaleureuse, mais longue et réglissée.
(*** ½ @ **** - nov./11 - Fed)

Pessac Léognan 2008, Château Haut Bailly
Rubis-pourpre, très bonne saturation. Discret, profond, beaux arômes de cassis, de cerise mûre, sucrée, avec un caractère subtilement terreux-minéral. Bouche élégante, structurée, avec une trame tannique très racée, ferme, de belle mâche, belles saveurs de fruit mûr, beaucoup de retenue et un superbe sens des proportions, aboutissant en une très belle finale minérale. Excellent!
(**** - nov./11 - Fed)

 

 

2e volet
Verre #1 - Giorgio Primo 0 votes
Verre #2 - Lafite Rothschild 9 votes
Verre #3 - Léoville Barton 2 votes
Verre #4 - Cos d'Estournel 3 votes

Giorgio Primo Toscane Igt 2008, Fattoria La Massa (SAQ 11290226 - 90,25$)
Rubis-pourpre, très bonne saturation. Discret, très élégant, avec un nez d'une pureté exquise, cassis, mûres, framboises, fleurs des champs, crémeux, doté de beaucoup de maturité mais aussi de la fraîcheur et de la délicatesse. Bouche dense, veloutée, de très bonne concentration mais aussi bien élégante, saveurs de fruits noirs, mûrs, sucrés, épices, réglisse, longue finale avec un retour de cassis et de mûres. Excellent!
(**** - nov./11 - Fed)

Pauillac 1er grand cru classé 2008, Château Lafite Rothschild
Rubis, très bonne saturation. Très beau nez, irrésistiblement flatteur, avec un boisé parfait, aux relents de torréfaction, de chêne grillé et de mine de plomb, sur un fond de cassis et de mûres. Bouche fluide, extrêmement élégante et digeste, avec des proportions très classique, presque d'autrefois, trame serrée, noble et délicate, tout en dentelle, finale subtile mais persistante, aux accents de cassis et de minéral. Un pauillac de facture très classique, un taux d'alcool de 12,5 et surtout une élégance et une harmonie hors pair, un grand vin qui devrait servir d'exemple à bien des producteurs de bêtes à concours.
(**** @ **** ½ - nov./11 - Fed)

St. Julien 2e grand cru classé 2008, Château Léoville Barton
Pourpre, opaque. Nez très mûr, profond, réglissé, avec des arômes de prune et de cassis, sur un fond minéral. Bouche dense, tannique, structurée, un peu dure en ce moment, dotée d'une belle acidité et une grande minéralité, très longue finale. À attendre.
(**** - nov./11 - Fed)

St. Estèphe 2e grand cru classé 2008, Château Cos d'Estournel
Rubis-pourpre, très bonne saturation. Discret, un peu fermé, minéral, réglissé, avec des notes d'amidon et d'haie de cèdres. Bouche assez dense et glycérinée, assez puissante, de trame serrée, polie, saveurs de cassis, aux accents floraux, minéraux, bonne finale.
(**** - nov./11 - Fed)