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avril 09, 2012

CR: BORDEAUX 2008

De piètre à excellente, à peu près tous les verdicts possibles ont été émis sur la qualité des bordeaux 2008. Qu'en est-il réellement de ces vins? C'est le jugement que cette dégustation devait nous aider à mettre au point. Deux volets de quatre vins, chacun étant composé de trois bordeaux 2008 et d'un vin pirate, pour rendre l'exercice de dégustation à l'aveugle plus intéressant.

L'impact avec les vins du premier volet a été un peu difficile. Malgré que le millésime ait la réputation d'avoir jouit d'un climat généralement frais, sans excès de chaleur, avec une saison végétative extrêmement longue, les vins présentaient une chaleur alcoolique parfois bien marquée.

La faveur du panel a été vers le Château Lascombes, un Margaux flatteur et élégant, très typé, qui a eu raison d'un excellent Haut Bailly, plus réservé et de très belle structure et du cabernet toscan Mormoreto, de la maison Frescobaldi, laissant le Smith Haut Lafitte, un des préférés du groupe, habituellement, loin derrière.

La qualité est montée d'un cran dans le deuxième volet. Le pedigree des vins en lice était sans doute propice à nous offrir de très belles choses, mais l'impression est que, en 2008, les vins plus septentrionaux, plus atlantiques, de Saint Julien, Pauillac et Saint Estèphe, soient plus harmonieux, en général.

Malgré l'homogénéité des vins du deuxième volet, tous de très grande qualité, l'élégance suprême du Lafite lui a permis de ramasser une grande majorité des votes du panel, ne laissant que des miettes pour la concurrence. Cela démontre bien qu'il ne faut pas nécessairement être une bête à concours pour gagner des dégustations à l'aveugle. Le Lafite, avec ses petits 12,5 degrés d'alcool, a surtout brillé par sa délicatesse et son harmonie. Et ce fut amplement suffisant.

J'achète ou je n'achète pas

Quoiqu'en disent certains experts, on est loin d'un grand millésime. Les 2008 ne possèdent pas la profondeur, la précision et la structure des 2005 et des 2000. Il y a eu de belles réussites, certainement, mais on est beaucoup plus près de millésimes comme 2006 et 2004. Si vous jugez que votre cave a désespérément besoin de quelques bordeaux de plus, vous pourriez être attirés par le prix très favorable de certains des meilleurs 2008. Si non, quoi que ce soit deux millésimes plus dispendieux, gardez à l'esprit qu'il y aura beaucoup de très bons achats à faire parmi les crus bourgeois et les petits crus classés de 2009 et 2010.
1er volet
Verre #1 - Smith Haut Lafitte 0 votes

Verre #2 - Lascombes 8 votes
Verre #3 - Mormoreto 4 votes
Verre #4 - Haut Bailly 2 votes

Pessac Léognan 2008, Château Smith Haut Lafitte
Rubis-pourpre, très bonne saturation. Nez très mûr, arômes de cerise à l'alcool, terre brûlée, caoutchouc, réglisse noire. Bouche dense, de très bonne matière, puissante, alcooleuse, un peu brûlante, tannins fermes mais bien enrobés. Pas tout à fait harmonieux en ce moment. À attendre.
(*** ½ - nov./11 - Fed)

Margaux 2e grand cru classé cru 2008, Château Lascombes
Rubis, très bonne saturation. Joli nez, très mûr, belle fraîcheur, cassis, avec des accents de violette et de poivron, boisé légèrement fumé, aux nuances de caramel et de moka. Bouche de bonne matière, fluide, assez sphérique, très margalaise, saveurs de cassis, de cerise mûre, très bonne concentration, tannins serrés, élégants, bonne finale, longue, subtilement réglissée. Très réussi!
(*** ½ @ **** - nov./11 - Fed)

Mormoreto Toscana i.g.t. 2007, Frescobaldi (SAQ 864512 - 59,75$)
Pourpre, très bonne saturation. Beau nez, expressif, de très bonne maturité et pureté de fruit, avec des arômes de confiserie, et de marmelade aux fruits noirs. Bouche de bonne matière, élégante, veloutée, avec des saveurs de mûres, de framboises, presque crémeux, de très bonne concentration, avec une trame tannique serrée, bien enrobée, une finale un brin chaleureuse, mais longue et réglissée.
(*** ½ @ **** - nov./11 - Fed)

Pessac Léognan 2008, Château Haut Bailly
Rubis-pourpre, très bonne saturation. Discret, profond, beaux arômes de cassis, de cerise mûre, sucrée, avec un caractère subtilement terreux-minéral. Bouche élégante, structurée, avec une trame tannique très racée, ferme, de belle mâche, belles saveurs de fruit mûr, beaucoup de retenue et un superbe sens des proportions, aboutissant en une très belle finale minérale. Excellent!
(**** - nov./11 - Fed)

 

 

2e volet
Verre #1 - Giorgio Primo 0 votes
Verre #2 - Lafite Rothschild 9 votes
Verre #3 - Léoville Barton 2 votes
Verre #4 - Cos d'Estournel 3 votes

Giorgio Primo Toscane Igt 2008, Fattoria La Massa (SAQ 11290226 - 90,25$)
Rubis-pourpre, très bonne saturation. Discret, très élégant, avec un nez d'une pureté exquise, cassis, mûres, framboises, fleurs des champs, crémeux, doté de beaucoup de maturité mais aussi de la fraîcheur et de la délicatesse. Bouche dense, veloutée, de très bonne concentration mais aussi bien élégante, saveurs de fruits noirs, mûrs, sucrés, épices, réglisse, longue finale avec un retour de cassis et de mûres. Excellent!
(**** - nov./11 - Fed)

Pauillac 1er grand cru classé 2008, Château Lafite Rothschild
Rubis, très bonne saturation. Très beau nez, irrésistiblement flatteur, avec un boisé parfait, aux relents de torréfaction, de chêne grillé et de mine de plomb, sur un fond de cassis et de mûres. Bouche fluide, extrêmement élégante et digeste, avec des proportions très classique, presque d'autrefois, trame serrée, noble et délicate, tout en dentelle, finale subtile mais persistante, aux accents de cassis et de minéral. Un pauillac de facture très classique, un taux d'alcool de 12,5 et surtout une élégance et une harmonie hors pair, un grand vin qui devrait servir d'exemple à bien des producteurs de bêtes à concours.
(**** @ **** ½ - nov./11 - Fed)

St. Julien 2e grand cru classé 2008, Château Léoville Barton
Pourpre, opaque. Nez très mûr, profond, réglissé, avec des arômes de prune et de cassis, sur un fond minéral. Bouche dense, tannique, structurée, un peu dure en ce moment, dotée d'une belle acidité et une grande minéralité, très longue finale. À attendre.
(**** - nov./11 - Fed)

St. Estèphe 2e grand cru classé 2008, Château Cos d'Estournel
Rubis-pourpre, très bonne saturation. Discret, un peu fermé, minéral, réglissé, avec des notes d'amidon et d'haie de cèdres. Bouche assez dense et glycérinée, assez puissante, de trame serrée, polie, saveurs de cassis, aux accents floraux, minéraux, bonne finale.
(**** - nov./11 - Fed)

CR: PIEMONTE 2006

Deux volets inversés, trois barbaresco et un barolo dans le premier, le contraire dans le deuxième, pour évaluer celui qui doit être considéré comme le meilleur millésime depuis le somptueux 2001 et qui nous a offert une délectable dégustation de grands nebbiolo!

Sivano Pasquero-Elia, de la maison Paitin, a décrit 2006 comme "un millésime classique, avec une maturité très homogène." Cette analyse décrit parfaitement les vins que nous avons dégustés: d'excellents niveaux de maturité, mais aussi du classicisme et un beau sens des proportions.

Chacun des deux volets, dégustés à l'aveugle, a été totalement dominé per deux vins qui semblaient en état de grâce. Toutefois, sauf une exception, vous trouverez laquelle en lisant les notes, la qualité des vins était assez homogène.

C'est le Barolo Brunate de Oberto qui s'est démarqué dans le premier volet, arrivant à un petit vote de l'unanimité. Le Bricco Fiasco de Azelia a offert une performance presque aussi convaincante dans le deuxième volet, où il a éclipsé, seulement aux suffrages, des Barolo de la trempe du Cerequio de Roberto Voerzio et du Pajana de Domenico Clerico.

 

Acheter ou ne pas acheter

La réponse est claire et évidente: si vous aimez les grands nebbiolo, il vous faut des 2006!!

Aussi, à en juger de l'échantillonnage de cette dégustation, vous pouvez acheter presque les yeux fermés, en vous fiant à la bonne réputation des meilleurs producteurs.

 

1er VOLET
Verre #1 - Barbaresco Sorì Paitin - Paitin 0 votes
Verre #2 - Barolo Brunate - Oberto 14 votes
Verre #3 - Barbaresco - Cantina del Pino 1 vote
Verre #4 - Barbaresco Rombone - Nada 0 votes

Barbaresco Sorì Paitin 2006, Paitin (SAQ 11338007 - 50,50$)
Rubis, profond, bonne saturation. Nez légèrement "funky" avec des arômes végétaux, quelques notes terreuses, du sous-bois, du cuir. Bouche de bonne matière, plutôt tannique, avec une amertume de café vert, réglisse, bonne concentration mais un peu rustique dans l'ensemble.
(*** ½ - oct./11 - Fed)

Barolo Brunate 2006 Andrea Oberto (LCBO 115600 - 75.00$)
Rubis, bonne saturation. Très beau nez, profond, mûr, avec de beaux arômes de sirop de cerise et de prune, sur un fond de goudron, de cuir et de tabac, il gagne des accents graphités et de fruits rouges acidulés, en évoluant dans le verre. Attaque, ample, veloutée, tannins fermes, bien enrobés, très belle matière, saveurs de tabac et de réglisse, long. Plein, élégant, structuré, une superbe réussite!
(**** @ **** ½ - oct./11 - Fed)

Barbaresco 2006, Cantina del Pino (LCBO 922880 - 31.95$)
Rubis, bonne saturation. Nez très mûr, légèrement douceâtre, avec des arômes de prune sucrée, aux accents floraux, vanillés. Bouche ample, souple, dotée de bon tonus en milieu de palais, bonne acidité, épicé, de concentration moyenne, finale réglissée, persistante. Un peu facile, mais la maturité est excellente et pour le prix c'est du très bon nebbiolo.
(*** ½ - oct./11 - Fed)

Barbaresco Rombone 2006, Fiorenzo Nada (LCBO 223693 - 55.00$)
Rubis, bonne saturation. Belle fraîcheur au nez, avec des arômes floraux, cuirés, épicés, sur un fond de fruits rouges. Bouche serrée, acidulée, de corps moyen mais dotée d'une belle tension, fruits rouges, réglisse, avec une finale d'une belle pureté, aux relents minéraux goudronnés.
(*** ½ @ **** - oct./11 - Fed)


 

2e volet
Verre #1 - Barolo Bricco Fiasco - Azelia 13 votes
Verre #2 - Barolo Pajana - Clerico 2 votes
Verre #3 - Barolo Cerequio - Voerzio 0 votes
Verre #4 - Barbaresco Vanotù - Pellissero 0 votes

Barolo Bricco Fiasco 2006 Azelia (LCBO 579219 - 75.00$)
Rubis, très bonne saturation, quelques reflets grenat. Beau nez de petits fruits rouges, bien mûrs, presque confits, presque bourguignon, avec des nuances boisées, graphitées, très subtiles, ainsi qu'une touche de tabac en évoluant dans le verre. Bouche compacte, structurée, trame polie, plutôt fine, très bonne concentration, prune fraîche, fruits rouges, épices, cuir, bonne maturité, avec une longue finale chaleureuse, aux relents terreux, goudronnés. Excellent!
(**** - oct./11 - Fed)

Barolo Pajana 2006 Domenico Clerico (LCBO 182352 - 95.00$)
Premier nez légèrement cuit, avec des arômes de prune très mûre, de goudron, il gagne plus de finesse en évoluant dans le verre, tabac, cuir, quelques belles nuances balsamiques. Bouche plutôt tannique, ferme, astringente, bonne concentration, prune, réglisse, épices, assez bonne densité, mais surtout de la fermeté, finale intense et goudronnée. Il faudra lui laisser du temps, mais c'est un effort très sérieux et réussi.
(**** - oct./11 - Fed)

Barolo Cerequio 2006 Roberto Voerzio (SAQ 11377946 - 233,25$)
Fermé, difficile d'approche, avec un nez très discret, offrant des notes cuirées, minérales, ainsi qu'un caractère d'amidon. Bouche très tannique et structurée, d'une trame très classique, plutôt longiligne, de grande finesse, longue finale réglissée, fraîche. Un Barolo un peu ingrat, mais on a là un grand vin de garde, sans concessions à la modernité ou à la facilité.
(**** - oct./11 - Fed)

Barbaresco Vanotù 2006 Pellissero (SAQ - 84,00)
Caricatural est un terme bien choisi pour ce barbaresco aux allures Frankensteinèsques, marqué par un nez au boisé excessivement chauffé, caoutchouteux, sulfureux, aux relents de menthol et de plant de tomate. La bouche poursuit dans la même veine, marquée d'accents brûlés et végétaux, avec un trame un brin rustique, astringente. Difficile de croire qu'il ne s'agit que d'une phase ingrate, quelque chose semble avoir été forcé dans ce vin, qui en a perdu le plus élémentaire sens de l'équilibre.
(** - oct./11 - Fed)

CR: BOURGOGNE 2009

La première dégustation de la saison 2011-12 couvrait l'excellent millésime 2009, en Bourgogne. Plus précisément les blancs, à partir des grands crus de Chablis, jusqu'aux vins du Mâconnais, en passant par les grands terroirs de la Côte d'Or.

Le millésime 2009 est potentiellement un des meilleurs de la décennie. Toutefois, comme le précise Henri Boillot, il fallait vendanger tôt afin de préserver l'acidité dans les vins.

Les bourgognes 2009 sont effectivement des blancs de grande maturité, un peu comme l'étaient les 2006, mais avec un caractère moins voluptueux. La maturité leur apporte plus de puissance que d'exotisme. Ça peut donner des vins parfois un peu chauds et dépourvus de définition.

Le premier volet, de cette dégustation à l'aveugle, était une comparaison de trois grands crus de Chablis, qui a été remportée assez aisément par le Vaudésir de la maison Verget.

Le deuxième volet se compliquait de la présence d'un vin fantôme, servi à doublement à l'aveugle (non seulement les participants ne savaient dans quel verre il était servi, mais ils n'en connaissaient pas l'identité non plus.) Bien des membres du panel ont crû l'identifier dans le verre numéro un, en raison de l'exubérance du nez. C'était faux! Le fantôme, le Chardonnay Maté's vineyard de Kumeu River, un producteur Néo-Zélandais qui nous donne des chardonnays très élégants, était dans le verre numéro trois et il a facilement remporté le volet.

Les jeux se faisaient sérieux dans le troisième volet, avec la présence de quelques très grandes pointures, dont un Criots-Bâtard-Montrachet de Henri Boillot. Ce ténor devait composer avec la présence du très charmant premier cru Meursault-Charmes d'Olivier Bernstein, qui a donné plus que du fil à retordre à son supérieur, ainsi qu'avec le très élégant Morgeot de Verget, un vin qui se détaillait à une fraction du prix des deux premiers. La domination a été nette et sans équivoques, le Meursault a raflé plus de la moitié des votes et le nom d'Olivier Bernstein ne sera pas oublié de si tôt par les participants de cette très belle dégustation.


J'achète ou je n'achète pas

Il s'agit d'un millésime potentiellement grandiose, tout amateur qui se respecte se doit d'avoir des bourgognes 2009 dans sa cave! Toutefois, j'ai l'impression que, particulièrement avec les blancs, il faudra être attentifs à ne sélectionner que les vins de producteurs qui ont su éviter les excès de maturité. Goûter avant d'acheter, dans la mesure du possible, sera certainement la meilleure approche avec ces vins.

 

1er volet
Verre #1 Verget - Vaudésir 7 votes
Verre #2 Brocard - Les clos 2 votes
Verre #3 Piuze - Bougros 4 votes

Chablis grand cru "Vaudésir" 2009, Verget (SAQ - 72,00$)
Robe dorée, pâle. Nez mûr, aux nuances de miel et de fleur blanches, de pomme, minéral, avec quelques accents de lanoline. Très belle bouche ample, racée et de très belle précision, du gras, un beau fruit et une minéralité persistante. Très réussi.
(**** - sept./11 - Fed)

Chablis grand cru "les clos" 2009, J. M. Brocard (SAQ - 81,00$)
Robe dorée, pâle. Nez très minéral, avec des accents de poussière de roche, de pierre à fusil, un fruit discret, aux nuances d'agrumes. Bouche ample, racé, elle semble plus mûre et expressive, tendue par une saine acidité, des saveurs de limette et une belle minéralité.
(**** - sept./11 - Fed)

Chablis grand cru "bourgos" 2009, Piuze (SAQ - 55,00$)
Robe dorée, moyennement soutenue. Nez mûr, aux nuances de miel, de pomme, de croûte de pain. Bouche ample, dotée de beaucoup de gras, à la limite de la mollesse, du volume et de la maturité au détriment de l'élégance et de la droiture qui devraient distinguer un grand chablis, finale aux relents de chêne épicé et de sucre brun.
(*** @ *** ½ - sept./11 - Fed)

 

 

2e volet
Verre #1 Ch. de Chorey - Grèves 2 votes
Verre #2 Brett - Carementrant 3 votes
Verre #3 Kumeu - Maté's 8 votes

Beaune "sur les grèves" 2009, Château de Chorey (SAQ - 98,00$)
Robe dorée, soutenue. Nez sublime, très expressif, avec des arômes de noisette, d'agrumes, des accents floraux exotiques, vraiment très intense et engageant. En bouche, toutefois, la musique est bien différente: dense et onctueuse, avec une amertume boisée prononcée, beaucoup de maturité, des saveurs presque de banane et une finale chaude et lourde, aux relents d'anis. La splendeur du nez ne compense pas tout à fait pour le manque de tenue en bouche.
(*** @ *** ½ - sept./11 - Fed)

Pouilly Fuissé "en carementrant" 2009, Bret Brothers (SAQ - 47,00$)
Robe dorée, pâle. Nez discret, avec de jolies nuances de poire et de camomille. Bouche de bonne maturité, saveurs de pomme mûre, légère amertume minérale, onctueuse, mais de faible acidité, ce qui lui enlève un peu de tenue et de définition.
(*** ½ - sept./11 - Fed)

Chardonnay Maté's vineyard 2007, Kumeu River (SAQ - 47,00$)
Robe dorée, soutenue. Premier nez plutôt discret, il évolue positivement vers un ensemble très élégant, aux nuances boisées qui rehaussent subtilement les notes d'agrumes et de fruit blanc. La matière et mûre, mais de très bonne acidité, presque perlante sur le palais, avec des saveurs de noisette, d'agrumes et une finale soutenue, légèrement beurrée. Très beau chardonnay!
(**** - sept./11 - Fed)

 

 

3e volet
Verre #1 Verget - Morgeot 2 votes
Verre #2 Bernstein - Charmes 8 votes
Verre #3 Boillot - Criots-Bâtard 3 votes

Chassagne Montrachet 1er cru Morgeot 2009, Verget (SAQ - 72,00$)
Joli nez, délicat, très chablisien, avec des notes de fruits blancs, aux accents floraux, sur un fond minéral assez net. Belle bouche, pleine, élégante, avec des saveurs de crème de citron, une belle minéralité, persistant.
(*** ½ @ **** - sept./11 - Fed)

Meursault-Charmes 1er cru 2009, Olivier Bernstein (SAQ - 145,00$)
Le nez est d'une délicatesse remarquable, avec des arômes de cire et d'amande, qui se compliquent de nuances florales, belle fraîcheur. Bouche extrêmement élégante, des saveurs de fruit blanc, avec des accents floraux, vanillés, beaucoup de fraîcheur et d'élégance, l'élevage 100% bois neuf est pratiquement imperceptible, la finale possède un caractère minéral, noisetté, de première classe! Sublime!
(**** @ **** ½ - sept./11 - Fed)

Criots-Bâtard-Montrachet grand cru 2009, Henri Boillot (SAQ - 249,00$)
Nez marqué par un caractère fumé, de noisette grillée et de chêne, le tout étant particulièrement intense. La bouche est ample, structurée, avec une acidité bien soutenue qui lui confère beaucoup de tonus, des accents de limette, des traces boisées, fumées, minérales, une longue finale aux relents épicés, beurrés. Le boisé est un peu envahissant pour le moment, mais le vin est doté d'une matière et d'une structure magnifiques, son vieillissement semble garanti!
(**** @ **** ½ - sept./11 - Fed)

CR: BRUNELLO DI MONTALCINO 2004

L'Italie, cette péninsule d'une beauté paradisiaque, peuplée par des gens avec un faible pour la fraude... et les scandales qui en résultent! Cette passion pour le contournement des règles, bien évidemment, n'a pas épargné le monde du vin. Et une des plus récentes fraudes à investir l'Italie vinicole a été précisément celle de "Brunellopoli!"

Jusqu'aux années 1970, il n'y avait qu'un peu moins de 100 hectares de vignes dans la région de Montalcino. À peine trente ans plus tard, cette superficie avait connu une croissance exponentielle, pour s'approcher des 2000 hectares. Il n'est pas étonnant que, dans l'exaltation de cette ruée vers l'or de Montalcino, bien des sites ont été exploités qui n'avaient pas les qualités pédoclimatiques aptes à produire des grands vins. Lorsque les rumeurs ont commencé à circuler que certains producteurs faisaient quelques exceptions aux règles, afin de produire des vins plus "agréables" pour les consommateurs étrangers, les autorités ont fait des contrôles. Il en est résulté non seulement que certains producteurs faisaient recours à l'utilisation de cépages interdits dans la production du Brunello, qui doit être fait uniquement avec du sangiovese, mais aussi que des hectares de vignobles qui avaient été déclarés comme sangiovese, étaient en fait plantés avec des variétés non autorisées et que des lots de vins de régions plus méridionales transitaient couramment vers les collines de Montalcino. Ce scandale a éclaboussé des noms très importants comme Antinori, Argiano, Banfi et Frescobaldi. Certains ont même dû déclasser une grande partie de leur production, qui avait été saisie par les autorités, afin de pouvoir la commercialiser comme simple vin de table, à une fraction du prix!


Néanmoins, malgré les scandales, il reste que Montalcino est encore une source pour certains des plus grands vins d'Italie et qu'il reste dans cette région bien des producteurs sérieux et soucieux de produire les meilleurs vins possibles à partir de leurs vignes de sangiovese. Voilà ce que cette dégustation voulait démontrer, en plus de nous offrir un joli retour sur le millésime 2004 qui, sans être légendaire, a quand même produit un bon nombre de grandes réussites.
Le programme nous offrait, entre autres, deux vins de Biondi Santi, le grand précurseur, le domaine qui est à l'origine des vins qui ont servi de modèle à la création du Brunello. L'entrée en matière a justement été assurée par leur excellent 2001: un Brunello très classique, viril et débordant de caractère.

Le premier volet a été remporté par le Greppone Mazzi, qui a eu raison de deux grands classiques tels que le Vigna Spuntali et le Poggio Antico. Dans le deuxième volet, le sublime Schiena d'Asino de Mastrojanni a volé la vedette, devant deux autres belles réussites, Biondi Santi et La casa de Caparzo.

Les fausses notes de cette dégustation, une par volet, ont été le Riserva "le due sorelle" de La Fuga (surmûri, presque cuit en fait) et le Poggio alle Mura de Banfi (trop moderne, presque caricatural). Étonnamment, ces deux vins semblaient montrer des caractéristiques de vins dans lesquels on pourrait avoir fait recours à l'aide de cépages non permis par la DOCG. Comme pour dire que tricher n'est pas toujours synonyme de gagner...

J'achète ou je n'achète pas?
Comme je disais, 2004 est un bon millésime, pas un grand millésime. Toutefois, il a donné lieu à plusieurs très belles réussites qui méritent d'être considérées même par les consommateurs les plus avisés, en attendant de faire le plein sur les Brunello de 2006, qui devrait être un grand millésime.

