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avril 09, 2012

Producteur: Brancaia


Créé en 1981, ce domaine d'environ 25 hectares a produit son premier vin en 1988, un assemblage de sangiovese (65%), merlot (30%) et de cabernet sauvignon (5%) qui était vinifié dans les chais de la maison Fonterutoli.
Les installations de Brancaia furent inaugurées avec le millésime 1998, qui fut aussi le premier à être vinifié par Barbara Kronenberg-Widmer, avec les conseils du célèbre oenologue Carlo Ferrini. Pour cette occasion, l'assemblage du vin, qui fut baptisé Il blù, fut modifié légèrement. On diminua la proportion de sangiovese (à 50%) pour augmenter celle de merlot (à 45%), une recette qui n'a plus jamais été modifiée. Martin Kronenberg précise que sa femme préfère ne pas varier l'assemblage d'un millésime à l'autre dans le but de donner au vin une identité propre. Les raisins du Il Blù viennent de parcelles situées dans les communes de Radda et de Castellina, dans le cœur du Chianti classico.
Cette verticale de quatorze millésimes a été une occasion en or pour constater de la grande continuité du travail de Barbara et de Martin Kronenberg. Dès les premiers millésimes, le grand vin de Brancaia s'est distingué par son élégance. La recherche désespérée de maturité et d'extraction, qui semble évidente dans plusieurs grands vins toscans, n'a jamais fait partie de la recette du Blù.
Un autre signe de continuité est identifiable dans la capacité de transmettre au vin le caractère des différents millésimes, tout en préservant une excellente qualité de base. Cela est très évident quand on déguste le trio 2001, '02, '03, trois millésimes on ne peut plus différents, dans lesquels on perçoit des caractéristiques particulières aux saisons respectives, mais dans lesquels on a su masquer les défauts pour faire ressortir l'élégance et la pureté du fruit, des qualités qui sont communes à presque tous les Il Blù.
Une seule fausse note dans cette longue verticale, le millésime 2000. Un creux de vague qui a été largement compensé par des grandes réussites comme 2004 et 2006, 1999 et 2001, mais aussi de petits triomphes dans des conditions particulièrement difficiles comme ce fut le cas en 2002 et 2003.
Barbara et Martin ont pris de l'expansion depuis leurs débuts. Le couple possède une quarantaine d'hectares en Maremma, à cinq kilomètres au sud de Grosseto. Brancaia in Maremma a été créé en 1998 et donne, depuis 2002, le Ilatraia, un assemblage de cabernet sauvignon (60%), sangiovese (30%) et de petit verdot (10%) qui montre beaucoup de potentiel pour un vin issu de si jeunes vignes.


"Il blù" Toscana i.g.t. 2007, Fattoria la Brancaia
Rubis-pourpre, excellente saturation. Nez profond, d'excellente maturité, avec des arômes de mûres, de vanille, de moka. Bouche ample, veloutée, glycérinée mais étonnamment fluide et accessible, moins dense et structuré que le 2006, avec des saveurs de fruit noir d'assez bonne concentration, auxquelles s'ajoutent des accents épicés, réglissés en finale.
(***½ @ **** - mai/11 - Fed)

"Il blù" Toscana i.g.t. 2006, Fattoria la Brancaia (SAQ 10769622 - 83,00$)
Rubis-pourpre, très bonne saturation. Mûr, profond, doté de très beaux arômes fruités, kirsch, mûres, aux accents de cuir, d'épices. Bouche ample, dense, de très bonne matière, des saveurs de fruit d'excellente concentration, des accents d'épices, de cuir, une très longue finale vaporeuse. Très belle réussite!
(**** @ **** ½ - mai/11 - Fed)

"Il blù" Toscana i.g.t. 2005, Fattoria la Brancaia
Rubis-pourpre, très bonne saturation. Mûr, profond, avec des arômes de fruits noirs, sur un fond réglissé, terreux, moins de précision que 2004 et 2006. Bouche dense, glycérinée, belles saveurs de cerise noire, plus acidulée et astringente que le millésime précédent, avec une finale légèrement chaleureuse.
(*** ½ - mai/11 - Fed)

"Il blù" Toscana i.g.t. 2004, Fattoria la Brancaia
Rubis, très bonne saturation. Beau nez, doté d'un fruité profond, très mûr, avec des arômes crémeux ce mûres et de myrtilles, sur un fond minéral, réglissé. Bouche ample, dense, glycérinée, du volume, de la maturité, un peu plus de puissance que dans les autres millésimes, avec un peu de chaleur en fin de bouche, finale longue et intense, aux accents de kirsch.
(**** @ **** ½ - mai/11 - Fed)

"Il blù" Toscana i.g.t. 2003, Fattoria la Brancaia
Rubis, excellente saturation. Mûr, profond, terreux, avec des arômes de fruits noirs, sans traces de surmaturité. Bouche dense, compacte, avec des tannins fermes, astringents, plutôt massif, un brin monolithique, terreux, réglissée, de bonne longueur. Définitivement changé par le millésime, quoiqu'il ait gardé suffisamment de fraîcheur.
(*** ½ - mai/11 - Fed)

"Il blù" Toscana i.g.t. 2002, Fattoria la Brancaia
Rubis-grenat, très bonne saturation. Discret, délicatement parfumé, des arômes de fruit noir, d'épices, belle fraîcheur. Bouche d'assez bonne matière, vraiment étonnante pour le millésime, cerise noire bien mûre, trame serrée, harmonieuse, assez bonne finale de cerise et de réglisse. Très beau travail.
(*** ½ - mai/11 - Fed)

"Il blù" Toscana i.g.t. 2001, Fattoria la Brancaia
Rubis, très bonne saturation. Beau nez, profond, mûr, avec des arômes de fruit noir, de kirsch, du chêne et des accents de tabac. Bouche ample, de belle matière, avec une trame serrée, compacte, légèrement astringente, des saveurs de bonne intensité, kirsch, réglisse, épices, tabac, bonne finale. Une belle réussite.
(**** - mai/11 - Fed)

"Il blù" Toscana i.g.t. 2000, Fattoria la Brancaia
Rubis-grenat, très bonne saturation. Le nez offre des arômes viandé, ainsi que du tabac, et du champignon, mais il manque de netteté, le fruit s'exprime avec peu de conviction et il y a des arômes qui faussent, on demande à Martin Kronenberg ce qu'il pense de la bouteille et il répond, en haussant les épaules, que c'est un 2000. La bouche est d'assez bonne concentration, avec des la réglisse et du tabac, une trame serrée, assez polie, aboutissant en une finale discrète de tabac.
(** ½ - mai/11 - Fed)

"Il blù" Toscana i.g.t. 1999, Fattoria la Brancaia
Rubis, très bonne saturation. Profond, de bonne maturité, avec des notes de fruit noir, d'épices, d'herbes, de cuir et de réglisse, évoluant vers le moka. Bouche ample, de bonne matière, trame serrée, finement astringente, mois de poids que souhaitable en fin de bouche, avec des trace de cerise et de chocolat noir.
(**** - mai/11 - Fed)

"Il blù" Toscana i.g.t. 1998, Fattoria la Brancaia
Rubis-grenat, très bonne saturation. À point, avec des arômes de fruit noir qui se mêlent à des nuances épicées, du tabac, de la réglisse. Bouche de corps moyen, acidité, astringence, concentration moyenne, tabac, épices, finale subtile mais persistante, aux accents de cerise et d'épices.
(*** @ *** ½ - mai/11 - Fed)
"Brancaia" Toscana i.g.t. 1997, Fattoria la Brancaia
Rubis-grenat, très bonne saturation. Plus puissant et mûr, avec des arômes de tabac et de réglisse, des notes de fruits noirs, d'épices. Bouche moins expressive, astringente, monolithique, avec une finale de tabac.
(*** @ *** ½ - mai/11 - Fed)

"Brancaia" Toscana i.g.t. 1996, Fattoria la Brancaia
Grenat, très bonne saturation. Évolué, arômes de fruit noir, d'épices, une touche florale, du cuir neuf. Bouche veloutée, belles saveurs de tabac de Havane, acidité, légère astringence, belle finale de tabac et de thé.
(*** ½ - mai/11 - Fed)

"Brancaia" Toscana i.g.t. 1995, Fattoria la Brancaia
Grenat, très bonne saturation. Évolué, avec des arômes de sous-bois, d'épices, du fruit noir, du goudron, des herbes. Bouche de corps moyen, acidité assez soutenue, plutôt tertiaire, goudron, tabac.
(*** @ *** ½ - mai/11 - Fed)

"Brancaia" Toscana i.g.t. 1994, Fattoria la Brancaia
Grenat, très bonne saturation. Évolué, des arômes de sous-bois, un caractère légèrement viandé, du tabac, des herbes, du champignon. La bouche de corps moyen possède une acidité assez harmonieuse, elle prend de l'ampleur en s'oxygénant, saveurs de sous-bois, de thé, de réglisse, finale discrète mais de bonne longueur.
(*** ½ - mai/11 - Fed)

juin 20, 2011

Producteur: Foradori

Elisabetta Foradori raconte qu'à la mort de son père, alors qu'elle n'avait que onze ans, sa famille l'assura qu'elle ne devait pas se sentir obligée, un jour, de reprendre le domaine familial. Le ton ironique avec lequel elle raconte cette histoire laisse clairement sous-entendre que sa destinée était déjà écrite depuis longtemps quand, en 1984, à l'âge de 20 ans, elle a finalement pris le contrôle des activités.

À cette époque, la production locale favorisait nettement la quantité sur la qualité. À ce propos, très diplomatiquement, Elisabetta nous laisse comprendre que certaines pratiques n'ont pas du tout disparu. Toutefois, le cheminement de cette jeune femme fut clair dès le début, alors qu'elle mit tout en oeuvre pour revaloriser le grand cépage noir de la région, le teroldego, dont le "Granato" est probablement l'expression la plus noble.  

Toutefois, malgré le succès que connaissaient ses vins et les reconnaissances qu'elle a obtenues, Elisabetta avoue que, vers la fin des années '90, elle commençait à être fatiguée de ce qu'elle produisait. C'est ce qui l'a poussée à s'orienter vers la biodynamie, dès 2002, cherchant ainsi à apporter plus de pureté et d'équilibre à ses vins.

Les dernières étapes de la constante progression de son travail ont été la revalorisation d'un autre cépage autochtone pratiquement oublié, le nosiola, ainsi que la vinification du fruit de certains crus en amphores de terre cuite de 400 litres. Cette technique, qu'elle applique en blanc, sur le Fontanasanta (100% nosiola), ainsi qu'en rouge, sur les crus Sgarzon et Morei (100% teroldego), produit des vins d'une pureté désarmante.  

La jeune fille de vingt ans a fait beaucoup de chemin depuis les années '80. Un chemin qui n'a pas toujours été facile, le long duquel elle a fait des choix courageux, qui lui auront permis de contribuer à la revalorisation d'un territoire et de sa viticulture, tout en produisant des vins de très grande qualité. C'est un peu de tout ceci que vous apportez à votre table quand vous débouchez une bouteille qui porte le nom d'Elisabetta Foradori.

 

en   blanc 
 

Fontanasanta Nosiola Vigneti delle Dolomiti Igt 2009, Foradori
Le nosiola est un ancien cépage autochtone qu'Elisabetta Foradori a magnifiquement réussi à mettre en valeur dans cet excellent vin, doté d'un parfum très particulier de fleurs sauvages, de muriers et de framboise. La bouche est très cohérente, ample, ronde, florale. Un vin harmonieux et complexe, doté d'un caractère très distinct et original. 
(**** - fév./11 - Fed)

Myrto Vigneti delle Dolomiti Igt 2009, Foradori (I.P. 11421783 - 32,50$)
Issu entièrement du cépage incrocio manzoni (un croisement obtenu par le Professeur Luigi Manzoni entre le riesling et le pinot blanc), ce vin offre un joli nez fumé, calcaire, qui développe de beaux aromes de menthe fraîche et de basilic en évoluant dans le verre. La bouche est d'une belle fluidité, avec beaucoup de fraîcheur et un beau caractère minéral.
(*** ½ - fév./11 - Fed)

 

en rouge 

LES CRUS

Morei Teroldego Vigneti delle Dolomiti Igt 2009, Foradori
Les raisins de ce cru de 1 hectare, sur un sol sableux avec débris argileux, entrent habituellement dans le Granato, le vin de pointe de la maison. Or, en 2009, Elisabetta a décidé d'en vinifier une partie en amphores, pendant huit mois, avec un minimum de sulfitage. Rubis-pourpre, de très bonne saturation, ce vin offre un nez mûr, profond, légèrement épicé, avec des arômes de myrtilles, de mûres,   plutôt discret mais complexe, avec une légère volatilité, des nuances de vernis à ongle, de prune et d'anis, qui rappelle certains vintage. La bouche est ample, de belle viscosité, d'une trame assez fine, un beau fruit de mûres, de baies sauvages, qui persiste. Un vin très complet et complexe, de belle pureté, avec un caractère définitivement original.
(*** ½ @ **** - fév./11 - Fed)

Sgarzon Teroldego Vigneti delle Dolomiti Igt 2009, Foradori
Ce cru de 1 hectare, sur un sol sablo-caillouteux, avec des graviers de 30 cm. de profondeur, bénéficie d'un microclimat plus frais. Tout comme pour le Morei, les raisins du cru Sgarzon, viennent habituellement utilisés dans le Granato. En 2009, une partie a été vinifiée en amphores, pendant huit mois, avec un minimum de sulfitage. Rubis-pourpre, de très bonne saturation, ce vin offre un nez de très belle pureté, avec des arômes de mûres, de myrtilles, de baies sauvages, des nuances florales, encore très jeune et primaire mais extrêmement intéressant. La trame est un peu plus serrée, de très belle définition, avec une trame serrée, plutôt racée, une finale discrète mais très persistante, aux accents de baies sauvages et d'épices. Un vin très réussi, complexe, racé et original.
(**** - fév./11 - Fed)
 

