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avril 09, 2012

CR: BORDEAUX 2008

De piètre à excellente, à peu près tous les verdicts possibles ont été émis sur la qualité des bordeaux 2008. Qu'en est-il réellement de ces vins? C'est le jugement que cette dégustation devait nous aider à mettre au point. Deux volets de quatre vins, chacun étant composé de trois bordeaux 2008 et d'un vin pirate, pour rendre l'exercice de dégustation à l'aveugle plus intéressant.

L'impact avec les vins du premier volet a été un peu difficile. Malgré que le millésime ait la réputation d'avoir jouit d'un climat généralement frais, sans excès de chaleur, avec une saison végétative extrêmement longue, les vins présentaient une chaleur alcoolique parfois bien marquée.

La faveur du panel a été vers le Château Lascombes, un Margaux flatteur et élégant, très typé, qui a eu raison d'un excellent Haut Bailly, plus réservé et de très belle structure et du cabernet toscan Mormoreto, de la maison Frescobaldi, laissant le Smith Haut Lafitte, un des préférés du groupe, habituellement, loin derrière.

La qualité est montée d'un cran dans le deuxième volet. Le pedigree des vins en lice était sans doute propice à nous offrir de très belles choses, mais l'impression est que, en 2008, les vins plus septentrionaux, plus atlantiques, de Saint Julien, Pauillac et Saint Estèphe, soient plus harmonieux, en général.

Malgré l'homogénéité des vins du deuxième volet, tous de très grande qualité, l'élégance suprême du Lafite lui a permis de ramasser une grande majorité des votes du panel, ne laissant que des miettes pour la concurrence. Cela démontre bien qu'il ne faut pas nécessairement être une bête à concours pour gagner des dégustations à l'aveugle. Le Lafite, avec ses petits 12,5 degrés d'alcool, a surtout brillé par sa délicatesse et son harmonie. Et ce fut amplement suffisant.

J'achète ou je n'achète pas

Quoiqu'en disent certains experts, on est loin d'un grand millésime. Les 2008 ne possèdent pas la profondeur, la précision et la structure des 2005 et des 2000. Il y a eu de belles réussites, certainement, mais on est beaucoup plus près de millésimes comme 2006 et 2004. Si vous jugez que votre cave a désespérément besoin de quelques bordeaux de plus, vous pourriez être attirés par le prix très favorable de certains des meilleurs 2008. Si non, quoi que ce soit deux millésimes plus dispendieux, gardez à l'esprit qu'il y aura beaucoup de très bons achats à faire parmi les crus bourgeois et les petits crus classés de 2009 et 2010.
1er volet
Verre #1 - Smith Haut Lafitte 0 votes

Verre #2 - Lascombes 8 votes
Verre #3 - Mormoreto 4 votes
Verre #4 - Haut Bailly 2 votes

Pessac Léognan 2008, Château Smith Haut Lafitte
Rubis-pourpre, très bonne saturation. Nez très mûr, arômes de cerise à l'alcool, terre brûlée, caoutchouc, réglisse noire. Bouche dense, de très bonne matière, puissante, alcooleuse, un peu brûlante, tannins fermes mais bien enrobés. Pas tout à fait harmonieux en ce moment. À attendre.
(*** ½ - nov./11 - Fed)

Margaux 2e grand cru classé cru 2008, Château Lascombes
Rubis, très bonne saturation. Joli nez, très mûr, belle fraîcheur, cassis, avec des accents de violette et de poivron, boisé légèrement fumé, aux nuances de caramel et de moka. Bouche de bonne matière, fluide, assez sphérique, très margalaise, saveurs de cassis, de cerise mûre, très bonne concentration, tannins serrés, élégants, bonne finale, longue, subtilement réglissée. Très réussi!
(*** ½ @ **** - nov./11 - Fed)

Mormoreto Toscana i.g.t. 2007, Frescobaldi (SAQ 864512 - 59,75$)
Pourpre, très bonne saturation. Beau nez, expressif, de très bonne maturité et pureté de fruit, avec des arômes de confiserie, et de marmelade aux fruits noirs. Bouche de bonne matière, élégante, veloutée, avec des saveurs de mûres, de framboises, presque crémeux, de très bonne concentration, avec une trame tannique serrée, bien enrobée, une finale un brin chaleureuse, mais longue et réglissée.
(*** ½ @ **** - nov./11 - Fed)

Pessac Léognan 2008, Château Haut Bailly
Rubis-pourpre, très bonne saturation. Discret, profond, beaux arômes de cassis, de cerise mûre, sucrée, avec un caractère subtilement terreux-minéral. Bouche élégante, structurée, avec une trame tannique très racée, ferme, de belle mâche, belles saveurs de fruit mûr, beaucoup de retenue et un superbe sens des proportions, aboutissant en une très belle finale minérale. Excellent!
(**** - nov./11 - Fed)

 

 

2e volet
Verre #1 - Giorgio Primo 0 votes
Verre #2 - Lafite Rothschild 9 votes
Verre #3 - Léoville Barton 2 votes
Verre #4 - Cos d'Estournel 3 votes

Giorgio Primo Toscane Igt 2008, Fattoria La Massa (SAQ 11290226 - 90,25$)
Rubis-pourpre, très bonne saturation. Discret, très élégant, avec un nez d'une pureté exquise, cassis, mûres, framboises, fleurs des champs, crémeux, doté de beaucoup de maturité mais aussi de la fraîcheur et de la délicatesse. Bouche dense, veloutée, de très bonne concentration mais aussi bien élégante, saveurs de fruits noirs, mûrs, sucrés, épices, réglisse, longue finale avec un retour de cassis et de mûres. Excellent!
(**** - nov./11 - Fed)