 

ENTRÉE EN MATIÈRE

Brunello di Montalcino "Greppo" 2001, Biondi Santi
Rubis-grenat, très bonne saturation. Très beau nez, viril, terreux, cuiré, avec des notes animales, viandées, de salaison, ainsi que des nuances d'herbes méditerranéennes. Bouche droite, austère, à la structure ferme, longiligne, tannins serrés, polis, légèrement astringents, acidité assez soutenue, saveurs de très bonne concentration, prune, chocolat noir, avec des accents terreux, salins, qui s'allongent dans la superbe finale. Un vin de style traditionnel, aidé par la grande générosité du millésime. C'est une grande réussite, avec un énorme potentiel de vieillissement.
(**** @ **** ½ - mai/11 - Fed)

PREMIER VOLET

Verre #1 - "Vigna Spuntali" - Val di Suga 2 votes
Verre #2 - Brunello - Poggio Antico 4 votes
Verre #3 - "le due sorelle" - La Fuga 0 votes
Verre #4 - "Il Greppone Mazzi" - Ruffino 7 votes

Brunello di Montalcino "Vigna Spuntali" 2004, Val di Suga (SAQ 10816767 - 79,75$)
Rubis, bonne saturation. Beau nez de cerise mûre, de noyau, de cuir et de cèdre. Bouche ample, chair élégante, tendue, trame serrée, légère astringence, avec des saveurs de cerise, de noyau, bonne concentration, longue finale de chocolat noir. Très typé, de style classique, un excellent brunello.
(**** - mai/11 - Fed)

Brunello di Montalcino 2004, Poggio Antico (SAQ 11300375 - 71,75$)
Rubis, très bonne saturation. Joli nez de cerise noire, très mûre, avec des nuances de kirsch, de prune, de chêne d'épices de cola et de graphite, un style plus moderne que d'habitude pour ce producteur. Attaque ample, veloutée, milieu de palais plus serré, acidité tendue, tannins fermes, belle mâche, finale de cerise et de chocolat noir.
(*** ½ @ **** - mai/11 - Fed)

Brunello di Montalcino Riserva "le due sorelle" 2004, La Fuga (SAQ 10542321 - 77,00$)
Rubis, très bonne saturation. Nez marqué par une évidente surmaturité, avec des arômes de prune sucrée, de raisin sec, un brin sirupeux, plus proche d'un amarone que d'un brunello. Bouche ample, mûre, légèrement sucrée, avec des saveurs intenses de tabac, de prune, de café, tannins astringents, bonne finale de prune et de réglisse. Vraiment très atypique, difficile de croire que cela puisse être dû à une phase du vin. Une sorte de bête qui n'a rien à voir avec le brunello!
(** - mai/11 - Fed)

Brunello di Montalcino "Il Greppone Mazzi" 2004, Ruffino (SAQ 10254021 - 77,75$)
Rubis, très bonne saturation. Assez viril, avec des notes cuirées, terreuses, viandées, sur un fond de cerise acidulée. Bouche structurée, de belle mâche, bonne acidité, tannins fermes, astringents, saveurs intenses de réglisse, de cuir, d'épices, qui s'amplifient en fin de bouche, très longue finale réglissée, aux relents d café noir.
(*** ½ @ **** - mai/11 - Fed)

DEUXIÈME VOLET
Verre #1 - "Greppo" - Biondi Santi 4 votes
Verre #2 - "Schiena d'Asino" - Mastrojanni 8 votes
Verre #3 - "Poggio alle mura" - Banfi 0 votes
Verre #4 - "La Casa" - Caparzo 1 vote

Brunello di Montalcino "Greppo" 2004 Biondi Santi (SAQ 11301431 - 165,25$)
Rubis-grenat, bonne saturation. Bon nez, terreux, légère austérité, avec des nuances de cuir, de tabac blond, de cèdre. Bouche droite, austère, longiligne, tannins fins, polis, légèrement astringents, acidité soutenue, saveurs de tabac, finale discrète. Un vin encore très jeune, qui semble fermé et pourrait avoir besoin de quelques années pour gagner en complexité et en allonge.
(*** ½ @ **** - mai/11 - Fed)

Brunello di Montalcino "Schiena d'Asino" 2004 Mastrojanni (LCBO 46920 - 85,00$)
Rubis, très bonne saturation. Plutôt discret, avec des arômes de cerise assez pures, il a besoin d'une longue prise d'oxygène pour s'ouvrir et gagner des nuances de violette, d'épices, de tabac. Attaque assez ample,veloutée, saveurs de réglisse, d'épices, de cerise noire acidulée, très bonne concentration, avec une longue finale de fruit noir. Très classique, structuré mais harmonieux, il devrait vieillir admirablement.
(**** @ **** ½ - mai/11 - Fed)

Brunello di Montalcino "Poggio alle mura" 2004 Banfi (SAQ 701920 - 100,00$)
Rubis, très bonne saturation. Très mûr, avec des arômes de fruit noir, crémeux, aux nuances vanillées, vraiment très moderne, un brin caricatural. Bouche dense, glycérinée, grande maturité, avec des saveurs intenses de fruit noir, bien mûr, presque sucré, tannins fermes mais mûrs, finale légèrement alcooleuse. Difficile de croire qu'il s'agit de sangiovese à 100%.
(*** ½ - mai/11 - Fed)

Brunello di Montalcino "La Casa" 2004 Caparzo (SAQ 11098752 - 70,25$)
Rubis, bel éclat, bonne saturation. Très frais, avec des beaux arômes de fruit acidulé, de fleurs sauvages, d'épices et de tabac. Bouche compacte, tannins serrés, belle mâche, belles saveurs de fruit noir, acidulé, accents épicés, du tabac, finale subtilement réglissée, persistante. Semble fermé par rapport à il y a deux ans, mais on devine facilement la grande qualité du vin.
(**** - mai/11 - Fed)

CR: BOURGOGNE 2008

Cette dégustation nous offrait un volet de blanc et un de rouge afin de faire connaissance avec les bourgognes du millésime 2008.

La qualité générale des vins s'est révélée être fort satisfaisante, avec des vins élégants et parfumés, un peu plus de maturité pour les blancs, des acidités rafraichissantes et de la définition pour les rouges.
Le premier volet a été dominé par le "caillerets" du domaine J. N. Gagnard, favorisé par un très beau boisé et une acidité qui lui donnait beaucoup plus de tonus que les autres blancs. Petite performance des vins de Boillot, dont l'excellente qualité ne s'est pas traduite en votes de la part des membres du panel.
Dans le volet des rouges, c'est encore une fois un des vins les moins dispendieux qui a remporté la faveur du panel. La surprise a été assez nette quand c'est le "petite chapelle" de Bouvier qui est sorti du premier sac. Le parfum extrêmement séduisant de ce premier cru de Gevrey en avait trompé plus d'un, nous laissant croire qu'il devait forcément s'agir d'un des deux Charmes-Chambertin présents dans le volet.

J'achète ou je n'achète pas
En fait, je me suis déjà donné une réponse à cette question, car je suis retourné acheter de ces vins peu de jours après la dégustation. Ils ne sont pas les plus opulents, mais leur classicisme et leur parfum, surtout pour les rouges, correspond exactement à ce que je cherche quand j'ai le goût d'un bourgogne.
PREMIER VOLET - les blancs
Verre #1- Chassagne "caillerets" - Gagnard 11 votes
Verre #2- Puligny "champ canet" - Sauzet 2 votes
Verre #3- Corton Charlemagne - Boillot 0 votes
Verre #4- Chassagne "les embrazées" Boillot 0 votes

Chassagne Montrachet 1er cru "caillerets" 2008, J. N. Gagnard (SAQ 11358964 - 85,00$)
Robe pâle, aux reflets verdâtres. Joli nez, fumé, avec de beaux arômes de noisette rôties et de chêne grillé. Bouche assez ample, de très bonne acidité, vibrante, saveurs d'agrumes, traces boisées. Très classique, avec un très bel élevage et une saine acidité qui lui donne une belle définition.
(*** ½ @ **** - mai/11 - Fed)

Puligny Montrachet 1er cru "champ canet" 2008, E. Sauzet (SAQ 11436782 91,75$)
Robe pâle, dorée, aux reflets verdâtres. Bon nez, pur, très élégant, de belle minéralité, avec des nuances florales, chèvrefeuille, un boisé subtil, qui évolue vers des notes de pain grillé, des arômes de cire et d'amande. Bouche ample, de bonne acidité en avant-palais, saveurs de citron confit, fine minéralité, plus en puissance et maturité vers la fin, chaleureuse, avec des saveurs de figue mûre, bonne longueur.
(**** - mai/11 - Fed)

Corton Charlemagne grand cru 2008, Henri Boillot (SAQ 11316385 - 166,00$)
Robe dorée, soutenue. Très complexe, le premier nez offre des arômes intrigants d'huile de sésame, il évolue vers un bouquet complexe de cire d'abeille, de noisette, de fleurs blanches, avec un boisé subtilement grillé, fumé, qui lui donne une certaine distinction. Bouche ample, onctueuse, de très bonne maturité, laissant une impression presque huileuse, augmentée par des saveurs de cire, ainsi que d'agrumes confits, l'oxygénation lui donne beaucoup d'harmonie et permet a sa structure de mieux se manifester, bonne acidité en fin de palais, aboutissant en une longue finale minérale. Un blanc de grande stature.
(**** @ **** ½ - mai/11 - Fed)

Chassagne Montrachet 1er cru "les embrazées" 2008, Henri Boillot (SAQ 11316254 - 85,00$)
Robe dorée, soutenue. Nez de miel et de cire, aux subtiles nuances florales, l'oxygénation en fait ressortir toute la maturité, il gagne alors des arômes de figues et de pomme cuite. Bouche ample, de bonne maturité, très cohérente avec les arômes perçus au nez, minéralité un peu plus présente, des traces boisées qui lui confèrent un brin de sécheresse.
(**** - mai/11 - Fed)

DEUXIÈME VOLET - les rouges
Verre #1- Gevrey "petite chapelle" - Bouvier 7 votes
Verre #2- Charmes-Chambertin - Boillot 2 votes
Verre #3- Charmes-Chambertin - Serafin 2 votes
Verre #4- Morey "la Riotte" - Taupenot Merme 2 votes

Gevrey Chambertin 1er cru "petite chapelle" 2008, René Bouvier (SAQ 10338718 - 85,00$)
Rubis, bonne saturation. Superbe nez, doté d'une complexité et d'une intensité dignes d'un grand cru, fin, parfumé, avec des notes florales, épicées, un boisé fumé, de la griotte, le tout avec beaucoup de délicatesse et de distinction. Bouche de corps moyen, très élégante, avec des saveurs de cerise, d'épices, de noyau, quelques subtiles traces de chêne, une belle acidité qui lui donne de la fraîcheur et de la définition. Ce n'est pas donné, mais compte tenu des prix des meilleurs rouges de Bourgogne, ceci est un superbe achat.
(**** @ **** ½ - mai/11 - Fed)

Charmes-Chambertin grand cru 2008, Henri Boillot (SAQ 11316431 - 185,25$)
Rubis, bonne saturation. Bon nez, légèrement sulfureux à prime abord, évoluant vers des notes de cerise mûre, de violette, de cuir, de fumée, avec des nuances animales, du poulailler. Bouche de corps moyen, acidité soutenue, un peu vif, avec des tannins serrés, polis, légèrement astringents, finale d'une subtile minéralité. Élégant, assez complexe, mais on aurait voulu un peu de chair autour de l'os à ce prix là.
(**** - mai/11 - Fed)

Charmes-Chambertin grand cru 2008, Serafin (SAQ 11333759 - 149,00$)
Rubis, très bonne saturation. Profond, de bonne maturité, avec un boisé fumé, graphité, des fines notes florales, sur un fond de cerise bien mûre. Bouche ample, de bonne maturité, avec une trame serrée, polie, très élégante, bonne acidité, des saveurs de cerise acidulée, de poivre blanc, un boisé légèrement graphité, qui accompagne la bonne finale au relent de cerise mûre. Très réussi!
(**** @ **** ½ - mai/11 - Fed)

Morey St. Denis 1er cru "la Riotte" 2008, Taupenot Merme (SAQ 11381515 - 81,75$)
Rubis, bonne saturation. Terreux, d'une subtile austérité, avec des notes discrètes de cerise, de poivre et de marijuana. Bouche assez ferme et tannique, du mordant, mais sans agressivité, belles saveurs de griotte, subtilement boisé, avec de subtiles traces crayeuses.
(**** - mai/11 - Fed)

juin 20, 2011

CR: Toscane 2007: les super-toscans

Cette comparaison de vins du millésime 2007 nous a offert un programme d'une grande qualité, au point que plusieurs des gens présents étaient de l'avis qu'elle a été une des plus belles dégustations de vins toscans depuis plusieurs années. Des vins complets, équilibrés, déjà accessibles, un régal du début à la fin. 

Malgré l'homogénéité du programme, chaque volet a eu son vin dominant. Dans le premier volet ce fut le Tignanello, que certains des dégustateurs, ayant suivi ce vin depuis ses débuts, ont qualifié comme le meilleur de tous les temps. C'était effectivement un vin complexe et de grand raffinement, avec un élevage très réussi et une grande prestance en bouche. Une très grande réussite, si grande, en fait, que le très bon Oreno a un peu pâli en comparaison. Seul le Giusto di Notri s'en est assez bien tiré, probablement parce qu'il se différenciait de façon plus radicale, en raison de son caractère fortement marqué par le cabernet.

Dans le deuxième volet, c'est encore une fois la grande homogénéité des vins qui nous a étonnés. On avait là les deux plus grands représentants de l'appellation Bolgheri, qui étaient comparés à deux autres assemblages à base de cabernet sauvignon, un provenant du Chianti, l'autre de la Vallée de Napa. En théorie, on aurait dû avoir devant nous des vins très différents, alors que, paradoxalement, les vins les plus différents entre eux étaient bel et bien les deux Bolgheri.

C'est le vin dans le verre numéro 1, par sa fraîcheur et sa complexité, qui a retenu l'attention d'une majorité du panel. Les avis sur son identité étaient partagés, certains le prenant pour l'Ornellaia, d'autres pour l'Insignia, d'autres encore pour le Giorgio Primo, mais presque tous étant convaincus que c'était le meilleur du lot. En sortant la bouteille du sac, on a réalisé que c'était aussi le moins dispendieux du lot: le Giorgio Primo.

En ce qui concerne les autres vins de ce volet, l'Ornellaia est arrivé deuxième, loin derrière le Giorgio Primo mais, en sa défense, il faut dire que plusieurs dégustateurs étaient plutôt embarrassés au moment de choisir un préféré entre ces deux vins. Les deux autres vins n'ont reçu aucun vote, mais les avis à leur propos étaient très différents. D'un côté, plusieurs participants ont trouvé de très bonnes choses à dire sur le Sassicaia, mais sa précocité semblait en laisser plus d'un perplexe. De l'autre, la grande puissance du Insignia et sa carrure, taillée pour une très longue conservation, ont créé des difficultés pour une partie du groupe.

 

1er Volet
 
Verre #1 - Giusto di Notri      2 votes
Verre #2 - Tignanello            13 votes
Verre #3 - Oreno                     0 votes


Giusto di Notri Toscana i.g.t. 2007, Tua Rita (SAQ 11025609 - 109,25$)
Rubis, très bonne saturation. Beau nez de cassis, feuille de cassis et de cuir, plutôt typé cabernet. Bouche à la trame serrée, tendue par une belle acidité, des saveurs de fruit noir, acidulé, juteux, aboutissant en une finale très longue de fruit noir et de réglisse, aux relents terreux, goudronnés, légèrement chaleureuse. Élégant, complet.
(**** - avr./11 - Fed)

Tignanello Toscana i.g.t. 2007, Antinori (SAQ 10820900 - 99,00$)
Rubis, très bonne saturation. Très beau nez, complexe, raffiné, offrant un beau mélange de notes minérales, animales, un boisé très fin, balsamique, ainsi que des arômes de crème de cerise. Bouche de bonne matière, élégante, tendue, de bonne acidité, avec des tannins légèrement astringents, des saveurs de fruit noir, juteux, de réglisse, des touches boisées élégantes, une finale de bonne persistance, aux relents réglissés, minéraux. Grande réussite.
(**** @ **** ½ - avr./11 - Fed)

Oreno Toscana i.g.t. 2007, Sette Ponti (SAQ - 75,00$)
Rubis-pourpre, très bonne saturation. Très mûr, avec des arômes de confiture de fruits rouges, enrobés de nuances vanillées, ainsi qu'un caractère herbacé. Bouche de très bonne matière, mûre, légèrement herbacée, avec des saveurs de fruits rouges, mûrs, sucrés, encore de la vanille, des tannins mûrs, de la souplesse et une bonne finale chocolatée.
(*** ½ @ **** - avr./11 - Fed)

 

2e Volet
 
Verre #1 - Giorgio Primo         11 votes
Verre #2 - Ornellaia                    4 votes
Verre #3 - Insignia                       0 votes
Verre #4 - Sassicaia                    0 votes

Giorgio Primo Toscana Igt 2007, La Massa (SAQ - 87,00$)
Pourpre, excellenta saturation. Superbe nez, très frais, complexe, offrant de belles notes de cassis mûr, aux nuances florales, poivronnées, animales, cuirées, dans un ensemble qui par moments est vraiment très bordelais, avec à peine un peu plus de maturité. La bouche est ample, veloutée, très élégante, avec une matière mûre, bien glycérinée, des saveurs de fruit noir, très pur, aux accents végétaux discrets qui lui apportent une certaine fraîcheur, des tannins finement astringents et une très longue finale de chocolat noir. Superbe!
(**** ½ - avr./11 - Fed)

Ornellaia Bolgheri 2007, Tenute dell'Ornellaia (SAQ - 169$)
Rubis-pourpre, très bonne saturation. Nez très mûr, légèrement sucré, avec des arômes de fruit noir bien mûr, aux nuances de poivron, d'épices et de cuir, ainsi que des notes vanillées un peu trop soutenues. Bouche ample, dense, glycérinée, grande matière, trame serrée, fine, polie, finale très nourrie, aux saveurs de fruit noir, de moka et de chocolat amer, très long. Un vin très complet, même un peu trop chargé pour le moment. Quelques années de garde lui permettront de s'affiner.
(**** @ **** ½ - avr./11 - Fed)

Insignia Napa Valley 2007, Joseph Phelps (n.d. - 220$)
Rubis-pourpre, opaque. Dès le premier nez on sait qu'on a à faire avec un gros cabernet, profond, puissant, mûr, un brin monolithique à prime abord, mais il gagne lentement en complexité en se développant dans le verre, avec des arômes de cassis et de prune, d'aneth, de cuir, d'épices, de chocolat noir et de vanille. La bouche est plutôt imposante, très dense et structurée, aux tannins bien fermes, mais assez fins et bien enveloppés, des saveurs de fruit noir, très mûr, de la puissance, mais aussi une tenue impeccable pour un vin de cette stature, aboutissant en une très longue finale de chocolat noir. Un cabernet massif, mais étonnamment proportionné, il sera de très longue garde.
(**** @ **** ½ - avr./11 - Fed)

Sassicaia Bolgheri 2007, Tenuta San Guido (SAQ - 139,00$)
Rubis-grenat, très bonne saturation. Beau nez, complexe, déjà légèrement évolué, avec des arômes de cèdre, de champignon, de bois de santal, d'épices, ainsi que des nuances vanillées-fumées. La bouche est très élégante, de belle acidité, avec des saveurs de fruit noir acidulé, de cèdre, de champignon, une trame serrée, très polie, une bonne finale. Un vin élégant et complexe, qui semble toutefois destiné à une évolution précoce.
(**** - avr./11 - Fed)

 

CR: Bordeaux 2007


Les biens faits de la mondialisation

Il y a trente ans, un millésime comme 2007 aurait donné des vins maigres, végétaux et insipides. On nous aurait dit qu'il aurait fallu boire ces vins jeunes, en attendant que les meilleurs millésimes se fassent et personne n'aurait vu de mal à ça.

Aujourd'hui, par contre, on déguste les 2007 et on est forcés de se dire que, finalement, les grands crus ne s'en sortent pas si mal. Il est vrai que la technologie permet aux meilleurs producteurs de faire des miracles même dans les récoltes les moins favorables. Mais est-ce seulement une question de technologie? Quand des Châteaux bordelais réduisent leurs rendements sous la barre de 30 hl. par hectare, il devient clair que ceux-ci ne dépendent pas uniquement de l'osmose renversée pour embouteiller un vin satisfaisant. Ces choix nous démontrent que les grands châteaux sont prêts à faire de vrais sacrifices afin d'obtenir un grand vin qui maintienne des standards de qualité de premier niveau.

Qu'est ce qui justifie ces sacrifices? La concurrence. Bordeaux n'est pas la Bourgogne. Dans le marché d'aujourd'hui, quand vous produisez de 200'000 à 500'000 bouteilles par année, vous ne pouvez vous permettre de produire un mauvais millésime. Il y a trop de bons vins de partout à travers la planète pour que le consommateur se satisfasse d'un mauvais bordeaux à fort prix. Les bordelais le savent et, en bons hommes d'affaires qu'ils sont et qu'ils ont toujours été, ils réagissent en conséquence.

La dégustation

Cette dégustation proposait un rapide tour d'horizon de quelques uns des meilleurs châteaux du bordelais, question d'évaluer la qualité du millésime 2007.

Dans le premier volet, deux classiques bordelais étaient servis en compagnie de deux vins pirates: le canadien Osoyoos-Larose et le libanais "Comte de M". Le volet a été remporté haut la main par le très séduisant Margaux de Malescot Saint Exupéry. 

Le deuxième volet nous a véritablement montré à quel point les grands châteaux bordelais peuvent obtenir le meilleur même des pires récoltes. La qualité des quatre vins était réellement très satisfaisante, surtout pour un millésime si difficile. Si le dégustateur plus averti peut facilement s'apercevoir que ces vins ne possèdent pas la profondeur des 2005, force est de constater que dans les circonstances, ces producteurs ont su embouteiller des vins complets,  assez complexes et totalement dépourvus de ces traces végétales qui ont toujours trahit les vendanges difficiles. Pour les amateurs de statistiques, la lutte a été serrée entre Léoville Barton et Pichon Baron, ce dernier l'emportant par un seul vote.


 
J'achète ou je n'achète pas

Un amateur à ses premières armes ne devrait pas hésiter à peupler sa cave avec des bouteilles de quelques uns des vins de cette dégustation (Malescot, Barton, Pichon Baron). La qualité est tout à fait satisfaisante et les prix beaucoup moins dissuasifs que lors de millésimes ayant reçu meilleure presse.

Toutefois, un amateur ayant la cave déjà pleine de vins de millésimes comme 2005, 2003, 2000, 1996, 1995, etc., pourrait facilement se montrer plus sélectif.
 

 

en rouge 
 

Premier Volet 

Verre #1 - Osoyoos-Larose  1 vote
Verre #2 - Malescot St. Exupéry    10 votes
Verre #3 - Haut Bailly       0 votes
Verre #4 - "Comte de M" - Kefraya   1 vote


Le Grand vin Okanagan Valley 2006, Osoyoos-Larose (SAQ 10293169 - 43,50$)
Rubis-grenat, très bonne saturation. Bon nez, offrant des arômes d'aneth, de poivron, de violette, d'épices. Bouche à la trame assez sèche, serrée, légère astringence, saveurs d'aneth, de tabac, d'herbes, de réglisse et de goudron, assez complexe et persistante. Très bien fait, il devrait évoluer positivement sur les cinq prochaines années.
(*** ½ - fév./11 - Fed)


Margaux 2007, Château Malescot St. Exupéry    (SAQ 10848620 - 75,00$)
Rubis, profond, très bonne saturation. Beau nez de moka, sur un fond de cassis très pur, aux nuances florales, un soupçon de poivron, de cuir et d'écurie. Bouche très élégante, assez ample, veloutée, tannins très fins et parfaitement polis, saveurs de cassis, de réglisse, belle acidité, finale légèrement chocolatée, de bonne persistance. Un margaux d'un grand raffinement, très réussi pour le millésime.
(**** - fév./11 - Fed)


Pessac Léognan 2007, Château Haut Bailly    (SAQ 11024534 - 84,25$)
Rubis-pourpre, très bonne saturation. Plutôt fermé, avec un caractère assez sombre de réglisse, de tabac et de fruit noir. Bouche assez structurée, tendue, compacte, d'acidité soutenue, trame serrée, assez ferme, presque dure, avec des saveurs de cassis acidulé. Très intransigeant, pour le moment, un vin qui n'a rien de féminin et qu'il faudra attendre. 
(*** ½ - fév./11 - Fed)


"Comte de M" vallée de Bekaa 2006, Château de Kefraya  (SAQ 722413 - 48,25$)
Rubis-pourpre, très bonne saturation. Très expressif, méditerranéen, avec de très belles notes de tabac noir, de menthe, de poivron rôti, de goudron, d'épices. Bouche ample, mûre, très savoureuse, avec un beau caractère de tabac de Havane, de réglisse, de cuir, d'épices, des tannins fermes, belle mâche, aboutissant en une longue finale chaleureuse. Un assemblage de cabernet sauvignon et de syrah, très viril et complexe, une très belle réussite.
(*** ½ @ **** - fév./11 - Fed)
 

 


Deuxième Volet

Verre #1 - Pontet Canet       1 vote
Verre #2 - Cos d'Estournel    0 votes
Verre #3 - Léoville Barton   5 votes
Verre #4 - Pichon Baron   6 votes


Pauillac 2007, Château Pontet Canet    ($105,00)
Rubis-grenat, très bonne saturation. Discret, avec des arômes de graphite, de prune, de cassis très pur. La bouche est assez dense, compacte, tannins très serrés mais sans dureté, avec des saveurs de cassis, de bonne acidité, une arrière-bouche plus puissante, amplifiée par un caractère plus capiteux, de crème de prune et de goudron, qui persiste. Pas un modèle de charme, mais c'est un pauillac très complet et réussi, surtout pour le millésime.
(**** - fév./11 - Fed)


St. Estèphe 2007, Château Cos d'Estournel    ($159,00)
Beaucoup plus de cabernet sauvignon que par le passé pour ce Cos 2007 (85%, contre 12% de merlot et 3% de cabernet franc). Rubis-pourpre, très bonne saturation. Joli nez, offrant un caractère de moka, avec des arômes de chêne neuf de plus en plus fumés, sur un fond de cassis assez discret. Attaque ample et veloutée, bouche plutôt élégante, de bonne acidité, tannins très serrée mais fins, léger manque de profondeur en milieu de palais, il semble fermé, belle finale minérale, persistante. Pas au niveau des meilleurs Cos du passé.
(*** ½ @ **** - fév./11 - Fed)
 

St. Julien 2007, Château Léoville Barton    ($89,00)
Rubis-pourpre, très bonne saturation. Très beau nez, très subtil et complexe, avec des arômes de crème de cassis, de fleurs sauvages, de cuir, ainsi que des discrètes nuances animales. Très belle bouche, très étoffée et d'un beau volume, tannins fermes, serrés, légère astringence, saveurs de cassis, très belle fraîcheur de fruit, minéralité persistante en finale, avec des relents de chocolat noir. Encore une autre très grande réussite pour Léoville Barton qui, depuis une bonne décennie, nous offre un des meilleurs vins du Médoc.
(**** @ **** ½ - fév./11 - Fed)


Pauillac 2007, Château Pichon Baron    ($119,00)
Rubis-pourpre, très bonne saturation. Très beau nez, complexe, racé, offrant des arômes de moka, de chêne grillé, aux subtiles nuances cuirées, mentholées. Bouche ample, de très belle matière, avec des saveurs de cassis mûr, d'une acidité stimulante, des belles notes boisées, grillées, de très bonne concentration, bonne finale de cassis, minérale, persistante.
(**** - fév./11 - Fed)

CR: Châteauneuf du Pape 2006 - Rayas

Un retour sur le millésime 2006 en Châteauneuf du Pape, question de déguster un très grand vin, Rayas, un de ces bijoux vinicoles qui ont la rare capacité d'émouvoir le dégustateur, de lui donner des frissons, de l'amener à se demander: "comment ont-ils pu faire ça? comment ont-ils pu élaborer un liquide aussi complexe et raffiné à partir de simples raisins?" La réponse est longue et complexe mais, une fois de plus, le vin de Rayas aura ému le panel, s'attribuant la totalité des votes dans un volet dégusté à l'aveugle (quoique, déguste-t-on vraiment à l'aveugle quand Rayas est de la partie?) qui comprenait des vins d'excellente qualité.