LE GRANATO

Granato Vigneti delle Dolomiti Igt 2007, Foradori (SAQ 898130 - 54,75$)
Nettement plus de maturité que dans le 2006, avec un caractère plus opulent, offrant un beau caractère de crème de prune et de fruits noirs, avec un boisé bien intégré, légèrement graphité. La bouche est ample, mûre, crémeuse, avec des saveurs de prune de très bonne concentration, des tannins très fins, bien enrobés, finale de très bonne persistance, sur des notes de prune.
(*** ½ @ **** - fév./11 - Fed) 

Granato Vigneti delle Dolomiti Igt 2006, Foradori
Plutôt discret, avec un boisé très subtil, laissant des traces graphitées, sur un fond de fruit noir. La bouche est encore sur la discrétion, élégante, d'une trame assez raffinée, avec des saveurs de prune et de cerise, d'assez bonne concentration.
(*** ½ - fév./11 - Fed)

 

LE TEROLDEGO DE BASE

Teroldego Rotaliano 2007, Foradori (SAQ 712695 - 23,35$)
La maturité du millésime est évidente dans ce 2007, le vin offre un beau caractère de cerise et de mûre, la bouche est ample, ronde, souple, avec une matière fruitée bien mûre, mais un peu simple.
(*** @ *** ½ - fév./11 - Fed)

Teroldego Rotaliano 2008, Foradori
Plutôt discret, surtout après le 2007, ce teroldego offre néanmoins un beau nez de mûres et de baies sauvages, de belle fraîcheur. La bouche est de corps moyen, avec des tannins légèrement astringents, un brin de verdeur peut-être, mais aussi de belles notes fruitées acidulées.
(*** @ *** ½ - fév./11 - Fed)

 

Producteur: Léon Beyer

Grand vecteur de terroirs, capable d'une rare complexité et d'une longévité hors normes, le riesling est certainement un des cépages les plus nobles qui existent. En fait, si ce n'était pour ces quelques dizaines d'hectares autour du Montrachet qui font pencher l'aiguille de la balance en faveur du chardonnay, le riesling serait sans doute LE Roi des cépages blancs.  

Ceci étant dit, il faut dire que peu de producteurs rendent justice au riesling aussi bien que la maison Léon Beyer: des vins droits, authentiques, de grande pureté, parfaitement secs et d'une grande longévité. Leur "Comtes d'Eguisheim" 1975 est un monument à la gloire de ce cépage et il est loin d'être le seul dans les réserves de la famille Beyer.

La Maison fut créé en 1867, mais la famille Beyer compte quatorze générations de viticulteurs, à partir de 1580. Leurs possessions se situent sur les grands crus Eichberg et Pfersigberg, mais vous ne trouverez pas la mention la mention "grand cru" sur les étiquettes de leurs vins car la famille juge que le système de classification alsacien est un peu trop permissif. 

La gamme Comtes d'Eguisheim représente le meilleur de la production de la Maison Beyer. Elle fut créé en 1964 pour le gewurztraminer et s'est lentement étendue à tous les grands cépages. Issues des meilleurs coteaux d'Eguisheim, principalement de vignobles en grand cru, ces cuvées ne sont produites que dans les meilleurs millésimes.

La cuvée "les écaillers" offre une autre très belle expression du riesling, tout en pureté, minéralité et droiture. De plus, comme en témoignent les 1995 et 1998, cette cuvée aussi est capable de vieillir et de se bonifier avec le temps.

En entrée de gamme, le riesling réserve offre un fruit plus immédiat, tout en préservant cette minéralité qui est à la base de tout riesling alsacien qui se respecte. Le millésime 2009 est une grande réussite.
 
 


en blanc 
 
 

Le riesling réserve


Riesling Réserve 2009, Léon Beyer (SAQ 081471 - 17,90$)
Mûr, expressif, doté d'un très beau fruité, aux accents de pêche et de lychee, sur un fond minéral discret. Belle bouche, fraîche, vibrante, de belle acidité, avec des saveurs de citron, et des accents pétroleux, de lanoline, finale citronnée, légèrement chaleureuse. Expressif, typé, très réussi. Un excellent achat pour le prix.
(*** ½ - jan./11 - Fed)
 

 

Le Comtes d'Eguisheim


Riesling "Comtes d'Eguisheim" 2005, Léon Beyer
Mûr, délicat, parfumé, d'une matière souple et élégante, aboutissant en une belle finale minérale. Charmeur, un peu facile.
(*** ½ - jan./11 - Fed)
 

Riesling "Comtes d'Eguisheim" 2004, Léon Beyer (SAQ 10844266 - 49,00$)
Assez profond, mûr, minéral, réglissé, avec des arômes de crème de citron et de cire d'abeille. Bouche mûre, assez puissante, de bonne acidité, des saveurs d'agrumes, minérales, bonne longueur. Il a besoin de temps.
(*** ½ @ **** - jan./11 - Fed)
 

Riesling "Comtes d'Eguisheim" 2003, Léon Beyer
Beau nez, mûr mais de belle fraîcheur, avec des arômes complexes de citron, de feuille, de miel, de fruit blanc et  de pétrole. La bouche est ample, mûre, de belle acidité, avec une longue finale minérale, réglissée. La chaleur du millésime apporte du gras et de la maturité mais n'enlève rien en finesse ni en fraîcheur. C'est une très belle réussite.
(*** ½ @ **** - jan./11 - Fed)
 

Riesling "Comtes d'Eguisheim" 1995, Léon Beyer
Très beau nez, d'une minéralité sublime, de grande précision, avec des nuances fumées bien marquées. La bouche est onctueuse, bien tendue par une parfaite acidité, citronnée, minérale, très longue. Un superbe riesling, très classique, qui vivra encore très longtemps.
(**** - jan./11 - Fed)
 

Riesling "Comtes d'Eguisheim" 1985, Léon Beyer
Remarquablement complexe, ce riesling offre des arômes sublimes de cire d'abeille, de tisane au citron et de miel, avec des nuances florales et de boîte à tabac. La bouche est ample et parfaitement sphérique, cohérente avec le nez, délicate mais pleine, très complexe et longue. Magnifique!
(**** @ **** ½ - jan./11 - Fed)
 

Riesling "Comtes d'Eguisheim" 1975, Léon Beyer
Un magnifique témoignage à la longévité du riesling. Ce 1975 est tout simplement exceptionnel! Une minéralité d'une précision hors du commun, avec des arômes fumés et des accents d'hydrocarbures. La bouche est ample, d'une acidité parfaite, grande précision, minéralité très marquée et une très longue finale citronnée. Un vin d'une vitalité incroyable malgré ses 35 ans, tout laisse croire qu'il atteindra le demi-siècle sans problèmes.
(**** ½ - jan./11 - Fed)
 

Riesling "Comtes d'Eguisheim" 1971, Léon Beyer
Un riesling délicat, offrant des arômes fumés, minéraux, floraux, avec des accents de menthe séchée. La bouche est assez pleine, légèrement mielleuse, élégante et de bonne longueur. Un riesling amadoué par le temps, qui possède encore une tenue plus que respectable malgré ses quarante ans.
(*** ½ @ **** - jan./11 - Fed)


 
 

Les écaillers


Riesling "les écaillers"2005, Léon Beyer
Robe or pâle, brillant, aux reflets verdâtres. Le nez offre un caractère de citron. La bouche est assez ample, mûre, étonnamment souple, avec des saveurs citronnées minérales. Marc Beyer définit 2005 comme un millésime "bourgeois" en raisin de sa maturité. C'est en effet un riesling dodu et étonnamment accessible pour son âge.  
(*** ½ - jan./11 - Fed)


Riesling "les écaillers"2004, Léon Beyer (SAQ 974667 - 35,00$)
Robe or pâle, reflets verdâtres. Nez profond, mûr, avec des notes minérales, du miel et du citron. Bouche ample, de bonne acidité, des saveurs de fruit blanc, pêche, citron, une finale moins précise, chaleureuse, réglissée, de bonne persistance.
(*** ½ - jan./11 - Fed)


Riesling "les écaillers"2001, Léon Beyer
Robe or pâle, reflets verdâtres. Nez légèrement plus évolué, mûr, avec des notes de miel, un mélange minéral, de lanoline et de pétrole, des nuances de savon à lessive. Bouche droite et structurée, belle acidité, minéralité pétroleuse, longue finale. Le nez est trompeur, ce riesling est encore très jeune.
(*** ½ @ **** - jan./11 - Fed)


Riesling "les écaillers"2000, Léon Beyer
Robe dorée, soutenue. Nez très mûr, semble nettement plus évolué, avec des arômes de miel, de fruits secs, sur un fond minéral réglissé. Bouche droite, acidité contenue, minéralité plutôt réglissée, qui s'allonge dans la finale puissante et persistante. Moins élégant que d'habitude.
(*** ½ - jan./11 - Fed)


Riesling "les écaillers"1998, Léon Beyer
Joli nez, aux arômes de citron, de miel et de fleurs blanches. Bouche droite, très élégante, elle commence à se fondre, l'acidité est moins soutenue mais confère néanmoins beaucoup de précision et de définition au vin, les accents citronnés apportent beaucoup de fraîcheur et la finale est longue et minérale.
(*** ½ @ **** - jan./11 - Fed)


Riesling "les écaillers"1995, Léon Beyer
Très expressif et complexe, il sauvignonne presque, offrant un joli mélange de notes citronnées, herbacées et minérales, très frais et crémeux. Bouche très élégante, de belle fraîcheur, une acidité encore bien définie malgré les quinze ans, une minéralité de grande précision, bonne longueur.
(**** - jan./11 - Fed)

 

Producteur: Fattoria La Massa - Giorgio Primo

Avoir la possibilité de participer à un échange d'opinions avec un producteur devient particulièrement fascinant quand on a la liberté de parler ouvertement de ses vins, de ce qu'ils sont, de ce qu'ils pourraient être et du pourquoi, bien sûr. Et quand cela se fait en compagnie du très sympathique Giampaolo Motta, l'échange devient encore plus intéressant, car l'ouverture au débat est totale, les échanges sont constructifs et on en ressort avec la nette sensation que l'homme est profondément convaincu de ce qu'il fait et que cette conviction dérive d'un long et  profond questionnement.


Imaginons, par exemple, un dîner dans un restaurant du Vieux Montréal, accompagné d'une longue verticale du vin de pointe de Fattoria La Massa, le Giorgio Primo. Imaginons, aussi, qu'autour de la table un des participants se borne sur l'inopportunité de toujours miser sur les cépages internationaux, au lieu de mettre en valeur le vrai cépage toscan par excellence: le sangiovese. Et bien, il se peut que le producteur arrive à expliquer le cheminement qui l'a amené à son choix grâce à un raisonnement lucide, articulé d'arguments tout à faits valides, qui amènent le borné à seconder pleinement  les décisions du producteur.


Giampaolo Motta est un producteur extrêmement motivé et, surtout, passionné. Cela est particulièrement évident quand on l'entend parler des vins qui l'ont inspiré dans son travail. Des vins toscans, mais aussi des vins de régions assez éloignées de la Toscane. On dira ce qu'on veut, mais quand un producteur est capable de parler avec émotion et admiration du vin d'un compétiteur, c'est habituellement bon signe, ça donne souvent une bonne indication de la passion qui l'anime.


Le Giorgio Primo était déjà un vin très renommé et acclamé par la critique internationale quand Giampaolo a commencé à se questionner sur la direction qu'il devait prendre avec ce vin qui est, après tout, un de ses plus grands accomplissements. Le succès n'ayant pas voilé son jugement, Giampaolo eut la lucidité et l'honnêteté de reconnaître et d'avouer ouvertement qu'il n'était pas satisfait de son travail. Giampaolo dira, qu'en Italie, c'est quelque chose qu'on ne peut pas affirmer très facilement. En fait, en Italie, comme ailleurs dans le monde, difficilement on entendra un producteur dire du mal de son meilleur vin. 


Le principal reproche que Giampaolo faisait à son Giorgio Primo était son incapacité de durer dans le temps. Il raconte de l'expérience qu'il eut avec un grand (très grand) bordeaux '59 et de comment ce vin l'avait laissé pantois, ne montrant absolument aucun signe de fatigue malgré ses quarante ans de bouteille. Cette expérience l'amena à la conclusion que s'il voulait faire un grand vin de son Giorgio Primo, celui-ci devait absolument vieillir comme un grand vin.


En faisant abstraction de toute considération de style et de typicité, il est vrai que les Giorgio Primo qui comportaient beaucoup de sangiovese dans l'assemblage, même dans les meilleurs millésimes comme 2001, sont aujourd'hui des vins à point, qui ne laissent soupçonner aucune marge d'amélioration pour le futur. Alors que les Giorgio Primo récents, qui comportent de moins en moins de sangiovese, voire pas du tout à partir du millésime 2007, laissent supposer un potentiel de vieillissement nettement supérieur. À ce, il faut ajouter que les derniers millésimes de Giorgio Primo sont d'une qualité irréprochable.


À partir du millésime 2009, grand millésime en perspective, Fattoria La Massa jouit de l'expertise de l'œnologue-conseil bordelais Stephane Derenoncourt. Giampaolo est très enthousiaste de cette collaboration et promet que les fruits de cette union ne tarderont pas à se manifester dans les vins. En tout cas, on ne peut que lui souhaiter que dans quarante ans, quelqu'un, quelque part dans le monde, puisse se pencher sur un verre de Giorgio Primo 2009 et en être aussi ému que Giampaolo le fut pour ce fameux bordeaux '59.