Pauillac 1er grand cru classé 2008, Château Lafite Rothschild
Rubis, très bonne saturation. Très beau nez, irrésistiblement flatteur, avec un boisé parfait, aux relents de torréfaction, de chêne grillé et de mine de plomb, sur un fond de cassis et de mûres. Bouche fluide, extrêmement élégante et digeste, avec des proportions très classique, presque d'autrefois, trame serrée, noble et délicate, tout en dentelle, finale subtile mais persistante, aux accents de cassis et de minéral. Un pauillac de facture très classique, un taux d'alcool de 12,5 et surtout une élégance et une harmonie hors pair, un grand vin qui devrait servir d'exemple à bien des producteurs de bêtes à concours.
(**** @ **** ½ - nov./11 - Fed)

St. Julien 2e grand cru classé 2008, Château Léoville Barton
Pourpre, opaque. Nez très mûr, profond, réglissé, avec des arômes de prune et de cassis, sur un fond minéral. Bouche dense, tannique, structurée, un peu dure en ce moment, dotée d'une belle acidité et une grande minéralité, très longue finale. À attendre.
(**** - nov./11 - Fed)

St. Estèphe 2e grand cru classé 2008, Château Cos d'Estournel
Rubis-pourpre, très bonne saturation. Discret, un peu fermé, minéral, réglissé, avec des notes d'amidon et d'haie de cèdres. Bouche assez dense et glycérinée, assez puissante, de trame serrée, polie, saveurs de cassis, aux accents floraux, minéraux, bonne finale.
(**** - nov./11 - Fed)

CR: PIEMONTE 2006

Deux volets inversés, trois barbaresco et un barolo dans le premier, le contraire dans le deuxième, pour évaluer celui qui doit être considéré comme le meilleur millésime depuis le somptueux 2001 et qui nous a offert une délectable dégustation de grands nebbiolo!

Sivano Pasquero-Elia, de la maison Paitin, a décrit 2006 comme "un millésime classique, avec une maturité très homogène." Cette analyse décrit parfaitement les vins que nous avons dégustés: d'excellents niveaux de maturité, mais aussi du classicisme et un beau sens des proportions.

Chacun des deux volets, dégustés à l'aveugle, a été totalement dominé per deux vins qui semblaient en état de grâce. Toutefois, sauf une exception, vous trouverez laquelle en lisant les notes, la qualité des vins était assez homogène.

C'est le Barolo Brunate de Oberto qui s'est démarqué dans le premier volet, arrivant à un petit vote de l'unanimité. Le Bricco Fiasco de Azelia a offert une performance presque aussi convaincante dans le deuxième volet, où il a éclipsé, seulement aux suffrages, des Barolo de la trempe du Cerequio de Roberto Voerzio et du Pajana de Domenico Clerico.

 

Acheter ou ne pas acheter

La réponse est claire et évidente: si vous aimez les grands nebbiolo, il vous faut des 2006!!

Aussi, à en juger de l'échantillonnage de cette dégustation, vous pouvez acheter presque les yeux fermés, en vous fiant à la bonne réputation des meilleurs producteurs.

 

1er VOLET
Verre #1 - Barbaresco Sorì Paitin - Paitin 0 votes
Verre #2 - Barolo Brunate - Oberto 14 votes
Verre #3 - Barbaresco - Cantina del Pino 1 vote
Verre #4 - Barbaresco Rombone - Nada 0 votes

Barbaresco Sorì Paitin 2006, Paitin (SAQ 11338007 - 50,50$)
Rubis, profond, bonne saturation. Nez légèrement "funky" avec des arômes végétaux, quelques notes terreuses, du sous-bois, du cuir. Bouche de bonne matière, plutôt tannique, avec une amertume de café vert, réglisse, bonne concentration mais un peu rustique dans l'ensemble.
(*** ½ - oct./11 - Fed)

Barolo Brunate 2006 Andrea Oberto (LCBO 115600 - 75.00$)
Rubis, bonne saturation. Très beau nez, profond, mûr, avec de beaux arômes de sirop de cerise et de prune, sur un fond de goudron, de cuir et de tabac, il gagne des accents graphités et de fruits rouges acidulés, en évoluant dans le verre. Attaque, ample, veloutée, tannins fermes, bien enrobés, très belle matière, saveurs de tabac et de réglisse, long. Plein, élégant, structuré, une superbe réussite!
(**** @ **** ½ - oct./11 - Fed)

Barbaresco 2006, Cantina del Pino (LCBO 922880 - 31.95$)
Rubis, bonne saturation. Nez très mûr, légèrement douceâtre, avec des arômes de prune sucrée, aux accents floraux, vanillés. Bouche ample, souple, dotée de bon tonus en milieu de palais, bonne acidité, épicé, de concentration moyenne, finale réglissée, persistante. Un peu facile, mais la maturité est excellente et pour le prix c'est du très bon nebbiolo.
(*** ½ - oct./11 - Fed)

Barbaresco Rombone 2006, Fiorenzo Nada (LCBO 223693 - 55.00$)
Rubis, bonne saturation. Belle fraîcheur au nez, avec des arômes floraux, cuirés, épicés, sur un fond de fruits rouges. Bouche serrée, acidulée, de corps moyen mais dotée d'une belle tension, fruits rouges, réglisse, avec une finale d'une belle pureté, aux relents minéraux goudronnés.
(*** ½ @ **** - oct./11 - Fed)


 

2e volet
Verre #1 - Barolo Bricco Fiasco - Azelia 13 votes
Verre #2 - Barolo Pajana - Clerico 2 votes
Verre #3 - Barolo Cerequio - Voerzio 0 votes
Verre #4 - Barbaresco Vanotù - Pellissero 0 votes

