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avril 01, 2010

CR: Toscane 2006


En plus de nous offrir un aperçu de quelques grands classiques toscans, sur deux millésimes, à distance de dix ans, cette dégustation avait comme but de nous présenter l'excellent millésime 2006 avec des vins de la trempe du Solaia et du Tignanello.

Le premier volet, avec les vins a maturité, a été illuminé par une très belle performance du Cabreo, qui a remporté la grande majorité de votes.

Cette performance s'est presque répétée au deuxième volet, que le Cabreo aurait bien pu remporter n'eut été de la présence d'un des meilleurs Solaia depuis quelques années.

La qualité extrêmement élevée des vins, ainsi que leur homogénéité, nous a permis de conclure que 2006, en Toscane, a donné les meilleurs vins que nous avions eu la chance de goûter depuis longtemps. En fait, depuis toujours!

 

VOLET #1

Tignanello - Antinori           3 votes
Il borgo- Ruffino                 11 votes
Il Blu - La Brancaia              0 votes*


Tignanello 1996, Antinori
Rubis, bonne saturation, reflets grenat. Très fin, offrant de beaux arômes de chocolat, d'épices, avec des nuances de cuir et de poivron. Bouche souple, encore bien serrée, légèrement astringente, de bonne acidité, avec des saveurs discrètes de cuir et de réglisse qui persistent.
(*** ½ - fév./10 - Fed)

Cabreo "Il borgo" 1996, Ruffino
Rubis-grenat, bonne saturation. Bon nez, cuiré, graphité, très à point. Bouche d'assez bonne matière, avec une trame soyeuse, au grain un peu gros, finement astringent, saveurs de prune et de réglisse de bonne persistance.
(*** ½ - fév./10 - Fed)

Brancaia ''Il Blu'' 1996, La Brancaia
Une bouteille probablement en mauvais état. Le vin semble madérisé à prime abord, avec une pointe d'acidité volatile qui s'estompe, laissant des odeurs de sous-bois et de goudron très marquées. La bouche est aussi en mauvais état, anguleuse et manifestement déclinée.
(* - fév./10 - Fed)

 

VOLET #2

Solaia - Antinori                   8 votes
Il Blu - La Brancaia              0 votes
Il borgo - Folonari                6 votes
Tignanello - Antinori            0 votes

 

Solaia 2006, Antinori (SAQ 10821064 - 239,00$)
Rubis-pourpre, très bonne saturation. Superbes notes de fruit noir, mûr, crémeux, frais, avec des subtiles traces boisées, mentholées. Très belle matière fruitée, d'excellente concentration, des saveurs de fruit noir, crémeux, chocolaté, une trame soyeuse, bien enrobée, finale de chocolat noir, amer, aux subtiles nuances épicées. Un grand Solaia, qui rachète amplement la qualité moins que spectaculaire des derniers millésimes.
(**** ½ - fév./10 - Fed)

Brancaia ''Il Blu'' 2006 La Brancaia (SAQ 10769622 - 82,25$)
Rubis-pourpre, très bonne saturation. Très mûr, sirupeux, il possède un caractère très net de liqueur de mûres, de framboise, une superbe maturité de fruit qui est accompagnée d'arômes subtilement herbacés. L'attaque est dense, fluide, élégante, la trame est plus serrée et astringente en milieu de palais, avec une finale chocolatée discrète. C'est très réussi, mais il faudra espérer qu'il gagne du poids en fin de bouche.
(**** - fév./10 - Fed)

Cabreo "Il borgo" 2006, Folonari  (SAQ 10506081 - 55,25$)
Rubis-pourpre, très bonne saturation. Très mûr, crémeux, avec des arômes de fruit noir et d'épices qui possèdent des traces boisées, lactiques, assez nettes. L'attaque est dense, glycérinée, assez souple et sphérique, avec une trame plus astringente en milieu de palais, des saveurs de fruit noir, d'épices, de chocolat noir, de l'amertume et un caractère réglissé s'allongent en finale.
(**** - fév./10 - Fed)

Tignanello 2006, Antinori (SAQ 10820900 - 99,00$)
Rubis-pourpre, très bonne saturation. Beau nez, complexe, offrant des arômes de fruits rouges acidulés, aux nuances de cuir et de cheval, avec des traces boisées subtilement grillées. La bouche est dense, d'une matière glycérinée, dotée d'une trame tannique ferme, serrée, de saveurs de fruit noir, de réglisse et de chocolat qui persistent. Un vin bien construit, qui devrait bien évoluer.  
(**** - fév./10 - Fed)

 

Producteur: Antonio Moretti


Entrepreneur infatigable, Antonio Moretti est né d'une famille riche de plusieurs fermes et vignobles. Toutefois, ce n'est qu'en 1996 qu'il a ressenti le besoin de réinvestir dans les propriétés familiales ce qu'il avait gagné dans le monde de la mode.

Il commença par Sette Ponti, une propriété de plus de 300 hectares, située près de Arezzo, que son père avait racheté dans les années cinquante des Princesses Marguerite et Marie Christine de Savoie. En très peu de temps, avec l'aide du renommé œnologue Carlo Ferrini, Moretti a réussi à produire des vins de la trempe du Oreno et du Crognolo. Cette collaboration a aussi permis à Moretti de mettre la main sur d'autres propriétés dignes de mention, Poggio al Lupo, en Maremma, Feudo Maccari, près de Noto, en Sicile et la Tenuta Orma, dans une des meilleures zones de Bolgheri.

Comme si ce n'était pas assez, Antonio Moretti produit aussi un champagne, grâce à une collaboration avec une petite maison champenoise de Cerseuil qui lui fournit les vins de base pour créer la cuvée Grand Tour premier cru.