 

en  rouge


Giorgio Primo Igt Toscana 2008, Fattoria La Massa
Très jeune, encore primaire, offrant des arômes de framboise, d'épices, d'herbes, avec des notes laiteuses, vanillées. Bouche ample, veloutée, avec une matière mûre, crémeuse, des saveurs de chocolat au lait, de fruits noirs, long. Plus souple et accessible que les 2006 et 2007.
(*** ½ @ **** - nov./10 - Fed)


Giorgio Primo Igt Toscana 2007, Fattoria La Massa (SAQ 11290226 - 83,25$)
Composé sans l'ajout de sangiovese, pour la première fois depuis sa création, le Giorgio Primo 2007 offre un nez mûr, puissant, avec des arômes de kirsch, de cassis, de chocolat, avec des subtiles notes de chêne et de cuir neuf. La bouche est dotée d'une excellente matière, soutenue par une structure ferme, des tannins mûrs, bien enveloppés, avec des saveurs de cassis, de mûres, presque crémeux, avec une longue finale de chocolat et de cassis. Une grande réussite, issue d'un assemblage de merlot (50%), cabernet sauvignon (40%) et petit verdot.
(**** @ **** ½ - nov./10 - Fed)


Giorgio Primo Igt Toscana 2006, Fattoria La Massa (SAQ 10986053 - 85,75$)
Un assemblage de sangiovese (30%), merlot (30%), cabernet sauvignon (30%) et petit verdot. Rubis-pourpre, d'excellente saturation. Nez mûr, puissant, avec des arômes de kirsch et des subtiles notes boisées, qui gagnent des nuances de tabac en évoluant dans le verre. La bouche est dense, compacte, structurée, de belle mâche, avec une acidité stimulante, des saveurs de cerise noire de belle pureté, aboutissant en une finale puissante, aux relents de réglisse noire et de cassis.
(**** @ **** ½ - nov./10 - Fed)


Giorgio Primo Igt Toscana 2004, Fattoria La Massa
Discret, avec des arômes de cerise acidulée, aigre, subtiles nuances florales. La bouche est ample, la trame serrée, assez fine mais encore astringente, plutôt fermée, avec des saveurs de cerise mûre qui persistent dans la discrète finale. Il semble traverser une phase latente.
(*** ½ - nov./10 - Fed)


Giorgio Primo Igt Toscana 2003, Fattoria La Massa
Mûr, profond, avec des arômes de prune et d'herbes, des subtiles notes florales et viandées. Bouche ample, de bonne matière, très dense et veloutée, avec des tannins assez fins, qui se sont considérablement assouplis, des saveurs de fruits noirs, acidulés, de réglisse noire, d'épices, de tabac, des traces animales, puissant mais assez harmonieux, avec une très bonne finale de chocolat noir, amer. Belle réussite!
(**** - nov./10 - Fed)


Chianti classico Giorgio Primo 2001, Fattoria La Massa
Très beau nez, profond, complexe, terreux, avec des arômes de tabac de Havane, des subtiles nuances florales, minérales et de cuir neuf. Bouche ample, dense, avec de belles saveurs de tabac, d'épices, de relents terreux, une trame soyeuse, racée, une très longue finale de tabac et de chocolat noir. Très distingué! Parfaitement à point.
(**** - nov./10 - Fed)

 


 

Producteur: Albert Grivault

Ce domaine centenaire est aujourd'hui géré par Michel Bardet, petit-fils d'Albert Grivault. Le domaine possède 6 hectares de vignes, dont une parcelle de 1,60 hectares dans le climat "les Perrières."

Toutefois, le véritable bijou du domaine est le Clos de Perrières: une parcelle de près d'un hectare qu'Albert Grivault a racheté en 1879, alors qu'il n'avait que 23 ans et que le vignoble bourguignon est aux prises avec la crise du phylloxera. Le domaine Grivault survivra à la crise grâce, entre autres, aux revenus d'une distillerie que Monsieur Grivault créa en 1888 à Béziers. Le risque d'acheter la vigne la plus convoitée de toute l'appellation Meursault s'averera ainsi un pari réussi.


Meursault Perrières et Clos des Perrières

Situées à l'extrémité sud de la commune de Meursault, à la limite du territoire de Puligny, les Perrières sont entourées des climats les Charmes et les Genevrières. En plein centre des Perrières, derrière une grille en fer forgé et un muret d'un mètre cinquante de haut dont les pierres viennent d'une grotte adjacente, se situe le Clos des Perrières, une parcelle remarquable qui mériterait, selon l'avis de plusieurs experts, le classement en grand cru.

Ce Clos rectangulaire possède un terroir qui se distingue de celui de Perrières par sa nature très caillouteuse et par la profondeur et la composition de son sol qui, comme pour le Montrachet, possède un affleurement jurassique.

Le clos a été replanté en 1986 et 1989. Depuis l'année 2000, on produit une moyenne de 6000 bouteilles annuellement, grâce à des rendements inférieurs à 50 hl. par hectare.   

Le vin, dont on dit qu'il peut se conserver trente à quarante ans (quoique la dégustation ne confirmait pas tout à fait cette hypothèse), est élevé en fûts de chêne, dont un cinquième sont neufs.

Il en résulte un vin racé et puissant, qui exprime autant la nature du millésime que celle de son terroir et possède une personnalité marquée qui n'est pas sans rappeler celle de certains vins du Montrachet.

 

en blanc


Meursault 1er cru Clos des Perrières 2008, Albert Grivault
Très expressif, avec de beaux arômes floraux, vanillés, de crème citronnée, sur un fond minéral, très net. La bouche possède une acidité très stimulante, avec des notes citriques, minérales, des subtiles traces vanillées, une belle finale citronnée, très persistante. Très jeune, il devrait bien se développer.
(**** @ **** ½ - oct./10 - Fed)


Meursault 1er cru Clos des Perrières 2007, Albert Grivault
Nez légèrement plus boisé, avec des notes de crème citronnée, d'amandine, ainsi qu'un caractère légèrement fumé. Bouche assez grasse, mais toujours tendue par une acidité bien présente, qui lui donne beaucoup de droiture et de définition, aboutissant en une finale persistante aux accents citronnés et boisés. Un vin très élégant.
(**** - oct./10 - Fed)


Meursault 1er cru Clos des Perrières 2006, Albert Grivault
Nettement plus mûr que le 2007, avec un caractère crémeux plus prononcé, des arômes de pâtisserie, d'amande, de levure. Bouche plus ample, onctueuse, avec beaucoup de gras, l'acidité est présente, mais elle ne donne pas autant de tension, laissant des notes citriques, minérales, en arrière-palais, aboutissant en une finale très longue, aux traces d'amande et de fruits secs. Déjà très séduisant!
(**** @ **** ½ - oct./10 - Fed)


Meursault 1er cru Clos des Perrières 2005, Albert Grivault
La robe commence à donner des signes d'évolution, avec des reflets un peu plus dorés. Le nez semble aussi un peu plus évolué, avec des arômes de fruits secs, de figue, un caractère vineux, réglissé. Bouche ample, avec des arômes de fruits secs, de figue, une minéralité sèche, presque réglissée, assez puissant et très long, chaleureux, aux accents de figue mûre.
(**** @ **** ½ - oct./10 - Fed)


Meursault 1er cru Clos des Perrières 2004, Albert Grivault
Très beau nez, mûr, crémeux, avec des arômes de pâtisserie, de miel, de pain grillé, un fond minéral très subtil. La bouche est très ample, expressive, multidimensionnelle, avec des saveurs fruitées vibrantes, belle acidité, des saveurs légèrement évoluées, miel, praline, fruits secs, une subtile minéralité, aboutissant sur une très longue finale mielleuse, vaporeuse. Un vin très expressif, encore très vigoureux, qui offre tout un spectacle sur le palais.
(**** ½ - oct./10 - Fed)


Meursault 1er cru Clos des Perrières 2003, Albert Grivault
Expressif, d'une complexité assez particulière, avec des arômes de lanoline, de minéral, de fruits secs, évoluant vers le caramel et le miel. Bouche ample, d'une grande onctuosité, puissant, presque anesthésiant sur le palais, mais d'une façon étonnamment harmonieuse, avec des saveurs minérales, mentholées, aux nuances de fruits secs dans la finale discrète mais très longue.
(**** - oct./10 - Fed)

 


 

Producteur: Braida - di Giacomo Bologna

Le nom de cette entreprise familiale, créé en 1961 et située à Rocchetta Tanaro, découle d'un surnom que Giacomo Bologna avait hérité de son père. Mais le surnom Braida n'est pas la seule chose que Giacomo hérita de son père: il reçut aussi l'amour pour sa terre et pour le vin qu'elle donne. C'est justement cet amour qui a instigué Giacomo à donner au barbera ses lettres de noblesse. Ce cépage, qui a toujours été largement répandu au Piémont, donnait généralement des vins simples, de consommation quotidienne. Giacomo eut l'idée de prendre le fruit de ses plus vieilles vignes et de leur donner un élevage en barriques de chêne. C'est ainsi que fut créé le premier barbera haut de gamme: le Bricco dell'Uccellone 1982.


Exploitant près de 56 hectares, Braida est aujourd'hui une référence en matière de Barbera. Les joyaux de la couronne, les crus Bricco della Bigotta, dell'Uccellone et le "Ai Suma" (expression qui signifie "on y est" en dialecte piémontais) sont parmi les meilleures expressions de barbera en circulation. Avec le Montebruna, la famille Bologna a démontré qu'ils savent produire de l'excellent Barbera aussi dans le milieu de gamme. Anna, Raffaella et Beppe, respectivement la femme et les enfants de Giacomo, ont réalisé des investissements importants dans le but de perpétuer le rêve qui était derrière le premier millésime de Bricco dell'Uccellone: celui de faire du barbera un grand cépage noble au même titre que les pinot noir et les cabernets de ce monde. Chaque nouveau millésime semble leur donner raison.
 
 
 
en rouge
 
 
Barbera d'Asti "Bricco della Bigotta" 2007, Braida - Giacomo Bologna (SAQ 11293873 - 72,00$)
Discret mais profond et finement minéral, avec un beau mélange de notes boisées et réglissées. La bouche est fermée, à la trame serrée, plutôt fine, avec des saveurs discrètes de fruit noir et de minéral, très longue finale. Un vin racé et complet, le plus réussi des trois crus présenté en dégustation.
(**** - sept./10 - Fed)
 

Barbera d'Asti "Ai suma" 2006, Braida - Giacomo Bologna
Rubis-pourpre, très bonne saturation. Très mûr, avec une légère pointe de surmaturité, des notes de raisin et de prune fraîche, sur un fond minéral. La bouche est ample et généreuse, glycérinée, mais soutenue par une belle acidité, misant sur la maturité du fruit, avec des saveurs de sirop de cerise, des épices, aboutissant en une bonne finale minérale.
(*** ½ @ **** - sept./10 - Fed)
 

Barbera d'Asti "Bricco dell'Uccellone" 2007, Braida  (SAQ 10217238 - 70,00$)
Rubis, très bonne saturation. Nez discret, il semble traverser une phase fermée, offrant des subtiles notes herbacées, du cuir, du fruit noir très mûr. Bouche ample, mûre, d'assez bonne matière, avec des subtiles notes vanillées, une fine astringence, une finale discrète mais persistante. Il faudra lui laisser quelques années pour mieux développer son discours.
(*** ½  - sept./10 - Fed)
 

Barbera d'Asti "Montebruna" 2008, Braida - Giacomo Bologna (I.P. - 33,75$)
Rubis, bonne saturation. Nez marqué par des subtiles notes boisées, épicées, sur un fond de cerise mûre. Bouche jeune, légèrement tendue, avec des tannins très fins, polis, des saveurs de fruit noir de bonne concentration, quelques traces vanillées adoucissent la finale qui est de bonne persistance. Bien fait.
(*** ½ - sept./10 - Fed)
 

"Il Bacialé" Monferrato rosso 2008, Braida - Giacomo Bologna (I.P. - 33,75$)
Un assemblage de barbera (60%), pinot noir (20%), cabernet sauvignon et merlot. Rubis, assez bonne saturation. Bon nez de fruits rouges, mûrs, légèrement macérées, avec une pointe de poivron assez nette, ainsi que des nuances d'herbes et de réglisse. Bouche souple, assez fluide, très harmonieuse, avec des saveurs de fruits rouges, une finale épicée, aux relents de cabernet. Intéressant, mais à ce prix on aimerait une bouche plus complète.
(*** - sept./10 - Fed)
 

Brachetto d'Acqui 2009, Braida - Giacomo Bologna (I.P. - 31,50$)
Un rouge mousseux, frais et fruité, avec seulement 5,5 degrés d'alcool et 130 grammes de sucre résiduel par litre. Il se présente sous une veste rubis, de très faible saturation, son nez est très parfumé, presque muscaté, avec des arômes de fruits rouges sucrés. La bouche est d'une mousse ample, avec des saveurs de fruits rouges sucrés, acidulé. Un vin-friandise, un peu trop doux à mon goût, qui pourrait se révéler fort agréables en certaines circonstances.
(*** - sept./10 - Fed)

Producteur: Schiopetto


 
La famille Schiopetto produit du vin depuis la moitié des années soixante, quand Mario Schiopetto loua une vigne de l'archevêché de Gorizia, à Capriva del Friuli. Mario avait hérité sa passion pour le bon vin de son père, qui était le propriétaire d'une brasserie très renommée à Udine et de son grand-père, qui était déjà négociant de vin au début des années 1900.
 

S'inspirant du savoir-faire allemand et français et doué d'une intuition remarquable, Mario est devenu une véritable locomotive de la viticulture frioulane, faisant en sorte que le nom de sa famille devienne pour les amateurs un synonyme de qualité et une source de certains des meilleurs vins blancs d'Italie. Aujourd'hui, c'est ses enfants, Maria, Carlo et Giorgio, qui s'occupent de la gestion du domaine et des 30 hectares de vignes, nichées dans cette région italienne, proche de la Slovénie, où la chaleur de la mer Méditerranée se bute à la fraîcheur des Alpes.
 