Barolo Bricco Fiasco 2006 Azelia (LCBO 579219 - 75.00$)
Rubis, très bonne saturation, quelques reflets grenat. Beau nez de petits fruits rouges, bien mûrs, presque confits, presque bourguignon, avec des nuances boisées, graphitées, très subtiles, ainsi qu'une touche de tabac en évoluant dans le verre. Bouche compacte, structurée, trame polie, plutôt fine, très bonne concentration, prune fraîche, fruits rouges, épices, cuir, bonne maturité, avec une longue finale chaleureuse, aux relents terreux, goudronnés. Excellent!
(**** - oct./11 - Fed)

Barolo Pajana 2006 Domenico Clerico (LCBO 182352 - 95.00$)
Premier nez légèrement cuit, avec des arômes de prune très mûre, de goudron, il gagne plus de finesse en évoluant dans le verre, tabac, cuir, quelques belles nuances balsamiques. Bouche plutôt tannique, ferme, astringente, bonne concentration, prune, réglisse, épices, assez bonne densité, mais surtout de la fermeté, finale intense et goudronnée. Il faudra lui laisser du temps, mais c'est un effort très sérieux et réussi.
(**** - oct./11 - Fed)

Barolo Cerequio 2006 Roberto Voerzio (SAQ 11377946 - 233,25$)
Fermé, difficile d'approche, avec un nez très discret, offrant des notes cuirées, minérales, ainsi qu'un caractère d'amidon. Bouche très tannique et structurée, d'une trame très classique, plutôt longiligne, de grande finesse, longue finale réglissée, fraîche. Un Barolo un peu ingrat, mais on a là un grand vin de garde, sans concessions à la modernité ou à la facilité.
(**** - oct./11 - Fed)

Barbaresco Vanotù 2006 Pellissero (SAQ - 84,00)
Caricatural est un terme bien choisi pour ce barbaresco aux allures Frankensteinèsques, marqué par un nez au boisé excessivement chauffé, caoutchouteux, sulfureux, aux relents de menthol et de plant de tomate. La bouche poursuit dans la même veine, marquée d'accents brûlés et végétaux, avec un trame un brin rustique, astringente. Difficile de croire qu'il ne s'agit que d'une phase ingrate, quelque chose semble avoir été forcé dans ce vin, qui en a perdu le plus élémentaire sens de l'équilibre.
(** - oct./11 - Fed)

CR: BOURGOGNE 2009

La première dégustation de la saison 2011-12 couvrait l'excellent millésime 2009, en Bourgogne. Plus précisément les blancs, à partir des grands crus de Chablis, jusqu'aux vins du Mâconnais, en passant par les grands terroirs de la Côte d'Or.

Le millésime 2009 est potentiellement un des meilleurs de la décennie. Toutefois, comme le précise Henri Boillot, il fallait vendanger tôt afin de préserver l'acidité dans les vins.

Les bourgognes 2009 sont effectivement des blancs de grande maturité, un peu comme l'étaient les 2006, mais avec un caractère moins voluptueux. La maturité leur apporte plus de puissance que d'exotisme. Ça peut donner des vins parfois un peu chauds et dépourvus de définition.

Le premier volet, de cette dégustation à l'aveugle, était une comparaison de trois grands crus de Chablis, qui a été remportée assez aisément par le Vaudésir de la maison Verget.

Le deuxième volet se compliquait de la présence d'un vin fantôme, servi à doublement à l'aveugle (non seulement les participants ne savaient dans quel verre il était servi, mais ils n'en connaissaient pas l'identité non plus.) Bien des membres du panel ont crû l'identifier dans le verre numéro un, en raison de l'exubérance du nez. C'était faux! Le fantôme, le Chardonnay Maté's vineyard de Kumeu River, un producteur Néo-Zélandais qui nous donne des chardonnays très élégants, était dans le verre numéro trois et il a facilement remporté le volet.

Les jeux se faisaient sérieux dans le troisième volet, avec la présence de quelques très grandes pointures, dont un Criots-Bâtard-Montrachet de Henri Boillot. Ce ténor devait composer avec la présence du très charmant premier cru Meursault-Charmes d'Olivier Bernstein, qui a donné plus que du fil à retordre à son supérieur, ainsi qu'avec le très élégant Morgeot de Verget, un vin qui se détaillait à une fraction du prix des deux premiers. La domination a été nette et sans équivoques, le Meursault a raflé plus de la moitié des votes et le nom d'Olivier Bernstein ne sera pas oublié de si tôt par les participants de cette très belle dégustation.


J'achète ou je n'achète pas

Il s'agit d'un millésime potentiellement grandiose, tout amateur qui se respecte se doit d'avoir des bourgognes 2009 dans sa cave! Toutefois, j'ai l'impression que, particulièrement avec les blancs, il faudra être attentifs à ne sélectionner que les vins de producteurs qui ont su éviter les excès de maturité. Goûter avant d'acheter, dans la mesure du possible, sera certainement la meilleure approche avec ces vins.

 

1er volet
Verre #1 Verget - Vaudésir 7 votes
Verre #2 Brocard - Les clos 2 votes
Verre #3 Piuze - Bougros 4 votes

Chablis grand cru "Vaudésir" 2009, Verget (SAQ - 72,00$)
Robe dorée, pâle. Nez mûr, aux nuances de miel et de fleur blanches, de pomme, minéral, avec quelques accents de lanoline. Très belle bouche ample, racée et de très belle précision, du gras, un beau fruit et une minéralité persistante. Très réussi.
(**** - sept./11 - Fed)

Chablis grand cru "les clos" 2009, J. M. Brocard (SAQ - 81,00$)
Robe dorée, pâle. Nez très minéral, avec des accents de poussière de roche, de pierre à fusil, un fruit discret, aux nuances d'agrumes. Bouche ample, racé, elle semble plus mûre et expressive, tendue par une saine acidité, des saveurs de limette et une belle minéralité.
(**** - sept./11 - Fed)