 


Le Crognolo

Crognolo Toscana i.g.t. 2007, Sette Ponti (SAQ 10297039 - 34,75$)
Un assemblage de sangiovese (80%), cabernet sauvignon (10%) et merlot (10%). Rubis-pourpre, très bonne saturation. Très bon nez, très mûr, crémeux, envoûtant, avec des notes de fruit noir d'une belle pureté, très frais, légèrement vanillé. Bouche ample, dotée d'une belle chair, mûre, bien glycérinée, de très bonne concentration, avec des saveurs de fruit noir, très mûr, finement épicé, des tannins fins, bien enrobés, des accents de cerises noires macérées qui persistent dans la bonne finale. À un peu plus de trente dollars ce vin constitue un excellent achat!
(**** - mars/10 - Fed)

Le Oreno

Oreno Toscana i.g.t. 2007, Sette Ponti (SAQ 10297047 - 75,00$)
Un assemblage de merlot (40%), cabernet sauvignon (40%) et sangiovese (20%). Rubis-pourpre, excellente saturation.  Plutôt fermé, avec des subtiles nuances de fruit noir, d'assez bonne fraîcheur. La bouche est monumentale! Énorme! D'une grande densité, avec une matière totalement sphérique et très harmonieuse, une structure élégante, parfaitement enrobée, des saveurs de cerise noire, légèrement sucrée, fraîche, d'excellente concentration, qui persiste dans la très bonne finale. Une grande réussite!
(**** @ **** ½ - mars/10 - Fed)

Oreno Toscana i.g.t. 2004, Sette Ponti
Rubis-grenat, excellente saturation. Très discret, avec des notes herbacées, du champignon, sur un fond de fruit noir acidulé. Bouche ample, dense, de bonne acidité, avec des saveurs de chocolat noir, de goudron, très bonne concentration, tannins légèrement astringents, il aura besoin de temps, très bonne finale, puissante mais de très bonne longueur.
(**** - mars/10 - Fed)

Oreno Toscana i.g.t. 2001, Sette Ponti
Un assemblage de sangiovese (50%), complété par cabernet sauvignon et merlot en parts égales. Rubis-pourpre, de très bonne saturation. Nez profond, bien mûr, offrant des notes de fruits noirs, de réglisse, de tabac, de vieux chêne, avec quelques nuances viandées, mentholées. Très bonne matière, dense, bien structurée, avec des tannins encore légèrement astringents mais bien enrobés, quelques traces végétales très subtiles, du fruit noir, des épices et beaucoup de goudron et de tabac en arrière-palais.
(*** ½ @ **** - fév./10 - Fed)

 

À Bolgheri
 
Orma Toscana I.g.t 2006, Tenuta Orma
Une propriété de 5,5 hectares, adjacente à Tenute dell'Ornellaia, avec des vignes d'âge moyen de huit ans qui en sont à leur deuxième millésime. Un assemblage de merlot (50%), cabernet sauvignon (30%) et cabernet franc (20%). Rubis-grenat, excellente saturation. Nez plutôt fin, élégant, offrant un joli mélange de notes herbacées classiques des cépages bordelais, avec des subtiles nuances épicées et un beau caractère de fruit noir, il fait très rive droite de Bordeaux. Bouche de belle densité, mûre, glycérinée, avec une matière veloutée, des tannins mûrs, bien enrobés, beaucoup de fruit noir, des relents de myrtilles et de chocolat qui persistent dans la finale légèrement chaleureuse. Très réussi. Il devrait se détailler autour de 69$.
(*** ½ @ **** - mars/10 - Fed)


De Poggio al Lupo

Morellino di Scansano 2007, Poggio al Lupo (SAQ 11177717 - 22,85$)
Rubis, bonne saturation. Très bon nez, mûr, profond, terreux, salin, avec des nuances d'épices et de tabac. Bouche de facture très classique, corps moyen, bonne acidité, assez tendu, avec une fine astringence tannique, des saveurs de cerise à l'alcool et une finale discrètement réglissée qui persiste.
(*** @ *** ½ - mars/10 - Fed)

Poggio al Lupo Toscana i.g.t. 2006, Poggio al Lupo (SAQ 10503971 - 56,25$)
Un assemblage de cabernet sauvignon (73%), alicante (20%) et petit verdot (7%). Rubis-grenat, très bonne saturation. Profond, un peu fermé pour le moment, des arômes de fruit noir, auxquels se mêlent une pointe d'anis et quelques notes très discrètes de végétation méditerranéenne. La bouche est dense, compacte, épicée, avec de saveurs de cerise noire et de réglisse, très bonne concentration, des tannins assez fermes et une assez bonne finale.
(*** ½ - mars/10 - Fed)

De Sicile

Nero d'Avola Saia Sicilia i.g.t. 2006, Feudo Maccari (SAQ 11213474 - 28,90$)
Ce vin, produit sur des sols calcaires dans la région de Noto, dans le Sud-Est de la Sicile, est issu de vignes de nero d'avola élevées en "alberello" (gobelet), donnant des rendements de 15-20 hl./ha. Le vin est élevé en barriques de chêne français, dont la moitié sont neuves et la moitié de deuxième passage. Son nez est plutôt fin, avec un caractère de prune fraîche, légèrement graphité, sur un fond de réglisse noire et d'herbes méditerranéennes. La bouche est de bonne matière, une attaque souple, mûre, un fruit légèrement sucré, acidulé, des tannins assez fermes en milieu de palais, une bonne finale.
(*** ½ - mars/10 - Fed)


 

CR: Barolo 2004 - acte II


Un deuxième rendez-vous avec les grands nebbiolos du millésime 2004 qui, cette fois-ci, se concentrait uniquement sur le barolo. Dès notre première analyse (octobre 2009), nous avions pu constater de la qualité de vins de ce millésime, qui offre de très belles réussites, quoique dans l'ensemble il ne soit pas au niveau de 2001.