Comme l'explique Carlo Schiopetto, le Frioul est une région de vins blancs. C'est donc ces variétés qui viennent utilisées sur les meilleurs terroirs. Chez lez Schiopetto on mise beaucoup sur le tocai friulano, un cépage historique du Frioul qui, depuis quelques années, ne peut plus être commercialisé avec le nom de tocai et qu'on appelle désormais simplement friulano. Ce cépage, qui n'a rien à voir avec les Tokaji hongrois (vins liquoreux très nobles, issus essentiellement du cépage furmint) est en fait un cousin du sauvignon, que l'on connaît sous le nom de sauvignon vert et qui donne des vins plus riches mais moins parfumés que le premier.


Le Frioul est une région carrefour où historiquement se sont croisées plusieurs cultures. Il n'est donc pas étonnant d'y noter la présence de nombreux cépages internationaux, comme le cabernet sauvignon, le cabernet franc et le merlot, qui y sont cultivés depuis près de deux siècles et s'y sont acclimatés parfaitement. Ces cépages s'expriment à merveille dans le rivarossa, un rouge élégant et typé qui offre un rapport qualité prix très intéressant.


 
 
en blanc 
 

Friulano Collio Doc 2008, Schiopetto (I.P. - 33,25$)
Bon nez, parfumé, débute sur des notes presque muscatées, du lychee, de la poire bien mûre, de l'amande, sur un fond minéral. Bouche assez ample et onctueuse, belle rondeur, maturité de fruit, avec une subtile minéralité qui persiste.
(*** ½ - sept./10 - Fed)
 

Blanc des rosis Venezia Giulia igt 2008, Schiopetto (I.P. - 30,25$)
Un assemblage de 50% de friulano (tocai friulano), avec l'ajout de pinot grigio, malvasia, et sauvignon blanc. Un vin bien mûr et parfumé, avec des arômes de pomme et de vanille. Bouche ample, de belle fraîcheur, marquée par une minéralité prononcée qui persiste dans la longue finale.
(*** @ *** ½ - sept./10 - Fed)
 

Sauvignon Collio Doc 2008, Schiopetto (I.P. - 33,25$)
Nez assez variétal, avec des notes de pamplemousse et de pipi de chat. Bouche assez droite, de bonne acidité, avec des discrètes saveurs de groseille. Beaucoup moins original que le friulano, mais assez bien fait.
(*** @ *** ½ - sept./10 - Fed)
 

Pinot grigio Collio Doc 2008, Schiopetto (I.P. - 33,25$)
Plutôt discret, assez fin, avec quelques subtiles nuances fumées. Bouche discrète, longiligne, au palais très sec, aboutissant en une finale de bonne minéralité, qui persiste.
(*** - sept./10 - Fed)
 
 
 
en rouge
 

Rivarossa Venezia Giulia igt 2005, Schiopetto (SAQ 11035946 - 26,75$)
Un assemblage de cabernet sauvignon (35%), cabernet franc (35%) et de merlot (30%) qui offre un nez très typé, avec des arômes de champignon, de feuille de cassis et d'épices. La bouche est d'assez bonne matière, souple, élégante, aux tannins mûrs, assez serrés mais sans aucune austérité, des saveurs de cassis et de réglisse, avec une finale subtilement minérale. Très bien fait, frais et élégant, à moins de trente dollars il se compare favorablement à bien des crus bourgeois ou des deuxièmes étiquettes du Médoc.
(*** ½ - sept./10 - Fed)

juillet 29, 2010

Producteur: La Nerthe

Une des plus belles propriétés de Châteauneuf du Pape, La Nerthe est aussi une des propriétés les plus anciennes de l'appellation, avec des origines remontant au XII siècle. Son patrimoine vinicole considérable, 90 hectares, lui permet de produire une moyenne de 300 000 bouteilles annuellement. Toutes les treize variétés permises dans l'appellation sont présentes dans le vignoble, qui est disposé en un bloc unique jouxtant le domaine. Le grenache domine avec près de deux tiers de l'encépagement, syrah et mourvèdre y comptent pour un autre tiers et les autres variétés se partagent le peu d'espace restant. Les vendanges sont effectuées à la main en prenant le soin de ramasser chaque cépage à son point idéal de maturation, même au coût d'effectuer plusieurs passages dans les vignes. Les rendements moyens oscillent entre 25 et 30 hl./ha.

Cette belle verticale de huit millésimes, repartis sur trois décennies, nous a permis d'apprécier la régularité du style de La Nerthe, pas le plus imposant des vins de l'appellation mais toujours harmonieux et raffiné, sans toutefois manquer de matière ni de caractère. L'étonnante santé du 1982 a aussi illustré le grand potentiel de garde du vin qui, comme la plupart des meilleurs châteauneufs, vieillit beaucoup mieux qu'on a tendance à le croire. Toutefois, c'est le millésime le plus jeune qui nous aura donné le plus de plaisir. Une réussite remarquable, la Nerthe 2005 possède une densité et une maturité qui devraient en faire un autre beau candidat pour la très longue garde.

 

 

Les années 2000
 

Châteauneuf du Pape 2005, Château La Nerthe (SAQ 917732 - 53,25$)
Rubis, profond, très bonne saturation. Très beau nez, profond, d'une grande maturité, sans lourdeur, avec des arômes de sirop aux cerises, de pain aux raisins, d'épices et de réglisse. Bouche dense, glycérinée, d'une belle matière aux saveurs de kirsch et de réglisse. Une très belle réussite!
(**** - déc./09 - Fed)

Châteauneuf du Pape 2003, Château La Nerthe
Rubis-grenat, bonne saturation. Plutôt fermé, un peu monolithique, avec des nuances de cerise, qui possèdent quelques traces végétales-florales. Bouche d'assez bonne matière, aux saveurs de prunes à l'alcool, et de réglisse, tannins un peu secs, moins élégants qu'à l'habitude.
(*** @ *** ½ - déc./09 - Fed)

Châteauneuf du Pape 2001, Château La Nerthe
Rubis-grenat, bonne saturation. Joli nez, avec des notes de cerise bien mûre, sur un fond minéral, aux nuances de cuir et de tabac blond. La bouche est de corps moyen, élégante, bien glycérinée, des saveurs de cerise et de prune fraîche, des accents d'olive et une subtiles minéralité. Belle bouteille, que l'on pourra apprécier sur la prochaine décennie. 
(*** ½ @ **** - déc./09 - Fed)

Châteauneuf du Pape 2000, Château La Nerthe
Rubis-grenat, bonne saturation. Mûr, offrant des arômes de prune et de réglisse, avec un caractère terreux, auquel se mélangent des nuances viandées, poivrées. La bouche est de bonne matière, assez dense et glycérinée, mûre, avec des saveurs de prune et de réglisse.
(*** ½ - déc./09 - Fed)

 


Les années '90

Châteauneuf du Pape 1998, Château La Nerthe
Rubis-grenat, bonne saturation. Très discret, mûr, avec des arômes de cerise qui possèdent une douceur boisée très discrète. La bouche est de bonne matière, plutôt épicée et un peu chaleureuse en milieu de palais, avec des saveurs réglissées qui persistent.
(*** ½ - déc./09 - Fed)

Châteauneuf du Pape 1995, Château La Nerthe
Rubis-grenat, bonne saturation. Plutôt fermé, avec des arômes de cerises macérées, de réglisse, de viande et de sous-bois. Bouche de corps moyen, plutôt longiligne, élégante, avec des saveurs de réglisse, de tabac, fine minéralité. Il semble à point mais son évolution dans le verre laisse croire qu'il a encore de belles années devant lui.
(*** ½ - déc./09 - Fed)

 

Les années '80

Châteauneuf du Pape 1989, Château La Nerthe 
Grenat, bonne saturation. Évolué, terreux, avec des arômes de prune et de tabac, assez intense, des nuances de truffe. La bouche est intense, avec des saveurs de pruneau qui donnent des signes d'évolution, mais le vin ne semble pas encore complètement sur le déclin.
(*** - déc./09 - Fed)

Châteauneuf du Pape 1982, Château La Nerthe
Grenat, bonne saturation. Beau nez de tabac et d'épices, avec quelques traces végétales évoquant le céleri. Bouche élégante, aux saveurs d'épices et de tabac. Très belle bouteille pour un châteauneuf de 27 ans!
(*** ½ - déc./09 - Fed)

 

juillet 14, 2010

Producteur: Tenimenti d'Alessandro

Située près de la limite entre la Toscane et l'Ombrie, cette propriété voit le jour en 1967, quand Luigi d'Alessandro rachète la Fattoria di Manzano. La gestion des opérations passera ensuite dans les mains de ses fils, Massimo et Francesco.

À l'origine, les 70 hectares de la propriété sont plantés uniquement à sangiovese et trebbiano. Toutefois, les résultats ne sont pas à la hauteur des attentes de la famille, on décide alors d'effectuer des études afin de comprendre la réelle vocation de ce terroir. Pour ce faire, en 1988, Massimo fait appel au savoir du renommé Professeur Attilio Scienza. Les vignobles viennent replantés à haute densité avec des nouvelles variétés. Des micro-vinifications séparées de toutes les variétés permettent d'établir que les résultats les plus prometteurs viennent des syrah et des viognier. Tous les efforts sont donc mis en œuvre pour réorienter la production de la propriété vers ces nouvelles variétés. Ceci donnera lieu, dès 1992, au premier millésime de Il bosco.

Aujourd'hui, Tenimenti d'Alessandro compte 50 hectares de vignes, dont 95% sont plantées à syrah. Le travail de la famille d'Alessandro et les succès obtenus par leurs vins auront grandement contribué à la création de la DOC Cortona, qui eut lieu en 1999.

Mais la famille d'Alessandro n'est pas du genre à s'asseoir sur ses lauriers, elle cherche continuellement de progresser et d'améliorer sa production. C'est pour cette raison qu'elle a fait appel à deux œnologues de grand succès, tels que Luca Currado de la maison Vietti et Christine Vernay du Domaine Georges Vernay. Leur expertise se fait déjà sentir dans les derniers millésimes, surtout les rouges, qui sont d'une profondeur inégalée par rapport à ce que la maison offrait jusqu'à la fin des années '90.

en blanc

Fontarca Toscana I.g.t 2008, Tenimenti d'Alessandro
Ce vin, jadis élaboré majoritairement à base de chardonnay, est depuis peu produit uniquement à base de viognier. Des douces notes barriquées se mêlent à un caractère subtilement floral, aux nuances d'amande. La bouche est assez onctueuse, de concentration moyenne, avec une discrète amertume, assez typique du viognier, une finale discrète, chaleureuse. 
(*** - mai/10 - Fed)


le vin santo

Vin Santo 2001, Tenimenti d'Alessandro
Robe ambrée, soutenue, aux reflets brunâtres. Très beau nez, tout à fait typé, avec des arômes d'oxydation, fruits secs, noix, miel, caramel, épices, ainsi qu'un caractère intriguant de boîte à tabac. La bouche est très riche, de grande concentration, harmonieuse, avec des saveurs de fruits secs qui persistent dans la finale interminable. Un vin santo qui assume pleinement son rôle de grand vin de méditation.
(**** @ **** ½ - mai/10 - Fed)

 

en rouge


"Migliara" Cortona 2007, Tenimenti d'Alessandro
Le cru Migliara ne donne qu'un peu moins de 6000 bouteilles, mais le potentiel est évident et pour cette raison il est vinifié et embouteillé séparément, après un élevage de 24 à 26 mois en barriques, dont un tiers sont neuves, avec un petit pourcentage de viognier qui complète ce vin à base de syrah. Rubis-pourpre, très bonne saturation. Profond, boisé, légèrement vanillé, son nez discret se développe considérablement à l'oxygénation, donnant du volume à ses arômes de fruits noirs et ses nuances épicées et poivrées. La bouche est de très bonne matière, structurée, tannique, assez sévère, fermée, avec des discrètes saveurs de fruit noir et de réglisse.
(**** - mai/10 - Fed)


"Migliara" Cortona 2006, Tenimenti d'Alessandro (SAQ 11232317 - 83,50$)
Beaucoup plus expressif que le 2007, en ce moment, le Migliara 2006 est un vin de grande profondeur, doté d'un nez complexe, cuiré, aux nuances florales, une pointe d'olive, avec des traces boisées de moka sur un fond de fruit noir. L'attaque est de bonne densité, la bouche possède une très belle matière fruitée, des saveurs de mûre, de belle fraîcheur, des accents de réglisse, de moka, qui s'allongent dans la très bonne finale. Une grande réussite. Il devrait évoluer très positivement.
(**** @ **** ½ - mai/10 - Fed)


"Il Bosco" Cortona 2007, Tenimenti d'Alessandro
Assemblage de différents crus du domaine, entièrement issu de syrah, il reçoit un élevage mixte de foudres et barriques, dont le tiers sont renouvelées à chaque année. Rubis-pourpre, très bonne saturation. Très profond, mûr, des légères notes grillées dominent un bon nez de fruit noir, aux subtiles nuances florales, poivrées, il devient plus crémeux, vanillé, en s'oxygénant dans le verre. Bouche de très bonne matière, glycérinée, dotée d'une solide structure tannique, ferme, assez fine, avec des saveurs de fruits noirs de bonne concentration.
(*** ½ @ **** - mai/10 - Fed)

"Il Bosco" Cortona 2006, Tenimenti d'Alessandro (SAQ 10490277 - 54,00$)
Rubis-pourpre, très bonne saturation. Très profond, mûr, offrant des légères notes grillées, mais aussi un très beau caractère de fruit noir, de belle pureté, avec des nuances intéressantes de fumée et de bacon. Bouche dense, serrée, d'une trame tannique assez ferme mais de bonne finesse, des saveurs de fruits noirs, de réglisse, des traces boisées, grillées, une finale discrète mais persistante de fruit noir. Très réussi!
(**** - mai/10 - Fed)

"Il Bosco" 1997, Tenimenti d'Alessandro
Servi d'un magnum, ce syrah offrait un nez mûr, légèrement évolué, avec des arômes crémeux de prune, des nuances viandées, faisandées. La bouche est très souple et parfaitement polie, des saveurs de prune fraîche, d'épices, d'olive, il semble parfaitement à point. Très intéressant, il a vieilli harmonieusement sans toutefois avoir gagné en complexité.
(*** ½ - mai/10 - Fed)

Cortona 2008, Tenimenti d'Alessandro
Rubis, très bonne saturation. Nez assez simple, offrant des notes de fruits rouges, sur un fond de réglisse. Bouche de corps moyen, trame assez serrée, belle acidité, des saveurs de fruits rouges, de concentration moyenne. Simple, un brin rustique, ce vin est issu du fruit des jeunes vignes de la propriété.
(*** - mai/10 - Fed)

 

 


 

Producteur: Rayas


Cette verticale de Rayas avait au programme quatre millésimes de ce grand Châteauneuf, qui étaient comparés aux autres vins produits par Emmanuel Reynaud, neveu du légendaire Jacques Reynaud, à qui il a succédé en 1997.