Chablis grand cru "bourgos" 2009, Piuze (SAQ - 55,00$)
Robe dorée, moyennement soutenue. Nez mûr, aux nuances de miel, de pomme, de croûte de pain. Bouche ample, dotée de beaucoup de gras, à la limite de la mollesse, du volume et de la maturité au détriment de l'élégance et de la droiture qui devraient distinguer un grand chablis, finale aux relents de chêne épicé et de sucre brun.
(*** @ *** ½ - sept./11 - Fed)

 

 

2e volet
Verre #1 Ch. de Chorey - Grèves 2 votes
Verre #2 Brett - Carementrant 3 votes
Verre #3 Kumeu - Maté's 8 votes

Beaune "sur les grèves" 2009, Château de Chorey (SAQ - 98,00$)
Robe dorée, soutenue. Nez sublime, très expressif, avec des arômes de noisette, d'agrumes, des accents floraux exotiques, vraiment très intense et engageant. En bouche, toutefois, la musique est bien différente: dense et onctueuse, avec une amertume boisée prononcée, beaucoup de maturité, des saveurs presque de banane et une finale chaude et lourde, aux relents d'anis. La splendeur du nez ne compense pas tout à fait pour le manque de tenue en bouche.
(*** @ *** ½ - sept./11 - Fed)

Pouilly Fuissé "en carementrant" 2009, Bret Brothers (SAQ - 47,00$)
Robe dorée, pâle. Nez discret, avec de jolies nuances de poire et de camomille. Bouche de bonne maturité, saveurs de pomme mûre, légère amertume minérale, onctueuse, mais de faible acidité, ce qui lui enlève un peu de tenue et de définition.
(*** ½ - sept./11 - Fed)

Chardonnay Maté's vineyard 2007, Kumeu River (SAQ - 47,00$)
Robe dorée, soutenue. Premier nez plutôt discret, il évolue positivement vers un ensemble très élégant, aux nuances boisées qui rehaussent subtilement les notes d'agrumes et de fruit blanc. La matière et mûre, mais de très bonne acidité, presque perlante sur le palais, avec des saveurs de noisette, d'agrumes et une finale soutenue, légèrement beurrée. Très beau chardonnay!
(**** - sept./11 - Fed)

 

 

3e volet
Verre #1 Verget - Morgeot 2 votes
Verre #2 Bernstein - Charmes 8 votes
Verre #3 Boillot - Criots-Bâtard 3 votes

Chassagne Montrachet 1er cru Morgeot 2009, Verget (SAQ - 72,00$)
Joli nez, délicat, très chablisien, avec des notes de fruits blancs, aux accents floraux, sur un fond minéral assez net. Belle bouche, pleine, élégante, avec des saveurs de crème de citron, une belle minéralité, persistant.
(*** ½ @ **** - sept./11 - Fed)

Meursault-Charmes 1er cru 2009, Olivier Bernstein (SAQ - 145,00$)
Le nez est d'une délicatesse remarquable, avec des arômes de cire et d'amande, qui se compliquent de nuances florales, belle fraîcheur. Bouche extrêmement élégante, des saveurs de fruit blanc, avec des accents floraux, vanillés, beaucoup de fraîcheur et d'élégance, l'élevage 100% bois neuf est pratiquement imperceptible, la finale possède un caractère minéral, noisetté, de première classe! Sublime!
(**** @ **** ½ - sept./11 - Fed)

Criots-Bâtard-Montrachet grand cru 2009, Henri Boillot (SAQ - 249,00$)
Nez marqué par un caractère fumé, de noisette grillée et de chêne, le tout étant particulièrement intense. La bouche est ample, structurée, avec une acidité bien soutenue qui lui confère beaucoup de tonus, des accents de limette, des traces boisées, fumées, minérales, une longue finale aux relents épicés, beurrés. Le boisé est un peu envahissant pour le moment, mais le vin est doté d'une matière et d'une structure magnifiques, son vieillissement semble garanti!
(**** @ **** ½ - sept./11 - Fed)

CR: BRUNELLO DI MONTALCINO 2004

L'Italie, cette péninsule d'une beauté paradisiaque, peuplée par des gens avec un faible pour la fraude... et les scandales qui en résultent! Cette passion pour le contournement des règles, bien évidemment, n'a pas épargné le monde du vin. Et une des plus récentes fraudes à investir l'Italie vinicole a été précisément celle de "Brunellopoli!"

Jusqu'aux années 1970, il n'y avait qu'un peu moins de 100 hectares de vignes dans la région de Montalcino. À peine trente ans plus tard, cette superficie avait connu une croissance exponentielle, pour s'approcher des 2000 hectares. Il n'est pas étonnant que, dans l'exaltation de cette ruée vers l'or de Montalcino, bien des sites ont été exploités qui n'avaient pas les qualités pédoclimatiques aptes à produire des grands vins. Lorsque les rumeurs ont commencé à circuler que certains producteurs faisaient quelques exceptions aux règles, afin de produire des vins plus "agréables" pour les consommateurs étrangers, les autorités ont fait des contrôles. Il en est résulté non seulement que certains producteurs faisaient recours à l'utilisation de cépages interdits dans la production du Brunello, qui doit être fait uniquement avec du sangiovese, mais aussi que des hectares de vignobles qui avaient été déclarés comme sangiovese, étaient en fait plantés avec des variétés non autorisées et que des lots de vins de régions plus méridionales transitaient couramment vers les collines de Montalcino. Ce scandale a éclaboussé des noms très importants comme Antinori, Argiano, Banfi et Frescobaldi. Certains ont même dû déclasser une grande partie de leur production, qui avait été saisie par les autorités, afin de pouvoir la commercialiser comme simple vin de table, à une fraction du prix!