Le premier volet nous offrait une intéressante comparaison entre deux vins issus du cru "arborina" signés par les frères Renato et Giuliano Corino. Les deux ont totalement dominé le volet et c'est le vin de Giuliano qui a remporté la palme avec une assez bonne marge d'avance.

Le deuxième volet comptait des vins de plusieurs "modernistes" du barolo, dont le cru par excellence de celui qui est peut-être le plus renommé de tous les modernistes, Luciano Sandrone. Son Cannubi Boschis a littéralement éclipsé la compétition au compte des votes, frôlant l'unanimité. Toutefois, il ne faut pas pour autant négliger les très belles réussites des vins de Altare et Azelia.

 

Verre #1- Prunotto – Bussia                                  0 votes
Verre #2 - Massolino – Margheria                         0 votes
Verre #3 - Corino Renato – Vigna Arborina        5 votes
Verre #4 - Corino Giuliano – Vigna Arborina       9 votes


Barolo "Bussia" 2004, Prunotto (SAQ - $71,00)
Rubis, très bonne saturation, reflets grenat. Mûr, avec des arômes de cerise vanillée, de prune fraîche, d'épices, qui développent un caractère mentholé, réglissé, caoutchouteux. La bouche est dense et assez ferme, avec des tannins un brin rugueux qui lui confèrent une belle mâche, viril, cuiré, minéral, presque ferreux, il possède beaucoup de caractère et une discrète finale réglissée. Un assez belle réussite pour ce vin qui me laisse habituellement sur ma soif.
(*** ½ @ **** - fév./10 - Fed)

Barolo "Margheria" 2004, Massolino (LCBO - $89,00)
Rubis, bonne saturation. Nez légèrement douceâtre, avec des arômes de rhubarbe, de prune fraîche, de cuir et d'épices. Bouche assez ample mais peu expressive, avec des tannins assez fermes, plutôt astringents, des accents de tabac, d'épices, dans un ensemble plutôt réticent et aride. Plus qu'une phase fermée on a l'impression d'une œuvre inachevée, mais le temps pourrait me contredire.
(*** - fév./10 - Fed)

Barolo "Vigna Arborina" 2004, Corino Renato (LCBO - $65,00)
Rubis-grenat, très bonne saturation. Très beau nez, profond, racé, minéral, une douceur de prune fraîche, belle maturité, avec une fraîcheur finement mentholée. Belle matière, ample et veloutée à l'attaque, une trame plus serrée et ferme en milieu de plais, belle mâche, avec une finale minérale-réglissée très racée et persistante. Très réussi!
(**** - fév./10 - Fed)

Barolo "Vigna Arborina" 2004, Corino Giuliano (I.P. - $85,00)
Rubis-grenat, très bonne saturation. Discret, fin, assez complexe, offrant un beau mélange de fruit noir et de floral, de minéral et de tabac blond. Attaque de belle densité, trame tannique assez ferme, presque rude en milieu de palais, mais plutôt bien enrobée, les accents réglissés-minéraux persistent dans la finale très racée. Un barolo élégant, moderne mais néanmoins très typé, qui vieillira à merveille!
(**** @ **** ½ - fév./10 - Fed)

 


Verre #1 - Altare – La Morra                             1 vote
Verre #2 - Grasso – Ginestra Casa Maté        0 votes
Verre #3 - Azelia – Bricco Fiasco                     1 vote
Verre #4 - Sandrone – Cannubi Boschis         12 votes


Barolo "La Morra" 2004, Elio Altare (LCBO - $114,00)
Rubis, très bonne saturation. Très beau nez, profond, complexe, très frais, avec des arômes de sous-bois, de minéral et de menthol, un fruit de cerises noires macérées, auquel se mêle un caractère d'anis et de réglisse pure. Bouche très ample, dotée d'un superbe fruit de sirop de cerise noire, des tannins fermes, bien enrobés, une longue finale chaleureuse de chocolat noir. Une grande réussite! Si son vin de base donne ça, j'ose à peine imaginer ce que doivent être ses crus.
(**** @ **** ½ - fév./10 - Fed)

Barolo "Ginestra Casa Maté" 2004, Elio Grasso (LCBO - $94,00)
Rubis, bonne saturation. Plutôt fermé, discret, légèrement boisé, il a besoin d'une éternité pour s'ouvrir, mais il finit par offrir un mélange réticent de cerise mûre, vanillée, réglissée. La bouche est de corps moyen, avec une trame tannique astringente, un peu aride, peu de chair autour de l'os, il semble très fermé et aboutit sur une subtile finale réglissée. Un vin qui pourrait éventuellement donner quelque chose d'intéressant, mais il faudra être patients!
(*** ½ - fév./10 - Fed)

Barolo "Bricco Fiasco" 2004, Azelia (SAQ 10394111 - 96,50$)
Rubis, très bonne saturation. Premier nez irrésistible, un sirop de cerises mûres, très frais, légèrement confit, floral, avec des accents mentholés, presque résineux, il gagne des nuances de mine de plomb qui lui enlèvent un peu d'authenticité mais ça reste un nez de première classe! La bouche est ample, de très bonne matière, avec une structure solide, à la trame serrée, bien enrobée, des saveurs de cerise noire, de prune fraîche, de réglisse, avec une longue finale chaleureuse. Une très grande réussite.
(**** @ **** ½ - fév./10 - Fed)

Barolo "Cannubi Boschis" 2004, Luciano Sandrone (SAQ - $129,00)
Rubis, très bonne saturation. Discret mais profond et très mûr, offrant un caractère de cerises macérées, d'anis, d'épices, avec des traces boisées, légèrement vanillées. La bouche est ample, veloutée, d'une superbe matière à l'attaque, plus ferme en milieu de palais, structurée, des saveurs de cerises macérées, d'anis, de réglisse, qui persistent dans la très longue finale. Un barolo extraordinaire, dans un style très moderne mais harmonieux et soyeux.
(**** ½ - fév./10 - Fed)


 

CR: Châteauneuf du Pape 2006


Cette évaluation de la vendange 2006 en châteauneuf du pape, repartie sur deux volets, avec certains des meilleurs vins du millésime, nous a permis de constater de l'excellente harmonie des vins, de leur élégance, même pour les exemplaires plus puissants, ainsi que de la finesse de leurs structures. 