Si le deuxième volet a abouti à une conclusion unanime, le premier nous a donné une lutte un peu plus serrée entre les vins de Fonsalette (eux aussi produits par Emmanuel Reynaud , de Rayas) et le Vieux Donjon. C'est la cuvée régulière de Fonsalette qui a remporté la première tranche de cette dégustation.

Finalement, en plus de l'émerveillement général pour un autre Rayas absolument magistral, plusieurs membres du panel ont réitéré leur appréciation pour le millésime 2006, qui nous a donné des Châteauneuf complets, très élégants et harmonieux. 

  

en rouge 
 
 

Premier volet

Verre #1 - Pégau CdP "Cuvée Réservée"  1 vote
Verre #2 - Fonsalette "Syrah"   4 votes
Verre #3 - Fonsalette Côtes du Rhône 6 votes
Verre #4 - Le Vieux Donjon CdP   3 votes 

 

Châteauneuf du Pape "Cuvée Réservée" 2006, Pégau
Rubis, bonne saturation. Très joli nez, frais, complexe, cerise confite, fleurs sauvages, quelques relents d'écurie. Bouche de corps moyen, assez velouté à l'attaque, plus tendue en milieu de palais, belle matière fruitée, mûre, sucrée, tannins fins, polis, longue finale réglissée. Un vin élégant et complexe, très réussi!
(**** - fév./11 - Fed)

Côtes du Rhône "Syrah" 2006, Château de Fonsalette
Rubis-pourpre, très bonne saturation. Profond, très frais, parfumé, avec des arômes de poivre noir, des nuances florales, des mûres, il fait très Rhône Nord. Bouche de bonne matière, dense, assez pleine, tannins serrés, assez fermes, bonne acidité, saveurs de framboise mûre, de réglisse. Jeune, vigoureux, très typé syrah, il devrait développer plus de complexité en vieillissant.
(**** - fév./11 - Fed)

Côtes du Rhône 2006, Château de Fonsalette
Rubis, bonne saturation. Très beau nez d'épices, de garrigue, avec de subtiles nuances viandées, réglissées. Bouche très élégante, elle gagne du volume et de la complexité à l'oxygénation, saveurs poivrées, de prune mûre, de cerise, de réglisse, finale discrète mais très longue, aux accents de réglisse et de poivre. Très belle réussite. AM: jusqu'en 2016.
(**** - fév./11 - Fed)

Châteauneuf du Pape 2006, Le Vieux Donjon
Rubis, profond, très bonne saturation. Discret, avec des arômes de kirsch, de réglisse. Bouche fermée, de bonne acidité, tannique, de la mâche, des saveurs de cerise mûre, du poivre, de la réglisse, finale réglissée de bonne persistance.
(**** - fév./11 - Fed)


 

Deuxième volet

Verre #1 - La Mordorée CdP "Reine des bois"  0 votes
Verre #2 - Rayas CdP    14 votes
Verre #3 - La Janasse CdP "Chaupin"   0 votes
Verre #4 - Isabel Ferrando CdP "Colombis"   0 votes

 

Châteauneuf du Pape "Reine des bois" 2006, La Mordorée
Pourpre, très bonne saturation. Beau nez, profond, aux arômes de kirsch, d'épices, de réglisse, de menthol, un caractère terreux, complexe. Bouche de très bonne matière, solidement structurée, avec des tannins fermes, astringents, sévères, des saveurs minérales, réglissées qui persistent dans longue finale. Un vin profond et complexe, qui semble inutilement durci par un excès d'extraction qui nuit à son équilibre.
(*** ½ - fév./11 - Fed)

Châteauneuf du Pape 2006, Château Rayas
Rubis, bonne saturation. Superbe nez, incroyablement complexe, exotique, avec des arômes épicés, de cannelle et de bois de santal, des herbes de Provence, du cèdre, de l'orange confite, de la cerise mûre, du cola et une touche de magie... La bouche est de corps moyen, très harmonieuse et veloutée avec des saveurs épicées, poivrées, qui s'allongent dans une finale de grande longueur. Un vin brillamment complexe, très élégant, absolument unique.  AM: jusqu'en 2018.
(**** ½ - fév./11 - Fed)

Châteauneuf du Pape "Chaupin" 2006, La Janasse
Rubis-pourpre, très bonne saturation. Premier nez fumé, légèrement sulfureux, il évolue très positivement, vers des arômes épicés de chêne et de cola, de liqueur de cerise, avec des nuances florales. La bouche est ample, riche et glycérinée, très mûre, avec des saveurs de raisin, de prune, de kirsch, d'épices, assez harmonieux, avec une finale persistante.
(**** - fév./11 - Fed)

Châteauneuf du Pape "Colombis" 2006, Isabel Ferrando
Rubis, très bonne saturation. Bon nez, mûr, avec des saveurs de cerise, de prune, un boisé aux relents de caramel, des nuances de fleurs fanées, un discret caractère terreux. Très belle bouche, ample, mûre, glycérinée, de très bonne concentration, avec des saveurs d'herbes, d'épices, de vanille, de cola, de tannins serrés, mûrs, bien enrobés, une longue finale réglissée.
(**** - fév./11 - Fed)


 

CR: Toscane & Bordeaux 2006

Cette belle dégustation, au thème un peu hybride, devait nous permettre de suivre l'évolution des 2006 aussi bien en Toscane qu'à Bordeaux, deux thèmes qui avaient déjà été couverts dans le passé.

Le premier volet a plus que confirmé l'excellente qualité du millésime 2006 en Toscane. L'alignement nous a permis de faire constat du grand niveau qualitatif et de la grande homogénéité des vins. Les deux gagnants de la dégustation, ex-æquo, ont été les deux vins à base de sangiovese: Cepparello et Flaccianello. Ce duo a été talonné de près par l'excellent Giorgio Primo qui, à mon avis, était celui qui s'exprimait le mieux de tous, avec une superbe maturité de fruit et une acidité mieux intégrée. Le Il Blù, de la Brancaia, semble avoir été oublié dans le vote du panel, ce qui n'enlève rien à sa grande qualité.

Dans le deuxième volet, toujours en 2006, un trio de grands bordeaux se défendait face à un pirate toscan. Encore une fois, il faut signaler la grande qualité des tous les vins en dégustation, avec une mention particulièrement favorable pour celui du château La Lagune, de loin le moins dispendieux du lot, qui a néanmoins remporté le volet avec une majorité écrasante, grâce à sa complexité précoce. Le Pontet Canet, un colosse, comme d'habitude, est sans doute un grand vin en devenir. Personnellement, j'ai eu un penchant pour le Léoville Poyférré, dont la pureté de la finale m'a particulièrement séduit. Le pirate, le Lupicaia, était d'excellente facture, comme d'habitude.


Acheter ou ne pas acheter

Difficile dans les deux cas. Pour les toscans 2006, si 2007 n'avait pas été le millésime spectaculaire qu'il est, je dirais de vous précipiter. C'est définitivement un millésime qui mérite d'être représenté dans les meilleures caves, tout en considérant qu'il sera suivi par un autre grand succès donc, gardez-vous un peu de budget pour les 2007.

En ce qui concerne les bordeaux 2006, mon enthousiasme pour ce millésime continue d'être un peu refroidi par l'austérité des vins. Ils seront de grande longévité et la qualité est au rendez-vous, chez certains producteurs on peut même parler de grandes réussites. Toutefois, ayant fait le plein de 2005 (comme j'espère vous l'avez tous fait), le meilleur conseil serait d'acheter très sélectivement et avec modération. 

 


en rouge

1er volet
 
Verre #1 - Cepparello - Isole & Olena  5 votes
Verre #2 - Flaccianello - Fontodi   5 votes
Verre #3 - Giorgio Primo - La Massa  4 votes
Verre #4 - Il Blù - La Brancaia   0 votes


Cepparello Toscana Igt 2006, Isole & Olena (SAQ 928911 - 72,00$)
Rubis, très bonne saturation. Nez assez classique, avec des arômes de noyau de cerise, cèdre, épices, sucre brun. Bouche de bonne matière, tendue par une acidité plutôt soutenue, des saveurs de cerise mûre, juteuse, des épices, de la vanille pure, du sucre brun, des tannins fins, serrés, légèrement astringents. Il ne possède pas la dimension d'autres vins de son calibre, mais on apprécie sa finesse.
(*** ½ @ **** - nov./10 - Fed)


Flaccianello Toscana Igt 2006, Fontodi (SAQ - 85,00$)
Rubis-pourpre, très bonne saturation. Le nez offre des arômes de fruits noirs, juteux, acidulés, avec des nuances d'encens, d'épices, de bois brûlé. Bouche ample, dense, d'une belle chair dodue, des saveurs de fruit noir, d'épices, de chêne brûlé, de graphite, trame serrée en milieu de palais, soyeuse, légère astringence, finale de réglisse, tabac, avec toujours ces traces de fumé. Excellent potentiel, mais il faudra attendre que l'élevage s'estompe pour en obtenir une expression plus pure.
(*** ½ @ **** - nov./10 - Fed)


Giorgio Primo Toscana Igt 2006, La Massa (SAQ 10986053 - 82,75$)
Rubis-pourpre, excellente saturation. Beau nez de fruits noirs, belle fraîcheur, encre, bleuets, des subtiles notes graphitées, moka, des accents de violette. Bouche ample, de très belle matière, saveurs de fruits noirs et de réglisse, excellente concentration, trame serrée, belle mâche, légère astringence, longue et pleine finale, aux relents de fruits noirs, de réglisse et de chocolat amer. Grande réussite.
(**** @ **** ½ - nov./10 - Fed)


Il Blù Toscana Igt 2006, La Brancaia (SAQ 10769622 - 69,90$)
Rubis-pourpre, très bonne saturation. Beau nez, mûr, crémeux, avec des arômes de fruits noirs, d'herbes douces, d'épices. Belle attaque veloutée, bouche ample, saveurs d'herbes, de fruit noir, trame plus serrée en milieu de palais, belle acidité, finale de fruit noir, d'épices, graphite. Très réussi!
(**** - nov./10 - Fed)
 

 

2e volet
 
Verre #1 - Pauillac - Pontet Canet   2 votes
Verre #2 - Haut Médoc - La Lagune  9 votes
Verre #3 - St. Julien - Léoville Poyferré  2 votes
Verre #4 - Lupicaia - Castello del Terriccio  1 votes

 

Pauillac 2006, Château Pontet Canet (SAQ 10848929 - 107,00$)
Rubis-pourpre, très bonne saturation. Nez plutôt discret, de cuir, de poivron frais, sur un fond de cassis très pur. Bouche compacte, tendue, de très belle acidité, très serrés, très fins, polis, saveurs de fruit noir, acidulé, notes minérales, cuir, avec une longue finale de cassis. Un pauillac, droit, granitique, peu expressif mais profond, conçu pour un très long vieillissement.
(**** - nov./10 - Fed)


Haut Médoc 2006, Château La Lagune (SAQ 10859839 - 79,00$)
Rubis-pourpre, très bonne saturation. Beau nez, très complexe, profond, goudronné, avec des arômes de moka, de thé noir, du tabac, des épices. Bouche de bonne matière, avec des tannins fins, serrés, légèrement astringents, avec le même caractère terreux, de tabac de Havane et de thé noir, qui persiste. Complexe, complet, très réussi.
(**** - nov./10 - Fed)


St. Julien 2006, Château Léoville Poyferré (SAQ 10850041 - 109,00$)
Rubis-pourpre, très bonne saturation. Joli nez, discret, mais profond, très fin, avec des nuances de cassis, de violette, de poivron, de chêne. Bouche ample, de très bonne matière, structure tannique massive, astringente, sans être le moindrement rustique, saveurs minérales, goudronnées, ainsi qu'une longue finale de cassis pur.  Un vin introverti, qui se développe énormément en s'oxygénant et sera sans doute de grande garde.
(**** - nov./10 - Fed)


Lupicaia Toscana Igt 2006, Castello del Terriccio (SAQ 11292651 - 137,50$)
Rubis, très bonne saturation. Nez assez complexe, avec des arômes de fruits noirs, acidulé, aux nuances de cola, d'aneth, de champignon, sur un fond terreux. Bouche ample, de très bonne matière, tannins fermes, belle mâche, saveurs de cassis, de réglisse, de poivron, d'aneth, très bonne concentration, belle acidité, la finale de fruit noir et de réglisse persiste. Un assemblage de cabernet sauvignon (80%), merlot et petit verdot, compact, de bonne maturité, qui est très réussi. Toutefois, il n'offre absolument rien d'original et se vend un prix totalement dissuasif.
(**** - nov./10 - Fed)

CR: Bourgogne 2006

Une vraie dégustation de plaisir. Le sourire des gens en disait long après cette énième soirée de bourgognes 2006. Il est vrai que ces vins n'auront jamais la plénitude, la profondeur, la maturité de fruit et la structure des 2005, mais ils compensent du mieux qu'ils peuvent ces lacunes avec leur charme irrésistible. Les 2006 sont des bourgognes vraiment bourguignons! Et dans un contexte où presque tous les vins des autres grandes appellations perdent un peu de leur nature par excès de maturité et des taux d'alcools excessifs, il est bon de savoir qu'il reste encore des grands vins qui goûtent ce qu'ils devraient goûter!


Le premier volet a été largement remporté par l'excellent "cazetiers" de Faiveley, un vin élégant et complet, qui a eu le meilleur sur Gevrey village de Perrot Minot très empyreumatique, un Hautes Côtes de Beaune de Jayer Gilles extrêmement parfumé, au point d'en déplaire à certains, ainsi qu'un Beaune "grèves" de Montille qui semble avoir plu au groupe bien plus qu'à moi.


Dans le deuxième volet, "les cailles" de Bouchard a essayé de faire la vie dure aux deux vins de Sérafin, un exploit qu'il a partiellement réussi. Le volet a été remporté par le sublime "fonteny." À signaler la déception générale face au vin de Burguet, qui est pourtant un producteur très estimé par plusieurs des membres du panel.


Acheter ou ne pas acheter?


Difficile de dire que 2006 est un millésime à acheter, surtout si on déjà mis en cave beaucoup de 2005. Les 2006 sont très chers et leur potentiel de garde n'est pas des meilleurs. Avant cette dégustation ma réponse aurait définitivement et impérativement négative. Mais les vins sont d'un tel charme que l'amateur pourrait facilement se laisser séduire par quelques flacons à déguster (avec délectation) en attendant que les 2005 aient fait leur chemin.

 

en  rouge

1er VOLET

Verre #1 - Jayer Gilles - Hautes Côtes de Beaune    0 votes
Verre #2 - De Montille - Beaune 1er cru "les grèves"   3 votes
Verre #3 - Faiveley  - Gevrey 1er cru "les cazetiers"   10 votes
Verre #4 - Perrot Minot - Gevrey Chambertin   1 vote

 

Hautes Côtes de Beaune 2006 Jayer Gilles (SAQ 10919061 - 54,25$)
Rubis, très bonne saturation. Un nez explosif, très parfumé, complexe, offrant des arômes de confiserie, de bubble gum, de sirop, le tout sur un fond de cerise bien mûre et sucrée, avec des nuances florales, poivrées, une touche de menthol, ainsi qu'un caractère chimique assez persistant, évoquant le vernis à ongles. La bouche est ample, veloutée, très séduisante, avec une trame serrée, parfaitement polie, des saveurs de cerise sucrée, juteuse, des accents d'épices et de menthol, le tout de bonne concentration. Très différent de ce qu'il était l'an dernier, il semble tourner à plein régime et son intensité pourrait repousser certains amateurs. Personnellement, j'ai adoré!
(**** - nov./10 - Fed)


Beaune 1er cru "les grèves" 2006 De Montille (SAQ 11161379 - 70,00$)
Rubis, bonne saturation. Nez légèrement douceâtre, avec des arômes de fruits rouges, mûrs, sucrés, enrobés de notes boisées de butterscotch, il évolue déjà vers la prune fraîche et le tabac. Bouche souple, friande, aux saveurs de cerise très mûre, avec des traces boisées, du tabac, de la réglisse, une trame plus serrée en milieu de palais, avec une finale subtilement réglissée.
(*** ½ - nov./10 - Fed)


Gevrey Chambertin 1er cru "les cazetiers" 2006 Faiveley (SAQ 11153791 - 84,00$)
Rubis, bonne saturation, terne. Beau nez, complexe, évoluant lentement dans le verre, avec des arômes de framboise et de cerise, mûr, de belle pureté, il gagne des nuances terreuses, ainsi qu'un soupçon de cuir neuf. Bouche de corps moyen, ronde, de bonne acidité, avec une trame soyeuse, assez serrée, des saveurs de fruits rouges acidulés, des traces crayeuses, de la finesse et de la subtilité, ainsi qu'une finale persistante, un brin chaleureuse.
(**** - nov./10 - Fed)


Gevrey Chambertin 2006 Perrot Minot (SAQ 10919045 - 79,00$)
Rubis, très bonne saturation. Nez boisé, plutôt fumé, avec des traces d'allumette, de copeaux de crayon à mine, des nuances graphitées, légèrement brûlées, qui dominent les arômes de fruit rouges, bien mûrs. La bouche est assez pleine, de très belle densité pour un 2006, avec un milieu compact, assez ferme, de belle mâche, des saveurs de cerise très pures, qui persistent. Un vin qui pourrait constituer une réussite remarquable, s'il pouvait se débarrasser de son bouquet excessivement empyreumatique.
(*** ½ @ **** - nov./10 - Fed)

 

2e VOLET

Verre #1 - Sérafin - Gevrey 1er cru "le fonteny"   7 votes
Verre #2 - Burguet - Gevrey Chambertin mes favorites  0 votes
Verre #3 - Bouchard - Nuits 1er cru "les cailles"   4 votes
Verre #4 - Sérafin - Charmes Chambertin    3 votes

 

Gevrey Chambertin 1er cru "le fonteny" 2006 Sérafin (SAQ 11011611 - 145,00$)
Rubis, très bonne saturation. Très joli nez, très fin, épicé, finement crayeux, avec des nuances complexes, florales, terreuses, médicinales, il s'exprime avec beaucoup de distinction et de retenue, ce qui n'enlève rien à sa complexité. La bouche est de très bonne tenue, serrée, polie, avec un mélange de crayeux et de terreux, ainsi que des saveurs de cerise très pures qui persistent. Un Gevrey discret, réservé, mains indéniablement complexe et racé.
(**** @ **** ½ - nov./10 - Fed)
 

Gevrey Chambertin vieilles vignes mes favorites 2006 Burguet (SAQ 93,00$)
Rubis, très bonne saturation. Nez de framboise et de fraise, avec des nuances épicées, d'herbes, il s'estompe rapidement dans le verre. Bouche plutôt soupe, étonnamment accessible, avec des saveurs finement épicées, de cerise acidulée, juteuse. Plus cher que jamais et moins complet que d'habitude...
(*** ½ - nov./10 - Fed)


Nuits St. Georges 1er cru "les cailles" 2006 Bouchard (SAQ 11143285 - 115,00$)
Plutôt discret, des notes boisées, douces, aux relents de vanille pure, avec des nuances florales, crayeuses, très subtiles. Bouche souple, très élégante, très accessible, belle acidité, avec des saveurs de fruits rouges, très purs, légèrement sucrés. Très réussi, mais à un prix franchement dissuasif!
(*** ½ @ **** - nov./10 - Fed)


Charmes Chambertin grand cru 2006 Sérafin (SAQ 11011661 - 239,00$)
Rubis, très bonne saturation. Parfumé, floral, terreux, crayeux, de grande finesse, avec des nuances légèrement torréfiées et des arômes de fleurs sauvages qui reviennent constamment. La bouche est très élégante, dotée d'une trame serrée, très polie, avec des saveurs fruitées délicates, très pures, aux accents crayeux, finale longue et complexe.
(**** @ **** ½ - nov./10 - Fed)


 

CR: Barolo et Barbaresco 2005

Cette évaluation du millésime 2005, pour ce qui concerne les grands vins piémontais à base de nebbiolo, nous offrait un programme riche en noms de grand prestige : Gaja, Sandrone, Vietti et plus.

Le premier impact avec les vins nous a immédiatement permis d'établir que la qualité générale du millésime était inférieure à celle des 2004, les vins étant moins complexes et nettement moins complets en bouche.

Le premier volet a été remporté par le cru Prapò de la maison Ceretto, un des vins les plus convaincants de la soirée.

Le deuxième volet semblait plus homogène en termes de qualité des vins (quoique les votes du panel ne reflètent pas nécessairement cela), avec le cru Ornato, de la maison Pio Cesare, donnant du fil à retordre à des vins nettement plus dispendieux tels que le Cannubi boschis de Sandrone et le Barbaresco de Angelo Gaja. C'est ce dernier qui a remporté le volet, avec une majorité très convaincante de voix, bien qu'il ait été suffoqué par un caractère fumé, brûlé, qui l'a affecté pendant presque toute la dégustation.
 

Acheter ou ne pas acheter

En étant très sélectifs, il est possible de dénicher des 2005 fort intéressants. Mais si votre cave est déjà bien fournie en grands nebbiolos, le meilleur conseil serait de passer votre tour et d'attendre les 2006 et 2007.

 

Premier volet


Verre #1 - Oberto - "Vigneto Brunate"           5 votes
Verre #2 - Prod. Barbaresco - "Rio Sordo"     3 votes
Verre #3 - Ceretto - "Prapò"                             6 votes
Verre #4 - Massolino - "Margheria"                 1 vote
 


Barolo "Vigneto Brunate" 2005, Andrea Oberto (SAQ 11301378 - 88,75$)
Rubis, très bonne saturation. Joli nez de cerise acidulée, frais, vif, avec une touche florale, sur un fond d'une subtile minéralité.  La bouche est de bonne maturité, structurée, à la trame fine, astringente, l'acidité lui donne beaucoup de définition et le caractère terreux, goudronné ajoute un sens de terroir. Bien fait. 
(*** ½ @ **** - oct./10 - Fed)

Barbaresco "Rio Sordo" 2005, Produttori del Barbaresco (SAQ 11060640 - 55,00$)
Rubis, très bonne saturation. Joli nez, avec des arômes de prune sucrée, de tabac blond, de chêne doux, légèrement caramélisé, ainsi que des subtiles nuances florales. L'attaque est ample, fluide, veloutée, avec un milieu de palais léger, mais ferme et astringent, structuré, avec des discrètes saveurs minérales, épicées.
(*** ½ - oct./10 - Fed)

Barolo "Prapò" 2005, Ceretto - Bricco Rocche (SAQ 11294702 - 86,75$)
Rubis, très bonne saturation, reflets grenat. Très beau nez, mûr, crémeux, offrant un mélange de fruit noir, d'épices, de notes balsamiques, de quinine, de tabac et de notes de menthol. L'attaque est ample, fluide, veloutée, belles saveurs d'épices, de tabac, de balsamique, de prune mûre, trame serrée, beaucoup plus ferme en arrière-palais, avec des saveurs minérales, de réglisse et de chocolat qui persistent dans la bonne finale. Très réussi!
(**** @ **** ½ - oct./10 - Fed)

Barolo "Margheria" 2005, Massolino (SAQ 11294753 - 70,75$)
Rubis, très bonne saturation. Nez de sirop de prune, avec un boisé discret et des nuances de violette. L'attaque est ample, la bouche est dure, virile, avec une minéralité profonde, presque ferrugineuse, une structure très ferme, astringente, aboutissant en une finale chaleureuse, minérale, réglissée. Il faudra être patients.
(*** ½ - oct./10 - Fed)
 


Deuxième volet


Verre #1 - Pio Cesare - "Ornato" 3 votes
Verre #2 - Vietti - "Rocche" 2 votes
Verre #3 - Gaja - Barbaresco 8 votes
Verre #4 - Sandrone - "Cannubi Boschis" 2 votes
 

Barolo "Ornato" 2005, Pio Cesare (SAQ 10271146 - 86,00$)
Rubis, très bonne saturation. Très beau nez, crémeux, avec des arômes de prune fraîche, d'épices, de chêne, d'encre, avec une subtile nuance florale. La bouche est ample, puissante, tannique, d'une structure ferme, astringente, avec un caractère terreux, épicé, qui laisse une impression de terroir, une longue finale minérale, chaleureuse, aux accents de bâton de réglisse.
(**** - oct./10 - Fed)

Barolo "Rocche" 2005, Vietti (SAQ 11187026 - 129,75$)
Rubis, très bonne saturation. Discret, notes boisées, douces, laissant des traces de caramel, avec des nuances épicées, d'anis. Attaque ample, fluide, veloutée, milieu de palais très tannique, puissant, épicé, avec une finale de réglisse noire. Un vin très fermé, difficile d'approche. Il faudra l'attendre plusieurs années.
(*** ½ - oct./10 - Fed)

Barbaresco 2005, Gaja (SAQ 11055832 - 223,50$)
Rubis, très bonne saturation. Nez très fumé, légèrement brûlé, caoutchouteux, qui a besoin de beaucoup d'oxygène avant de laisser émerger des nuances d'anis, de cerise mûre, de fleurs des champs et de mine de plomb. La bouche est très ample, veloutée, crémeuse, avec des la mâche, une trame ferme, astringente, mais très polie, des saveurs de cerise, de réglisse noire et des traces minérales qui persistent. Un vin complet, vinifié par une main de maître.
(**** @ **** ½ - oct./10 - Fed)

Barolo "Cannubi Boschis" 2005, Sandrone (SAQ 11054119 - 129,75$)
Rubis-pourpre, très bonne saturation. Discret mais mûr et profond, avec des arômes terreux, frais, mentholés, un fruit de prune mûre et des subtiles notes de tabac blond. La bouche est dure, tannique, très sévère et structurée, avec une longue finale minérale qui est de bon augure. À attendre.
(**** - oct./10 - Fed)


 

CR: Châteauneuf du Pape 2007

Cette dégustation comparative de Châteauneuf du Pape 2007 s'est révélée être beaucoup plus difficile d'approche que prévu, en raison de la grande chaleur (alcoolique) des vins. Beaucoup de dégustateurs ont déploré l'impact brûlant de ces vins, issus d'un millésime qui jouit néanmoins d'une grande réputation.
 