Néanmoins, malgré les scandales, il reste que Montalcino est encore une source pour certains des plus grands vins d'Italie et qu'il reste dans cette région bien des producteurs sérieux et soucieux de produire les meilleurs vins possibles à partir de leurs vignes de sangiovese. Voilà ce que cette dégustation voulait démontrer, en plus de nous offrir un joli retour sur le millésime 2004 qui, sans être légendaire, a quand même produit un bon nombre de grandes réussites.
Le programme nous offrait, entre autres, deux vins de Biondi Santi, le grand précurseur, le domaine qui est à l'origine des vins qui ont servi de modèle à la création du Brunello. L'entrée en matière a justement été assurée par leur excellent 2001: un Brunello très classique, viril et débordant de caractère.

Le premier volet a été remporté par le Greppone Mazzi, qui a eu raison de deux grands classiques tels que le Vigna Spuntali et le Poggio Antico. Dans le deuxième volet, le sublime Schiena d'Asino de Mastrojanni a volé la vedette, devant deux autres belles réussites, Biondi Santi et La casa de Caparzo.

Les fausses notes de cette dégustation, une par volet, ont été le Riserva "le due sorelle" de La Fuga (surmûri, presque cuit en fait) et le Poggio alle Mura de Banfi (trop moderne, presque caricatural). Étonnamment, ces deux vins semblaient montrer des caractéristiques de vins dans lesquels on pourrait avoir fait recours à l'aide de cépages non permis par la DOCG. Comme pour dire que tricher n'est pas toujours synonyme de gagner...

J'achète ou je n'achète pas?
Comme je disais, 2004 est un bon millésime, pas un grand millésime. Toutefois, il a donné lieu à plusieurs très belles réussites qui méritent d'être considérées même par les consommateurs les plus avisés, en attendant de faire le plein sur les Brunello de 2006, qui devrait être un grand millésime.

 

ENTRÉE EN MATIÈRE

Brunello di Montalcino "Greppo" 2001, Biondi Santi
Rubis-grenat, très bonne saturation. Très beau nez, viril, terreux, cuiré, avec des notes animales, viandées, de salaison, ainsi que des nuances d'herbes méditerranéennes. Bouche droite, austère, à la structure ferme, longiligne, tannins serrés, polis, légèrement astringents, acidité assez soutenue, saveurs de très bonne concentration, prune, chocolat noir, avec des accents terreux, salins, qui s'allongent dans la superbe finale. Un vin de style traditionnel, aidé par la grande générosité du millésime. C'est une grande réussite, avec un énorme potentiel de vieillissement.
(**** @ **** ½ - mai/11 - Fed)

PREMIER VOLET

Verre #1 - "Vigna Spuntali" - Val di Suga 2 votes
Verre #2 - Brunello - Poggio Antico 4 votes
Verre #3 - "le due sorelle" - La Fuga 0 votes
Verre #4 - "Il Greppone Mazzi" - Ruffino 7 votes

Brunello di Montalcino "Vigna Spuntali" 2004, Val di Suga (SAQ 10816767 - 79,75$)
Rubis, bonne saturation. Beau nez de cerise mûre, de noyau, de cuir et de cèdre. Bouche ample, chair élégante, tendue, trame serrée, légère astringence, avec des saveurs de cerise, de noyau, bonne concentration, longue finale de chocolat noir. Très typé, de style classique, un excellent brunello.
(**** - mai/11 - Fed)

Brunello di Montalcino 2004, Poggio Antico (SAQ 11300375 - 71,75$)
Rubis, très bonne saturation. Joli nez de cerise noire, très mûre, avec des nuances de kirsch, de prune, de chêne d'épices de cola et de graphite, un style plus moderne que d'habitude pour ce producteur. Attaque ample, veloutée, milieu de palais plus serré, acidité tendue, tannins fermes, belle mâche, finale de cerise et de chocolat noir.
(*** ½ @ **** - mai/11 - Fed)

Brunello di Montalcino Riserva "le due sorelle" 2004, La Fuga (SAQ 10542321 - 77,00$)
Rubis, très bonne saturation. Nez marqué par une évidente surmaturité, avec des arômes de prune sucrée, de raisin sec, un brin sirupeux, plus proche d'un amarone que d'un brunello. Bouche ample, mûre, légèrement sucrée, avec des saveurs intenses de tabac, de prune, de café, tannins astringents, bonne finale de prune et de réglisse. Vraiment très atypique, difficile de croire que cela puisse être dû à une phase du vin. Une sorte de bête qui n'a rien à voir avec le brunello!
(** - mai/11 - Fed)

Brunello di Montalcino "Il Greppone Mazzi" 2004, Ruffino (SAQ 10254021 - 77,75$)
Rubis, très bonne saturation. Assez viril, avec des notes cuirées, terreuses, viandées, sur un fond de cerise acidulée. Bouche structurée, de belle mâche, bonne acidité, tannins fermes, astringents, saveurs intenses de réglisse, de cuir, d'épices, qui s'amplifient en fin de bouche, très longue finale réglissée, aux relents d café noir.
(*** ½ @ **** - mai/11 - Fed)

DEUXIÈME VOLET
Verre #1 - "Greppo" - Biondi Santi 4 votes
Verre #2 - "Schiena d'Asino" - Mastrojanni 8 votes
Verre #3 - "Poggio alle mura" - Banfi 0 votes
Verre #4 - "La Casa" - Caparzo 1 vote

Brunello di Montalcino "Greppo" 2004 Biondi Santi (SAQ 11301431 - 165,25$)
Rubis-grenat, bonne saturation. Bon nez, terreux, légère austérité, avec des nuances de cuir, de tabac blond, de cèdre. Bouche droite, austère, longiligne, tannins fins, polis, légèrement astringents, acidité soutenue, saveurs de tabac, finale discrète. Un vin encore très jeune, qui semble fermé et pourrait avoir besoin de quelques années pour gagner en complexité et en allonge.
(*** ½ @ **** - mai/11 - Fed)