Le premier volet était remarquable pour la qualité et l'homogénéité des vins qui, toutefois, semblaient ne pas être au maximum de leur expressivité. Le plus coté des vins, le Clos des Papes, a encore une fois fait mouche! Pas qu'il soit mauvais, loin de là! Mais on dirait qu'il passe moins bien en dégustation, peut-être en raison de sa souplesse un peu bourguignonne. Bref, le volet a été largement dominé par un vin qui obtient souvent beaucoup de succès auprès de notre panel, le Vieux Donjon.

Autre volet, autre grand flop du vin vedette, le "Deus ex machina" du Clos Saint Jean (99% R.P.), qui n'a obtenu aucun vote de préférence. Le volet a été dominé par la "Cuvée Spéciale" de Tardieu Laurent, quoique les vins de La Janasse, surtout la cuvée "vieilles vignes," étaient tout à fait remarquables par leur profondeur et leur pureté et méritaient, à mon humble avis, quelques votes de plus.

 

Premier volet

Verre #1 – Clos des Papes          2 votes
Verre #2 – Charvin                       0 votes
Verre #3 – Tardieu-Laurent       1 vote
Verre #4 – Vieux Donjon            11 votes


Châteauneuf du Pape 2006, Clos des Papes
Rubis-pourpre, très bonne saturation. Très beau nez de kirsch, d'épices, d'herbes. Bouche ample, de bonne matière, glycérinée et savoureuse, assez sphérique et plutôt accessible, avec une trame bien enrobée qui lui donne juste ce qu'il faut de mâche en milieu de palais, des saveurs de kirsch qui aboutissent en une longue finale, subtilement réglissée. Un vin très réussi, dans le style élégant, presque bourguignon, qui a distingué les Clos des Papes des derniers millésimes.
(**** - jan./10 - Fed)

Châteauneuf du Pape 2006, Domaine Charvin 
Rubis, profond, très bonne saturation. Beau nez, mûr, subtilement viandé, sur un fond de kirsch et d'olive, très caractéristique. Bouche de bonne matière, étonnamment ferme et structurée pour un Charvin, des saveurs de cerise mûre, avec une veine minérale, réglissée qui accompagne le vin jusque dans la longue finale. Excellent!
(**** - jan./10 - Fed)

Châteauneuf du Pape 2006, Tardieu-Laurent
Rubis, bel éclat, bonne saturation. Joli nez de cerise mûre, confite, avec des traces boisées, vanillées, discrètes, mais un brin douceâtres. Bouche mûre, très fruitée, légère astringence en milieu de palais, avec des saveurs de cerise sucrée, de réglisse et de vanille. Dans un style un peu racoleur, mais bien fait.
(*** ½ - jan./10 - Fed)

Châteauneuf du Pape 2006, Le Vieux Donjon
Rubis, très bonne saturation. Beau nez, mûr, avec des arômes de kirsch, d'herbes, d'épices. Bouche tendue, de belle acidité, avec une trame serrée, s'assouplissant rapidement à l'oxygénation, des saveurs de cerise noire, sucrée, juteuse, une finale minérale-réglissée de bonne persistance.
(**** - jan./10 - Fed)


 

Deuxième volet

Verre #1 – Janasse - Chaupin                                4 votes
Verre #2 – Janasse - Vieilles vignes                     2 votes
Verre #3 – Clos St. Jean - Deus Ex Machina       0 votes
Verre #4 – Tardieu - Cuvée spéciale                    8 votes


Châteauneuf du Pape "Chaupin" 2006, La Janasse
Pourpre, très bonne saturation. Mûr, profond, discret, avec des arômes de cerise très mûre, aux nuances d'épices et de cola. Bouche de grande ampleur, dense, glycérinée, aux saveurs de kirsch, d'épices, une liqueur de cerise noire en milieu de palais, où les tannins mûrs se resserrent un peu, avec une finale chaleureuse qui persiste. Très généreux.
(**** - jan./10 - Fed)

Châteauneuf du Pape "Vieilles vignes" 2006, La Janasse
Pourpre, très bonne saturation. Beau nez, mûr, profond, avec des arômes de liqueur de cerise, d'épices, d'herbes, avec un caractère minéral qui évoque l'asphalte. Bouche de grande ampleur, dense, glycérinée, très mûre, avec un caractère de liqueur de cerise noire, aux nuances d'épices, d'herbes provençales, des tannins mûrs, fournissant une fine astringence, une très longue finale, subtilement réglissée, aux relents de cerise noire. Un châteauneuf pur, profond et voluptueux!
(**** @ **** ½ - jan./10 - Fed)

Châteauneuf du Pape "Deux Ex Machina" 2006, Clos Saint Jean
Rubis, terne, très bonne saturation. Profond, mûr, avec des arômes de prune fraîche, sucrée, de cerise et d'herbes, avec des subtiles traces vanillées. Bouche ample, dense, très charnue, glycérinée, épicée, un brin alcooleuse, avec un mélange de cerise et de prune fraîche, des tannins légèrement astringents et une finale chaleureuse. Un vin réussi, mais nettement moins impressionnant que certains critiques le laissaient entendre.
(*** ½ @ **** - jan./10 - Fed)

Châteauneuf du Pape "Cuvée spéciale" 2006, Tardieu-Laurent
Rubis, très bonne saturation. Bon nez de prune fraîche, mûre, sucrée, enrobée de nuances de croûte de pain et de vanille. La bouche est ample, charnue, de belle matière, plutôt sphérique, avec des saveurs de cerise, subtilement vanillées, finale légèrement alcooleuse, persistante.
(**** - jan./10 - Fed)


 

CR: Espagne


Trois volets couvrant autant de millésimes récents, question de remettre nos papilles à l'heure avec ce qui se fait de mieux en Espagne de nos jours.