Les châteauneufs du millésime 2007 sont le résultat d'une superbe saison végétative, qui a permis au fruit d'atteindre une parfaite maturité phénolique sans jamais souffrir d'excès de chaleur (seulement 24 jours avec des températures supérieures à 30 degrés, contre 55 pour l'été de 2003.) Toutefois, plusieurs des vins dégustés présentaient des pourcentages d'alcools qui auraient été inimaginables il y a à peine une quinzaine d'années et se traduisaient par une chaleur alcoolique très prononcée. En défense des vins, il faut quand même préciser que cette impression de chaleur brûlante s'estompait considérablement à l'oxygénation. Un signe d'évolution très positif, qui semble avoir été insuffisant pour plusieurs des dégustateurs présents.
 

Le premier volet a été largement dominé par la sublime "cuvée réservée" de Pégau, qui n'a à peu près pas eu de compétition, un peu en raison de son extraordinaire qualité mais aussi parce que deux des vins au programme à ce volet laissaient planer des doutes plus que légitimes quant à leur état de santé (un vin définitivement bouchonné et un autre qui semblait être encore à l'état de fermentation.)
 

Dans le deuxième volet, la compétition a été beaucoup plus acharnée, malgré le fait qu'un des candidats pour la victoire (la cuvée Chaupin de La Janasse) était marqué lui aussi par un caractère de fermentation. Les trois vins qui se sont disputé le titre étaient tous très complets, riches en fruit (et en alcool), de grande concentration et, surtout, dotés de finales de remarquable longueur. Le vainqueur a été la cuvée vieilles vignes de Grand veneur, mais avec de si beaux vins, il faut aussi rendre honneur aux vaincus.
 
 
  
en rouge
 


PREMIER VOLET  
 

Verre #1         Pégau - "cuvée réservée"                             12 votes
Verre #2         Grand Tinel  - "Cuvée Alexis Establet"        2 votes
Verre #3         Villeneuve  - "vieilles vignes"                        0 votes
Verre #4         Lesec - "pierres dorées"                                 -
             
 
 

Châteauneuf du Pape "cuvée réservée" 2007 Domaine Pégau (I.P. - 93,00$)
Superbe nez! Tout ce qu'on voudrait toujours trouver dans le bouquet d'un châteauneuf du pape, avec des arômes de cerise confite, de kirsch, de garrigue, une fraîcheur de violette et des nuances légèrement viandées. La bouche est puissante, elle a besoin de beaucoup d'oxygène pour se défaire de sa chaleur brûlante et trouver une présence plus harmonieuse, des saveurs de cerise mûre, de réglisse, d'épices et de poivre, des tannins serrés, une trame très classique, une finale très longue. C'est une réussite exceptionnelle.
(**** ½ - oct./10 - Fed)
 

Châteauneuf du Pape "Cuvée Alexis Establet" 2007 Domaine du Grand Tinel  (LCBO - 59,00$)
Premier nez très mûr, avec des arômes de confiture de prunes, évoluant vers des arômes de garrigue, de cerises macérées dans l'alcool et de poivre. La bouche est très dense, mûre, avec des saveurs de kirsch, de prune, de réglisse, d'excellente concentration, beaucoup d'alcool, avec une longue finale chaleureuse, aux relents de goudron. Très généreux, à défaut d'être fin.
(*** ½ - oct./10 - Fed)
 

Châteauneuf du Pape "vieilles vignes" 2007 Domaine de Villeneuve (LCBO 163089 - 54.00$)
Un assemblage de grenache (70%), mourvèdre (16%), syrah, cinsault et autres, dont certaines vignes ont près de cent ans d'âge et viennent cultivées en biodynamie. Dommage, toutefois, que le vin soit marqué d'arômes de fermentation et de moût de raisin et que la bouche contienne un résidu de CO2 qui lui donne des airs d'un vin non fini.
(**  - oct./10 - Fed)
 

Châteauneuf du Pape "pierres dorées" 2007 Patrick Lesec (LCBO - 59,00$)
Bouteille défectueuse.
 
 
 
DEUXIÈME VOLET


Verre #1           Clos Saint Jean - "Deux Ex Machina"        4 votes
Verre #2          Cristia - "renaissance"                                  4 votes
Verre #3          La Janasse "Chaupin"                                    0 votes
Verre #4          Grand veneur  "vieilles vignes"                  6 votes
 
 
 
Châteauneuf du Pape "Deux Ex Machina" 2007 Clos Saint Jean (SAQ - 102,00$)
Rubis, très bonne saturation. Nez discret, offrant un mélange d'épices et de réglisse, avec des arômes boisés neutres. La bouche est puissante, dense, glycérinée, la chaleur brûlante de l'alcool s'estompe à l'oxygénation et le vin gagne une présence plus harmonieuse, on peut mieux apprécier les saveurs de cerise, de graphite, de garrigue, de très grande concentration, aboutissant en une finale interminable de réglisse et de goudron. Un vin très important, qu'il faudra impérativement décanter!
(**** - oct./10 - Fed)
 

Châteauneuf du Pape "renaissance" 2007 Domaine Cristia (LCBO 71399 - 99,00$)
Rubis, très bonne saturation. Nez légèrement chimique, rappelant le vernis à ongle, le vieux rhum, il serait difficile même de deviner qu'il s'agit d'un vin si on le dégustait dans un verre opaque. Éventuellement, des arômes plus opportuns de réglisse noire et de garrigue font surface. La bouche est très dense, ample, veloutée, de très grande concentration, avec une finale intense et incroyablement longue, aux relents de réglisse noire et de fruits secs. 
(**** - oct./10 - Fed)
 

Châteauneuf du Pape Chaupin 2007 Domaine de la Janasse (SAQ - 77,00$)
Rubis, très bonne saturation. Le nez est marqué par des arômes de fermentation, de moût de raisin, de prune sucrée. La bouche contient un résidu de CO2, les saveurs de cerise, de prune fraîche et de raisin sont des très bonne concentration et la finale est de très bonne longueur.
(*** - oct./10 - Fed)
 

Châteauneuf du Pape "vieilles vignes" 2007 Domaine Grand veneur (LBCO - 119,00$)
Pourpre, très bonne saturation. Nez très mûr, avec des arômes de sirop de prune, de réglisse, de garrigue et de minéral. Bouche ample, dense, assez souple malgré sa richesse, hédoniste, la puissance alcoolique s'estompe à l'oxygénation, laissant un vin imposant mais harmonieux, aux tannins fermes mais assez polis, avec une finale discrète mais de très grande longueur. Excellent!
(**** @ **** ½ - oct./10 - Fed)

juillet 14, 2010

CR: Brunello di Montalcino

Cette deuxième analyse des Brunello du millésime 2004 se démarquait par la présence de deux vins fantômes du très renommé Castello di Ama.

Le premier volet nous offrait une sélection très homogène et de bonne facture, avec le Chianti Bellavista se dissimulant relativement bien dans le trio de vins de Montalcino. Une majorité du panel a élu le vin de Fuligni comme leur préféré.

Identifier le vin fantôme dans le deuxième volet fut une tâche beaucoup plus facile, le Merlot "l'apparita" était d'une toute autre dimension, au point que plusieurs l'ont trouvé trop imposant. C'est le cru "Manachiara" de Silvio Nardi, producteur toujours fiable, qui a remporté le volet, avec une solide majorité.


1er VOLET

Verre #1 > San Filippo – Brunello le lucère                  4 votes
Verre #2 > Castello di Ama - vigneto bellavista         3 votes
Verre #3 > La Serena - Brunello di Montalcino            2 votes
Verre #4 > Fuligni - Brunello di Montalcino                  5 votes

Brunello di Montalcino "le lucère" 2004, San Filippo (LCBO 146175 - 69.00$)
Rubis, bonne saturation. Très joli nez de cerise, pur, élégant, avec des subtiles nuances fumées, viandées. Bouche de corps moyen-plein, avec un caractère terreux, réglissé, assez classique, trame tannique modérément astringente, de bonne acidité, jeune, tendue de bonne longueur.
(*** ½ @ **** - mai/10 - Fed)

Chianti classico "vigneto bellavista" 2004, Castello di Ama (SAQ 10903246 - 171,00$)
Rubis, très bonne saturation. Profond, premier nez de cerise noire, bien mûre, légèrement viandé, rôti, évoluant vers un caractère de tabac et de goudron après un certain temps dans le verre. Bouche de bonne matière, charnue, bâtie autour d'une solide structure tannique, des saveurs de cerise, avec des accents de goudron, de tabac et de réglisse qui donnent de la profondeur et de l'allonge à ce chianti très sérieux. 
(**** - mai/10 - Fed)

Brunello di Montalcino 2004, La Serena (LCBO 149583 - 79.00$)
Rubis, très bonne saturation. Très beau nez, terreux, épicé, fumé, avec des arômes de cerise noire, aux nuances florales et de cuir neuf. La bouche est ample, de bonne matière, cerise, chocolat, épices, avec une longue finale vaporeuse. Très réussi!
(**** - mai/10 - Fed)

Brunello di Montalcino 2004, Fuligni (LCBO 988808 - 75.00$)
Rubis, bonne saturation. Mûr, légèrement douceâtre, avec des arômes de cerise sucrée, de cassonade, ainsi qu'un discret caractère végétal, d'herbes. Bouche de très bonne matière, soutenue par des tannins fermes, des saveurs de chocolat, d'épices, de goudron, une finale chaleureuse, chocolatée. 
(*** ½ @ **** - mai/10 - Fed)

 

2e VOLET

Verre #1 > Il Marroneto - Madonna delle Grazie       5 votes
Verre #2 > Altesino – Montosoli                                    1 vote
Verre #3 > Nardi – Manachiara                                      8 votes
Verre #4 > Castello di Ama - L'Apparita                     0 votes


Brunello di Montalcino "Madonna delle Grazie" 2004, Marroneto (LCBO 149559 - 79.00$)
Rubis, très bonne saturation. Très joli nez de cerise noire, frais, de belle pureté, avec des nuances cuirées, fumées, viandées, ainsi qu'un caractère terreux, minéral. Bouche de très bonne matière, complète, de bonne structure, avec des tannins fermes, des saveurs de cerise, d'épices, une bonne finale réglissée, minérale, très persistante. Un excellent Brunello!
(**** @ **** ½ - mai/10 - Fed)

Brunello di Montalcino "Montosoli" 2004, Altesino (SAQ 10221683 - 105,00$)
Rubis-grenat, bonne saturation. Plutôt discret, fin, avec des arômes de cerise, de chêne, de tabac blond, une subtile minéralité, de la fraîcheur. Attaque ample, veloutée, tannins fins, très polis, matière élégante, saveurs d'épices, belle minéralité sous-jacente. Un vin qui n'épatera pas la galerie, mais qui possède de l'élégance et une belle profondeur.
(**** - mai/10 - Fed)

Brunello di Montalcino "Manachiara" 2004, Silvio Nardi (SAQ 11062522 - 86,00$)
Rubis, bonne saturation. Discret, avec une douceur boisée, des arômes de chêne, d'épices, du cuir. La bouche est très tendue et un brin sèche à prime abord, il a besoin d'oxygène pour s'assouplir, demeure longiligne mais s'exprime avec plus d'éloquence, chêne, épices, une subtile note de tabac, finale chaleureuse, chocolatée.
(**** - mai/10 - Fed)
 
Merlot "L'Apparita" 2004, Castello di Ama (SAQ 10542541 - 181,00$)
Rubis-pourpre, très bonne saturation. Nez complexe, très profond, avec des arômes boisés, de chêne, légèrement brûlé, fumé, un fruit de mûres et de myrtilles, frais, mûr, des accents d'herbes. La bouche est de grande matière, ample, veloutée, des tannins serrés, fermes, mais fins et parfaitement enrobés, belle mâche en milieu de palais, des saveurs de fruit noir, un caractère légèrement fumé, grillé, de chêne, de charbons, de goudron, avec une longue finale chocolaté. Un vin important mais doté un très bon sens des proportions, qui possède aussi un caractère très toscan. Cher mais très réussi!
(**** @ **** ½ - mai/10 - Fed)

 

 

CR: Sociando vs Lagrange

Question de suivre l'évolution de quelques millésimes bordelais, nous avons dégusté deux verticales comparatives entre deux grands classiques du Médoc: les Châteaux Sociando Mallet et Lagrange.

Nul besoin de rappeler que Sociando Mallet est un simple cru bourgeois mais qu'il n'est pas nouveau à ce genre de comparaison et qu'en dégustation à l'aveugle il tire souvent son épingle du jeu face à des crus classés, comme ce fut encore le cas dans notre comparaison. En effet, au décompte final, Sociando a mérité plus de votes que Lagrange dans trois des quatre volets, ne perdant que sur le millésime '99.

En ce qui concerne les millésimes, parmi les quatre en jeu, c'est le 1995 qui a été voté comme le préféré par une très grande majorité de notre panel.

Le millésime 1994, très classique, affiche encore une austérité un peu dérangeante. Les vins ne montraient aucun signe de fatigue, mais il faut admettre que la verdeur des tannins tarde à se résoudre.

Le millésime 1995, notre grand gagnant, est un autre millésime très classique. Offrant encore une très belle fraîcheur, malgré leurs quinze ans, les vins semblent pouvoir tenir la route pendant encore longtemps.

Le millésime 1999 marquait un net changement de style par rapport aux deux précédents, moins élégants, avec des finales plus chaleureuses, comme si quelque chose avait été forcé dans le processus de vinification.

Les 2003 s'exprimaient assez bien pour des vins d'un millésime aussi atypique, la maturité est importante mais les vins ne manquent pas de fraîcheur.

 

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Millésimes:

2003 – 0 votes
1999 – 2 votes
1995 – 13 votes
1994 – 0 votes
 

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Volet #1 : les 1994
 
Sociando '94 – 8 votes
Lagrange '94 – 7 votes


Haut Médoc 1994, Château Sociando Mallet
Rubis, reflets grenat, très bonne saturation. Discret mélange de cassis, de cuir, de boîte à tabac. La bouche est d'assez bonne matière, des saveurs discrètes de cassis, de prune et de tabac qui lui donnent un profil assez classique,  belle acidité, tannins légèrement astringents, qui cachent un brin de verdeur, finale vaporeuse, persistante, chocolatée.
(*** ½ - avr./10 - Fed)

St. Julien 1994, Château Lagrange
Rubis-grenat, très bonne saturation. Beau caractère terreux, avec des arômes de tabac de Havane, une douceur de cèdre. Attaque ample, fluide, milieu de palais plus serré, tannins astringents, un peu de verdeur, même caractère terreux, tabac, chocolat noir, bonne persistance. AM: jusqu'en 2020+.
(*** ½ - avr./10 - Fed)

 

Volet #2 : les 1995

Sociando '95 – 8 votes
Lagrange '95 – 7 votes


Haut Médoc 1995, Château Sociando Mallet
Rubis, très bonne saturation. Beau nez, très classique, offrant un mélange de cassis, mûr, de belle acidité, aux nuances florales, avec une subtile verdeur. Bouche tendue, de belle acidité, compacte, semble beaucoup moins évoluée que la bouteille dégustée il y a trois ans, trame serrée, assez polie, sans la verdeur du '94, avec une finale, persistante, d'une subtile minéralité.
(**** - avr./10 - Fed)

St. Julien 1995, Château Lagrange
Rubis, très bonne saturation. Nez encore très jeune, cassis, mûr, juteux, myrtilles, sur un fond fumé, minéral, aux nuances légèrement viandées. Belle bouche, matière dense, compacte, tannins fins, serrés, saveurs de cassis, cuir, réglisse, belle acidité, très classique. AM: jusqu'en 2025.
(**** - avr./10 - Fed)

 

Volet #3 : les 1999

Sociando '99 – 4 votes
Lagrange '99 – 9 votes


Haut Médoc 1999, Château Sociando Mallet
Rubis-pourpre, très bonne saturation. Bon nez de cassis et de cerise, de bonne maturité, aux subtiles nuances végétales. Bouche de bonne maturité, dense, assez élégante, avec des saveurs de cassis et de mûres, de cerises noires macérées, finale chocolatée, vaporeuse, persistante. Très réussi pour le millésime.
(*** ½ @ **** - avr./10 - Fed)

St. Julien 1999, Château Lagrange
Rubis, très bonne saturation. Nez légèrement fumé, grillé, des traces de chêne qui dominent un bon caractère de fruit noir, de bonne maturité. Belle bouche, de bonne maturité, matière dense, à la trame serrée, belle mâche, saveurs de cassis, cerise noire sucrée, finale chaleureuse, persistante.
(*** ½ @ **** - avr./10 - Fed)

 

Volet #4 : les 2003

Sociando '03 – 9 votes
Lagrange '03 – 4 votes


St. Julien 2003, Château Lagrange
Rubis, très bonne saturation. Nez très mûr, de sirop de cassis et de mûres, d'une douceur un peu lassante, avec un caractère de lactose plutôt marqué, il s'assagit après une longue aération et gagne des arômes de cerise mûre et de moka beaucoup plus acceptables. Bouche mûre, dense, sirop de cassis, des tannins astringents, fermes, un peu asséchants, le cassis gagne des accents de moka et de chocolat dans la finale persistante de bonne intensité. Il traverse une phase disproportionnée, mais à la base le vin semble très réussi.
(*** ½ @ **** - avr./10 - Fed)

Haut Médoc 2003, Château Sociando Mallet
Pourpre, excellente saturation. Premier nez fumé, viandé, développant des arômes de cassis, une fraîcheur florale, violette, avec des traces de poivron qui lui confèrent un certain classicisme même dans un millésime aussi atypique. Bouche ample, dense, dotée d'une trame tannique assez astringente, belles saveurs de mûres, de cassis, graphitées, minérales, avec une longue finale de chocolat noir. Très belle réussite, assez typé 2003, mais sans en être dénaturé.
(**** - avr./10 - Fed)

 

 

 

avril 01, 2010

CR: Toscane 2006


En plus de nous offrir un aperçu de quelques grands classiques toscans, sur deux millésimes, à distance de dix ans, cette dégustation avait comme but de nous présenter l'excellent millésime 2006 avec des vins de la trempe du Solaia et du Tignanello.

Le premier volet, avec les vins a maturité, a été illuminé par une très belle performance du Cabreo, qui a remporté la grande majorité de votes.

Cette performance s'est presque répétée au deuxième volet, que le Cabreo aurait bien pu remporter n'eut été de la présence d'un des meilleurs Solaia depuis quelques années.

La qualité extrêmement élevée des vins, ainsi que leur homogénéité, nous a permis de conclure que 2006, en Toscane, a donné les meilleurs vins que nous avions eu la chance de goûter depuis longtemps. En fait, depuis toujours!

 

VOLET #1

Tignanello - Antinori           3 votes
Il borgo- Ruffino                 11 votes
Il Blu - La Brancaia              0 votes*


Tignanello 1996, Antinori
Rubis, bonne saturation, reflets grenat. Très fin, offrant de beaux arômes de chocolat, d'épices, avec des nuances de cuir et de poivron. Bouche souple, encore bien serrée, légèrement astringente, de bonne acidité, avec des saveurs discrètes de cuir et de réglisse qui persistent.
(*** ½ - fév./10 - Fed)

Cabreo "Il borgo" 1996, Ruffino
Rubis-grenat, bonne saturation. Bon nez, cuiré, graphité, très à point. Bouche d'assez bonne matière, avec une trame soyeuse, au grain un peu gros, finement astringent, saveurs de prune et de réglisse de bonne persistance.
(*** ½ - fév./10 - Fed)

Brancaia ''Il Blu'' 1996, La Brancaia
Une bouteille probablement en mauvais état. Le vin semble madérisé à prime abord, avec une pointe d'acidité volatile qui s'estompe, laissant des odeurs de sous-bois et de goudron très marquées. La bouche est aussi en mauvais état, anguleuse et manifestement déclinée.
(* - fév./10 - Fed)

 

VOLET #2

Solaia - Antinori                   8 votes
Il Blu - La Brancaia              0 votes
Il borgo - Folonari                6 votes
Tignanello - Antinori            0 votes

 

Solaia 2006, Antinori (SAQ 10821064 - 239,00$)
Rubis-pourpre, très bonne saturation. Superbes notes de fruit noir, mûr, crémeux, frais, avec des subtiles traces boisées, mentholées. Très belle matière fruitée, d'excellente concentration, des saveurs de fruit noir, crémeux, chocolaté, une trame soyeuse, bien enrobée, finale de chocolat noir, amer, aux subtiles nuances épicées. Un grand Solaia, qui rachète amplement la qualité moins que spectaculaire des derniers millésimes.
(**** ½ - fév./10 - Fed)

Brancaia ''Il Blu'' 2006 La Brancaia (SAQ 10769622 - 82,25$)
Rubis-pourpre, très bonne saturation. Très mûr, sirupeux, il possède un caractère très net de liqueur de mûres, de framboise, une superbe maturité de fruit qui est accompagnée d'arômes subtilement herbacés. L'attaque est dense, fluide, élégante, la trame est plus serrée et astringente en milieu de palais, avec une finale chocolatée discrète. C'est très réussi, mais il faudra espérer qu'il gagne du poids en fin de bouche.
(**** - fév./10 - Fed)

Cabreo "Il borgo" 2006, Folonari  (SAQ 10506081 - 55,25$)
Rubis-pourpre, très bonne saturation. Très mûr, crémeux, avec des arômes de fruit noir et d'épices qui possèdent des traces boisées, lactiques, assez nettes. L'attaque est dense, glycérinée, assez souple et sphérique, avec une trame plus astringente en milieu de palais, des saveurs de fruit noir, d'épices, de chocolat noir, de l'amertume et un caractère réglissé s'allongent en finale.
(**** - fév./10 - Fed)

Tignanello 2006, Antinori (SAQ 10820900 - 99,00$)
Rubis-pourpre, très bonne saturation. Beau nez, complexe, offrant des arômes de fruits rouges acidulés, aux nuances de cuir et de cheval, avec des traces boisées subtilement grillées. La bouche est dense, d'une matière glycérinée, dotée d'une trame tannique ferme, serrée, de saveurs de fruit noir, de réglisse et de chocolat qui persistent. Un vin bien construit, qui devrait bien évoluer.  
(**** - fév./10 - Fed)

 

CR: Barolo 2004 - acte II


Un deuxième rendez-vous avec les grands nebbiolos du millésime 2004 qui, cette fois-ci, se concentrait uniquement sur le barolo. Dès notre première analyse (octobre 2009), nous avions pu constater de la qualité de vins de ce millésime, qui offre de très belles réussites, quoique dans l'ensemble il ne soit pas au niveau de 2001.

Le premier volet nous offrait une intéressante comparaison entre deux vins issus du cru "arborina" signés par les frères Renato et Giuliano Corino. Les deux ont totalement dominé le volet et c'est le vin de Giuliano qui a remporté la palme avec une assez bonne marge d'avance.

Le deuxième volet comptait des vins de plusieurs "modernistes" du barolo, dont le cru par excellence de celui qui est peut-être le plus renommé de tous les modernistes, Luciano Sandrone. Son Cannubi Boschis a littéralement éclipsé la compétition au compte des votes, frôlant l'unanimité. Toutefois, il ne faut pas pour autant négliger les très belles réussites des vins de Altare et Azelia.