Brunello di Montalcino "Schiena d'Asino" 2004 Mastrojanni (LCBO 46920 - 85,00$)
Rubis, très bonne saturation. Plutôt discret, avec des arômes de cerise assez pures, il a besoin d'une longue prise d'oxygène pour s'ouvrir et gagner des nuances de violette, d'épices, de tabac. Attaque assez ample,veloutée, saveurs de réglisse, d'épices, de cerise noire acidulée, très bonne concentration, avec une longue finale de fruit noir. Très classique, structuré mais harmonieux, il devrait vieillir admirablement.
(**** @ **** ½ - mai/11 - Fed)

Brunello di Montalcino "Poggio alle mura" 2004 Banfi (SAQ 701920 - 100,00$)
Rubis, très bonne saturation. Très mûr, avec des arômes de fruit noir, crémeux, aux nuances vanillées, vraiment très moderne, un brin caricatural. Bouche dense, glycérinée, grande maturité, avec des saveurs intenses de fruit noir, bien mûr, presque sucré, tannins fermes mais mûrs, finale légèrement alcooleuse. Difficile de croire qu'il s'agit de sangiovese à 100%.
(*** ½ - mai/11 - Fed)

Brunello di Montalcino "La Casa" 2004 Caparzo (SAQ 11098752 - 70,25$)
Rubis, bel éclat, bonne saturation. Très frais, avec des beaux arômes de fruit acidulé, de fleurs sauvages, d'épices et de tabac. Bouche compacte, tannins serrés, belle mâche, belles saveurs de fruit noir, acidulé, accents épicés, du tabac, finale subtilement réglissée, persistante. Semble fermé par rapport à il y a deux ans, mais on devine facilement la grande qualité du vin.
(**** - mai/11 - Fed)

Producteur: Brancaia


Créé en 1981, ce domaine d'environ 25 hectares a produit son premier vin en 1988, un assemblage de sangiovese (65%), merlot (30%) et de cabernet sauvignon (5%) qui était vinifié dans les chais de la maison Fonterutoli.
Les installations de Brancaia furent inaugurées avec le millésime 1998, qui fut aussi le premier à être vinifié par Barbara Kronenberg-Widmer, avec les conseils du célèbre oenologue Carlo Ferrini. Pour cette occasion, l'assemblage du vin, qui fut baptisé Il blù, fut modifié légèrement. On diminua la proportion de sangiovese (à 50%) pour augmenter celle de merlot (à 45%), une recette qui n'a plus jamais été modifiée. Martin Kronenberg précise que sa femme préfère ne pas varier l'assemblage d'un millésime à l'autre dans le but de donner au vin une identité propre. Les raisins du Il Blù viennent de parcelles situées dans les communes de Radda et de Castellina, dans le cœur du Chianti classico.
Cette verticale de quatorze millésimes a été une occasion en or pour constater de la grande continuité du travail de Barbara et de Martin Kronenberg. Dès les premiers millésimes, le grand vin de Brancaia s'est distingué par son élégance. La recherche désespérée de maturité et d'extraction, qui semble évidente dans plusieurs grands vins toscans, n'a jamais fait partie de la recette du Blù.
Un autre signe de continuité est identifiable dans la capacité de transmettre au vin le caractère des différents millésimes, tout en préservant une excellente qualité de base. Cela est très évident quand on déguste le trio 2001, '02, '03, trois millésimes on ne peut plus différents, dans lesquels on perçoit des caractéristiques particulières aux saisons respectives, mais dans lesquels on a su masquer les défauts pour faire ressortir l'élégance et la pureté du fruit, des qualités qui sont communes à presque tous les Il Blù.
Une seule fausse note dans cette longue verticale, le millésime 2000. Un creux de vague qui a été largement compensé par des grandes réussites comme 2004 et 2006, 1999 et 2001, mais aussi de petits triomphes dans des conditions particulièrement difficiles comme ce fut le cas en 2002 et 2003.
Barbara et Martin ont pris de l'expansion depuis leurs débuts. Le couple possède une quarantaine d'hectares en Maremma, à cinq kilomètres au sud de Grosseto. Brancaia in Maremma a été créé en 1998 et donne, depuis 2002, le Ilatraia, un assemblage de cabernet sauvignon (60%), sangiovese (30%) et de petit verdot (10%) qui montre beaucoup de potentiel pour un vin issu de si jeunes vignes.


"Il blù" Toscana i.g.t. 2007, Fattoria la Brancaia
Rubis-pourpre, excellente saturation. Nez profond, d'excellente maturité, avec des arômes de mûres, de vanille, de moka. Bouche ample, veloutée, glycérinée mais étonnamment fluide et accessible, moins dense et structuré que le 2006, avec des saveurs de fruit noir d'assez bonne concentration, auxquelles s'ajoutent des accents épicés, réglissés en finale.
(***½ @ **** - mai/11 - Fed)

"Il blù" Toscana i.g.t. 2006, Fattoria la Brancaia (SAQ 10769622 - 83,00$)
Rubis-pourpre, très bonne saturation. Mûr, profond, doté de très beaux arômes fruités, kirsch, mûres, aux accents de cuir, d'épices. Bouche ample, dense, de très bonne matière, des saveurs de fruit d'excellente concentration, des accents d'épices, de cuir, une très longue finale vaporeuse. Très belle réussite!
(**** @ **** ½ - mai/11 - Fed)

"Il blù" Toscana i.g.t. 2005, Fattoria la Brancaia
Rubis-pourpre, très bonne saturation. Mûr, profond, avec des arômes de fruits noirs, sur un fond réglissé, terreux, moins de précision que 2004 et 2006. Bouche dense, glycérinée, belles saveurs de cerise noire, plus acidulée et astringente que le millésime précédent, avec une finale légèrement chaleureuse.
(*** ½ - mai/11 - Fed)