La première conclusion est la plus facile: les producteurs espagnols semblent tous avoir épousé un style plus moderne, basé sur des vins plus colorés, plus mûrs et plus riches. Un style qui, surtout dans une région comme la Rioja, est en direct contraste avec ce qui se faisait dans le passé. Toutefois, à part un brin de nostalgie, notre panel a du convenir du fait que la qualité des vins était remarquable et très homogène.

Chaque volet a été dominé par un vin. Toutefois, dans aucun cas il y a eu de vins qui défiguraient face à la concurrence, même quand la différence de prix entre un vin et l'autre allait du simple au double, voir même au triple!

Quant aux millésimes, on a eu des très beaux vins dans les trois volets, mais la qualité et l'homogénéité du dernier trio donne un net avantage aux 2004.

Vous trouverez ci-bas les résultats de la dégustation, ainsi que mes notes sur les vins.

 

Volet #1

Bodegas Los Astrales - Astrales              1 vote
Conte Delgado y otros  - Neo                    6 votes
Palacios - Moncerbal                                   9 votes


Ribera del Duero Astrales 2006, Bodegas Los Astrales (SAQ 11012429 - 52,50$)
Rubis-pourpre, très bonne saturation. Boisé, finement fumé, aux nuances de moka, sur un fond de prune fraîche et de fruits noirs. La bouche est ample et de bonne matière, dense mais d'une belle fluidité, avec des tannins légèrement astringents en milieu de palais, bonne acidité, avec des saveurs de prune et de chocolat qui persistent dans la bonne finale.
(*** ½ @ **** - nov./09 - Fed)

Ribera del Duero Neo 2006, Conte Delgado y otros  (SAQ 11012120 - 47,75$)
Rubis-pourpre, très bonne saturation. Premier nez plutôt fumé, aux nuances d'encens, très discrètement sulfureux, sur un fond de fruits noirs acidulés, de prune et de moka. Bouche de très bonne matière, ample, dense, soutenu par une structure assez ferme mais bien enrobée, avec des saveurs de fruits noirs qui s'allongent en une très bonne finale aux relents minéraux.
(**** - nov./09 - Fed)

Bierzo Corullòn "Moncerbal" 2006, Desciendentes J. Palacios (SAQ 11100277 - 108,00$)
Rubis-pourpre, très bonne saturation, auréole translucide. Le nez est une explosion d'arômes épicés, aux nuances de poivre frais moulu, qui gagnent des parfums floraux exotiques, sur un fond de fruits noirs, mûrs, crémeux, chocolatés. La bouche est très dense, d'une matière mûre, riche, presque sucrée, mais parfaitement harmonieuse, même en considérant la chaleur de ses 16,5 degrés d'alcool, la structure est si bien enrobée qu'on la perçoit à peine, la concentration des saveurs est excellente, avec des accents de mûres et de chocolat fondant, s'allongeant en une finale de grande longueur. L'exubérance du nez pourrait devenir lassante et la souplesse de sa structure pourrait ne pas être idéale pour la longue garde, mais il y a beaucoup de facteurs qui font de ce Moncerbal un vin de grande envergure.
(**** @ **** ½ - nov./09 - Fed)

 

Volet #2

Cellier Melis - Melis                      1 vote    
Finca Villacreces                          2 votes
Finca Allende - Calvario             13 votes


Priorat Melis 2005, Cellier Melis (SAQ 10974116 - 136,00$)
Rubis-pourpre, très bonne saturation. Joli nez de kirsch, d'épices et d'herbes aromatiques, très frais, avec des nuances alcooleuses, un brin chimiques. Bouche assez puissante, légèrement alcooleuse, tannins serrés, sans dureté, avec des saveurs de cerise et de réglisse, presque de goudron, s'allongeant dans la longue finale aux relents reglissés.
(*** ½ @ **** - nov./09 - Fed)

Ribera del Duero 2005, Finca Villacreces (SAQ - 44,00$)
Rubis-pourpre, très bonne saturation. Profond, aux arômes de prune et de pain aux raisins, sur un fond minéral qui lui donne un air assez sérieux. Bouche ample, dense, assez fluide, tannins fins, bien enveloppés, assez élégant, réglissé, minéral, persistant. Il s'assouplit assez rapidement dans le verre, ce qui semble indiquer qu'il sera accessible relativement jeune.
(*** ½ - nov./09 - Fed)

Rioja Calvario 2005, Finca Allende (SAQ 11031056 - 137,25$)
Pourpre, très bonne saturation. Très beau nez, profond mais d'une belle fraîcheur, offrant des arômes fruits noirs, auxquels s'entremêlent des nuances graphitées, de mine de plomb, de cola. La bouche est ample, veloutée, d'une très belle matière, élégante et de bonne fraîcheur, avec des saveurs de liqueur de cerise, de fruits noirs, aux traces de graphite et de cola, trame serrée, de bonne finesse, avec des saveurs de fruits noirs et de minéral qui persistent dans la longue finale. Très cher, mais franchement superbe!
(**** @ **** ½ - nov./09 - Fed)