 

Verre #1- Prunotto – Bussia                                  0 votes
Verre #2 - Massolino – Margheria                         0 votes
Verre #3 - Corino Renato – Vigna Arborina        5 votes
Verre #4 - Corino Giuliano – Vigna Arborina       9 votes


Barolo "Bussia" 2004, Prunotto (SAQ - $71,00)
Rubis, très bonne saturation, reflets grenat. Mûr, avec des arômes de cerise vanillée, de prune fraîche, d'épices, qui développent un caractère mentholé, réglissé, caoutchouteux. La bouche est dense et assez ferme, avec des tannins un brin rugueux qui lui confèrent une belle mâche, viril, cuiré, minéral, presque ferreux, il possède beaucoup de caractère et une discrète finale réglissée. Un assez belle réussite pour ce vin qui me laisse habituellement sur ma soif.
(*** ½ @ **** - fév./10 - Fed)

Barolo "Margheria" 2004, Massolino (LCBO - $89,00)
Rubis, bonne saturation. Nez légèrement douceâtre, avec des arômes de rhubarbe, de prune fraîche, de cuir et d'épices. Bouche assez ample mais peu expressive, avec des tannins assez fermes, plutôt astringents, des accents de tabac, d'épices, dans un ensemble plutôt réticent et aride. Plus qu'une phase fermée on a l'impression d'une œuvre inachevée, mais le temps pourrait me contredire.
(*** - fév./10 - Fed)

Barolo "Vigna Arborina" 2004, Corino Renato (LCBO - $65,00)
Rubis-grenat, très bonne saturation. Très beau nez, profond, racé, minéral, une douceur de prune fraîche, belle maturité, avec une fraîcheur finement mentholée. Belle matière, ample et veloutée à l'attaque, une trame plus serrée et ferme en milieu de plais, belle mâche, avec une finale minérale-réglissée très racée et persistante. Très réussi!
(**** - fév./10 - Fed)

Barolo "Vigna Arborina" 2004, Corino Giuliano (I.P. - $85,00)
Rubis-grenat, très bonne saturation. Discret, fin, assez complexe, offrant un beau mélange de fruit noir et de floral, de minéral et de tabac blond. Attaque de belle densité, trame tannique assez ferme, presque rude en milieu de palais, mais plutôt bien enrobée, les accents réglissés-minéraux persistent dans la finale très racée. Un barolo élégant, moderne mais néanmoins très typé, qui vieillira à merveille!
(**** @ **** ½ - fév./10 - Fed)

 


Verre #1 - Altare – La Morra                             1 vote
Verre #2 - Grasso – Ginestra Casa Maté        0 votes
Verre #3 - Azelia – Bricco Fiasco                     1 vote
Verre #4 - Sandrone – Cannubi Boschis         12 votes


Barolo "La Morra" 2004, Elio Altare (LCBO - $114,00)
Rubis, très bonne saturation. Très beau nez, profond, complexe, très frais, avec des arômes de sous-bois, de minéral et de menthol, un fruit de cerises noires macérées, auquel se mêle un caractère d'anis et de réglisse pure. Bouche très ample, dotée d'un superbe fruit de sirop de cerise noire, des tannins fermes, bien enrobés, une longue finale chaleureuse de chocolat noir. Une grande réussite! Si son vin de base donne ça, j'ose à peine imaginer ce que doivent être ses crus.
(**** @ **** ½ - fév./10 - Fed)

Barolo "Ginestra Casa Maté" 2004, Elio Grasso (LCBO - $94,00)
Rubis, bonne saturation. Plutôt fermé, discret, légèrement boisé, il a besoin d'une éternité pour s'ouvrir, mais il finit par offrir un mélange réticent de cerise mûre, vanillée, réglissée. La bouche est de corps moyen, avec une trame tannique astringente, un peu aride, peu de chair autour de l'os, il semble très fermé et aboutit sur une subtile finale réglissée. Un vin qui pourrait éventuellement donner quelque chose d'intéressant, mais il faudra être patients!
(*** ½ - fév./10 - Fed)

Barolo "Bricco Fiasco" 2004, Azelia (SAQ 10394111 - 96,50$)
Rubis, très bonne saturation. Premier nez irrésistible, un sirop de cerises mûres, très frais, légèrement confit, floral, avec des accents mentholés, presque résineux, il gagne des nuances de mine de plomb qui lui enlèvent un peu d'authenticité mais ça reste un nez de première classe! La bouche est ample, de très bonne matière, avec une structure solide, à la trame serrée, bien enrobée, des saveurs de cerise noire, de prune fraîche, de réglisse, avec une longue finale chaleureuse. Une très grande réussite.
(**** @ **** ½ - fév./10 - Fed)

Barolo "Cannubi Boschis" 2004, Luciano Sandrone (SAQ - $129,00)
Rubis, très bonne saturation. Discret mais profond et très mûr, offrant un caractère de cerises macérées, d'anis, d'épices, avec des traces boisées, légèrement vanillées. La bouche est ample, veloutée, d'une superbe matière à l'attaque, plus ferme en milieu de palais, structurée, des saveurs de cerises macérées, d'anis, de réglisse, qui persistent dans la très longue finale. Un barolo extraordinaire, dans un style très moderne mais harmonieux et soyeux.
(**** ½ - fév./10 - Fed)


 

CR: Châteauneuf du Pape 2006


Cette évaluation de la vendange 2006 en châteauneuf du pape, repartie sur deux volets, avec certains des meilleurs vins du millésime, nous a permis de constater de l'excellente harmonie des vins, de leur élégance, même pour les exemplaires plus puissants, ainsi que de la finesse de leurs structures. 

Le premier volet était remarquable pour la qualité et l'homogénéité des vins qui, toutefois, semblaient ne pas être au maximum de leur expressivité. Le plus coté des vins, le Clos des Papes, a encore une fois fait mouche! Pas qu'il soit mauvais, loin de là! Mais on dirait qu'il passe moins bien en dégustation, peut-être en raison de sa souplesse un peu bourguignonne. Bref, le volet a été largement dominé par un vin qui obtient souvent beaucoup de succès auprès de notre panel, le Vieux Donjon.

Autre volet, autre grand flop du vin vedette, le "Deus ex machina" du Clos Saint Jean (99% R.P.), qui n'a obtenu aucun vote de préférence. Le volet a été dominé par la "Cuvée Spéciale" de Tardieu Laurent, quoique les vins de La Janasse, surtout la cuvée "vieilles vignes," étaient tout à fait remarquables par leur profondeur et leur pureté et méritaient, à mon humble avis, quelques votes de plus.

 

Premier volet

Verre #1 – Clos des Papes          2 votes
Verre #2 – Charvin                       0 votes
Verre #3 – Tardieu-Laurent       1 vote
Verre #4 – Vieux Donjon            11 votes


Châteauneuf du Pape 2006, Clos des Papes
Rubis-pourpre, très bonne saturation. Très beau nez de kirsch, d'épices, d'herbes. Bouche ample, de bonne matière, glycérinée et savoureuse, assez sphérique et plutôt accessible, avec une trame bien enrobée qui lui donne juste ce qu'il faut de mâche en milieu de palais, des saveurs de kirsch qui aboutissent en une longue finale, subtilement réglissée. Un vin très réussi, dans le style élégant, presque bourguignon, qui a distingué les Clos des Papes des derniers millésimes.
(**** - jan./10 - Fed)

Châteauneuf du Pape 2006, Domaine Charvin 
Rubis, profond, très bonne saturation. Beau nez, mûr, subtilement viandé, sur un fond de kirsch et d'olive, très caractéristique. Bouche de bonne matière, étonnamment ferme et structurée pour un Charvin, des saveurs de cerise mûre, avec une veine minérale, réglissée qui accompagne le vin jusque dans la longue finale. Excellent!
(**** - jan./10 - Fed)

Châteauneuf du Pape 2006, Tardieu-Laurent
Rubis, bel éclat, bonne saturation. Joli nez de cerise mûre, confite, avec des traces boisées, vanillées, discrètes, mais un brin douceâtres. Bouche mûre, très fruitée, légère astringence en milieu de palais, avec des saveurs de cerise sucrée, de réglisse et de vanille. Dans un style un peu racoleur, mais bien fait.
(*** ½ - jan./10 - Fed)

Châteauneuf du Pape 2006, Le Vieux Donjon
Rubis, très bonne saturation. Beau nez, mûr, avec des arômes de kirsch, d'herbes, d'épices. Bouche tendue, de belle acidité, avec une trame serrée, s'assouplissant rapidement à l'oxygénation, des saveurs de cerise noire, sucrée, juteuse, une finale minérale-réglissée de bonne persistance.
(**** - jan./10 - Fed)


 

Deuxième volet

Verre #1 – Janasse - Chaupin                                4 votes
Verre #2 – Janasse - Vieilles vignes                     2 votes
Verre #3 – Clos St. Jean - Deus Ex Machina       0 votes
Verre #4 – Tardieu - Cuvée spéciale                    8 votes


Châteauneuf du Pape "Chaupin" 2006, La Janasse
Pourpre, très bonne saturation. Mûr, profond, discret, avec des arômes de cerise très mûre, aux nuances d'épices et de cola. Bouche de grande ampleur, dense, glycérinée, aux saveurs de kirsch, d'épices, une liqueur de cerise noire en milieu de palais, où les tannins mûrs se resserrent un peu, avec une finale chaleureuse qui persiste. Très généreux.
(**** - jan./10 - Fed)

Châteauneuf du Pape "Vieilles vignes" 2006, La Janasse
Pourpre, très bonne saturation. Beau nez, mûr, profond, avec des arômes de liqueur de cerise, d'épices, d'herbes, avec un caractère minéral qui évoque l'asphalte. Bouche de grande ampleur, dense, glycérinée, très mûre, avec un caractère de liqueur de cerise noire, aux nuances d'épices, d'herbes provençales, des tannins mûrs, fournissant une fine astringence, une très longue finale, subtilement réglissée, aux relents de cerise noire. Un châteauneuf pur, profond et voluptueux!
(**** @ **** ½ - jan./10 - Fed)

Châteauneuf du Pape "Deux Ex Machina" 2006, Clos Saint Jean
Rubis, terne, très bonne saturation. Profond, mûr, avec des arômes de prune fraîche, sucrée, de cerise et d'herbes, avec des subtiles traces vanillées. Bouche ample, dense, très charnue, glycérinée, épicée, un brin alcooleuse, avec un mélange de cerise et de prune fraîche, des tannins légèrement astringents et une finale chaleureuse. Un vin réussi, mais nettement moins impressionnant que certains critiques le laissaient entendre.
(*** ½ @ **** - jan./10 - Fed)

Châteauneuf du Pape "Cuvée spéciale" 2006, Tardieu-Laurent
Rubis, très bonne saturation. Bon nez de prune fraîche, mûre, sucrée, enrobée de nuances de croûte de pain et de vanille. La bouche est ample, charnue, de belle matière, plutôt sphérique, avec des saveurs de cerise, subtilement vanillées, finale légèrement alcooleuse, persistante.
(**** - jan./10 - Fed)


 

CR: Espagne


Trois volets couvrant autant de millésimes récents, question de remettre nos papilles à l'heure avec ce qui se fait de mieux en Espagne de nos jours.

La première conclusion est la plus facile: les producteurs espagnols semblent tous avoir épousé un style plus moderne, basé sur des vins plus colorés, plus mûrs et plus riches. Un style qui, surtout dans une région comme la Rioja, est en direct contraste avec ce qui se faisait dans le passé. Toutefois, à part un brin de nostalgie, notre panel a du convenir du fait que la qualité des vins était remarquable et très homogène.

Chaque volet a été dominé par un vin. Toutefois, dans aucun cas il y a eu de vins qui défiguraient face à la concurrence, même quand la différence de prix entre un vin et l'autre allait du simple au double, voir même au triple!

Quant aux millésimes, on a eu des très beaux vins dans les trois volets, mais la qualité et l'homogénéité du dernier trio donne un net avantage aux 2004.

Vous trouverez ci-bas les résultats de la dégustation, ainsi que mes notes sur les vins.

 

Volet #1

Bodegas Los Astrales - Astrales              1 vote
Conte Delgado y otros  - Neo                    6 votes
Palacios - Moncerbal                                   9 votes


Ribera del Duero Astrales 2006, Bodegas Los Astrales (SAQ 11012429 - 52,50$)
Rubis-pourpre, très bonne saturation. Boisé, finement fumé, aux nuances de moka, sur un fond de prune fraîche et de fruits noirs. La bouche est ample et de bonne matière, dense mais d'une belle fluidité, avec des tannins légèrement astringents en milieu de palais, bonne acidité, avec des saveurs de prune et de chocolat qui persistent dans la bonne finale.
(*** ½ @ **** - nov./09 - Fed)

Ribera del Duero Neo 2006, Conte Delgado y otros  (SAQ 11012120 - 47,75$)
Rubis-pourpre, très bonne saturation. Premier nez plutôt fumé, aux nuances d'encens, très discrètement sulfureux, sur un fond de fruits noirs acidulés, de prune et de moka. Bouche de très bonne matière, ample, dense, soutenu par une structure assez ferme mais bien enrobée, avec des saveurs de fruits noirs qui s'allongent en une très bonne finale aux relents minéraux.
(**** - nov./09 - Fed)

Bierzo Corullòn "Moncerbal" 2006, Desciendentes J. Palacios (SAQ 11100277 - 108,00$)
Rubis-pourpre, très bonne saturation, auréole translucide. Le nez est une explosion d'arômes épicés, aux nuances de poivre frais moulu, qui gagnent des parfums floraux exotiques, sur un fond de fruits noirs, mûrs, crémeux, chocolatés. La bouche est très dense, d'une matière mûre, riche, presque sucrée, mais parfaitement harmonieuse, même en considérant la chaleur de ses 16,5 degrés d'alcool, la structure est si bien enrobée qu'on la perçoit à peine, la concentration des saveurs est excellente, avec des accents de mûres et de chocolat fondant, s'allongeant en une finale de grande longueur. L'exubérance du nez pourrait devenir lassante et la souplesse de sa structure pourrait ne pas être idéale pour la longue garde, mais il y a beaucoup de facteurs qui font de ce Moncerbal un vin de grande envergure.
(**** @ **** ½ - nov./09 - Fed)

 

Volet #2

Cellier Melis - Melis                      1 vote    
Finca Villacreces                          2 votes
Finca Allende - Calvario             13 votes


Priorat Melis 2005, Cellier Melis (SAQ 10974116 - 136,00$)
Rubis-pourpre, très bonne saturation. Joli nez de kirsch, d'épices et d'herbes aromatiques, très frais, avec des nuances alcooleuses, un brin chimiques. Bouche assez puissante, légèrement alcooleuse, tannins serrés, sans dureté, avec des saveurs de cerise et de réglisse, presque de goudron, s'allongeant dans la longue finale aux relents reglissés.
(*** ½ @ **** - nov./09 - Fed)

Ribera del Duero 2005, Finca Villacreces (SAQ - 44,00$)
Rubis-pourpre, très bonne saturation. Profond, aux arômes de prune et de pain aux raisins, sur un fond minéral qui lui donne un air assez sérieux. Bouche ample, dense, assez fluide, tannins fins, bien enveloppés, assez élégant, réglissé, minéral, persistant. Il s'assouplit assez rapidement dans le verre, ce qui semble indiquer qu'il sera accessible relativement jeune.
(*** ½ - nov./09 - Fed)

Rioja Calvario 2005, Finca Allende (SAQ 11031056 - 137,25$)
Pourpre, très bonne saturation. Très beau nez, profond mais d'une belle fraîcheur, offrant des arômes fruits noirs, auxquels s'entremêlent des nuances graphitées, de mine de plomb, de cola. La bouche est ample, veloutée, d'une très belle matière, élégante et de bonne fraîcheur, avec des saveurs de liqueur de cerise, de fruits noirs, aux traces de graphite et de cola, trame serrée, de bonne finesse, avec des saveurs de fruits noirs et de minéral qui persistent dans la longue finale. Très cher, mais franchement superbe!
(**** @ **** ½ - nov./09 - Fed)

 


Volet #3

Bodegas Lan - Culmen              6 votes
Bodegas Roda - Roda I            0 votes
Domaine Ygay - Dalmau         10 votes


Rioja Culmen 2004, Bodegas Lan (SAQ 88,00$)
L'assemblage de ce vin comprend 85 % de tempranillo, 15% de graciano et 5% de mazuelo. J'ai dû vérifier car son nez possédait une note de poivron tellement nette qu'on aurait cru du bordeaux par moment. Rubis-pourpre, de très bonne saturation. Il se présente avec un nez d'une fraîcheur très agréable, aux nuances de poivron  et de fruits noirs, très purs et crémeux, cassis, cerise noire très mûre, confite, avec des accents de poulailler qui vont et viennent. Belle bouche, ample, dense, mais fluide et très élégante, avec des saveurs de cassis et de cerise noire, d'excellente concentration, souple, harmonieux, long. Dans l'ensemble, ce Culmen possède une fraîcheur, une élégance et un profil aromatique qui le rendent presque bordelais, mais la maturité et l'éclat de son fruit révèlent ses vraies origines. Un vin vraiment très réussi!
(**** @ **** ½ - nov./09 - Fed)

Rioja Reserva Roda I 2004, Bodegas Roda (SAQ 10959194 – 81,25$)
Rubis-pourpre, très bonne saturation. Discrètement boisé, d'une douceur vanillée presque crémeuse, aux nuances de moka, sur un fond très discret de cerise noire et d'épices. Bouche dense, glycérinée, assez élégante, avec une matière fruitée d'excellente concentration, aux relents de moka, d'épices et de graphite, tannins finement astringents, longue finale. Un vin très complet.
(**** - nov./09 - Fed)

Rioja Dalmau 2004, Domaine Ygay (SAQ 11169881 - 109,00$)
Rubis-pourpre, très bonne saturation. Beau nez, racé, profond, offrant des arômes épicés, subtilement boisés, sur un fond de cerise noire et de prune. La bouche est dense, glycérinée, plutôt élégante, avec des tannins légèrement astringents, des saveurs de prune fraîche et d'épices, très bonne concentration et persistance. Un vin de facture moderne, qui n'a pas complètement oublié ses traditions.
(**** - nov./09 - Fed)


 

CR: Bourgogne 2006 blancs et rouges


Cette dégustation était notre dernière évaluation du millésime 2006, qui nous avait déjà séduit à quelques reprises dans le passé, plus avec ses blancs qu'avec ses rouges. Les deux couleurs étaient sur la table, question de confirmer nos premières impressions et de suivre leur évolution plus d'un an après notre premier impact avec ces vins.

Les blancs se sont montrés encore une fois très mûrs et séduisants, mais plusieurs dégustateurs ont remarqué qu'il semblent avoir gagné un caractère plus sucré, un aspect que les vins dégustés l'an dernier ne montraient pas. Un vin a nettement dominé le volet: le splendide Meursault "les poruzots" de Henri Boillot.

Les rouges offerts en dégustation venaient uniquement de la Côte de Nuits (les 2006 de Beaune dégustés l'an dernier ne nous avaient pas trop convaincus) et comprenaient trois vins classés grand cru, qui avaient la tâche, apparemment facile, de défendre leur rang devant un simple vin de village. Ce n'est pas la première fois que le pedigree de grands vins est remis en question pas une dégustation à l'aveugle et ce n'est pas la première fois, non plus, que le vin de rang inférieur surprend tout le monde en remportant la dégustation. J'imagine qu'il ne faudrait même pas trop s'étonner du fait que la victoire fut si écrasante! En effet, le Gevrey Chambertin vieilles vignes de Mortet a remporté autant de votes que les autres trois vins réunis! Il faut quand même souligner que, malgré leur statut différent, l'écart de prix entre les quatre vins est relativement négligeable. Aussi, personnellement, je serais plutôt propice à investir sur l'excellent Chambertin de Rossignol Trapet qui, dans cette dégustation, a probablement été pénalisé par sa sévérité de jeunesse, mais devrait toutefois réserver de très belles satisfactions dans le futur.

Bref, vous trouverez ci-bas les résultats de la dégustation, ainsi que mes notes sur les vins.

 

en blanc

Verre #1 – Gagnard - Chassagne "les caillerets"                  1 vote
Verre #2 – Déleger - Chassagne "en remilly"                       4 votes
Verre #3 – Grivault - Meursault "Clos des Perrières"         1 vote
Verre #4 – Boillot - Meursault "les Poruzots"                       8 votes


Chassagne Montrachet 1er cru "les caillerets" 2006, J. N. Gagnard  LCBO - 97,00$
Belle robe dorée. Nez intense, chimique, avec des arômes de banane mûre, de sucre brun, aux nuances résineuses. Bouche ample, très mûre, dense et d'excellente concentration, avec un profil plutôt exotique, d'ananas mûr, aux relents de cassonade, d'épices et de pain grillé, qui évoquent certains rhums bruns, aboutissant en une finale brûlante, très alcooleuse. Un vin atypique et un brin disjoncté. À ce prix, je passe sans hésiter!
(*** - nov./09 - Fed)

Chassagne Montrachet 1er cru "en remilly" 2006, Colin Deleger  (LCBO 110536 - 99,00$)
Robe dorée aux reflets verdâtres. Finement boisé, aux nuances de vanille, de limette, de fleurs et de feuillus, sur un fond minéral assez distingué. Ample, pur, de belle fraîcheur, avec des saveurs de fruits blancs et une minéralité persistante. Dommage que la fin de bouche soit un peu douceâtre et molle.
(*** ½ - nov./09 - Fed)

Meursault 1er cru "Clos des Perrières" 2006, Grivault (SAQ 713727  - 99,00 $)
Rube cristalline, aux reflets verdâtres. Très pur, avec des arômes très subtils de champignons shiitakes, sur un fond minéral, fumé, salin, développant des arômes d'agrumes confits après une certaine oxygénation. Bouche ample, onctueuse, très équilibrée, d'une acidité stimulante en avant palais, étalant  une très belle maturité de fruit, un brin sucré et chaleureux en fin de bouche.
(*** ½ - nov./09 - Fed)

Meursault 1er cru "les Poruzots" 2006, Henri Boillot LCBO 110551 - 129,00$)
Robe dorée, assez soutenue. Magnifique nez, d'un boisé somptueux, très raffiné, parfaitement dosé, avec des arômes fumés, de pierre à fusil, des nuances délectables de crème de citron et d'amande grillée; il se fait de plus en plus minéral en évoluant dans le verre, manifestant ainsi toute sa race. La bouche est ample, soutenue par une acidité vibrante, qui lui confère beaucoup de définition et de fraîcheur, les saveurs d'agrumes s'adoucissent de relents vanillés sans jamais tomber dans les excès de flatterie, aboutissant en une finale minérale de belle précision. Ça commence à être cher pour un premier cru, mais c'est du grand bourgogne!
(**** ½ - nov./09 - Fed)

 

en rouge

Verre #1 - Château de la Tour - Clos de Vougeot v.v.            4 votes
Verre #2 - Armand Rousseau - Clos de la Roche                     1 vote
Verre #3 - Rossignol Trapet – Chambertin                               2 votes
Verre #4 - Denis Mortet  - Gevrey Chambertin v. v.              7 votes

 

Clos de Vougeot vieilles vignes grand cru 2006, Château de La Tour LCBO 702316 - 165,00$
Rubis, profond, bonne saturation. Très beau nez, parfumé, fin, offrant des arômes d'épices fines, de poivre blanc, de bois de santal, avec des nuances boisées plus sucrées, sur un fond minéral. La bouche est de corps moyen, avec une trame serrée, aux tannins fins, légèrement astringents, aboutissant en une bonne finale minérale. Les limites du millésime sont perceptibles, mais ça reste un très beau bourgogne.
(**** - nov./09 - Fed)

Clos de la Roche grand cru 2006, Armand Rousseau LCBO - 139,00$
Rubis, bonne saturation. Nez plutôt discret, offrant un mélange de cerise sucrée et d'arômes boisés plutôt doux, aux relents de cassonade. La bouche est de corps léger à moyen, tout en finesse et en subtilité, fluide, avec une délicate astringence sur le palais et une finale très subtile aux relents de cerise de terre. Élégant, mais il faut espérer qu'il mettra un peu plus de poids en vieillissant!
(*** ½ @ **** - nov./09 - Fed)

Chambertin grand cru 2006, Rossignol Trapet SAQ 11029811 - 164,00$
Rubis, profond, bonne saturation. Beau nez, bien boisé, mêlant des arômes de mine de plomb à des nuances florales et poivrées, avec des traits plus masculins de bacon et de menthol; un ténor, mais avec de la finesse. La bouche fait preuve d'un peu plus de rudesse, animée par une acidité soutenue et une trame tannique ferme et astringente, ainsi qu'une amertume qui semble venir d'une certaine verdeur, éléments qui vont exiger de la patience de la part de ceux qui possèdent de ce vin. La belle finale minérale, aux relents de cerise acidulée, est une sorte de réconciliation après la sévérité du milieu de palais et laisse un solide gage d'espoir pour le futur.
(**** @ **** ½ - nov./09 - Fed)

Gevrey Chambertin vieilles vignes 2006, Denis Mortet  (SAQ 10953121 - 137,75$)
Rubis-pourpre, très bonne saturation. Nez fermé, un peu unidimensionnel, avec des notes de framboises, mûres, sur un fond minéral, il évolue vers la prune. La bouche est ample, mûre, d'une matière enviable pour un 2006, assez plein, avec des tannins légèrement mordants, des saveurs de cerise sucrée, d'épices, avec des traces minérales qui persistent. Ce sera sûrement très intéressant un fois qu'il aura atteint sa pleine maturité.
(**** - nov./09 - Fed)

 

mars 31, 2010

CR: Bordeaux 2006


C'est une tâche ingrate que de suivre un millésime de la trempe de 2005!  La vendange de 2006, à Bordeaux, a beau avoir été sauvée par des belles périodes de chaleur au mois de septembre, il reste que le résultat est loin de la qualité que nous offrait le millésime précédent. Les vins, même ceux qui semblent les plus complets, ne possèdent pas la profondeur des meilleurs millésimes.