Rayas est un châteauneuf du pape très particulier, entièrement à base de grenache,  produit dans la partie septentrionale de l'appellation, sur des sols sablonneux dépourvus des fameux galets. C'est un vin de grande finesse et élégance, d'une complexité remarquable même en jeunesse.

Sur le millésime 2004, le Rayas était comparé au Fonsalette, un Côte du Rhône que la famille Reynaud produit sur une vigne située à une quarantaine de kilomètres au nord de Rayas, ainsi qu'au Barbe Rac, de Chapoutier, un autre châteauneuf entièrement à base de grenache.

Sur le millésime 2005, Rayas et Fonsalette étaient comparés au Château de Pignan, autre châteauneuf du pape produit par la Emmanuel Reynaud, qui n'est pas le deuxième vin de Rayas car il est produit à partir de parcelles différentes, situées en proximité de celles du grand vin, même si plusieurs experts doutent que dans les chais de Rayas il y ait une certaine promiscuité entre les cuves qui viennent embouteillées avec l'étiquette de Pignan et celles qui donnent le vin de Rayas.

Malheureusement, la dégustation a commencé sur un faux pas, la bouteille de Rayas 2001 étant défectueuse. Nous nous sommes alors repliés sur l'excellent 2003, qui faisait preuve d'une grande finesse malgré la chaleur du millésime.

Dans le volet des 2004, il n'y a pratiquement jamais eu de lutte entre les vins. Rayas a remporté cette comparaison à l'aveugle à l'unanimité avec 14 votes sur 14.

Les surprises sont arrivées dans le troisième volet, alors qu'une majorité des membres du panel a préféré le vin #3, croyant qu'il s'agisse du Rayas. Hélas, c'était son petit frère, le Pignan. Le vrai Rayas trônait dans le verre #1 et il se distinguait nettement par sa jeunesse et sa pureté de fruit remarquable. Il faut dire, toutefois, que le Pignan avait un caractère très évocateur de ce que Rayas peut donner après quelques années de bouteille. Finalement, un bon mot pour le Fonsalette, un des Côtes du Rhône génériques les plus chers sur le marché, mais qui est d'une qualité irréprochable.


 

 

Châteauneuf du Pape 2003, Château Rayas
Rubis-grenat, saturation moyenne. Superbe nez, offrant un très beau mélange floral-épicé, très typique de Rayas, avec des notes de griotte, de cèdre, de liqueur d'herbes, quelque nuancées faisandées, très complexe. La bouche est suave, d'une belle chair, dodue, harmonieuse, avec des saveurs de griotte acidulée, de prune fraîche, d'épices, de réglisse, d'herbes, beaucoup de finesse, d'élégance et une étonnante fraîcheur pour un 2003. Vraiment très réussi!
(**** ½ - avr./10 - Fed)

 

VOLET #1

Verre #1 – Rayas             14 votes
Verre #2 – Fonsalette       0 votes
Verre #3 – Barbe Rac        0 votes

Châteauneuf du Pape 2004, Château Rayas
Rubis-grenat, bonne saturation. Plutôt discret, avec des arômes de cerise, d'épices, des accents floraux très typés, une pointe d'olive provençale, belle fraîcheur. Bouche élégante, de corps moyen, finement épicée, poivrée, tannins très fins, serrés, saveurs de cerise, d'épices, avec une finale de griotte aux relents vaporeux, floraux.
(**** @ **** ½ - avr./10 - Fed)

Côtes du Rhône 2004, Château Fonsalette
Rubis-grenat, très bonne saturation. Bon nez de cerise mûre, kirsch, épices, poivre, cuir, un caractère discrètement provençal avec une discrète austérité. Bouche de bonne matière, dense, veloutée, épicée, poivrée, très côtes du Rhône, avec une finale un brin alcooleuse.
(*** ½ - avr./10 - Fed)

Châteauneuf du Pape "Barbe Rac" 2004 Chapoutier
Rubis, bonne saturation. Très mûr, avec un caractère de liqueur de prunes et de cerises, sur un fond réglissé, goudronné. La bouche est dense, dotée d'une trame tannique serrée, assez ferme, des saveurs d'épices, de prune mûre, de réglisse, de goudron, plutôt alcooleux, chaud, avec une finale persistante, chaleureuse.
(*** ½ - avr./10 - Fed)

 

VOLET #2

Verre #1 – Rayas                3 votes
Verre #2 – Fonsalette          2 votes
Verre #3 – Pignan               9 votes

Châteauneuf du Pape 2005, Château Rayas
Rubis, bonne saturation. Le nez offre un caractère surprenant, mettant de l'avant une pureté de fruit remarquable, sur des notes de cerise juteuse, de belle fraîcheur, évolue lentement mais très positivement, acquérant éventuellement une subtile fraîcheur florale épicée plus caractéristique de Rayas. La bouche est ample, de belle matière, avec un très beau fruit de cerise, mûre, juteuse, des accents de lavande, herbes provençales, épices, poivre, des tannins très fins, polis et une longue finale de cerise et d'épices. Sublime!
(**** ½ - avr./10 - Fed)

Côtes du Rhône 2005, Château Fonsalette
Rubis, très bonne saturation. Discret, notes de kirsch, d'épices, de poivre et de cuir. Bouche ample, de bonne matière, un fruité généreux, cerise noire, épices, poivre, persistant. Très réussi.
(*** ½ @ **** - avr./10 - Fed)

Châteauneuf du Pape 2005, Château Pignan
Rubis, bonne saturation, reflets grenat. Discret, fin, avec des arômes de cèdre, d'épices, finement poivré, complexe, évolue très bien dans le verre et gagne des fines nuances florales. Bouche élégante, épicée, poivrée, très provençale, avec une trame soyeuse qui se  resserre en arrière palais, bonne finale vaporeuse aux nuances épicées.
(**** - avr./10 - Fed)


 

Producteur: Domaine Belle

Domaine Belle

C'est en 1990, avec l'achat des Pierrelles, que le Domaine Belle devient essentiellement ce qu'il est aujourd'hui. Ce qui, à l'origine, n'était qu'un petit domaine de quatre hectares et demi et subsistait en vendant le fruit de ses vignes à la coopérative de Tain l'Hermitage, se transforme en un domaine exploitant près de 25 hectares et produisant environ 100'000 bouteilles par an.

L'essentiel du vignoble est situé en Crozes Hermitage, mais les Belle possèdent aussi des vignes à l'Hermitage (1 ha. en rouge et ½ ha. en blanc) et en Saint Joseph (½ ha.) Si les rouges étaient un peu en dessous des niveaux habituels, cette dégustation m'a permis de découvrir des blancs de grande finesse et fraîcheur. Philippe Belle explique qu'au fil des ans il a augmenté l'apport de roussanne dans les blancs afin de leur donner plus d'élégance et de fraîcheur. Ça semble avoir fonctionné, surtout pour l'excellent Hermitage.

 

en blanc

Hermitage blanc 2007, Domaine Belle (N.D. 70,75$)
Un demi hectare, dans les climats dits "les péléas" et "maison blanche" avec des vignes d'âge moyen de 38 ans et des rendements de 30 hl. /ha. L'élevage de 20 mois en fûts, dont 75% neufs, avec bâtonnage. Le nez possède un très joli nez, aux nuances florales, chèvrefeuille, fruit blanc, mûr, croquant, avec des arômes boisés, vanillés, qui deviennent un peu redondants à la longue. La bouche est vraiment d'une très belle matière, dense, volumineuse, avec une chair compacte, du fruit blanc, mûr, des traces boisées, vanillées, graphitées, bonne longueur. Vraiment un très bel hermitage, d'une élégance presque bourguignonne, il aurait pu être encore meilleur si sa fraîcheur et sa floralité avaient eu plus de liberté d'expression.
(****  - mars/10 - Fed)

Crozes Hermitage "les terres blanches" 2008, Domaine Belle (N.D. 26,80$)
Deux hectares, marsanne (70%) roussanne (30%), d'âge moyen de 35 ans, l'élevage est en fûts, dont un tiers neufs. Joli nez, frais, avec des notes florales, aux nuances d'amande et d'anis, en évoluant il gagne un subtil caractère de pain grillé. Bouche ample, ronde, d'une belle matière fruitée, expressive, délicate, de bonne maturité. Plutôt bien fait.
(*** ½ - mars/10 - Fed)

 

en rouge


Hermitage 2005, Domaine Belle (SAQ 11154814– 70,75$)
Un hectare, dans le climat dit "les murets" avec des vignes d'âge moyen de quarante ans. L'élevage, jusqu'à 26 mois, s'effectue en fûts, dont 75% neufs. Il offre un joli nez, frais, profond, de belle maturité, avec une douceur boisée, vanillée, qui se mêle à un fruit de mûres. Bouche ample, assez dense, souple, avec une belle matière fruitée, de concentration moyenne, enrobée de traces de chêne neuf, finale de fruit noir, de chocolat et de réglisse. 
(*** ½ - mars/10 - Fed)

Crozes Hermitage "Cuvée Louis Belle" 2006, Domaine Belle (SAQ 917484 – 27,95$)
Cette cuvée hommage au grand-père Belle, fondateur de la Cave coopérative en 1933, est issue de 7,5 hectares de vignes d'âge moyen de 55 ans. L'élevage de seize mois est effectué avec l'utilisation de 25% de fûts neufs. Rubis-pourpre, de très bonne saturation. Beau nez, ample, mûr, profond, avec une douceur boisée très subtile qui se mêle à la maturité du fruit de framboise. La bouche est ample, assez fluide, tendue par une bonne acidité, légère astringence tannique en arrière palais, finale discrète, un peu légère. Pas aussi convaincant que d'habitude. 
(*** @ *** ½ - mars/10 - Fed)

Crozes Hermitage "les pierrelles" 2007, Domaine Belle (SAQ 863795 – 24,85$)
Lorsque les Belle ont racheté les Pierrelles, les vignes étaient plantées de façon à favoriser la mécanisation de la vendange. Un travail graduel de replantation a du être effectué afin d'augmenter la densité de plantation. Les 11 hectares de vignes des Pierrelles conservent néanmoins une moyenne d'âge de plus de trente ans. Rubis-pourpre, de très bonne saturation, le 2007 est un Crozes mûr, chaud, assez profond, avec des arômes de prune et d’épices, sur un fond poivré, réglissé. La bouche est de bonne matière, avec des saveurs de prune mûre et de chocolat.
(*** @ *** ½ - mars/10 - Fed)

 

Producteur: Chanson Père et Fils

Entré dans le giron du groupe Bollinger depuis 1999, Chanson Père et fils possède 45 hectares de vignes en Côte de Beaune qui fournissent environ 25% de la production totale de la maison, le reste étant assuré par l'achat de raisin attentivement sélectionnés. Les vins vendus sous la marque Domaine Chanson viennent des vignobles de propriété, les autres viennent commercialisés sous la marque Maison Chanson. Les blancs, droits, tendus et de belle finesse, possèdent une belle netteté aromatique. Les rouges traduisent bien les forces et faiblesses des différents millésimes, mais dans l'ensemble la qualité est un peu plus inégale avec certains crus qui semblent plus complets que d'autres.

en blanc

Chassagne Montrachet "les chevenottes" 1er cru 2007, Domaine Chanson Père et fils (I.P. 92,25$)
Comme tous les blancs de la maison, ce chevenottes est un vin très pur et élégant, il offre des arômes d'amande, ainsi qu'un joli caractère floral. La bouche est énergique, tendue par une belle acidité, du tonus et de la pureté, avec des saveurs d'agrumes et d'amande, une subtile minéralité qui persiste. Élégant, complet, un très beau chassagne.
(**** - mars/10 - Fed)

Beaune "Clos des mouches" 1er cru 2007, Domaine Chanson Père et fils (I.P. 105,00$)
Venant de 2 hectares de propriété de la maison, produit avec des rendements de 35 hl. /ha. Il offre un nez très frais, floral, avec des arômes d'amande grillée. Belle bouche, de bonne matière, soutenue par une saine acidité, avec des saveurs de noisette, d'agrumes et de fruit blanc. Très cher mais bien fait.
(*** ½ @ **** - mars/10 - Fed)

Meursault 2007, Maison Chanson Père et fils (I.P. 57,00$)
Très fin, de belle fraîcheur, avec des arômes délicats de fleurs blanches. Bouche bien tendue, de belle acidité, harmonieux, avec des saveurs d'amande.
(*** ½ - mars/10 - Fed)