 


Volet #3

Bodegas Lan - Culmen              6 votes
Bodegas Roda - Roda I            0 votes
Domaine Ygay - Dalmau         10 votes


Rioja Culmen 2004, Bodegas Lan (SAQ 88,00$)
L'assemblage de ce vin comprend 85 % de tempranillo, 15% de graciano et 5% de mazuelo. J'ai dû vérifier car son nez possédait une note de poivron tellement nette qu'on aurait cru du bordeaux par moment. Rubis-pourpre, de très bonne saturation. Il se présente avec un nez d'une fraîcheur très agréable, aux nuances de poivron  et de fruits noirs, très purs et crémeux, cassis, cerise noire très mûre, confite, avec des accents de poulailler qui vont et viennent. Belle bouche, ample, dense, mais fluide et très élégante, avec des saveurs de cassis et de cerise noire, d'excellente concentration, souple, harmonieux, long. Dans l'ensemble, ce Culmen possède une fraîcheur, une élégance et un profil aromatique qui le rendent presque bordelais, mais la maturité et l'éclat de son fruit révèlent ses vraies origines. Un vin vraiment très réussi!
(**** @ **** ½ - nov./09 - Fed)

Rioja Reserva Roda I 2004, Bodegas Roda (SAQ 10959194 – 81,25$)
Rubis-pourpre, très bonne saturation. Discrètement boisé, d'une douceur vanillée presque crémeuse, aux nuances de moka, sur un fond très discret de cerise noire et d'épices. Bouche dense, glycérinée, assez élégante, avec une matière fruitée d'excellente concentration, aux relents de moka, d'épices et de graphite, tannins finement astringents, longue finale. Un vin très complet.
(**** - nov./09 - Fed)

Rioja Dalmau 2004, Domaine Ygay (SAQ 11169881 - 109,00$)
Rubis-pourpre, très bonne saturation. Beau nez, racé, profond, offrant des arômes épicés, subtilement boisés, sur un fond de cerise noire et de prune. La bouche est dense, glycérinée, plutôt élégante, avec des tannins légèrement astringents, des saveurs de prune fraîche et d'épices, très bonne concentration et persistance. Un vin de facture moderne, qui n'a pas complètement oublié ses traditions.
(**** - nov./09 - Fed)


 

CR: Bourgogne 2006 blancs et rouges


Cette dégustation était notre dernière évaluation du millésime 2006, qui nous avait déjà séduit à quelques reprises dans le passé, plus avec ses blancs qu'avec ses rouges. Les deux couleurs étaient sur la table, question de confirmer nos premières impressions et de suivre leur évolution plus d'un an après notre premier impact avec ces vins.

Les blancs se sont montrés encore une fois très mûrs et séduisants, mais plusieurs dégustateurs ont remarqué qu'il semblent avoir gagné un caractère plus sucré, un aspect que les vins dégustés l'an dernier ne montraient pas. Un vin a nettement dominé le volet: le splendide Meursault "les poruzots" de Henri Boillot.

Les rouges offerts en dégustation venaient uniquement de la Côte de Nuits (les 2006 de Beaune dégustés l'an dernier ne nous avaient pas trop convaincus) et comprenaient trois vins classés grand cru, qui avaient la tâche, apparemment facile, de défendre leur rang devant un simple vin de village. Ce n'est pas la première fois que le pedigree de grands vins est remis en question pas une dégustation à l'aveugle et ce n'est pas la première fois, non plus, que le vin de rang inférieur surprend tout le monde en remportant la dégustation. J'imagine qu'il ne faudrait même pas trop s'étonner du fait que la victoire fut si écrasante! En effet, le Gevrey Chambertin vieilles vignes de Mortet a remporté autant de votes que les autres trois vins réunis! Il faut quand même souligner que, malgré leur statut différent, l'écart de prix entre les quatre vins est relativement négligeable. Aussi, personnellement, je serais plutôt propice à investir sur l'excellent Chambertin de Rossignol Trapet qui, dans cette dégustation, a probablement été pénalisé par sa sévérité de jeunesse, mais devrait toutefois réserver de très belles satisfactions dans le futur.

Bref, vous trouverez ci-bas les résultats de la dégustation, ainsi que mes notes sur les vins.

 

en blanc

Verre #1 – Gagnard - Chassagne "les caillerets"                  1 vote
Verre #2 – Déleger - Chassagne "en remilly"                       4 votes
Verre #3 – Grivault - Meursault "Clos des Perrières"         1 vote
Verre #4 – Boillot - Meursault "les Poruzots"                       8 votes


Chassagne Montrachet 1er cru "les caillerets" 2006, J. N. Gagnard  LCBO - 97,00$
Belle robe dorée. Nez intense, chimique, avec des arômes de banane mûre, de sucre brun, aux nuances résineuses. Bouche ample, très mûre, dense et d'excellente concentration, avec un profil plutôt exotique, d'ananas mûr, aux relents de cassonade, d'épices et de pain grillé, qui évoquent certains rhums bruns, aboutissant en une finale brûlante, très alcooleuse. Un vin atypique et un brin disjoncté. À ce prix, je passe sans hésiter!
(*** - nov./09 - Fed)

Chassagne Montrachet 1er cru "en remilly" 2006, Colin Deleger  (LCBO 110536 - 99,00$)
Robe dorée aux reflets verdâtres. Finement boisé, aux nuances de vanille, de limette, de fleurs et de feuillus, sur un fond minéral assez distingué. Ample, pur, de belle fraîcheur, avec des saveurs de fruits blancs et une minéralité persistante. Dommage que la fin de bouche soit un peu douceâtre et molle.
(*** ½ - nov./09 - Fed)