"Il blù" Toscana i.g.t. 2004, Fattoria la Brancaia
Rubis, très bonne saturation. Beau nez, doté d'un fruité profond, très mûr, avec des arômes crémeux ce mûres et de myrtilles, sur un fond minéral, réglissé. Bouche ample, dense, glycérinée, du volume, de la maturité, un peu plus de puissance que dans les autres millésimes, avec un peu de chaleur en fin de bouche, finale longue et intense, aux accents de kirsch.
(**** @ **** ½ - mai/11 - Fed)

"Il blù" Toscana i.g.t. 2003, Fattoria la Brancaia
Rubis, excellente saturation. Mûr, profond, terreux, avec des arômes de fruits noirs, sans traces de surmaturité. Bouche dense, compacte, avec des tannins fermes, astringents, plutôt massif, un brin monolithique, terreux, réglissée, de bonne longueur. Définitivement changé par le millésime, quoiqu'il ait gardé suffisamment de fraîcheur.
(*** ½ - mai/11 - Fed)

"Il blù" Toscana i.g.t. 2002, Fattoria la Brancaia
Rubis-grenat, très bonne saturation. Discret, délicatement parfumé, des arômes de fruit noir, d'épices, belle fraîcheur. Bouche d'assez bonne matière, vraiment étonnante pour le millésime, cerise noire bien mûre, trame serrée, harmonieuse, assez bonne finale de cerise et de réglisse. Très beau travail.
(*** ½ - mai/11 - Fed)

"Il blù" Toscana i.g.t. 2001, Fattoria la Brancaia
Rubis, très bonne saturation. Beau nez, profond, mûr, avec des arômes de fruit noir, de kirsch, du chêne et des accents de tabac. Bouche ample, de belle matière, avec une trame serrée, compacte, légèrement astringente, des saveurs de bonne intensité, kirsch, réglisse, épices, tabac, bonne finale. Une belle réussite.
(**** - mai/11 - Fed)

"Il blù" Toscana i.g.t. 2000, Fattoria la Brancaia
Rubis-grenat, très bonne saturation. Le nez offre des arômes viandé, ainsi que du tabac, et du champignon, mais il manque de netteté, le fruit s'exprime avec peu de conviction et il y a des arômes qui faussent, on demande à Martin Kronenberg ce qu'il pense de la bouteille et il répond, en haussant les épaules, que c'est un 2000. La bouche est d'assez bonne concentration, avec des la réglisse et du tabac, une trame serrée, assez polie, aboutissant en une finale discrète de tabac.
(** ½ - mai/11 - Fed)

"Il blù" Toscana i.g.t. 1999, Fattoria la Brancaia
Rubis, très bonne saturation. Profond, de bonne maturité, avec des notes de fruit noir, d'épices, d'herbes, de cuir et de réglisse, évoluant vers le moka. Bouche ample, de bonne matière, trame serrée, finement astringente, mois de poids que souhaitable en fin de bouche, avec des trace de cerise et de chocolat noir.
(**** - mai/11 - Fed)

"Il blù" Toscana i.g.t. 1998, Fattoria la Brancaia
Rubis-grenat, très bonne saturation. À point, avec des arômes de fruit noir qui se mêlent à des nuances épicées, du tabac, de la réglisse. Bouche de corps moyen, acidité, astringence, concentration moyenne, tabac, épices, finale subtile mais persistante, aux accents de cerise et d'épices.
(*** @ *** ½ - mai/11 - Fed)
"Brancaia" Toscana i.g.t. 1997, Fattoria la Brancaia
Rubis-grenat, très bonne saturation. Plus puissant et mûr, avec des arômes de tabac et de réglisse, des notes de fruits noirs, d'épices. Bouche moins expressive, astringente, monolithique, avec une finale de tabac.
(*** @ *** ½ - mai/11 - Fed)

"Brancaia" Toscana i.g.t. 1996, Fattoria la Brancaia
Grenat, très bonne saturation. Évolué, arômes de fruit noir, d'épices, une touche florale, du cuir neuf. Bouche veloutée, belles saveurs de tabac de Havane, acidité, légère astringence, belle finale de tabac et de thé.
(*** ½ - mai/11 - Fed)

"Brancaia" Toscana i.g.t. 1995, Fattoria la Brancaia
Grenat, très bonne saturation. Évolué, avec des arômes de sous-bois, d'épices, du fruit noir, du goudron, des herbes. Bouche de corps moyen, acidité assez soutenue, plutôt tertiaire, goudron, tabac.
(*** @ *** ½ - mai/11 - Fed)

"Brancaia" Toscana i.g.t. 1994, Fattoria la Brancaia
Grenat, très bonne saturation. Évolué, des arômes de sous-bois, un caractère légèrement viandé, du tabac, des herbes, du champignon. La bouche de corps moyen possède une acidité assez harmonieuse, elle prend de l'ampleur en s'oxygénant, saveurs de sous-bois, de thé, de réglisse, finale discrète mais de bonne longueur.
(*** ½ - mai/11 - Fed)

CR: BOURGOGNE 2008

Cette dégustation nous offrait un volet de blanc et un de rouge afin de faire connaissance avec les bourgognes du millésime 2008.

La qualité générale des vins s'est révélée être fort satisfaisante, avec des vins élégants et parfumés, un peu plus de maturité pour les blancs, des acidités rafraichissantes et de la définition pour les rouges.
Le premier volet a été dominé par le "caillerets" du domaine J. N. Gagnard, favorisé par un très beau boisé et une acidité qui lui donnait beaucoup plus de tonus que les autres blancs. Petite performance des vins de Boillot, dont l'excellente qualité ne s'est pas traduite en votes de la part des membres du panel.
Dans le volet des rouges, c'est encore une fois un des vins les moins dispendieux qui a remporté la faveur du panel. La surprise a été assez nette quand c'est le "petite chapelle" de Bouvier qui est sorti du premier sac. Le parfum extrêmement séduisant de ce premier cru de Gevrey en avait trompé plus d'un, nous laissant croire qu'il devait forcément s'agir d'un des deux Charmes-Chambertin présents dans le volet.