Viré Clessé 2007, Maison Chanson Père et fils (I.P. 24,65$)
Le bas de gamme de la maison, un vin de belle fraîcheur, avec un joli caractère d'agrumes.
(*** - mars/10 - Fed)

 

en rouge

Clos de Vougeot grand cru 2006, Domaine Chanson Père et fils
Rubis, bonne saturation. Beau nez, mûr, avec des arômes de griotte, aux subtiles nuances crayeuses. Bouche de très belle matière, ample, pleine, avec une trame tannique fine, des saveurs de griotte, finement épicées, crayeuses. Vraiment une très belle réussite, mais avec le même défaut de tous les 2006: un manque de substance et de profondeur qui rend le prix très difficile à digérer.
(**** - mars/10 - Fed)

Beaune 1er cru "Clos des fèves" 2006, Domaine Chanson Père et fils (I.P. - 85,75$)
Beau nez, très pur, de belle fraîcheur, avec des arômes nets de fruits rouges et une subtile note vanillée qui lui apporte une touche élégante. Bouche de corps moyen, à la trame élégante, serrée, matière fruitée très pure, sur un caractère de griotte acidulée, confite, de bonne persistance. Belle bouteille, très élégant, mais on aimerait un peu plus de substance à ce prix.
(*** ½ @ **** - mars/10 - Fed)

Beaune 1er cru "Clos du roi" 2002, Domaine Chanson Père et fils (I.P. - 49,00$)
Rubis, très bonne saturation. Bon nez, fin, aux nuances légèrement terreuses, de champignon, sur un fond de griotte mûre. Bouche assez pleine, dotée d'une belle trame tannique, qui en fait un beaune assez viril et corsé, aux saveurs de cerise, légèrement chocolatées en finale. 
(*** ½ @ **** - mars/10 - Fed)

Beaune-Bastion 1er Cru 2005, Domaine Chanson Père et fils (SAQ 11094559  - 51,00$)
Ce vin prend son nom d'un des bastions de l'enceinte de la ville de Beaune, qui est propriété de la maison Chanson et sert de lieu d'entreposage des vins. Les murs, d'unes épaisseur de six à huit mètres permettent une excellente stabilité des températures et une bonne hygrométrie. Il s'agit d'un assemblage de différents premiers crus appartenant à la maison Chanson. C'est un vin de belle fraîcheur, avec des arômes nets de fruits rouges, framboise, cerise, de bonne maturité. Bouche de corps moyen, tendue par une bonne acidité, avec une trame tannique fine, serrée, légèrement astringente. Très classique.
(*** ½ - mars/10 - Fed)

Beaune 1er cru "Champs Pimont" 2004, Domaine Chanson Père et fils (I.P. - 49,00$)
Rubis-grenat, bonne saturation. Nez légèrement végétal, avec des notes de champignon et des nuances subtiles de violette et de prune. Bouche de corps moyen, avec des saveurs de prune, de tabac, des traits végétaux. Un vin qui montre les limites du millésime et laisse entrevoir un début d'évolution.
(*** - mars/10 - Fed)

 

 

avril 01, 2010

Producteur: Antonio Moretti


Entrepreneur infatigable, Antonio Moretti est né d'une famille riche de plusieurs fermes et vignobles. Toutefois, ce n'est qu'en 1996 qu'il a ressenti le besoin de réinvestir dans les propriétés familiales ce qu'il avait gagné dans le monde de la mode.

Il commença par Sette Ponti, une propriété de plus de 300 hectares, située près de Arezzo, que son père avait racheté dans les années cinquante des Princesses Marguerite et Marie Christine de Savoie. En très peu de temps, avec l'aide du renommé œnologue Carlo Ferrini, Moretti a réussi à produire des vins de la trempe du Oreno et du Crognolo. Cette collaboration a aussi permis à Moretti de mettre la main sur d'autres propriétés dignes de mention, Poggio al Lupo, en Maremma, Feudo Maccari, près de Noto, en Sicile et la Tenuta Orma, dans une des meilleures zones de Bolgheri.

Comme si ce n'était pas assez, Antonio Moretti produit aussi un champagne, grâce à une collaboration avec une petite maison champenoise de Cerseuil qui lui fournit les vins de base pour créer la cuvée Grand Tour premier cru.

 


Le Crognolo

Crognolo Toscana i.g.t. 2007, Sette Ponti (SAQ 10297039 - 34,75$)
Un assemblage de sangiovese (80%), cabernet sauvignon (10%) et merlot (10%). Rubis-pourpre, très bonne saturation. Très bon nez, très mûr, crémeux, envoûtant, avec des notes de fruit noir d'une belle pureté, très frais, légèrement vanillé. Bouche ample, dotée d'une belle chair, mûre, bien glycérinée, de très bonne concentration, avec des saveurs de fruit noir, très mûr, finement épicé, des tannins fins, bien enrobés, des accents de cerises noires macérées qui persistent dans la bonne finale. À un peu plus de trente dollars ce vin constitue un excellent achat!
(**** - mars/10 - Fed)

Le Oreno

Oreno Toscana i.g.t. 2007, Sette Ponti (SAQ 10297047 - 75,00$)
Un assemblage de merlot (40%), cabernet sauvignon (40%) et sangiovese (20%). Rubis-pourpre, excellente saturation.  Plutôt fermé, avec des subtiles nuances de fruit noir, d'assez bonne fraîcheur. La bouche est monumentale! Énorme! D'une grande densité, avec une matière totalement sphérique et très harmonieuse, une structure élégante, parfaitement enrobée, des saveurs de cerise noire, légèrement sucrée, fraîche, d'excellente concentration, qui persiste dans la très bonne finale. Une grande réussite!
(**** @ **** ½ - mars/10 - Fed)

Oreno Toscana i.g.t. 2004, Sette Ponti
Rubis-grenat, excellente saturation. Très discret, avec des notes herbacées, du champignon, sur un fond de fruit noir acidulé. Bouche ample, dense, de bonne acidité, avec des saveurs de chocolat noir, de goudron, très bonne concentration, tannins légèrement astringents, il aura besoin de temps, très bonne finale, puissante mais de très bonne longueur.
(**** - mars/10 - Fed)

Oreno Toscana i.g.t. 2001, Sette Ponti
Un assemblage de sangiovese (50%), complété par cabernet sauvignon et merlot en parts égales. Rubis-pourpre, de très bonne saturation. Nez profond, bien mûr, offrant des notes de fruits noirs, de réglisse, de tabac, de vieux chêne, avec quelques nuances viandées, mentholées. Très bonne matière, dense, bien structurée, avec des tannins encore légèrement astringents mais bien enrobés, quelques traces végétales très subtiles, du fruit noir, des épices et beaucoup de goudron et de tabac en arrière-palais.
(*** ½ @ **** - fév./10 - Fed)

 

À Bolgheri
 
Orma Toscana I.g.t 2006, Tenuta Orma
Une propriété de 5,5 hectares, adjacente à Tenute dell'Ornellaia, avec des vignes d'âge moyen de huit ans qui en sont à leur deuxième millésime. Un assemblage de merlot (50%), cabernet sauvignon (30%) et cabernet franc (20%). Rubis-grenat, excellente saturation. Nez plutôt fin, élégant, offrant un joli mélange de notes herbacées classiques des cépages bordelais, avec des subtiles nuances épicées et un beau caractère de fruit noir, il fait très rive droite de Bordeaux. Bouche de belle densité, mûre, glycérinée, avec une matière veloutée, des tannins mûrs, bien enrobés, beaucoup de fruit noir, des relents de myrtilles et de chocolat qui persistent dans la finale légèrement chaleureuse. Très réussi. Il devrait se détailler autour de 69$.
(*** ½ @ **** - mars/10 - Fed)


De Poggio al Lupo

Morellino di Scansano 2007, Poggio al Lupo (SAQ 11177717 - 22,85$)
Rubis, bonne saturation. Très bon nez, mûr, profond, terreux, salin, avec des nuances d'épices et de tabac. Bouche de facture très classique, corps moyen, bonne acidité, assez tendu, avec une fine astringence tannique, des saveurs de cerise à l'alcool et une finale discrètement réglissée qui persiste.
(*** @ *** ½ - mars/10 - Fed)

Poggio al Lupo Toscana i.g.t. 2006, Poggio al Lupo (SAQ 10503971 - 56,25$)
Un assemblage de cabernet sauvignon (73%), alicante (20%) et petit verdot (7%). Rubis-grenat, très bonne saturation. Profond, un peu fermé pour le moment, des arômes de fruit noir, auxquels se mêlent une pointe d'anis et quelques notes très discrètes de végétation méditerranéenne. La bouche est dense, compacte, épicée, avec de saveurs de cerise noire et de réglisse, très bonne concentration, des tannins assez fermes et une assez bonne finale.
(*** ½ - mars/10 - Fed)

De Sicile

Nero d'Avola Saia Sicilia i.g.t. 2006, Feudo Maccari (SAQ 11213474 - 28,90$)
Ce vin, produit sur des sols calcaires dans la région de Noto, dans le Sud-Est de la Sicile, est issu de vignes de nero d'avola élevées en "alberello" (gobelet), donnant des rendements de 15-20 hl./ha. Le vin est élevé en barriques de chêne français, dont la moitié sont neuves et la moitié de deuxième passage. Son nez est plutôt fin, avec un caractère de prune fraîche, légèrement graphité, sur un fond de réglisse noire et d'herbes méditerranéennes. La bouche est de bonne matière, une attaque souple, mûre, un fruit légèrement sucré, acidulé, des tannins assez fermes en milieu de palais, une bonne finale.
(*** ½ - mars/10 - Fed)


 

Producteur: Bodegas Muga


Juan Muga fait partie de la troisième génération à diriger l'entreprise familiale fondée par son grand-père en 1932. En écoutant le discours de ce sympathique gaillard, on finit par se convaincre que la Bodega Muga est un synonyme de la plus pure tradition riojane. En effet, c'est une des seules Bodegas espagnoles à posséder sa propre tonnellerie. En fait, comme chez Muga toutes les étapes de la production ont lieu dans des récipients de chêne, ils produisent aussi leurs propres cuves, poussant ainsi encore plus loin le respect des traditions. Aussi, tous les soutirages viennent effectués par gravité et les vins ne sont pas filtrés, mais collés au blanc d'œuf, processus dans lequel passent plus de 80000 œufs par an.

Paradoxalement, tout le souci du respect des traditions semble prendre le bord quand on déguste les meilleurs vins proposés par Juan Muga. En effet, au fur et à mesure qu'on monte dans la hiérarchie de sa production, on se rend compte que la tradition laisse graduellement sa place au modernisme. Le zénith de cette progression vers le renouveau est le "Aro," un rioja imposant qui s'est mérité les plus hauts pointages dans la presse spécialisée. Le "Aro" est un vin de grande profondeur et de structure qui subit un élevage de 18 mois en barriques neuves de chêne français. Un peu le même traitement que reçoit un grand classique de la maison, le Torre Muga. Tout le contraire pour le Prado Enea, l'autre grand classique de la bodega, qui reçoit un traitement beaucoup plus traditionnel, passant 12 mois en tonneaux, puis 36 mois en fûts de chêne américain et ensuite un autre 36 mois en bouteille, avant d'être commercialisé.

Juan Muga précise que le virage vers des vins comme le "Torre Muga" (premier millésime en 1991) et le "Aro" (premier millésime en 2000) a été imposé par le marché. L'importance de ces vins, que la Bodegas produit quasiment à perte aux dires de Juan (difficile à croire quand le prix du "Aro" atteint 182$ à la SAQ), est de donner à l'entreprise une image de marque sur le marché international. Connaissant certains mécanismes du marketing, on ne pourrait lui donner tort. Toutefois, en tant que consommateur averti, je me sens beaucoup mieux servi par trois bouteilles de l'excellent "Prado Enea" 2001, plutôt qu'une bouteille du tout aussi réussi "Aro."