Meursault 1er cru "Clos des Perrières" 2006, Grivault (SAQ 713727  - 99,00 $)
Rube cristalline, aux reflets verdâtres. Très pur, avec des arômes très subtils de champignons shiitakes, sur un fond minéral, fumé, salin, développant des arômes d'agrumes confits après une certaine oxygénation. Bouche ample, onctueuse, très équilibrée, d'une acidité stimulante en avant palais, étalant  une très belle maturité de fruit, un brin sucré et chaleureux en fin de bouche.
(*** ½ - nov./09 - Fed)

Meursault 1er cru "les Poruzots" 2006, Henri Boillot LCBO 110551 - 129,00$)
Robe dorée, assez soutenue. Magnifique nez, d'un boisé somptueux, très raffiné, parfaitement dosé, avec des arômes fumés, de pierre à fusil, des nuances délectables de crème de citron et d'amande grillée; il se fait de plus en plus minéral en évoluant dans le verre, manifestant ainsi toute sa race. La bouche est ample, soutenue par une acidité vibrante, qui lui confère beaucoup de définition et de fraîcheur, les saveurs d'agrumes s'adoucissent de relents vanillés sans jamais tomber dans les excès de flatterie, aboutissant en une finale minérale de belle précision. Ça commence à être cher pour un premier cru, mais c'est du grand bourgogne!
(**** ½ - nov./09 - Fed)

 

en rouge

Verre #1 - Château de la Tour - Clos de Vougeot v.v.            4 votes
Verre #2 - Armand Rousseau - Clos de la Roche                     1 vote
Verre #3 - Rossignol Trapet – Chambertin                               2 votes
Verre #4 - Denis Mortet  - Gevrey Chambertin v. v.              7 votes

 

Clos de Vougeot vieilles vignes grand cru 2006, Château de La Tour LCBO 702316 - 165,00$
Rubis, profond, bonne saturation. Très beau nez, parfumé, fin, offrant des arômes d'épices fines, de poivre blanc, de bois de santal, avec des nuances boisées plus sucrées, sur un fond minéral. La bouche est de corps moyen, avec une trame serrée, aux tannins fins, légèrement astringents, aboutissant en une bonne finale minérale. Les limites du millésime sont perceptibles, mais ça reste un très beau bourgogne.
(**** - nov./09 - Fed)

Clos de la Roche grand cru 2006, Armand Rousseau LCBO - 139,00$
Rubis, bonne saturation. Nez plutôt discret, offrant un mélange de cerise sucrée et d'arômes boisés plutôt doux, aux relents de cassonade. La bouche est de corps léger à moyen, tout en finesse et en subtilité, fluide, avec une délicate astringence sur le palais et une finale très subtile aux relents de cerise de terre. Élégant, mais il faut espérer qu'il mettra un peu plus de poids en vieillissant!
(*** ½ @ **** - nov./09 - Fed)

Chambertin grand cru 2006, Rossignol Trapet SAQ 11029811 - 164,00$
Rubis, profond, bonne saturation. Beau nez, bien boisé, mêlant des arômes de mine de plomb à des nuances florales et poivrées, avec des traits plus masculins de bacon et de menthol; un ténor, mais avec de la finesse. La bouche fait preuve d'un peu plus de rudesse, animée par une acidité soutenue et une trame tannique ferme et astringente, ainsi qu'une amertume qui semble venir d'une certaine verdeur, éléments qui vont exiger de la patience de la part de ceux qui possèdent de ce vin. La belle finale minérale, aux relents de cerise acidulée, est une sorte de réconciliation après la sévérité du milieu de palais et laisse un solide gage d'espoir pour le futur.
(**** @ **** ½ - nov./09 - Fed)

Gevrey Chambertin vieilles vignes 2006, Denis Mortet  (SAQ 10953121 - 137,75$)
Rubis-pourpre, très bonne saturation. Nez fermé, un peu unidimensionnel, avec des notes de framboises, mûres, sur un fond minéral, il évolue vers la prune. La bouche est ample, mûre, d'une matière enviable pour un 2006, assez plein, avec des tannins légèrement mordants, des saveurs de cerise sucrée, d'épices, avec des traces minérales qui persistent. Ce sera sûrement très intéressant un fois qu'il aura atteint sa pleine maturité.
(**** - nov./09 - Fed)

 

Producteur: Bodegas Muga


Juan Muga fait partie de la troisième génération à diriger l'entreprise familiale fondée par son grand-père en 1932. En écoutant le discours de ce sympathique gaillard, on finit par se convaincre que la Bodega Muga est un synonyme de la plus pure tradition riojane. En effet, c'est une des seules Bodegas espagnoles à posséder sa propre tonnellerie. En fait, comme chez Muga toutes les étapes de la production ont lieu dans des récipients de chêne, ils produisent aussi leurs propres cuves, poussant ainsi encore plus loin le respect des traditions. Aussi, tous les soutirages viennent effectués par gravité et les vins ne sont pas filtrés, mais collés au blanc d'œuf, processus dans lequel passent plus de 80000 œufs par an.

Paradoxalement, tout le souci du respect des traditions semble prendre le bord quand on déguste les meilleurs vins proposés par Juan Muga. En effet, au fur et à mesure qu'on monte dans la hiérarchie de sa production, on se rend compte que la tradition laisse graduellement sa place au modernisme. Le zénith de cette progression vers le renouveau est le "Aro," un rioja imposant qui s'est mérité les plus hauts pointages dans la presse spécialisée. Le "Aro" est un vin de grande profondeur et de structure qui subit un élevage de 18 mois en barriques neuves de chêne français. Un peu le même traitement que reçoit un grand classique de la maison, le Torre Muga. Tout le contraire pour le Prado Enea, l'autre grand classique de la bodega, qui reçoit un traitement beaucoup plus traditionnel, passant 12 mois en tonneaux, puis 36 mois en fûts de chêne américain et ensuite un autre 36 mois en bouteille, avant d'être commercialisé.