Dans la sélection qui nous était proposée, c'est le dernier trio, avec les vins de Saint Julien, Pauillac et Saint Estèphe, qui semblait contenir les propositions les plus complètes en termes de plénitude de matière, de structure et de potentiel de garde. Aussi, il me semble opportun de mentionner la sensation de fatigue du palais que j'ai ressenti à la fin de la dégustation. C'est un symptôme qui se présente à l'occurrence quand on tombe sur des vins acidifiés. 

Dans le premier volet, que plusieurs ont qualifié comme le plus faible de la soirée, une majorité des voix s'est exprimée en faveur du vin de La Dominique, assez flatteur, tout comme celui de Figeac, mais peut-être un peu plus expressif pour le moment.

Le deuxième volet semblait placer la barre nettement plus haut, avec des maturités plus achevées, de l'ampleur et plus de profondeur dans les arômes et les saveurs. Une majorité encore plus nette s'est exprimée en faveur du vin de Malescot St. Exupéry, un margaux complet et structuré, qui sera de très bonne garde.

Quoique certains membres de notre panel de dégustation ont exprimé une préférence pour les vins du deuxième volet, je me joins à la majorité qui a été mieux comblée par les vins du dernier trio, plus particulièrement par les deux bijoux de la dégustation: Pichon Baron et Léoville Barton. C'est le dernier des deux, un Barton de qualité exceptionnelle, encore, qui a remporté le volet. Il a été suivi de près par le pauillac (une autre grande réussite) et par un Calon Ségur, très classique et définitivement réussi mais qui ne pouvait s'exprimer favorablement face à une compétition aussi acharnée.

 

1er volet

Verre #1 - La Magdelaine     4 votes
Verre #2 -  Figeac                   2 votes
Verre #3 - La Dominique      7 votes

St. Émilion 2006, Château La Magdelaine – $79,00
Rubis, bonne saturation. Discret, arômes de cerise sucrée, presque confite, de plus en plus chocolaté en évoluant dans le verre. Attaque souple, veloutée, bouche de corps moyen, tannins finement astringents, milieu de palais de concentration moyenne, avec des saveurs chocolatées qui persistent en finale. Ce n'est pas mauvais, mais c'est un peu trop "middle of the road" pour un vin de ce prix.
(*** ½ - oct./09 - Fed)

St. Émilion 2006, Château Figeac  -  $139,00
Rubis-pourpre, très bonne saturation. Joli nez, discret mais mûr, exprimant des arômes de fruits noirs, doux, presque confits, aux nuances florales, avec des traces boisées subtiles qui se manifestent après une brève évolution dans le verre. La bouche possède une belle densité, avec une matière veloutée, des tannins serrés, bien enveloppés, des saveurs de fruit noir, aux accents graphités, bonne finale de fruit noir. Un Figeac élégant et complet, faisant preuve de plus de plénitude et de fruit que les autres Saint Émilion de ce volet. Belle réussite.
(**** - oct./09 - Fed)

St. Émilion 2006, Château La Dominique  - $59,00
Rubis, très bonne saturation. Premier nez de moka, légèrement grillé, avec une belle fraîcheur florale, et des notes minérales, graphitées. Bonne matière, chair mûre, des tanins légèrement astringents, des belles saveurs fruitées de prune fraîche et de cerise noire, qui se mêlent à des accents minéraux, cuirés. C'est réussi et un très bel achat pour le prix
(***½ @ **** - oct./09 - Fed)

 

2e volet

Verre #1 - Smith Haut Lafitte           4 votes
Verre #2 - Lascombes                       0 votes
Verre #3 - Malescot St. Exupéry      9 votes


Pessac Léognan 2006, Château Smith Haut Lafitte  -  $79,00
Rubis-pourpre, très bonne saturation. Discret, offrant des notes de moka, discrètement torréfiées, un fruit de cassis et de mûres, aux nuances florales. Ample, dense, doté d'une belle matière, veloutée, savoureuse, à la trame serrée, de bonne concentration, des saveurs de prune fraîche et de minérale, avec une finale crémeuse de chocolat au lait. C'est flatteur, mais il lui manque la profondeur et la complexité qui le distinguent dans les meilleurs millésimes.
(*** ½ @ **** - oct./09 - Fed)

Margaux 2006, Château Lascombes  -  $95,00
Rubis-pourpre, très bonne saturation. Premier nez de fruit noirs, très surs, il gagne des arômes de moka et de chocolat. Bouche dense, assez souple et accessible, tanins fins, légèrement astringents mais bien enveloppés, peu défini mais d'assez bonne concentration, avec une bonne finale chocolatée.
(*** ½ @ **** - oct./09 - Fed)

Margaux 2006, Château Malescot St. Exupéry   - $69,00
Rubis-pourpre, très bonne saturation. Beau nez, avec des arômes de fruits noirs, mûrs, crémeux, liqueur de cassis, traversé par une subtile minéralité, ainsi que par des discrètes traces de moka. Bouche pleine et structurée, tannins solides mais bien enveloppés, bonne concentration, cassis, minéralité, finale persistante. Un vin complet, qui sera de bonne garde.
(**** - oct./09 - Fed)

 

3e volet

Verre #1 - Léoville Barton     7 votes
Verre #2 - Calon Ségur          2 votes
Verre #3 - Pichon Baron       4 votes

 

St. Julien 2006, Château Léoville Barton   - $99,00
Rubis-pourpre, très bonne saturation. Très beau nez, mûr, profond, avec des arômes fruités envoûtants, sirop de cassis, nuances cuirées, minérales, un soupçon de violette qui amène une belle fraîcheur. Bouche dense, droite, structurée, soutenue par des tannins fermes, fins mais astringents, l'acidité lui donne du nerf et de la définition, les saveurs de cassis se fondent dans la longue finale minérale. Une autre belle réussite pour Léoville Barton! Il sera de très longue garde.
(**** @ **** ½ - oct./09 - Fed)

St. Estèphe 2006, Château Calon Ségur  -  $82,00
Rubis-pourpre, très bonne saturation. Beau nez, mêlant des arômes de cassis et de kirsch à des discrètes nuances de moka, d'épices et de cuir. Bouche de structure très classique, longiligne, de bonne acidité, aux tannins fins, mûrs, des saveurs de cassis acidulé, finement épicées. Un bordeaux très classique et élégant.
(**** - oct./09 - Fed)

Pauillac 2006, Château Pichon Baron   - $135,00
Rubis-pourpre, très bonne saturation. Splendide nez, profond, minéral, avec des traces boisées, graphitées, qui donnent des nuances de mine de plomb et de fumé aux arômes de liqueur de cassis, pour compléter un bouquet très pauillacquais. La bouche est de bonne matière, structurée, droite, d'une très belle fraîcheur de fruit, saveurs minérales, de cassis acidulé, tannins fins, nobles, longue finale minérale aux nuances de chocolat noir. C'est une superbe réussite, même s'il me laisse l'impression qu'il lui manque quelque chose pour être à la hauteur des meilleurs millésimes de ce cru.
(**** @ **** ½ - oct./09 - Fed)


 

CR: Barolo et Barbaresco 2004

Une dégustation sur deux volets, visant à couvrir les deux grandes DOCG des Langhe, dans un millésime qui s'avère plein de très belles réussites pour cette région!  Dans la hiérarchie des 10 derniers millésimes, une période très faste pour le Piémont, 2004 n'est devancé que par des très grandes réussites comme 1996, 1999 et 2001 et arrive facilement à la hauteur de millésimes jouissant (plus ou moins justement) d'une excellente réputation, comme 2000 et 1997.

Le premier volet nous a offert un aperçu du grand potentiel des meilleurs barbaresco, des vins complets et bien structurés, mais sans la sévérité tannique des barolos du même millésime. La course a été serrée entre le "Bric Balin" de Moccagatta et le "Il bricco" de Pio Cesare, tous deux déclassant de peu un Gaja magistralement vinifié.

Le deuxième volet nous a confirmé, une fois de plus, la raison pour laquelle on dit que le barbaresco est la version féminine du barolo. La différence en terme de structure était nette, tout comme l'était la virilité du profil aromatique des vins. Le vote a été partagé entre les crus "Marenca" de Pira (une très belle brute) et "Ornato" de Pio Cesare (d'une pureté de fruit extraordinaire), producteur dont il faut absolument souligner l'excellent travail accompli depuis quelques millésimes.

Ci bas, les résultats des votes de notre panel, ainsi que mes notes de dégustation.


1er Volet

Verre 1   Paitin – Sorì Paitin                 1 vote
Verre 2   Moccagatta – Bric Balin       6 votes
Verre 3   Gaja – Barbaresco                 3 votes
Verre 4   Pio Cesare – Il Bricco            5 votes


Barbaresco "Sorì Paitin" 2004, Paitin  (LCBO 106591 - 65,00$)
Rubis, bonne saturation. Profond, terreux, offrant des notes de tabac, de réglisse, sur un fond de prunes sucrées, d'anis, de menthol. Belle attaque, bonne densité, milieu de palais ferme, tannique, astringent, terreux, plutôt barolèsque, avec une longue finale réglissée.
(*** ½ @ **** - oct./09 - Fed)

Barbaresco "Bric Balin" 2004, Moccagatta  (LCBO 51219 - 62,50)
Rubis, bonne saturation, reflets grenat. Bon nez, profond, balsamique, réglissé, avec un fruit évoquant le sirop de cerises, des nuances de tabac, un brin vanillé. Belle attaque, ample, bonne matière fruitée, dense, juteuse, acidulée, aux relents balsamiques, tannins fermes, très longue finale réglissée. Un barbaresco très réussi! Une aubaine à ce prix.
(**** - oct./09 - Fed)

Barbaresco 2004, Gaja (SAQ 724 385 - 266,00$)
Rubis, très bonne saturation. Discret, d'un boisé très subtil, qui se fond dans les arômes chocolatés, aux nuances de cerise mûre et d'épices. Ce qui distingue réellement ce vin du reste du lot est la magnifique finesse de sa matière, sa trame aérienne, parfaitement polie, d'une harmonie stupéfiante dans un si jeune barbaresco, surtout si on considère le volume de sa matière; sa longue finale d'épices et de chocolat au lait est un gage ultérieur de la grande qualité de ce vin. Un chef-d'œuvre de vinification, un vin suave et complet, qui vivra très longtemps.
(**** @ **** ½ - oct./09 - Fed)

Barbaresco "Il Bricco" 2004, Pio Cesare  (SAQ 11054231 - 87,00$)
Rubis, très bonne saturation. Premier nez plutôt, minéral, austère, il s'ouvre assez rapidement, évoluant vers des notes de cerise sucrée, aux nuances florales et de moka. La bouche est dense, compacte, assez tannique, avec une structure plutôt bien enveloppée par la matière, des saveurs de cerise noire et de prune fraîche, longue finale réglissée.
(**** - oct./09 - Fed)

 

2e Volet

Verre 1  Chiarlo – Cerequio                     1 vote
Verre 2  Gabutti – Serralunga d'Alba     0 votes
Verre 3  Pira – Marenca                           7 votes
Verre 4  Pio Cesare – Ornato                   7 votes

 

Barolo "Cerequio" 2004, Michele Chiarlo (SAQ 10221579 - 74,00$)
Rubis, très bonne saturation, reflets grenat. Fin, fumé, terreux, des notes boisées très subtiles se mêlent à un fruit un peu douceâtre de cerise et de rhubarbe, avec des nuances épicées et d'anis. La bouche est puissante, un brin alcoleuse, un peu légère en milieu de palais, des tannins fermes, astringents, une bonne finale réglissée, avec des relents de chocolat noir qui persistent.
(*** ½ @ **** - oct./09 - Fed)

Barolo "Serralunga d'Alba" 2004, Boasso - Gabutti (SAQ 109116 - 42,00$)
Rubis, très bonne saturation. Bon nez de cerises macérées, douces, sucrées, de fleurs des champs, d'épices et d'anis, avec quelque chose de chimique qui évoque le vernis à ongles. L'attaque est assez dense, la trame serrée, astringente, de bonne mâche, puissant, épicé, avec une bonne finale.
(*** ½ @ **** - oct./09 - Fed)

Barolo "Vigna Marenca" 2004, Luigi Pira (SAQ 10957009 - 89,25$)
Rubis-grenat, profond, très bonne saturation. Beau nez, très frais, minéral, cuiré, aux nuances de moka et de tabac. La bouche est massive, dotée d'une structure tannique très sévère, abrasive, qui assèche le palais avant d'aboutir en une longue finale minérale. Un vin imposant, viril, d'une grande profondeur. Un barolo fascinant, avec lequel il vous faudra être très patients. 
(**** @ **** ½ - oct./09 - Fed)

Barolo "Ornato" 2004, Pio Cesare (SAQ 10271146 - 96,00)
Rubis, très bonne saturation. Nez discret, parfois évasif, dans lequel on décèle des notes de mûres et d'épices, qui se mêlent à un boisé fin, très subtil. La bouche nous amène à un niveau supérieur, l'attaque est dense, la matière est profonde et multidimensionnelle, laissant découvrir des étages fruités insoupçonnables, avec une grande pureté de fruit, des saveurs de myrtilles, de cerise noire, des accents floraux, très expansif en milieu de palais, avec une structure quand même ferme et serrée et une longue finale minérale. Un vin très complet, une grande réussite.
(**** @ **** ½ - oct./09 - Fed)

 

février 23, 2010

CR: Châteauneuf du Pape 2005

 

Nous avions déjà eu un premier impact très positif avec les châteauneufs du millésime 2005 en mars dernier, alors que notre panel avait été littéralement renversé par une cuvée "Deus Ex-machina" (Clos St. Jean) presque parfaite!  Ce deuxième rendez-vous avait donc la tâche de confirmer la qualité du millésime dans cette grande appellation rhodanienne. Et les attentes n'ont pas été déçues! La maturité, la densité des matières, la profondeur des vins, étaient dans tous les cas dignes des meilleurs millésimes. Il faut aussi souligner que, heureusement, l'harmonie des vins était rarement affectée par des excès de chaleur alcoolique.

Dès le premier volet, des vins comme Pégau, Clos des Papes et la cuvée "les quartz" du Domaine de Caillou plaçaient la barre bien haute! Le grand gagnant du volet, a été le Pégau, un vin flatteur et très complet, qui a jouit de l'avantage d'être dégusté à un moment favorable par rapport à un ténor beaucoup plus profond et imposant comme "les quartz." Clos des Papes, complexe et très sphérique, n'a pas fait l'unanimité mais il a ravi plusieurs dégustateurs. Le Mont Redon, peut-être un peu trop vanillé et flatteur en ce moment, a souffert de la comparaison avec des vins plus complets.

Les vins du deuxième volet se sont révélés un peu plus exigeants à déguster, avec des matières plus chargées et une chaleur parfois un peu plus marquée. La cuvée vieilles vignes de Tardieu Laurent a remporté le volet haut la main, grâce à son boisé fin et son fruité pur, qui lui auront  permis de laisser les autres vins loin derrière.

Vous trouverez les notes et les résultats de la dégustation ci-bas.

  

1er volet

Vin #1    Domaine Pégau  - "cuvée réservée"      12 votes
Vin #2    Domaine du Caillou -  "les quartz"           0 votes
Vin #3    Mont Redon                                                    0 votes
Vin #4    Clos des Papes                                              2 votes

 

Châteauneuf du Pape "Cuvée Réservée" 2005, Domaine du Pégau

Rubis, très bonne saturation. Fermé, il a besoin d'oxygène, les notes d'olive noire, de cuir et d'animal, gagnent alors des nuances graphitées et de pain grillé. La bouche est de corps moyen, assez souple, d'une belle matière fruitée, aux saveurs de mûres et de framboise, des relents épicés, les tannins se referment en arrière-palais, fine astringence, une finale chaleureuse, finement réglissée. Très bien fait.
(**** - sept./09 - Fed)

Châteauneuf du Pape "les quartz" 2005, Domaine du Caillou

Rubis-pourpre, excellente saturation. Très profond, offrant des notes de réglisse noire, d'asphalte, de prune très mûre, en évoluant, des odeurs de vernis à ongle s'y ajoutent après une longue oxygénation. La boche est dense, massive, compacte, avec des tannins serrés, mûrs, une présence beaucoup plus harmonieuse et élégante que le nez et la robe l'auraient laissé soupçonner, prune fraîche, myrtilles, chocolat crémeux, long. Un vin massif, mais étonnamment accessible. AM: jusqu'en 2020.
(**** @ **** ½ - sept./09 - Fed)

Châteauneuf du Pape 2005, Mont Redon

Rubis, très bonne saturation. Doux, mûr, dominé par des arômes vanillés assez nets, finement épicés, sur un fond de cerise mûre. Bouche très souple, bien fruitée, une matière assez glycérinée enrobe des tannins mûrs, avec des saveurs assez pures de cerise sucrée, finale de bonne fraîcheur, assez persistante. Un vin très sphérique et dodu.
(*** ½ - sept./09 - Fed)

Châteauneuf du Pape 2005, Clos des Papes

Rubis, très bonne saturation. Beau nez, subtil, assez complexe, offrant des notes d'olive, de fleurs des champs, aux nuances provençales, de bonne fraîcheur. La bouche est dense, glycérinée, avec des saveurs de cerise bien mûre, sucrée, aux relents d'épices. Plein, harmonieux et long. Il est étonnamment accessible, mais ça ne devrait pas lui empêcher de vieillir.
(**** - sept./09 - Fed)

 

2e volet

Vin #1    Tardieu-Laurent  - "vieilles vignes"                11 votes               
Vin #2    Domaine de Beaurenard  - "boisrenard"       3 votes
Vin #3    Cuvée du Vatican - "Réserve Sixtine"            0 votes
Vin #4    Domaine Cristia  - "vieilles vignes"                 0 votes  

 

Châteauneuf du Pape "vieilles vignes" 2005, Tardieu-Laurent

Produit à partir de vignes de grenache âgées d'entre 70 et 100 ans. Rubis-pourpre, très bonne saturation. Beau nez, marqué par un boisé fin, aux traces de mine de plomb et d'aneth, sur un fond de cerise mûre, crémeuse. La bouche est plutôt puissante, alcooleuse, d'une belle matière fruitée, dense, de bonne concentration, aux saveurs de prune et de cerise noire, ainsi que d'un fin boisé, terminant en une longue finale chaleureuse.
(**** - sept./09 - Fed)

Châteauneuf du Pape "boisrenard" 2005, Domaine de Beaurenard

Pourpre, très bonne saturation. Beau nez, pur, crémeux, aux arômes de cerise et de prune fraîche, belle pureté de fruit. Bouche dense, veloutée, d'excellente concentration, les saveurs de peau de cerise et de mûres sont d'une très belle pureté, la fermeté des tannins se manifeste en arrière-palais, longue finale de fruit noir et de réglisse. Très réussi!
(**** @ **** ½ - sept./09 - Fed)

Châteauneuf du Pape "Réserve Sixtine" 2005, Cuvée du Vatican

Rubis-pourpre, très bonne saturation. Premier nez un peu aigre, marqué d'odeurs salines, animales, presque de transpiration, sur un fond de prune mûre et de réglisse. Bouche d'une superbe matière, ample, veloutée, soutenue par une trame tannique plutôt ferme, traversée par une profonde minéralité qui se poursuit dans la longue finale, sur des relents de réglisse et de chocolat noir. Il aura besoin de temps pour mieux s'exprimer, mais c'est un vin très complet, viril et profond.
(****  - sept./09 - Fed)

Châteauneuf du Pape "vieilles vignes" 2005, Domaine Cristia

Une bouteille douteuse, marqué par beaucoup de volatilité, des odeurs de pruneau et de pommes macérées, avec une caractère alcooleux qui rappelle celui de certains rhums agricoles. L'attaque est marquée par des traces de CO2 résiduel, la bouche est ample et savoureuse, beaucoup de fruit noir et de prune, en une finale réglissée. Il faudra goûter une autre bouteille pour avoir l'heure juste.
(n.n.  - sept./09 - Fed)

 

 

mai 03, 2009

CR: Brunello di Montalcino 2004


L'arrivée récente, sur les tablettes de la SAQ, d'une vaste sélection de Brunello di Montalcino de l'excellent millésime 2004, nous a fourni le prétexte pour une très belle dégustation de vins de cette noble appellation toscane.

Noble, certainement! Mais Montalcino a aussi connu son lot de problèmes dans les dernières années. En plus de la piètre qualité des millésimes 2002 et 2003, il ne faut pas oublier le scandale des vins "corrigés" avec des cépages autres que le Sangiovese (ou Brunello, comme on l'appelle à Montalcino) qui est le seul à être autorisé par le disciplinaire de l'appellation.

Bref, l'appellation avait impérativement besoin d'un millésime de qualité pour qu'on puisse recommencer à parler des vins, plutôt que des magouilles de certains producteurs. Le millésime 2004 n'a peut-être pas été le millésime du siècle, mais il a sans doute fourni les bases pour produire des vins de grande qualité.

Les trois vins du premier volet nous ont permis de calibrer nos papilles sur la stature et la dimension de ces vins sans doute complexes, mais aussi jeunes et un peu réticents, ayant un besoin criant d'oxygène afin de pouvoir libérer leurs personnalités. La qualité somme toute homogène des vins n'a pas empêché au Brunello de la maison Val di Suga de s'imposer largement sur les deux autres candidats dans le vote du panel, devançant le Pian delle Vigne de la maison Antinori et laissant loin derrière la cuvée de base de la maison Caparzo.

Dans le deuxième volet nous avons eu droit à deux vins absolument exceptionnels: les cuvées "la casa" de Caparzo et "Tenuta nuova" de Casanova di Neri. La pureté de fruit du premier n'aura pas suffit à rivaliser avec la chatoyante modernité du deuxième qui, agrémenté d'un boisé de première classe, a finit par séduire la majorité des dégustateurs présents.

Chapeau à Giacomo Neri pour ce vin vraiment exceptionnel, peut-être un peu en contraste avec les canons de l'appellation, mais qui est exactement ce dont Montalcino avait besoin pour qu'on puisse recommencer à s'intéresser à ce qu'il y a dans la bouteille!


 

1er volet
Verre no. 1 – Pian delle vigne      4 votes
Verre no. 2 – Caparzo                   0 votes
Verre no. 3 – Val di Suga              7 votes

 

Brunello di Montalcino "Pian delle vigne" 2004, Antinori (SAQ 11097733 - 65,00$)
Rubis, très bonne saturation. Joli nez de cuir, d'épices et d'anis, sur un bon fruit de cerise. La bouche est d'assez bonne matière, avec des tannins assez fins, serrés, légèrement astringents, conférant une belle mâche au milieu de palais, avec une finale de chocolat noir qui persiste. Plutôt réussi.
(*** ½ @ **** - mai/09 - Fed)

Brunello di Montalcino 2004, Caparzo (SAQ 10270178 - 55,00$)
Rubis, très bonne saturation. Nez de chocolat noir aux épices et piment fort, sur un fond de cerise et de noix de grenoble, le fruit gagne en amplitude au fur et à mesure que le vin s'oxygène. Bouche ample, mûre, d'une trame assez serrée, tannins fermes, belle mâche, fruit de cerise, aux accents d'épices et de cuir. Il semble un peu maladroit par moments, peut-être à cause d'un léger manque de finesse, mais la base est solide et il devrait bien évoluer.
(*** ½ - mai/09 - Fed)

Brunello di Montalcino 2004, Val di Suga (SAQ 897017 - 52,00$)
Rubis, bonne saturation, reflets grenat. Premier nez légèrement chimique, aux accents de vernis, avec des traces animales, du cuir et des herbes, dans un ensemble légèrement volatil. Attaque ample, de bonne matière, mûre, presque sucrée, très épicé en milieu de palais, avec un caractère de minéral et de cendres, de bois brûlé, des tannins fermes lui conférant une bonne mâche et une finale de chocolat et de cuir. La bouche est nettement plus intéressante que le nez.
(*** ½ @ **** - mai/09 - Fed)

 

2e volet
Verre no. 1 – Cacci Piccolomini d'Aragona       0 votes
Verre no. 2 – Caparzo "la casa"                          2 votes
Verre no. 3 – Siro Pacenti                                   2 votes
Verre no. 4 – Casanova di Neri                          7 votes

 

Brunello di Montalcino 2004, Ciacci Piccolomini d'Aragona (SAQ 11039349 - 59,00$)
Rubis, très bonne saturation, reflets grenat. De bonne maturité, le nez offre néanmoins des arômes qui semblent déjà indiquer une certaine évolution, avec des notes de prune, de truffe et de cuir qui s'ajoutent à la cerise. La bouche est plutôt épicée, avec des saveurs de prune et de réglisse, dans un style un brin chaleureux et terreux, avec des tannins finement astringents.
(*** ½ - mai/09 - Fed)

Brunello di Montalcino "la casa" 2004, Caparzo (SAQ 11098752 - 93,00$)
Rubis, profond, très bonne saturation. Premier nez discret, d'épices et de musc, il développe par la suite un irrésistible fruité de cerise, mûre, crémeuse, très séduisante, aux nuances d'anis et d'herbes. La bouche est ample, mûre, très dodue et veloutée, avec une trame plus serrée en milieu de palais, de la mâche, beaucoup de finesse et des réserves importantes de fruit, avec des relents de cerise qui s'allongent en finale. Du très beau brunello!
(**** @ **** ½ - mai/09 - Fed)

Brunello di Montalcino 2004, Siro Pacenti (SAQ 10468740 - 95,00$)
Rubis, bel éclat, très bonne saturation. Discret, le nez est terreux, fumé, avec des notes de pain grillé-brûlé et de chocolat. Bouche ample, veloutée, tannins fins, astringents, belle mâche, milieu de palais savoureux, cerise noire, chocolat, épices. Un brunello de bonne maturité, mais qui ne semble pas posséder la définition et la tenue des meilleurs. Toutefois, ce pourrait être seulement un défaut de jeunesse.
(*** ½ - mai/09 - Fed)

Brunello di Montalcino "Tenuta Nuova" 2004, Casanova di Neri (SAQ 10870157 - 70,00$)
Rubis-grenat, très bonne saturation. Très moderne mais avec une indéniable finesse, il offre des arômes boisés qui laissent des traces fumées, aux relents de cola et d'épices. La bouche est ample, serrée, soyeuse, avec une fine astringence, des traces boisées, fumées, de la cerise bien mûre, du chocolat, des épices et une longue finale rassurante qui nous laisse comprendre que la grande qualité de ce vin ne repose pas uniquement sur son beau boisé.
(**** @ **** ½ - mai/09 - Fed)

 

avril 19, 2009

CR: Syrah: du Rhône au Nouveau Monde


Derrière le cabernet sauvignon et le pinot noir, la syrah est le cépage noir qui semble connaître le plus grand succès international, si on en juge à la quantité de cuvées haut de gamme produites dans des pays aussi lointains que l'Australie, la Nouvelle Zélande, l'Afrique du Sud, la Californie, etc.