 

en blanc

Rioja blanco 2008, Muga (SAQ 860 189 – 17,50$)
Issu essentiellement du cépage viura (90%), avec un peu de malvasia, ce blanc de Rioja est élevé en barriques neuves de chêne français pendant quatre mois, avec bâtonnage léger des lies. Son nez est discret, d'une subtile minéralité, avec des fines nuances d'agrumes. La bouche est d'une étonnante fraîcheur, avec une très saine acidité et des stimulantes notes citronnées. Très bien fait pour le prix.
(*** @ *** ½ - oct./09 - Fed)


en rouge

Rioja Reserva 2005, Muga (SAQ 855 007 – 24,20$)
Rubis, très bonne saturation. Mûr, chaud, avec des notes de prune, de goudron, ainsi que des subtiles nuances poivrées, animales, terreuses. La bouche est d'assez bonne densité, épicée, de belle acidité, légère astringence, avec des saveurs de prune aux accents poivrées.
(*** - oct./09 - Fed)

Rioja Seleccion Especial 2004, Muga (SAQ 11155593 – 41,50$)
Rubis, très bonne saturation. Discret, profond, d'une subtile minéralité, réglissé, aux nuances animales, évoluant vers une douceur boisée aux relents de sucre brun. Bouche discrète, élégante, à la trame serrée, d'une légère astringence, bonne acidité, avec des saveurs de prune fraîche et une discrète minéralité qui persiste en fin de bouche. Sa structure et son acidité devraient lui permettre de vieillir avec beauté.
(*** ½ - oct./09 - Fed)

Rioja Gran Reserva "Prado Enea" 2001, Muga (SAQ 11169670 – 57,00$)
Après 12 mois en tonneaux de chêne, 36 mois en fûts de chêne américain et un autre 36 mois de bouteille, ce vin est finalement commercialisé, alors qu'il commence à atteindre son plateau de maturité, comme le veut la plus pure tradition de rioja. Rubis, de très bonne saturation, aux reflets grenat sur le pourtour. Superbe nez, ample, profond, complexe, aux nuances de basse-cour qui côtoient une sublime finesse florale et notes de petits fruits rouges acidulés, avec des nuances boisées, graphitées, qui compliquent ultérieurement le tout. La bouche est ample, veloutée, d'une très saine acidité, mêlant les saveurs de petits fruits rouges acidulés aux accents boisés très fins. Peut-être le meilleur Prado Enea jamais produit, un excellent rioja qui fait très peu de concessions à la modernité et offre élégance, fraîcheur et complexité.
(**** @ **** ½ - oct./09 - Fed)

Rioja "Torre Muga" 2005, Muga (SAQ 11168183 – 84,25$)
Dès 1991, pour satisfaire les exigences du marché, la maison Muga décide de produire un rioja plus moderne. Le Torre Muga est donc créé, issu de vignes à 550 mètres d'altitude, d'un âge moyen de plus de 60 ans, d'une récolte sévèrement triée pour ne retenir que les meilleurs raisins, dont le jus sera fermenté en tonneaux, avec une longue macération et un élevage de 18 mois en barriques neuves de chêne français. Rubis-pourpre, très bonne saturation. Très beau nez, profond, suave, mélangeant les notes boisées aux arômes de fruits noirs crémeux, d'une belle fraîcheur, avec des nuances de mine de plomb et un caractère vaporeux de camphre et de menthol. La bouche est dense, de très bonne matière, soutenue par une structure tannique ferme mais raffinée, animée par une acidité stimulante, beaucoup de fraîcheur, des saveurs de fruits noirs de très bonne concentration et une longue finale minérale. Excellent!
(**** @ **** ½ - oct./09 - Fed)

Rioja "Aro" 2005, Muga (SAQ 10916522 – 182,00$)
Produit uniquement en 5000 exemplaires, le Aro est un vin qui cherche à pousser l'exercice de la modernité à l'extrême et sert, de l'aveu de Juan Muga lui-même, à rehausser l'image de marque de la maison Muga. Pourpre, opaque, profond, offrant un mélange discret de notes de fruits noirs, de subtiles nuances animales et de notes de chêne neuf, avec les nuances fumées, graphitées, mentholées qui le caractérisent. La bouche est plutôt massive, dense et puissamment structurée, avec des tannins fermes, astringents, mais fins et bien enveloppés, de saveurs de fruits noirs, mûrs, frais, se mêlant à des notes boisées et une profonde minéralité. Un vin très complet, qui assume bien son style très moderne. Il ne vaut certainement pas deux fois le prix que l'excellent Torre Muga, mais la rareté a toujours un prix
(**** @ **** ½ - oct./09 - Fed)


février 23, 2010

Producteur: Planeta

 

L'histoire de Planeta est celle d'une entreprise familiale, créé en 1995 par Francesca, Alessio et Santi Planeta. La production de deux millions de bouteilles est aujourd'hui repartie sur cinq propriétés différentes, distribuées aux quatres coins de la Sicile.

C'est à Sambuca di Sicilia que les premiers vins de Planeta ont été créés. C'est ici, près d'une ferme du 17e siècle et des ruines d'un ancien château fort arabe, sur les bords du lac Arancio, que sont plantées les vignes de chardonnay qui ont servi à produire le vin qui, vers la fin des années '90, a situé Planeta sur scène la vinicole mondiale. 

Mais le projet de la famille Planeta ne se limitait pas simplement à la production d'un chardonnay qui obtienne des gros pointages dans la presse spécialisée. Depuis le début, le patrimoine vinicole des Planeta a été enrichi de la plupart des cépages nobles utilisés ailleurs en Italie dans le but d'en étudier le potentiel dans le climat de Sicile. C'est ce qui a permis de découvrir que le fiano pouvait donner des résultats fort intéressants, goûtez à l'excellent  Cometa si vous n'y croyez pas! Le très renommé œnologue italien Renzo Cotarella a même affirmé que les Planeta ont permis de démontrer que le fiano s'exprime en Sicile comme le ferait un cépage autochtone.

Pas très loin de là, à Menfi, on trouve les vignes qui donnent la plupart des vins à base de grands cépages noirs internationaux: syrah, merlot et petit verdot, ainsi que le cabernet sauvignon et cabernet franc, qu'on retrouve ensemble dans le Burdese.

Paradoxalement, c'est avec les cépages importés que les Planeta semblent produire leurs vins les plus convaincants, des vins complets, typés, d'une belle précision aromatique. Des vins à découvrir!

 

- en blanc
Cometa I. G. T. Sicilia 2007, Planeta (SAQ 705 046 – 38,25$)

Robe dorée, assez soutenue. Très mûr, offrant des arômes de poire et d'abricot. Attaque onctueuse, bouche soutenue par une belle acidité, qui confère au vin beaucoup de droiture, une fine amertume, minérale, avec des accents d'agrumes qui persistent. C'est réussi.
(*** ½ - oct./09 - Fed)

Chardonnay I. G. T. Sicilia 2007, Planeta (SAQ 855 114 – 40,75$)

Robe dorée, très soutenue. Mûr, profond, finement beurré, un nez qui laisse présager beaucoup d'onctuosité, impression qui est rapidement confirmée par la bouche, très glycérinée, subtilement boisée, aux relents beurrés, riche mais plus harmonieuse que dans le passé.
(*** ½ - oct./09 - Fed)

La Segreta bianco I. G. T. Sicilia 2008, Planeta (SAQ 741 264 – 17,40$)

Un assemblage de grecanico (50%), chardonnay (30%), viognier (10%) et fiano (10%). Mûr, offrant des arômes de pomme auxquels s'entremêle une fraîcheur de chèvrefeuille. La bouche est assez onctueuse, de bonne acidité, des accents d'agrumes, simple mais de belle fraîcheur.
(*** - oct./09 - Fed)

  

- Le dessert
Moscato di Noto 2007, Planeta (SAQ 10540406 – 37,75$)

Quel parfum! Un fruit chatoyant de maturité, avec toute la délicatesse du muscat, des notes alléchantes de thé à la pêche et d'abricot confit, finement épicé. La bouche est de belle densité, riche, visqueuse, mais parfaitement harmonieuse.
(**** - oct./09 - Fed)

 

- en rouge

 

Cépages internationaux
Burdese I. G. T. Sicilia 2005, Planeta (SAQ 10221106 – 38,25$)

Rubis, très bonne saturation. Bon nez, fin, subtil, marqué de notes d'herbes, de cuir, de discrètes notes boisées, un fruit de cassis qui se manifeste avec réticence et un fond terreux, aux nuances de tabac. La bouche est élégante, dotée d'une très discrète austérité végétale, si typique du cabernet, des accents terreux, réglissés, une bonne maturité d'ensemble et une longue finale aux relents réglissés. Il paraît un peu plus évolué que devrait l'être un cabernet de son âge, mais c'est un vin assez complet et typé.
(*** ½ @ **** - oct./09 - Fed)

Merlot I. G. T. Sicilia 2006, Planeta (SAQ 705 962 – 38,25$)

Rubis-grenat, très bonne saturation. Bon nez, mûr, aux relents d'herbes et de cerise noire sucrée, plutôt typé. Bouche dense, veloutée, assez élégante, fine astringence, des saveurs d'herbes, de réglisse, d'épices, avec une longue finale de chocolat noir. Un vin très réussi, mûr, mais étonnamment typé et élégant.
(*** ½ @ **** - oct./09 - Fed)

Syrah  I. G. T. Sicilia 2006, Planeta (SAQ 705 097 – 33,25$)

Rubis-pourpre, très bonne saturation. Profond, aux arômes discrets de poivre, de fruit noir et d'épices. Bouche dense, de bonne matière, assez glycérinée, de bonne concentration, avec des saveurs de cerise sucrée et de réglisse qui persistent. Bien fait.
(*** ½ - oct./09 - Fed)

 

Cépages autochtones

 

Cerasuolo di Vittoria 2007, Planeta (SAQ 10553362 – 24,20$)

Issu de nero d'avola (60%) et de frappato (40%), ce vin offre un joli nez de prune fraîche, de fraise et d'abricot très mûr. La bouche est de corps moyen, tannins finement astringents, un fruit frais et pur, aux accents de fraise. Un vin original et gourmand.
(*** @ *** ½ - oct./09 - Fed)

Santa Cecilia I. G. T. Sicilia 2006, Planeta (SAQ 705 947 – 33,25$)

Entièrement issu de nero d'avola, ce vin rubis, de très bonne saturation, possède un nez bien mûr, profond, avec des notes de fruit noir qui se mêlent à un caractère de prune et de réglisse noire, un brin sucré, aux subtiles nuances boisées. Bouche d'assez bonne densité, sans lourdeur, des saveurs d'épices, de réglisse, une trame bien enveloppée, une finale un peu abrupte.
(*** - oct./09 - Fed)

La Segreta rosso I. G. T. Sicilia 2008, Planeta (SAQ 898 296 – 17,40$)

Un assemblage de nero d'avola (50%), merlot (25%), syrah (20%) et cabernet franc (5%). Rubis, bonne saturation. Mûr, chaud, avec des notes de prune et de poivre noir. Bouche de corps moyen, assez simple, poivre, fruit rouge, on dirait un Côtes du Rhône générique.
(** ½ - oct./09 - Fed)

 


 

Producteur: Casanova di Neri

 

En 1971, Giovanni Neri rachète une vaste propriété dans la région de Montalcino, créant ainsi le Domaine Casanova di Neri. Au cours des années qui suivent la création du domaine, la famille Neri agrandit ses possessions en rachetant des nouvelles parcelles de vignes vouées à la production de raisins de première qualité. Le domaine compte aujourd'hui 36 hectares de vignes, partagés en quatre microclimats différents.  

Le vin le plus important du domaine est le Brunello de Montalcino du cru "Cerretalto," que la famille Neri a acquis en 1986. Issu d'un microclimat plus frais, ce qui lui a permis de s'exprimer remarquablement bien même dans des millésimes caniculaires comme 2003 et 1997, ce vin est produit uniquement dans les millésimes où on arrive à atteindre une maturité optimale des raisins (le 2005 ne sera pas embouteillé.) C'est un vin au caractère profond et complexe, qui n'est produit uniquement qu'en dix à quinze mille exemplaires, arguments qui ne justifient que partiellement son prix exorbitant (239$).

À bien meilleur marché, le Brunello di Montalcino Tenuta Nuova est un vin tout aussi intéressant mais avec un style complètement différent, plus jeune, plus moderne, avec un boisé plus manifeste par rapport au Cerretalto, même si, paradoxalement, la quantité de bois neuf utilisée dans l'élevage est nettement inférieure (50% pour le Tenuta Nuova contre 100% pour le Cerretalto). À 70$ (prix du millésime 2004) c'est définitivement un des meilleurs Brunello d'entrée de gamme sur le marché!

Depuis le millésime 2000, le domaine Casanova di Neri produit aussi un vin à base de cabernet sauvignon, le Pietradonice. Après quelques millésimes peut-être un peu surextraits, les Neri semblent avoir pris la juste mesure de ce vin dont le style s'est beaucoup affiné avec l'édition 2005, donnant un cabernet mûr et élégant, qui conserve néanmoins un style éminemment toscan!

 

Les Brunello

Brunello di Montalcino "Tenuta Nuova" 2005, Casanova di Neri

L'élevage de près de trente mois en fûts de chêne, dont la moitié sont renouvelés à chaque millésime, est très évident. Mais le bois, aussi présent soit-il dans les premières phases, s'intègre très bien à la complexité du vin, les notes de graphite accompagnent un joli nez de fruits noirs acidulés, se fondant éventuellement dans un caractère de cerise mûre et de chocolat au lait. La bouche est de bonne matière, charnue et veloutée, avec une trame tannique serrée, fine, sans dureté, des traces boisées, un fruit de cassis et de cerise et des relents chocolatés qui s'allongent dans la finale. Un peu moins complet que le fabuleux 2004, mais c'est un vin très réussi et vraiment charmeur. Déjà très accessible, il donnera aux amateurs une très grande fenêtre de consommation. Il sera disponible à la SAQ en février 2010.
(**** - sept./09 - Fed)

 

Brunello di Montalcino 2004, Casanova di Neri (SAQ 10961323 - 66,00$)

Rubis, bonne saturation. Dans un style beaucoup plus traditionnel, ce Brunello offre un nez de bonne maturité, avec des notes classiques de cuir, d'épices, une chaleur terreuse et des notes d'aromates. La bouche est d'assez bonne matière, une trame assez serrée, la juste fermeté, assez élégant, avec des saveurs de prune, de cuir et de réglisse.
(*** ½ - sept./09 - Fed)

 

Le Brunello Cerretalto
Brunello di Montalcino "Cerretalto" 1997, Casanova di Neri

Grenat, bonne saturation. Discret mais complexe, laissant entrevoir un début d'évolution avec ses nuances de tabac, qui se complètent de notes de prune, d'épices et de terre brûlée par le soleil. La bouche est élégante et proportionnée, d'une trame serrée, bien polie, très accessible, discret, avec des saveurs subtiles de tabac et de prune qui persistent. Le vin évolue encore très bien dans le verre et semble posséder beaucoup de réserves, s'exprimant avec une chaleur méditerranéenne très réconfortante. Vraiment très réussi.
(**** @ **** ½ - sept./09 - Fed)

 

Brunello di Montalcino "Cerretalto" 2003, Casanova di Neri (SAQ 10851141 – 229,25$)