Juan Muga précise que le virage vers des vins comme le "Torre Muga" (premier millésime en 1991) et le "Aro" (premier millésime en 2000) a été imposé par le marché. L'importance de ces vins, que la Bodegas produit quasiment à perte aux dires de Juan (difficile à croire quand le prix du "Aro" atteint 182$ à la SAQ), est de donner à l'entreprise une image de marque sur le marché international. Connaissant certains mécanismes du marketing, on ne pourrait lui donner tort. Toutefois, en tant que consommateur averti, je me sens beaucoup mieux servi par trois bouteilles de l'excellent "Prado Enea" 2001, plutôt qu'une bouteille du tout aussi réussi "Aro."

 

en blanc

Rioja blanco 2008, Muga (SAQ 860 189 – 17,50$)
Issu essentiellement du cépage viura (90%), avec un peu de malvasia, ce blanc de Rioja est élevé en barriques neuves de chêne français pendant quatre mois, avec bâtonnage léger des lies. Son nez est discret, d'une subtile minéralité, avec des fines nuances d'agrumes. La bouche est d'une étonnante fraîcheur, avec une très saine acidité et des stimulantes notes citronnées. Très bien fait pour le prix.
(*** @ *** ½ - oct./09 - Fed)


en rouge

Rioja Reserva 2005, Muga (SAQ 855 007 – 24,20$)
Rubis, très bonne saturation. Mûr, chaud, avec des notes de prune, de goudron, ainsi que des subtiles nuances poivrées, animales, terreuses. La bouche est d'assez bonne densité, épicée, de belle acidité, légère astringence, avec des saveurs de prune aux accents poivrées.
(*** - oct./09 - Fed)

Rioja Seleccion Especial 2004, Muga (SAQ 11155593 – 41,50$)
Rubis, très bonne saturation. Discret, profond, d'une subtile minéralité, réglissé, aux nuances animales, évoluant vers une douceur boisée aux relents de sucre brun. Bouche discrète, élégante, à la trame serrée, d'une légère astringence, bonne acidité, avec des saveurs de prune fraîche et une discrète minéralité qui persiste en fin de bouche. Sa structure et son acidité devraient lui permettre de vieillir avec beauté.
(*** ½ - oct./09 - Fed)

Rioja Gran Reserva "Prado Enea" 2001, Muga (SAQ 11169670 – 57,00$)
Après 12 mois en tonneaux de chêne, 36 mois en fûts de chêne américain et un autre 36 mois de bouteille, ce vin est finalement commercialisé, alors qu'il commence à atteindre son plateau de maturité, comme le veut la plus pure tradition de rioja. Rubis, de très bonne saturation, aux reflets grenat sur le pourtour. Superbe nez, ample, profond, complexe, aux nuances de basse-cour qui côtoient une sublime finesse florale et notes de petits fruits rouges acidulés, avec des nuances boisées, graphitées, qui compliquent ultérieurement le tout. La bouche est ample, veloutée, d'une très saine acidité, mêlant les saveurs de petits fruits rouges acidulés aux accents boisés très fins. Peut-être le meilleur Prado Enea jamais produit, un excellent rioja qui fait très peu de concessions à la modernité et offre élégance, fraîcheur et complexité.
(**** @ **** ½ - oct./09 - Fed)

Rioja "Torre Muga" 2005, Muga (SAQ 11168183 – 84,25$)
Dès 1991, pour satisfaire les exigences du marché, la maison Muga décide de produire un rioja plus moderne. Le Torre Muga est donc créé, issu de vignes à 550 mètres d'altitude, d'un âge moyen de plus de 60 ans, d'une récolte sévèrement triée pour ne retenir que les meilleurs raisins, dont le jus sera fermenté en tonneaux, avec une longue macération et un élevage de 18 mois en barriques neuves de chêne français. Rubis-pourpre, très bonne saturation. Très beau nez, profond, suave, mélangeant les notes boisées aux arômes de fruits noirs crémeux, d'une belle fraîcheur, avec des nuances de mine de plomb et un caractère vaporeux de camphre et de menthol. La bouche est dense, de très bonne matière, soutenue par une structure tannique ferme mais raffinée, animée par une acidité stimulante, beaucoup de fraîcheur, des saveurs de fruits noirs de très bonne concentration et une longue finale minérale. Excellent!
(**** @ **** ½ - oct./09 - Fed)

Rioja "Aro" 2005, Muga (SAQ 10916522 – 182,00$)
Produit uniquement en 5000 exemplaires, le Aro est un vin qui cherche à pousser l'exercice de la modernité à l'extrême et sert, de l'aveu de Juan Muga lui-même, à rehausser l'image de marque de la maison Muga. Pourpre, opaque, profond, offrant un mélange discret de notes de fruits noirs, de subtiles nuances animales et de notes de chêne neuf, avec les nuances fumées, graphitées, mentholées qui le caractérisent. La bouche est plutôt massive, dense et puissamment structurée, avec des tannins fermes, astringents, mais fins et bien enveloppés, de saveurs de fruits noirs, mûrs, frais, se mêlant à des notes boisées et une profonde minéralité. Un vin très complet, qui assume bien son style très moderne. Il ne vaut certainement pas deux fois le prix que l'excellent Torre Muga, mais la rareté a toujours un prix
(**** @ **** ½ - oct./09 - Fed)