Pour se faire une idée du travail accompli dans toutes ces régions vinicoles, ainsi que pour évaluer la capacité de la syrah à bien s'exprimer dans autant de climats différents, j'ai réuni une dizaine de vins des quatre coins du monde incluant, bien sûr, quelques classiques de la Vallée du Rhône.

Après un volet d'introduction, qui nous a offert une excellente syrah australienne, produite par le français Dominique Portet (une importation "valise"), nous avons comparé un quatuor de syrah d'origines différentes et bien distinctes.

Ce premier volet a été largement dominé par l'excellente syrah "Homage" du producteur Néo-Zélandais Trinity Hill (8 votes sur 14), un vin d'une grande finesse, aussi bien aromatique que de matière, auquel il ne manque seulement qu'un peu de complexité pour atteindre le niveau des meilleures expressions de la Vallée du Rhône.

Le panel a aussi été séduit par une autre syrah du Nouveau Monde, le shiraz sud-africain du producteur de Trafford: souple, voluptueuse, séduisante et très "nouveau monde" mais avec de l'équilibre. La Côte Rôtie "les essartailles" des Vins de Vienne a réussi à défendre les valeurs plus traditionnelles de la syrah, alors que l'expression californienne du cépage, le "Ulises Valdez Vineyard" de Vice Versa, a eu beaucoup de difficulté à masquer sa chaleur brûlante et sa vigueur de jeunesse, surtout à côté de vins déjà plus acessibles.

Le deuxième volet, réservé aux grands vins de la Vallée du Rhône septentrionale, nous a offert quelques très belles bouteilles. Notamment, la découverte de la soirée, la Côte Rôtie de Michel & Stephane Ogier, très classique et d'une fraîcheur irréprochable, elle a facilement dominé le volet (9 votes sur 14), éclipsant même le mythique Hermitage du domaine Jean Louis Chave, classé deuxième mais très loin derrière.

 

Introduction

Shiraz Heathcote 2005, Dominique Portet
Rubis-pourpre, très bonne saturation. Nez très mûr, offrant des notes de fruits rouges presque sucrés, d'une douceur vanillée, aux nuances de mûres et de fruits sauvages. Belle bouche, d'une très belle fraîcheur pour un vin aussi mûr et dense, très glycériné, débordant de fruit noir, mais plutôt harmonieux dans l'ensemble. Vraiment très réussi!
(*** ½ @ **** - avr./09 - Fed)  

Syrah Russian river valley "Saralee's vineyard" 2002, Arrowood
Rubis-grenat, très bonne saturation. Joli nez, offrant des arômes de fruit noir qui bénéficient d'une belle fraîcheur de rafle, avec des nuances d'aneth et de champignon. La bouche est dense, riche, sucrée, le milieu de palais s'emplit de fruit noir, très mûr, crémeux, chocolaté, épicé, d'excellente concentration mais aussi très riche en alcool, dégageant beaucoup de chaleur, avant d'aboutir en une longue finale réglissée.
(*** ½ - avr./09 - Fed)

 


1er Volet
 
Verre no. 1 – Homage - Trinity Hill                 8 votes
Verre no. 2 – Essartailles - Vins de Vienne     3 votes
Verre no. 3 – Stellenbosch - de Trafford          3 votes
Verre no. 4 – Ulises Valdez - Vice Versa         0 votes

 

Syrah "Homage" Hawkes Bay 2006, Trinity Hill  (SAQ 10956065 - 94,25$)
Rubis-pourpre, très bonne saturation. Joli nez, très typé, de belle fraîcheur, avec des notes de fruits rouges confits, bien mûrs, des arômes de poivre qui deviennent de plus en plus nets au fur et à mesure que le vin s'oxygène. La bouche est dotée d'une très belle texture, très élégante, d'une belle acidité, avec des belles saveurs poivrées, qui s'amplifient en fin de bouche. Très réussi, c'est une expression de syrah de première classe, mais à près de cent dollars il faudra qu'elle prouve sa noblesse en se bonifiant sur le temps.
(****  - avr./09 - Fed)

Côte Rôtie "les essartailles" 2005, Vins de Vienne (SAQ 708370 - 70,50$)
Rubis, très bonne saturation. Plus discret, légèrement terreux, avec des notes poivrées qui se mêlent à un boisé moderne, aux nuances de mine de plomb. La bouche est de corps moyen, avec des tannins légèrement astringents, bonne acidité, terreux, poivré, mais sans la profondeur des meilleures Côte Rôtie.
(*** @ *** ½ - avr./09 - Fed)

Shiraz Stellenbosch 2004, de Trafford (SAQ 10710233 - 58,00$)
Rubis-pourpre, excellente saturation. Beau nez, expressif, avec des odeurs légèrement chimiques, évoquant le vernis à ongle, il gagne plus de définition en s'oxygénant et se précise autour d'arômes de mûres, avec une touche de champignon. La bouche est riche, très glycérinée mais aussi très harmonieuse et sphérique, avec une charge de fruit très importante, qui n'alourdit aucunement le vin et persiste dans la belle finale. Très réussi.
(*** ½ @ **** - avr./09 - Fed)

Syrah "Ulises Valdez" Russian River Valley 2005, Vice Versa (SAQ 11012541 - 71,00$)
Pourpre, opaque. Premier nez légèrement fumé, viandé, avec des arômes rappelant le carpaccio de bœuf, il évoluera vers plus de fruit noir, très mûr. La bouche est très dense, épicée, poivrée, avec des vagues de fruits noirs, bien mûrs, crémeux, qui remplissent le milieu de palais et semblent faire de belle promesses pour l'avenir, mais le vin devint aussi très alcooleux et brûlant en fin de palais, où la finale s'allonge de relents fruités et de chocolat noir.
(*** ½ - avr./09 - Fed)


 

2e Volet
 
Verre no. 1 - Côte Rôtie - Ogier                          9 votes
Verre no. 2 - Côte Rôtie "Champin" - Gérin      0 votes
Verre no. 3 - Hermitage - Chave                        3 votes
Verre no. 4 - Côte Rôtie " Maugiron" - Delas    2 votes

 

Côte Rôtie 2005, Michel & Stephane Ogier  (SAQ 10942270 - 77,50$)
Rubis-pourpre, très bonne saturation. Très beau nez de poivre et de violette, sur un fond minéral, très typé, frais et aromatique. La bouche est d'assez bonne matière, tendue par une belle acidité, des saveurs poivrées, épicées, une belle fraîcheur florale, aboutissant en une finale minérale. Excellente Côte Rôtie, offrant une palette aromatique très classique, mais vibrante de jeunesse et de fraîcheur.
(**** @ **** ½ - avr./09 - Fed)

Côte Rôtie "Champin Le Seigneur" 2005, Jean Michel Gérin
Rubis profond, très bonne saturation. Nez assez moderne, offrant des arômes de cerise mûre, d'épices, un boisé aux relents de moka et de graphite. La bouche est jeune, compacte, tendue par une saine acidité, avec des accents poivrés, mais un léger manque de profondeur dans l'ensemble. 
(*** ½ - avr./09 - Fed)

Hermitage 2005, Domaine Jean Louis Chave
Rubis-pourpre, très bonne saturation. Premier nez très particulier, fermentaire, avec des arômes de moût de raisin, qui évoluent lentement vers de la prune fraîche, le pain d'épices, sur un fond minéral, terreux, très autoritaire. Bouche très ample, dense, d'une grande matière, liée par une structure tannique ferme, très fine, avec des saveurs de prune, légèrement goudronné, minéral, de très bonne persistance. Un hermitage solidement bâti, avec l'ampleur des grandes réussites.
(**** @ **** ½ - avr./09 - Fed)

Côte Rôtie "Seigneur de Maugiron" 2005, Delas  (SAQ 10676611 - 79,00$)
Rubis, très bonne saturation. Mûr, assez profond, offrant des arômes de prune fraîche, sucrée, d'une belle douceur, aux nuances de pain d'épices, sur un fond viandé de bacon qui ne dément pas les origines du vin. Bouche ample, veloutée, dotée d'une belle texture, finesse, élégance, une trame tannique parfaitement enrobée, des saveurs de prune, d'épices, une longue finale réglissée. Excellent!
(**** - avr./09 - Fed)

 


 

avril 05, 2009

CR: Bourgogne rouges 2006


S'il y a une conclusion facile à tirer de cette première analyse des Bourgognes 2006, c'est qu'ils n'auront rien fait pour nous faire oublier les magnifiques 2005!

Les vins possèdent un certain charme, qui repose essentiellement sur une assez bonne maturité et une élégance appréciable, mais on est loin, très loin, de la plénitude et de la profondeur des vins du millésime précédent!

Les rouges de la Côte de Beaune nous ont paru particulièrement peu colorés, avec une élégance qui parfois frôlait dangereusement la légèreté. On peut supposer que les meilleurs vins constituent des bourgognes classiques qui, avec quelques années de bouteilles, pourraient gagner un peu de poids et développer ce caractère épicé très fin qui distingue le pinot bourguignon. Mais ils n'auront jamais la profondeur des meilleurs millésimes et ils sont probablement destinés à une évolution assez précoce. Les vins de la Côte de Nuits semblaient beaucoup plus complets, plus colorés, plus pleins, mais encore là on est assez loin des meilleurs millésimes.

Le premier volet, celui composé essentiellement de vins de la Côte de Beaune, nous a offert une très chaude lutte entre le Beaune "Clos du Roi" d'Henri Boillot et le Corton de Bouchard, deux vins aux styles opposés (élégant le premier, plus viril et terreux le deuxième) mais qui ont su charmer notre panel de façon égale. .

Le deuxième volet a tout de suite mis en évidence la meilleure qualité des vins, avec un somptueux Clos de Vougeot de Jacques Prieur qui s'est lentement détaché du lot, laissant le néant derrière lui, malgré la très belle qualité des vins des domaines des Perdrix et de l'Arlot.

 

1er volet: Côte de Beaune
Verre no. 1  -  Volnay-Champans  - Prieur                0 votes
Verre no. 2  -  Beaune "Clos du Roi" - Boillot            6 votes
Verre no. 3  -  Corton - Bouchard                                6 votes
Verre no. 4  -  Mercurey "les ruelles" - Chamirey    1 vote

 

Volnay-Champans 1er cru 2006 Jacques Prieur (SAQ 11029917 - 90,25$)
Rubis, bonne saturation. Discret, notes de cerise mûre, aux relents boisés, épicés, finement mentholés. La bouche est d'assez bonne matière, assez pleine, tout en demeurant très délicate et finement épicée, de bonne acidité, avec des tannins boisés.
(*** ½ @ **** - avr./09 - Fed)

Beaune 1er cru "Clos du Roi" 2006 Henri Boillot
Rubis, saturation moyenne. Joli nez de griotte, mûr et parfaitement délicat, avec des nuances finement vanillées et florales, il devient un peu plus confit et puis allègrement épicé en évoluant dans le verre. La bouche est ample, suave, délicate, avec des saveurs de cerise acidulée, une acidité stimulante, des tannins assez serrés, d'un soyeux un brin rugueux, une belle fraîcheur et un caractère qui devient de plus en plus épicé à l'oxygénation. Un vin déjà très charmeur mais qui devrait évoluer très positivement sur les 8 à 10 prochaines années. 
(**** - avr./09 - Fed)

Le Corton grand cru 2006 Bouchard (SAQ 10922148 - 116,75$)
Rubis, moyenne saturation. Bon nez, assez profond, débutant sur des notes boisées de cèdre, légèrement terreux, assez complexe et viril. Il gagne quelque chose de viandé à l'oxygénation. L'attaque est ample, d'assez bonne densité, avec un boisé assez noble, élégant, épicé, d'une belle subtilité, des tannins assez fins et une longue finale minérale, réglissée. Plus mâle que d'autres, tout en préservant beaucoup de finesse, ce Corton offre beaucoup de race et de distinction, surtout en fin de bouche.
(**** - avr./09 - Fed)

Mercurey 1er cru "les ruelles" 2006 Château de Chamirey
Rubis, saturation moyenne. Joli nez de cerise mûre, assez délicat, finement épicé, avec un boisé qui devient de plus en plus sucré à l'aération. Bouche de corps moyen, offrant un beau fruit de cerise juteuse, acidulée, la maturité est bonne mais, dans l'ensemble, le tout manque un peu de poids et la finale est assez simple et un brin chaleureuse.
(*** @ *** ½ - avr./09 - Fed)

 


2e volet: Côte de Nuits
Verre no. 1  -  Echezeaux – Perdrix                               1 vote
Verre no. 2  -  N.S.G. "les Murgers" - A. & B. Rion       0 votes
Verre no. 3  -  Clos de Vougeot – Prieur                       10 votes
Verre no. 4  -  N.S.G. "Clos des Forets" - l'Arlot          2 votes


Échezeaux grand cru 2006 Domaine des Perdrix (SAQ 10762738 - 147,00$)
Rubis, très bonne saturation. Intense, de bonne profondeur, avec des arômes très frais, subtilement végétaux, de la rafle, quelque chose de mentholé et puis de crayeux, avec un boisé très subtil. La bouche est de très bonne matière, mûre, avec des tannins compacts, de la mâche, une longue finale chaleureuse.
(**** - avr./09 - Fed)

Nuits St. Georges 1er cru "les Murgers" vieilles vignes 2006 Armelle et Bernard Rion (SAQ 11010407 - 71,25$)
Rubis, très bonne saturation. Le nez est une collection de défauts, de la légère surmaturité du fruit, aux notes acétiques. La bouche est ample et de bonne maturité, un peu molle en avant palais, avec des tannins rugueux et secs en arrière palais. Un désastre!
(** - avr./09 - Fed)

Clos de Vougeot grand cru 2006 Jacques Prieur  (SAQ 11029925 - 156,75$)
Rubis, profond, très bonne saturation. Très beau nez, avec un fruit de très belle pureté, offrant des arômes délicats de cerise, aux nuances crayeuses, des herbes et un boisé très noble, qui se subtilise parfaitement dans la complexité du vin. La bouche est ample, dense et assez volumineuse, avec des tannins fermes, assez racés, une belle acidité et un très beau fruit qui persiste dans la longue finale. Très réussi!
(**** @ **** ½ - avr./09 - Fed)

Nuits St. Georges 1er cru "Clos des Forets Saint Georges" 2006 Domaine de l'Arlot (SAQ 11043170 - 89,00$)
Rubis, bonne saturation. Très beau nez, très primaire et axé sur un fruit très net de cerise, dont on croirait humer le jus dans toute sa pureté, le tout se complique d'accents d'épices et de cola. La bouche est ample, assez dense et très sphérique, des tannins fins, légèrement astringents, beaucoup de fruit et une belle concentration. Un vin expressif, très amusant, on dirait un simple vin de plaisir mais il faut absolument le prendre au sérieux car à l'analyse on s'aperçoit vite qu'il est très réussi.
(**** - avr./09 - Fed)


 

 

mars 22, 2009

CR: Bordeaux 2005 - acte II


Une deuxième séance de dégustation avec les bordeaux du millésime 2005 qui n'a fait que confirmer la très grande réussite de ce millésime. Personnellement, je dois dire que plus je les goûte, plus je suis convaincu de l'exceptionnelle qualité et du grand potentiel de garde de ces vins. J'étais déjà entré dans le détail lors du compte-rendu de la première dégustation (voir INFO-VINS #2009/05), mais je dois réitérer qu'à mon humble avis, dans les dernières vingt années (1988 à 2008), le millésime 2005, de pair avec 1996, se situe presque à niveau avec le mythique 1990, laissant juste derrière les excellents 2000.

Dans cette dégustation, nous avons été choyé par la précocité et le charme immédiat des vins du premier volet, essentiellement des Pessac-Léognan, avec un intrus de Margaux qui s'est bien distingué par sa délicatesse. Le Carmes Haut Brion a dominé le volet en ramassant la moitié des votes exprimés par notre panel mais, dans l'ensemble, la qualité des vins était plutôt homogène.

Le deuxième volet a été un peu gâché par une bouteille légèrement défectueuse de ce qui aurait dû être le clou de la soirée, le Cos d'Estournel. Ceci a laissé le champ libre au superbe Pichon Baron, qui a presque fait l'unanimité dans le décompte des votes. Un succès bien mérité car c'est un Pauillac de grande envergure, typé, profond et faisant de très belles promesses pour le futur.


1er volet
Verre no. 1  -  Carmes Haut Brion    7 votes
Verre no. 2  -  Brane Cantenac         2 votes
Verre no. 3  -  Larrivet Haut Brion    4 votes
Verre no. 4  -  Latour Martillac          1 vote


Pessac-Léognan 2005, Château Les Carmes Haut-Brion (SAQ – 10657410 - 98,00)
Rubis, bel éclat, très bonne saturation. Le nez offre des arômes de cassis mûr, frais, avec des arômes plus fumés, minéraux, du créosote. La bouche est droite, de bonne chair, bien serrée, tendue et tissée d'une trame très fine, des saveurs de cassis et une longue finale minérale. Très réussi.
(**** - mars/09 - Fed)

Margaux 2005, Château Brane-Cantenac (SAQ 10655107 - 87,00$)
Rubis, très bonne saturation. Très joli nez, le cassis et les mûres se mêlent aux notes florales, avec un caractère fumé, minéral, évoluant vers le tabac brûlé. La bouche est ample, d'une souplesse et d'une harmonie étonnantes, très sensuel, élégant, aux tannins très fins, parfaitement enrobés dans la matière fluide et très sphérique de ce margaux très flatteur et long.
(**** - mars/09 - Fed)

Pessac-Léognan 2005, Château Larrivet Haut-Brion (SAQ 10975784 - 64,00$)
Rubis-grenat, très bonne saturation. Beau nez, dans lequel des notes de moka enrobent un caractère subtilement viandé, minéral, asphalté, évoluant vers le poivron et le champignon, avec quelque chose de légèrement faisandé. La bouche est ample, mûre, d'une matière assez riche, aux tannins très fins, légèrement astringents et une longue finale dans laquelle se mêlent des traces goudronnées et chocolatées.
(*** ½ @ **** - mars/09 - Fed)

Pessac-Léognan 2005, Château Latour Martillac  (SAQ 10657225 - 45,00$)
Rubis, bel éclat, très bonne saturation. Beau nez, de belle fraîcheur, offrant des arômes de bourgeon de cassis et de cassis mûr, avec des traces de poivron bien mûr et de cuir. La bouche est de bonne matière, droite et structurée, d'une légère austérité, probablement due à une moins bonne plénitude en milieu de palais, dotée de saveurs de cassis et de minéral qui persistent dans la bonne finale. Très classique, frais, droit, subtilement végétal. 
(*** ½ - mars/09 - Fed)

 

2e volet
Verre no. 1  -  Lagrange                                0 votes
Verre no. 2  -  Cos d'estournel (défaut)    0 votes (défectueux)
Verre no. 3  -  Pichon Baron                         13 votes
Verre no. 4  -  Langoa Barton                      1 vote

St. Julien 2005, Château Lagrange (SAQ 10661996 - 82,00$)
Rubis-pourpre, très bonne saturation. Bien différent de la bouteille dégustée à l'automne dernier, beaucoup moins marqué par le chêne, avec un caractère plus chaud, plus mûr, aux notes de kirsch, de cassis, d'épices, quelques traces de poivron. La bouche est dense, de très bonne matière, mûre, compacte, bien serrée, avec une structure qui s'affirme, une belle acidité et une longue finale minérale. Il sera de très bonne garde.
(**** - mars/09 - Fed)

St. Estèphe 2005, Château Cos d'Estournel (SAQ 10654657 - 303,00$)
Une bouteille malheureusement affectée par des arômes de bouchon qui masquaient l'habituelle expressivité de ce Saint Estèphe. On pouvait néanmoins apprécier sa très grande matière, sa profondeur, sa richesse et sa très longue finale chocolatée. Sans doute une immense réussite, il faudra goûter à une bouteille intègre pour en apprécier toute sa splendeur.
(mars/09 - Fed)

Pauillac 2005, Pichon Baron (SAQ 10661953 - 220,00$)
Rubis-pourpre, très bonne saturation. Bon nez, profond, minéral, offrant des arômes de café noir, quelques notes cuirées, animales, un fruit de prune mûre. L'attaque est ample, la bouche est dotée d'une très belle matière, dense, très minérale, des tannins fermes, bien enrobés, une belle acidité, un arrière-palais plus austère, très Pauillac, avec une longue finale très minérale. Un vin très réussi, très sérieux, qu'il faudra attendre très longtemps pour l'apprécier à son sommet. AM: 2021 – 2035.
(**** @ **** ½ - mars/09 - Fed)

St. Julien 2005, Château Langoa Barton (SAQ 10661953 - 138,00
Rubis-pourpre, très bonne saturation. Discret, aux nuances parfumées, fraîches, florales, sur un fond de fruit très mûr, cassis, épices. La bouche est massive, ample, très riche, sévèrement tannique, mais adoucie par une très bonne maturité d'ensemble, avec une longue finale chaleureuse et goudronnée. Un vin corsé, qui manque un peu de définition par moments. Il faudra lui laisser le temps de trouver un peu plus d'harmonie.
(*** ½ @ **** - mars/09 - Fed)

 

mars 08, 2009

CR: Châteauneuf du Pape 2005 + Beaucastel


Dans une dégustation à l'honneur du Château Beaucastel, notre panel avait l'opportunité d'analyser un programme constitué d'une verticale de quatre millésimes de ce légendaire Châteauneuf du Pape, ainsi qu'une horizontale sur le millésime excellent 2005, incluant la Cuvée Spéciale Hommage à Jacques Perrin.

Le premier volet aurait dû, en théorie, être une passerelle d'honneur pour le grandiose Beaucastel 1990. Toutefois, ce grand vin commençait à montrer des signes de ralentissement. Ceci ne lui a pas empêché de remporter la faveur d'une grande majorité du groupe, mais la concurrence de l'excellent Beaucastel 2000 a été probablement plus ardue que l'on aurait pu l'imaginer. Le Beaucastel 1995, comme l'avaient déjà démontré les bouteilles dégustées dans les dernières années, n'est pas à la hauteur de la réputation de ce grand producteur.

Dans le deuxième volet, la compétition était féroce. Trois cuvées de luxe accompagnaient le Beaucastel régulier, dans une horizontale sur le millésime 2005, qui semble être, en se fiant sur la qualité des vins dégustés, absolument exceptionnel.

La Cuvée Hommage à Jacques Perrin, le haut de gamme du Château de Beaucastel, aurait dû remporter cette comparaison assez aisément. Le seul doute venait de la présence de la cuvée Deus Ex Machina, du Clos Saint Jean, un vin que Robert Parker avait béni d'une note parfaite! Et bien, contrairement à mes attentes (je l'avoue), l'oncle Bob n'exagérait point dans le cas de la D.E.M. un vin tout à fait extraordinaire, absolument hors normes dans la facilité avec laquelle il allie une richesse hors du commun à une grande harmonie et fraîcheur d'arômes. Une légende en devenir, qui a largement mérité la victoire dans ce volet.