Rubis, très bonne saturation. Profond, mûr, avec des arômes de prune, un boisé discret, des nuances d'herbes aromatiques, c'est manifestement un vin important, le nez l'exprime clairement mais, en évoluant, le boisé prends des allures de cassonades et trahit l'utilisation exclusive de fûts neufs, de plus, les arômes de prune deviennent de plus en plus sucrés, trahissant aussi la chaleur du millésime. La bouche est dense, d'une matière glycérinée, soutenue par une trame tannique serrée, plutôt fine, une assez bonne acidité, des saveurs de prune et de réglisse qui persistent. Un vin qui, somme toute, ne semble pas avoir souffert de la chaleur excessive du millésime 2003, grâce entre autre au microclimat plus frais qui caractérise le vignoble de Cerretalto. Microclimat qui, d'ailleurs, le pénalise dans les millésimes qui affichent une maturité déficiente, raison pour laquelle ce vin ne sera pas produit en 2005. Le prix (près de 230$) est probablement excessif, mais c'est un vin important dont on ne produit que de 10000 à 15000 bouteilles annuellement.
(****  - sept./09 - Fed)

 

Le cabernet Pietradonice
Pietradonice Sant'Antimo rosso 2005, Casanova di Neri (SAQ 10335154 – 107,75$)

Rubis-pourpre, très bonne saturation. Plutôt discret, doté d'un boisé subtil, de notes d'herbes aromatiques, d'anis, sur un fond de cassis et de mûres. La bouche est ample, d'une matière assez volumineuse, bien proportionnée, avec une trame tannique assez serrée mais harmonieuse, beaucoup moins dure que dans les derniers millésimes, belles saveurs de cerise mûre et de prune fraîche. Un vin mûr et très méditerranéen, dans lequel on perçoit le caractère des vins toscans beaucoup plus que celui du cabernet. Très cher mais très réussi!
(**** - sept./09 - Fed)

 

Le rosso
Rosso di Montalcino 2006, Casanova di Neri (SAQ 10335226 - 32,00$)

Rubis-grenat, bonne saturation. Mûr, bon nez de prune fraîche, de réglisse et d'aromates. Bouche de corps moyen, tannins légèrement astringents, notes de cuir et de réglisse. Très classique, réussi, ce vin est conçu pour accompagner des repas quotidiens, en toute simplicité. Dommage que le prix ne reflète pas tout à fait l'esprit du vin.
(*** @ *** ½ - sept./09 - Fed)


 

 

mai 15, 2009

Producteur: Château Montaiguillon


Le château Montaiguillon appartient à la famille Amart depuis trois générations. C'est le grand-père de Chantal Amart qui en fit l'acquisition en 1949. La propriété de 28 hectares, d'un seul tenant, est située sur une croupe exposée plein Sud, à l'extrémité méridionale de l'appellation Montagne Saint Émilion, dans une aire qui jouxte certaines des propriétés plus renommées de Saint Émilion.

Le vignoble, d'un âge moyen de 40 ans, est planté principalement de merlot (60%), avec les cabernets (sauvignon et franc) qui complètent en parts égales. L'élevage est effectué en barriques de chêne français, un tiers neuves.

Les vins, élégants et digestes, connaissent leur apogée autour des dix ans, avec les meilleurs millésimes qui semblent pouvoir tenir la route un peu plus longtemps. Le 1995 est nettement sur son déclin, mais ce vin a été produit avant l'achat de cuves thermo-régulées qui, aux dires de Chantal Amart, ont nettement amélioré la qualité des vinifications. D'ailleurs, ces dernières sont effectuées aujourd'hui avec les conseils du Laboratoire Michel Rolland. Le 1998 est très intéressant aujourd'hui, il sera sans doute dépassé par le 2005, qui semble une réussite exceptionnelle pour le château. Le 2007, semble aussi plutôt réussi. Les consommateurs ne devraient pas le négliger en raison de la mauvaise réputation du millésime.
 
 

Montagne Saint Émilion 2007, Château Montaiguillon
Un échantillon en bouteille depuis seulement deux semaines. Rubis-pourpre, bonne saturation. Nez plutôt primaire, avec des belles notes de fruits rouges, frais, croquants, évoluant vers une douceur boisée, aux relents de vanille et de caramel. La bouche est de corps moyen, avec des saveurs de fruits rouges, légèrement épicées, aboutissant en une finale réglissée. Bien fait.
(*** - mai/09 - Fed)

Montagne Saint Émilion 2006, Château Montaiguillon
Rubis, moyenne saturation, reflets grenat. Nettement en contraste avec le 2007, plutôt discret, avec un fruit qui semble beaucoup moins net, des arômes de prune, qui se mélangent à un caractère légèrement terreux, aux nuances de tabac et de réglisse. La bouche est de corps moyen, avec des tannins polis, légèrement astringents, finale discrète, subtilement réglissée.
(** ½ - mai/09 - Fed)

Montagne Saint Émilion 2005, Château Montaiguillon (SAQ 864249 - 24,40$)
Rubis, bonne saturation. Discret, mais affichant une très belle maturité de fruit, avec des notes de cassis mûr, de cerise presque confite, avec des traces herbacées, poivrées, réglissées. La bouche est de corps moyen mais elle semble posséder plus de densité par rapport aux vins des deux derniers millésimes, avec une trame plus compacte, des tannins mûrs, un bon fruit, aux traces herbacées, épicées, d'assez bonne persistance.
(*** @ *** ½ - mai/09 - Fed)

Montagne Saint Émilion 2000, Château Montaiguillon
Rubis, bonne saturation, reflets grenat. Bon nez, commence à donner des signes de maturité, offrant des belles notes de prune fraîche, avec une fraîcheur herbacée, poivrée, quelques traces végétales. Bouche de corps moyen, d'assez bonne densité, avec des tannins légèrement astringents qui devraient pouvoir le soutenir encore pendant quelques années.
(*** - mai/09 - Fed)

Montagne Saint Émilion 1998, Château Montaiguillon
Rubis-grenat, bonne saturation. Joli nez, à point, avec des notes de champignon frais, quelques nuances de tabac et de cèdre. Bouche de corps moyen, souple, plutôt sphérique, avec des tannins polis, fins, une certaine élégance, des saveurs de prune fraîche, subtilement épicé, de bonne persistance.
(*** @ *** ½ - mai/09 - Fed)

Montagne Saint Émilion 1996, Château Montaiguillon
Rubis-grenat, saturation moyenne. Le nez manifeste un peu plus d'âge, avec des notes subtilement terreuses et un caractère de viande rouge. La bouche est très souple, assez ronde, avec une légèreté qui le pénalise en finale.
(** ½ - mai/09 - Fed)

Montagne Saint Émilion 1995, Château Montaiguillon
Grenat, bonne moyenne. Un vin qui commence à manifester des signes de fatigue, avec des arômes de réduction de champignon qui affichent un certain manque de fraîcheur, ainsi que des nuances plus appréciables, d'épices et de boîte à cigare. La bouche est tendue, un brin disjonctée, avec de saveurs de tabac de havane et d'épices. Sur le déclin.
(** - mai/09 - Fed)


 

février 11, 2009

Producteur: Carpineta Fontalpino

En tant qu'assistante de Carlo Ferrini, un des œnologues le plus réputés d'Italie, Gioia Cresti a eu la chance de travailler auprès de nombreux domaines qui comptent parmi l'élite vinicole italienne. Mais son talent ne s'exprime mieux nul part ailleurs que chez Carpineta Fontalpino, le domaine que sa famille possède depuis les années '60.

Située à Castelnuovo Berardenga, plus précisément dans la localité Carpineta, fraction Montaperti, la "ferme" (fattoria) Carpineta Fontalpino possède environ 19 hectares de vignes, à cheval des appellations Chianti Classico et Chianti Colli Senesi, qui leur permettent de produire environ 100000 bouteilles annuellement.

Quand je parle du talent de Gioia Cresti, je ne lance pas d'éloges au vent. Il faut déguster ses 2006 pour comprendre à quel point cette femme est réellement douée. Personnellement, je trouve qu'elle possède un savoir-faire particulier avec le sangiovese, vous n'avez qu'à goûter ses chiantis 2006 pour vous en rendre compte par vous-mêmes.

Toutefois, ce talent est injustement sacrifié au nom de raisons purement commerciales. Le sangiovese étant un cépage capricieux, qui ne mûrit parfaitement que quelques millésimes par décennie, elle préfère miser sur des cépages qui lui garantissent plus de continuité, comme le cabernet sauvignon et le merlot. Dans le cas du Dofana, le nouveau porte-étandard du domaine, c'est le petit verdot qui est utilisé pour couper le sangiovese. Un choix paradoxal car on ne peut pas dire que le petit verdot soit un cépage qui mûrisse avec une extrême facilité. Ceci n'empêche pas Gioia d'utiliser les meilleurs sangiovese du domaine pour un vin dont le caractère toscan finit par être contaminé par un cépage allochtone. J'ose à peine imaginer quel sublime résultat on aurait pu obtenir si dans une vendange comme 2006 elle avait choisi de vinifier ses meilleurs sangiovese en pureté car, en dégustant la production de ce domaine, il m'a semblé détecter une forte corrélation entre la proportion de sangiovese utilisée dans les vins et la qualité de ceux-ci. En d'autres mots, plus y avait de sangiovese dans l'assemblage plus les vins étaient intéressants.

Ceci étant dit, le Dofana 2006, comme tous les autres vins produits par Gioia dans ce millésime, est un vin très complet et d'une profondeur immédiatement manifeste. De plus, il est doté d'une matière et d'une structure qui devraient lui permettre de vieillir admirablement.

Gioia Cresti avoue candidement qu'il a été très facile de produire des vins de qualité dans ce millésime, qui a fourni des conditions pratiquement parfaites. En d'autres mots, fallait  presque faire exprès pour rater un 2006 en Toscane. Ce qui est encore plus intéressant est que les 2007 devraient être tout aussi bons. "Che Gioia!"

  

- Un chianti classico à ne pas manquer


Chianti Classico "Fontalpino" 2006, Carpineta Fontalpino (SAQ 10969747 – 25,85$)
Entièrement issu de sangiovese (alors que le 2007 incluera 15% de merlot) ce Chianti est le fruit d'un grand millésime et de rendements aussi bas que 30 hl./ha. Son nez est superbe, offrant beaucoup de profondeur et de maturité, avec des arômes terreux, épicés, des belles notes de cerise confite, qui gagnent des accents de bubble gum, de menthol et d'aromates. La bouche est dense, fluide, très savoureuse, animée par une belle acidité, avec des tannins fins mais bien serrés, ainsi qu'une longue finale chaleureuse de cerise mûre, d'épices et de réglisse. Un chianti opulent, très complet, qui constitue un excellent achat à 25$.
(*** ½ @ **** - fév./09 - Fed)


- Deux beaux 2006


Montaperto Toscana I.g.t 2006, Carpineta Fontalpino (SAQ 10379245 – 23,55$)
Un assemblage de sangiovese (60%), gamay (20%) et alicante (20%) qui se présente sous une robe d'un rubis-pourpre, de bonne saturation. Le nez est mûr et profond, offrant des arômes de fruits noirs macérés et d'épices, ainsi que des notes boisées. L'attaque est de bonne ampleur, la bouche est un peu plus tendue en milieu de palais, avec une acidité assez soutenue et des tannins finement astringents. Savoureux, avec une bonne finale aux relents épicés.
(*** ½ - fév./09 - Fed)

Chianti Colli Senesi 2006, Carpineta Fontalpino
Les six hectares que ce domaine possède dans l'appellation Colli Senesi donnent ce vin agréablement fruité, offrant un nez de cerise bien mûre, de fruits macérés, aux légèrement nuances de tabac et d'épices. La bouche est ample, souple, savoureuses, avec un fruit de cerise juteuse, de fine acidité. Un vin très agréable qui offre un beau caractère de sangiovese.
(*** ½ - fév./09 - Fed)

 

- Do ut des 


Do Ut Des Toscana I.g.t. 2006, Fattoria Carpineta Fontalpino
Rubis-pourpre, très bonne saturation. Discret mais profond et de bonne maturité, offrant des arômes de mûres, de moka et d'épices. Bouche tannique, épicée, plutôt fermée, un peu dure, mais de bonne matière, avec des relents minéraux, réglissés en fin de bouche.
(*** ½ - fév./09 - Fed)

Do Ut Des Toscana I.g.t. 2005, Carpineta Fontalpino (SAQ 10214441 – 48,50$)
Discret, avec des arômes d'épices, de tabac, de moka, sur un fond de prune mûre. Bouche assez dense, réglissée, aux tannins finement astringents, finale discrète, un peu monocorde. Bien fait mais moins réussi que le 2006.
(*** @ *** ½ - fév./09 - Fed)


- Dofana

Dofana Toscana I.g.t. 2006, Fattoria Carpineta Fontalpino
Ultérieure démonstration de l'excellent travail effectué par Gioia Cresti avec ses 2006, ce Dofana est un vin de grande profondeur, avec un fruit plus net et éclatant que le 2004 (le 2005 n'ayant as été produit en raison de conditions climatiques moins que parfaites) des arômes de prune fraîche et de cerise confite, avec des traces boisées trè subtiles et des nuances réglissées, minérales. La bouche est très ample, dense, soyeuse, avec une très belle trame tannique, des accents épicés, réglissés, boisés, une structure assez ferme mais de belle finesse, des relents de fruits noirs macérés dans l'alcool qui accompagnent la longue finale. Un vin très complet, d'excellente facture, qui vieillira bien.
(**** - fév./09 - Fed)

Dofana Toscana I.g.t. 2004, Fattoria Carpineta Fontalpino  (SAQ 10843351 – 75,25$)
Profond, mûr, avec des arômes de moka, de prune et de réglisse, d'une très fine austérité, avec des traces végétales. Attaque ample, veloutée, très délicate au toucher, suivie par un milieu de palais beaucoup plus ferme et tannique, avec des saveurs de fruits noirs, d'épices, quelques relents de tabac. Encore jeune.
(*** ½ - fév./09 - Fed)