J'achète ou je n'achète pas
En fait, je me suis déjà donné une réponse à cette question, car je suis retourné acheter de ces vins peu de jours après la dégustation. Ils ne sont pas les plus opulents, mais leur classicisme et leur parfum, surtout pour les rouges, correspond exactement à ce que je cherche quand j'ai le goût d'un bourgogne.
PREMIER VOLET - les blancs
Verre #1- Chassagne "caillerets" - Gagnard 11 votes
Verre #2- Puligny "champ canet" - Sauzet 2 votes
Verre #3- Corton Charlemagne - Boillot 0 votes
Verre #4- Chassagne "les embrazées" Boillot 0 votes

Chassagne Montrachet 1er cru "caillerets" 2008, J. N. Gagnard (SAQ 11358964 - 85,00$)
Robe pâle, aux reflets verdâtres. Joli nez, fumé, avec de beaux arômes de noisette rôties et de chêne grillé. Bouche assez ample, de très bonne acidité, vibrante, saveurs d'agrumes, traces boisées. Très classique, avec un très bel élevage et une saine acidité qui lui donne une belle définition.
(*** ½ @ **** - mai/11 - Fed)

Puligny Montrachet 1er cru "champ canet" 2008, E. Sauzet (SAQ 11436782 91,75$)
Robe pâle, dorée, aux reflets verdâtres. Bon nez, pur, très élégant, de belle minéralité, avec des nuances florales, chèvrefeuille, un boisé subtil, qui évolue vers des notes de pain grillé, des arômes de cire et d'amande. Bouche ample, de bonne acidité en avant-palais, saveurs de citron confit, fine minéralité, plus en puissance et maturité vers la fin, chaleureuse, avec des saveurs de figue mûre, bonne longueur.
(**** - mai/11 - Fed)

Corton Charlemagne grand cru 2008, Henri Boillot (SAQ 11316385 - 166,00$)
Robe dorée, soutenue. Très complexe, le premier nez offre des arômes intrigants d'huile de sésame, il évolue vers un bouquet complexe de cire d'abeille, de noisette, de fleurs blanches, avec un boisé subtilement grillé, fumé, qui lui donne une certaine distinction. Bouche ample, onctueuse, de très bonne maturité, laissant une impression presque huileuse, augmentée par des saveurs de cire, ainsi que d'agrumes confits, l'oxygénation lui donne beaucoup d'harmonie et permet a sa structure de mieux se manifester, bonne acidité en fin de palais, aboutissant en une longue finale minérale. Un blanc de grande stature.
(**** @ **** ½ - mai/11 - Fed)

Chassagne Montrachet 1er cru "les embrazées" 2008, Henri Boillot (SAQ 11316254 - 85,00$)
Robe dorée, soutenue. Nez de miel et de cire, aux subtiles nuances florales, l'oxygénation en fait ressortir toute la maturité, il gagne alors des arômes de figues et de pomme cuite. Bouche ample, de bonne maturité, très cohérente avec les arômes perçus au nez, minéralité un peu plus présente, des traces boisées qui lui confèrent un brin de sécheresse.
(**** - mai/11 - Fed)

DEUXIÈME VOLET - les rouges
Verre #1- Gevrey "petite chapelle" - Bouvier 7 votes
Verre #2- Charmes-Chambertin - Boillot 2 votes
Verre #3- Charmes-Chambertin - Serafin 2 votes
Verre #4- Morey "la Riotte" - Taupenot Merme 2 votes

Gevrey Chambertin 1er cru "petite chapelle" 2008, René Bouvier (SAQ 10338718 - 85,00$)
Rubis, bonne saturation. Superbe nez, doté d'une complexité et d'une intensité dignes d'un grand cru, fin, parfumé, avec des notes florales, épicées, un boisé fumé, de la griotte, le tout avec beaucoup de délicatesse et de distinction. Bouche de corps moyen, très élégante, avec des saveurs de cerise, d'épices, de noyau, quelques subtiles traces de chêne, une belle acidité qui lui donne de la fraîcheur et de la définition. Ce n'est pas donné, mais compte tenu des prix des meilleurs rouges de Bourgogne, ceci est un superbe achat.
(**** @ **** ½ - mai/11 - Fed)

Charmes-Chambertin grand cru 2008, Henri Boillot (SAQ 11316431 - 185,25$)
Rubis, bonne saturation. Bon nez, légèrement sulfureux à prime abord, évoluant vers des notes de cerise mûre, de violette, de cuir, de fumée, avec des nuances animales, du poulailler. Bouche de corps moyen, acidité soutenue, un peu vif, avec des tannins serrés, polis, légèrement astringents, finale d'une subtile minéralité. Élégant, assez complexe, mais on aurait voulu un peu de chair autour de l'os à ce prix là.
(**** - mai/11 - Fed)

Charmes-Chambertin grand cru 2008, Serafin (SAQ 11333759 - 149,00$)
Rubis, très bonne saturation. Profond, de bonne maturité, avec un boisé fumé, graphité, des fines notes florales, sur un fond de cerise bien mûre. Bouche ample, de bonne maturité, avec une trame serrée, polie, très élégante, bonne acidité, des saveurs de cerise acidulée, de poivre blanc, un boisé légèrement graphité, qui accompagne la bonne finale au relent de cerise mûre. Très réussi!
(**** @ **** ½ - mai/11 - Fed)

Morey St. Denis 1er cru "la Riotte" 2008, Taupenot Merme (SAQ 11381515 - 81,75$)
Rubis, bonne saturation. Terreux, d'une subtile austérité, avec des notes discrètes de cerise, de poivre et de marijuana. Bouche assez ferme et tannique, du mordant, mais sans agressivité, belles saveurs de griotte, subtilement boisé, avec de subtiles traces crayeuses.
(**** - mai/11 - Fed)