 

1er volet
Verre no. 1  -  Beaucastel 1995         0 votes
Verre no. 2  -  Beaucastel 2000         5 votes
Verre no. 3  -  Beaucastel 1990         10 votes

 

Châteauneuf du Pape 1995, Château de Beaucastel
Rubis-grenat, bonne saturation. Nez plutôt discret, aux nuances de prune sucrée. La bouche est d'assez bonne matière, avec des accents épicés, réglissés, des traces de fruit assez discrètes, sur la cerise, des tannins légèrement astringents et une finale chaleureuse, persistante. Un Beaucastel un peu chaud et unidimensionnel.
(*** ½ - mars/09 - Fed)

Châteauneuf du Pape 2000, Château de Beaucastel
Rubis, très bonne saturation. Premier nez plutôt vif, fermé, frais, résineux, il évolue vers des arômes de prune et de réglisse, il gagne de plus en plus de profondeur et des traces légèrement animales. La bouche est d'une très belle matière, pleine, dense, réglissée, minérale, avec quelques nuances de tabac qui commencent à apparaître dans la longue finale. Un vin encore plein d'énergie, jeune et très prometteur.
(**** @ **** ½ - mars/09 - Fed)

Châteauneuf du Pape 1990, Château de Beaucastel
Très beau nez, légèrement évolué, mais offrant des arômes complexes et élégantes, sur des notes d'épices, de tabac, de réglisse, de prune, de basse-cour et de graphite. La bouche semble être légèrement amincie par le temps, elle possède moins de tenue et de profondeur que les dernières bouteilles dégustées, mais la finesse demeure intacte et les douces notes épicées, légèrement animales, possèdent une belle persistance en fin de palais.
(**** - mars/09 - Fed)

 

2e volet
Verre no. 1  -  d'Usseglio "Mon Aïeul"                          0 votes
Verre no. 2  -  Château de Beaucastel                         0 votes
Verre no. 3  -  Beaucastel Hommage J. P.                   5 votes
Verre no. 4  -  Clos St. Jean Deus Ex Machina            10 votes

 

Châteauneuf du Pape "Cuvée de mon Aïeul" 2005, Domaine d'Usseglio
Un vin élaboré presque entièrement à base de grenache, complété par 5% de syrah. Rubis, très bonne saturation. Nez chaud, alcooleux, d'assez bonne complexité, avec des arômes de prunes macérées dans l'alcool, de réglisse, de goudron et d'épices. La bouche est dense, glycérinée, chaude, épicée, plutôt alcooleuse, avec des saveurs très réglissées et une longue finale aux relents de prune. Un vin solide et concentré, à défaut de faire preuve de finesse il offre du caractère et de la puissance.
(**** - mars/09 - Fed)

Châteauneuf du Pape 2005, Château de Beaucastel
Rubis-pourpre, bel éclat, très bonne saturation. Le nez est plutôt chaud, sur la prune, la réglisse, avec quelques nuances de framboise. Bouche de bonne matière, plus longiligne que d'autres dans ce millésime, moins concentré, chaud, alcooleux, réglissé. Un vin qui ne semble plus justifier son prix.
(*** ½ - mars/09 - Fed)

Châteauneuf du Pape Cuvée spéciale "Hommage à Jacques Perrin" 2005, Château de Beaucastel
Pourpre, excellente saturation. Nez très profond, minéral, réglissé, sans excès de chaleur, sur une base de fruit bien mûr. La bouche est dense, très veloutée en avant-palais, d'une grande matière, très minérale, laissant une impression de roche liquéfiée, épicé, soutenu par une grande masse de tannins fermes, mais mûrs et bien enrobés, aboutissant en une très longue finale goudronnée. Un vin énorme, mais étonnamment civilisé.
(**** ½ - mars/09 - Fed)

Châteauneuf du Pape "Deus Ex Machina" 2005, Clos St. Jean
Monumental! Un Châteauneuf absolument hors normes, la cuvée Deus Ex Machina 2005, un assemblage de grenache (60%) et de mourvèdre (40%), est un des vins du Rhône les plus dense et à la fois harmonieux que j'ai eu la chance de déguster dans ma vie. Rubis-pourpre, de très bonne saturation. Il offre un très beau nez, éclatant de fraîcheur et de netteté, avec des arômes de sirop de framboise, de kirsch, d'anis et d'épices, ainsi qu'un caractère légèrement chimique de vernis à ongle. En bouche c'est l'apothéose, une richesse et une densité incroyables, tout en étant parfaitement harmonieux, avec une chair voluptueuse, au toucher très souple, des saveurs de mûres, de framboises, d'épices, d'excellente concentration, avec des accents de prune fraîche qui s'ajoutent à la très longue finale. Le fait qu'il ait été aussi impressionnant alors qu'il était servi à l'aveugle, à côté de la Cuvée Hommage à Jacques Perrin, ne fait qu'augmenter la conviction avec laquelle j'affirme que ce vin est un des plus remarquables châteauneuf du pape que j'ai eu l'occasion de goûter de ma vie. Une légende en devenir!
(**** ½ @ ***** - mars/09 - Fed)

 

 

février 22, 2009

CR: Toscane 2004 & 2005


Dans le premier volet de cette dégustation nous avions l'opportunité de comparer deux grands Nobile di Montepulciano à deux classiques de Toscane, le Montesodi de Frescobaldi et le Giorgio Primo de La Massa, tous dans l'excellent millésime 2004. Le panel a tranché nettement en faveur du Giorgio Primo, un vin qui alliait favorablement modernité et élégance (avec un peu trop de superficialité à mon goût) mais ce résultat a probablement été faussé par l'excessive exubérance du Nobile Riserva grandi Annate de la maison Avignonesi, un vin d'une intensité renversante, peut-être excessive pour le moment.

Dans le deuxième volet, la comparaison se portait sur une série de vins au style nettement plus international. Plusieurs ont d'ailleurs exprimé leur regret pour le manque de caractère de ces vins; leur qualité ne faisait aucun doute, mais leur style était un hybride entre l'européen et l'international qui, en fin de comptes, laissait planer une certaine ambiguïté quant à l'authenticité de leur caractère.  Le Ornellaia et le Ilatraia ont partagé la totalité des votes à disposition, sûrement grâce à leur élégance et à la pureté de leur fruit. Mais les deux autres vins du volet avaient bien peu de choses à leur envier.

 

1er volet
Verre no. 1 - Le Berne              3 votes
Verre no. 2 - Giorgio Primo        9 votes
Verre no. 3 - Montesodi             0 votes
Verre no. 4 - Grandi Annate       0 votes

 

Vino Nobile di Montepulciano Riserva 2004, Le Berne
Rubis, très bonne saturation. Bon nez, discret mais fin, avec un caractère cuiré, légèrement graphité, aux subtiles nuances florales. La bouche est de bonne matière, fine, soyeuse, avec un beau fruit de cerise, de bonne acidité, très classique mais avec une belle fraîcheur. Très réussi, il devrait s'amplifier avec le temps.
(*** ½ @ **** - fév./09 - Fed)

Giorgio Primo Toscana I.g.t. 2004, Fattoria La Massa (SAQ 10986053 - 84,75$)
Rubis-pourpre, très bonne saturation. Le premier nez offre des discrètes notes d'étable, qui évoluent vers le floral, le moka et le chocolat. L'attaque est de grande ampleur, la bouche possède une matière voluptueuse, très souple et veloutée, avec un milieu de palais plus serré, très fin, les saveurs de cerise gagnent des relents chocolat dans la très longue finale. Un vin très séduisant mais qui ne possède pas la profondeur et le caractère qui devraient distinguer un vin de ce prix. Il faudra voir si le temps lui apportera un peu plus de profondeur.
(*** ½ - fév./09 - Fed)

Chianti Rufina "Montesodi" 2004, Frescobaldi (SAQ 204107 - 54,50$)
Rubis-pourpre, très bonne saturation. Un nez plutôt capiteux, marqué de notes de confiture de prunes, de menthol et de tabac. La bouche est d'excellente matière, ample, riche, glycérinée, dotée d'une chair bien mûre, soutenue par des tannins fermes, avec des saveurs de prune, de fruits noirs et d'épices, aboutissant en une très longue finale de chocolat, aux relents de menthol. Un Montesodi au style encore un peu caricatural, mais qui semble avoir trouvé un peu plus d'harmonie depuis l'an dernier.
(*** ½ - fév./09 - Fed)

Vino Nobile di Montepulciano "Riserva grandi annate" 2004, Avignonesi (SAQ 10295981 - 89,25$)
Difficile d'écrire des notes sur un vin aussi particulier, un vin si différent de tout ce qu'on peut avoir goûté avant. La robe est assez classique, d'un beau rubis, de très bonne saturation. Le nez, par contre, est carrément renversant! Des arômes de sirop de framboise et d'éther, d'une ahurissante netteté et d'une intensité qui, à prime abord, est un peu rebutante, imaginez d'être assis à côté de quelqu'un portant trop de parfum... voilà! Après une bonne oxygénation, ce caractère de sorbet aux framboises gagne des nuances épicées et florales, mais le bouquet reste très singulier, par moments il est même difficile de croire que c'est seulement des raisins fermentés qui ont pu donner ça. La bouche est ample, bien glycérinée, assez cohérente avec le nez, avec ce caractère de framboise très net, les tannins sont fermes mais assez fins, la concentration est de première qualité avec une finale d'une longueur extraordinaire. C'est un Nobile qui possède tout ce qu'il faut pour devenir exceptionnel mais, pour y arriver, il faudra que le temps estompe l'exubérance de son fruit.
(*** ½ @ **** ½ - fév./09 - Fed)

 

2e volet
Verre no. 1 – Ornellaia               6 votes
Verre no. 2 – Ilatraia                  6 votes
Verre no. 3 – Il Blù                      0 votes
Verre no. 4 – Giusto di Notri      0 votes

 

Bolgheri superiore "Ornellaia" 2005, Tenute dell'Ornellaia
Rubis-pourpre, très bonne saturation. Bon nez, offrant des arômes de fruits noirs acidulés, framboises, mûres, avec quelques traces végétales, du tabac et un subtil caractère de sang de bœuf. La bouche est de très bonne matière, ample, mûre, crémeuse, bien glycérinée, d'excellente concentration, avec des tannins légèrement astringents mais très bien enrobés, un fruit crémeux et une longue finale de myrtilles et de chocolat. Très réussi, avec une pureté de fruit peut-être moins achevée que dans les meilleurs millésimes mais qui demeure néanmoins tout à fait remarquable.
(**** - fév./09 - Fed)

Ilatraia I.g.t. Toscana 2005, Fattoria La Brancaia
Un assemblage de cabernet sauvignon (60%), sangiovese (30%) et petit verdot (10%), produit dans la région de la Maremma, contrairement au "Il Blù" qui est produit dans le Chianti. Le Ilatraia 2005 est d'une robe rubis, de très bonne saturation. Joli nez, offrant des belles notes de fruits noirs, aux nuances florales, très mûr, presque confit, d'une belle douceur. La bouche est ample, bien glycérinée, d'une belle fluidité, avec une matière fruitée très souple et élégante, d'une grande maturité, avec des saveurs de mûres et de moka. Un vin très flatteur, dangereusement sucré, qui se sauve grâce à son élégance et sa fraîcheur.
(*** ½ @ **** - avr./08 - Fed)

"Il blù" I.g.t. Toscana 2005, Fattoria La Brancaia
Rubis-pourpre, très bonne saturation. Profond, mûr, avec un caractère de fruits noirs poivrés, de moka, de réglisse, de menthe fraîche et d'épices. La bouche est ample, glycérinée, avec une matière fruitée mûre, de la densité, mais aussi une très bonne tenue, grâce à des tannins assez fermes, mais bien enrobés. Longue finale réglissée, chocolatée. 
(*** ½ @ **** - avr./08 - Fed)

Giusto di Notri 2005, Tua Rita
Très mûr, très profond, avec des notes minérales évoquant l'asphalte, ainsi que des notes boisées de chêne et de moka. La bouche est ample, riche, crémeuse, avec une structure tannique légèrement astringente mais de bonne finesse, le tout étant animé par une bonne acidité, des saveurs de prune fraîche, cassis et d'épices. Un assemblage bordelais très réussi, mais à près de 100 dollars je n'hésiterais pas à me procurer un cru classé du Médoc plutôt que ce Giusto di Notri.
(*** ½ @ **** - avr./08 - Fed)


 

février 08, 2009

CR: Bourgogne 2005 & '06

Les blancs 2006 et le rouges 2005 

Des chaleurs tropicales aux mois de juillet et septembre, entrecoupées par un mois d'août frais et pluvieux, ont marqué une vendange capricieuse qui aura quand même donné des blancs mûrs et charmeurs. Les bourgognes blancs 2006 sont beaucoup moins vibrants et énergiques que les splendides 2002, mais le charme des meilleurs semble indéniable. Et les meilleurs ont largement dominé ce volet de quatre vins, qui incluait trois excellents premiers crus de la Côte d'Or et, dans le rôle du vin fantôme, un très bon chardonnay piémontais du vénérable producteur Aldo Conterno.

Le Meursault-Perrières du Domaine Jacques Prieur a dominé la séance, suivi par le Chassagne Montrachet premier cru du Marquis de Laguiche. Ces deux vins ont raflé tous les votes, ne laissant même pas les miettes pour les autres vins du volet qui n'ont finalement réussi qu'à jouer un petit rôle de figurant devant la grande classe et la distinction des deux gagnants.

Dans le deuxième volet, nous faisions un dernier tour de piste avec les bourgognes rouges du millésime 2005 en revisitant quelques vins qui nous avaient séduit au printemps dernier, ainsi qu'un arrivage plus récent du Domaine Henri Gouges.

Le Chassagne Clos Saint Jean de la Maltroye a encore une fois très bien paru, mais il ne pouvait rien devant l'amplitude et la précision du Gevrey vieilles vignes de Sérafin. Comme dans le premier volet, les deux autres vins n'ont reçu aucune mention de préférence. Ce qui n'enlève rien à la qualité d'un Clos des Porrets, très austère et ayant besoin d'une longue oxygénation avant de révéler sa belle profondeur minérale. Un vin qui semble très difficile aujourd'hui mais qui pourrait accomplir d'énormes progrès avec une garde de cinq à dix ans.

 

Premier volet

Verre no. 1  -  Jobard - Genevrières     0 votes
Verre no. 2  -  Laguiche - Chassagne   5 votes
Verre no. 3  -  Conterno - Bussiador    0 votes
Verre no. 4  -  Prieur - Perrières            9 votes

 

Meursault 1er cru les genevrières 2006, Rémi Jobard (SAQ 10291147 - 89,75$)
Plutôt discret, avec des nuances florales et de lime. Bouche droite, assez longiligne et réservée, il faut la travailler longuement pour que la matière révèle son onctuosité, les saveurs d'agrumes sont très discrètes et la finale est marquée par une amertume minérale prononcée qui persiste et s'allonge sur des notes réglissées. Un vin qu'il faudra laisser vieillir. AM: 2011 @ 2016.
(*** ½ - fév./09 - Fed)

Chassagne Montrachet 1er cru Marquis de Laguiche 2006, Drouhin (SAQ 10998530 - 100,25$)
Robe dorée, pâle, aux reflets verdâtres. Très beau nez, offrant un boisé très noble, aux relents de noisette, d'épices et de moka, à travers lequel on entrevoit une fine minéralité. La bouche possède une attaque vibrante, suivie par une matière onctueuse, très élégante, aux accents de pomme, de vanille et de minéral, d'une belle pureté. Un chassagne vraiment très noble.
(**** @ **** ½ - fév./09 - Fed)

Bussiador Chardonnay Langhe 2005, Poderi Aldo Conterno (SAQ 11008585 - 48,75$)
Robe dorée, bien soutenue. Beau nez, offrant un boisé vanillé, plutôt flatteur, autour duquel se dessine une complexité appréciable, avec des notes fumées, de la noix de coco, du sucre brun et du menthol, sur un fond fruité mûr, aux relents de banane. La bouche est onctueuse, très savoureuse, avec un boisé épicé, une finale légèrement alcooleuse mais persistante. Un vin pas vraiment original, mais définitivement bien fait, offrant du plaisir et de la typicité.
(*** ½ @ **** - fév./09 - Fed)

Meursault 1er cru "Perrières" 2006, Jacques Prieur (SAQ 11029933 - 158,50$)
Robe dorée. Premier nez assez discret, sur des notes boisées somptueuses, finement beurrées, à travers lesquelles finissent par surgir une minéralité très raffinée et des fines nuances d'agrumes. La bouche est riche, d'une grande matière, qui demeure vraiment très élégante malgré sa grande onctuosité, sa concentration et ses notes beurrées, la finale est longue et accompagnée de subtiles nuances minérales et de sucre brun. C'est très cher, mais de grande qualité!
(**** @ **** ½ - fév./09 - Fed)

 


Deuxième volet

Verre no. 1  -  Gouges - Porrets               0 votes
Verre no. 2  -  Maltroye – Saint Jean       2 votes
Verre no. 3  -  Sérafin – Gevrey v. v.       12 votes
Verre no. 4  -  Maltroye – Boudriotte       0 votes

 

Nuits St. Georges "Clos des Porrets Saint Georges" Monopole 2005, Henri Gouges
Rubis profond, bonne saturation. Premier nez plutôt étrange, fermé, un peu acétique, il évolue lentement mais positivement et passe d'odeurs de vieux foudres et de fourrure animale, à un caractère assez profond de réglisse, d'asphalte, à travers lequel on perçoit quelques notes de cerises macérées. La bouche est de très bonne matière, ample, dense, structurée, avec une trame tannique ferme. Un vin austère et viril, qui a besoin d'énormément d'air pour être dégusté aujourd'hui mais qui, finalement, se goûte mieux que le nez le laisserait envisager. AM: 2015 @ 2025.
(*** @ **** - fév./09 - Fed)

Chassagne Montrachet 1er cru "Clos Saint Jean" 2005, Château de la Maltroye
Rouge-rubis, bonne saturation. Très joli nez de pinot, allègrement parfumé d'arômes de fruits rouges, avec des nuances minérales qui passent par un caractère marqué de poivre blanc, ainsi qu'une fraîcheur végétale de râfle. La bouche est de corps moyen, très expressive, très pinot, avec des tannins finement astringents et une finale de bonne longueur qui aboutit sur des relents minéraux. Belle bouteille.
(*** ½ @ **** - fév./09 - Fed)

Gevrey Chambertin vieilles vignes 2005, Sérafin
Rubis, très bonne saturation. Profond, offrant un très beau caractère de fruit noir acidulé, fumé, avec des notes minérales, il gagne des fines nuances florales en évoluant dans le verre, puis des arômes très discrets de moka. La bouche est de bonne matière, ample, assez dense, de belle acidité, avec des saveurs de fruit noir de belle pureté, ainsi qu'une finale minérale, réglissée. Un gevrey au style moderne, mais sans excès. Une très belle réussite, qui devrait bien vieillir.
(**** - fév./09 - Fed)

Chassagne Montrachet 1er cru "la Boudriotte" 2005, Château de la Maltroye
Rouge-rubis, bonne saturation. Plus mûr que le Clos Saint Jean, avec des arômes de fraises aux épices, des nuances légèrement poivrées, des traces végétales qui laissent un soupçon d'eucalyptus. Attaque assez ample, bouche poivrée, épicée, avec des saveurs de fraises et de cerises, des tannins légèrement astringents et une finale réglissée, chocolatée. Un chassagne plus chaud et moins élégant que les autres 1ers crus rouges du domaine.
(*** ½ - fév./09 - Fed)


 

janvier 25, 2009

CR: Bordeaux 2005

Avec le millésime 2005, la région de Bordeaux nous offrait le troisième "millésime du siècle" en six ans, après 2003 et 2000.

Si aucun doute ne plane sur les 2000, je demeure encore un peu perplexe sur 2003, qui a connu son lot de très grandes réussites mais qui demeure, à mon avis, encore un peu trop hétérogène et atypique pour être considéré comme un très grand millésime. Pour ce qui est des 2005, je dois avouer qu'en termes de qualité et de longévité potentielle les vins semblent posséder tout ce qu'il faut pour faire de ce millésime un grand classique. S'il fallait comparer 2005 à d'autres grandes réussites des deux dernières décennies, je retiendrai 1996 comme année de comparaison. En effet, la structure des 2005 possède une rigidité et une droiture qui me rappelle certains '96, mais avec un peu plus d'extraction dans la matière et de chaleur dans le fruit.

Cette dégustation en deux volets devait nous permettre de faire un rapide tour d'horizon afin d'évaluer la qualité des meilleurs vins du Médoc, à partir des meilleurs crus bourgeois, jusqu'à certains crus classés faisant partie de l'élite du bordelais.

Dans le premier volet, un cru historique comme Gruaud Larose devait défendre sa réputation face à un trio d'excellents crus bourgeois. Les résultats de ce volet ont démontré, une fois de plus, que le prix n'est pas un gage de qualité quand il s'agit de vin. Non seulement, le grand gagnant du volet a été le vin le moins cher, le Cambon La Pelouse, mais il faut aussi préciser que le vin le plus cher, le Gruaud Larose (vendu en primeur à plus de trois fois le prix du Cambon), s'est classé bon dernier. À souligner, la très bonne performance d'un cru bourgeois toujours très apprécié par les amateurs de Bordeaux, le Sociando Mallet, qui a terminé deuxième à 1 seul vote de la première place.

Dans le deuxième volet, nous avons eu droit à un quatuor de vins qui fournissaient des arguments très solides en faveur de la qualité de ce millésime. Des vins comme Palmer et Léoville Barton plaçaient la barre vraiment très haute, mais ni le Smith Haut Lafitte, ni le Pontet Canet n'ont eu trop de difficulté à suivre le pas. Le Palmer a remporté une victoire assez large, aidé surtout par sa grande exubérance et sa complexité. Toutefois, je suis de l'avis qu'autant de puissance sied mal avec ce que devrait être la nature d'un grand vin de Margaux. Personnellement, j'ai préféré le Léoville barton... les notes suivent!


 
1er volet


Verre no. 1 - Cambon La Pelouse      6 votes
Verre no. 2 - Sociando Mallet            5 votes
Verre no. 3 - D'Agassac                      3 votes
Verre no. 4 - Gruaud Larose              1 vote

 

Haut Médoc 2005, Château Cambon La Pelouse
Rubis-pourpre, très bonne saturation. Le nez offre des arômes de fruit noir acidulé, de fleurs des champs, de prune et de champignon, sur un fond de réglisse, le tout gagne des arômes de moka en évoluant dans le verre. La bouche est de corps moyen, assez serrée et légèrement astringente, d'une belle droiture, avec une bonne finale réglissée.
(*** ½ - jan./09 - Fed)

Haut Médoc 2005, Château Sociando Mallet
Rubis-pourpre, très bonne saturation. Beau nez, complexe, mûr, profond, minéral, avec un fruit de crème de bleuets, aux nuances florales et du cuir neuf. Bouche ample, veloutée, de belle matière, racée, aux tannins serrés, droit et fin, avec une belle finale réglissée. Une très belle réussite.
(**** - jan./09 - Fed)

Haut Médoc 2005, Château d'Agassac (SAQ 10653751 - 32,00$)
Rubis, très bonne saturation. Beau nez, mûr, profond, offrrant des arômes de cassis, de fruits macérés dans l'alcool, de réglisse et de boîte à tabac. La bouche est ample, dotée d'une belle mâche en milieu de palais, avec des tannins fermes, bien enrobés, des saveurs de tabac et de réglisse, qui persistent dans la bonne finale. Très réussi.
(*** ½ @ **** - jan./09 - Fed)

St. Julien 2005, Château Gruaud Larose
Grenat, profond, de très bonne saturation. Le premier nez offre tout de suite des arômes boisés, élégants et flatteurs, aux nuances de moka, sur un fond de fruit mûr. L'attaque est ample, veloutée, dotée d'un bon fruit de cassis, mûr, avec des tannins fermes qui apportent une certaine austérité en milieu de palais, anticipant la finale réglissée. Bien fait, mais dépourvu de la profondeur que devrait avoir un cru classé de ce rang.
(*** ½ - jan./09 - Fed)

 

2e volet

Verre no. 1 - Palmer                        7 votes
Verre no. 2 - Pontet Canet             2 votes
Verre no. 3 - Léoville Barton          3 votes
Verre no. 4 - Smith Haut Lafitte    3 votes

 

Margaux 2005, Château Palmer (SAQ 10654809 - 384,00$)
Pourpre, excellente saturation. Très beau nez, très complexe, fumé, floral, épicé, avec des arômes de chêne, de tabac et de menthol. La bouche est très puissante, épicée, boisée, avec des relents de menthol et de boîte à tabac, qui s'allongent dans la très longue finale chaleureuse. Un vin imposant, de grande profondeur, qui est certainement destiné à un avenir très prometteur mais qui, malheureusement, ressemble à tout sauf un Margaux.
(**** @ **** ½ - jan./09 - Fed)

Pauillac 2005, Château Pontet Canet
Un Pauillac extrêmement introverti! Le nez est obstinément fermé, laissant entrevoir un discret fond minéral, cuiré. La bouche est ample, massive, d'une grande matière, dense et parfaitement tissée, avec une structure ferme, de grande finesse. Profond et long, mais vraiment fermé et unidimensionnel pour le moment. Un Pauillac de grande facture avec lequel il faudra être très patients car il semble être bâti pour défier le temps. AM: 2022 @ 2045+
(**** @ **** ½ - jan./09 - Fed)

St. Julien 2005, Château Léoville Barton
Pourpre, excellente saturation. Beau nez, très classique mais d'une grande profondeur, avec des arômes de cuir doux, un boisé discret, des arômes de tabac et un parfum floral très complexe. La bouche est d'excellente matière, dense, soutenue par des tannins très fins et étroitement liés, avec des saveurs de prunes macérées dans l'alcool, de mûres, d'épices et de réglisse, avec un très longue finale aux relents minéraux. Superbe!
(**** ½ - jan./09 - Fed)

Pessac-Léognan 2005, Château Smith Haut Lafitte
Rubis-pourpre, excellente saturation. Beau nez, très flatteur, tout à fait fidèle au style qui caractérise ce vin depuis le milieu des années '90, avec des arômes boisés très raffinés, fumés, aux relents de moka, sur un fond de cassis et de mûres, profond et mûr, il gagnera sans doute en finesse avec le temps. La bouche est dense, veloutée, encore dotée d'une belle couche de gras de bébé, une matière glycérinée qui le rend très charmeur, le tout étant soutenu par une trame tannique serrée et de belle finesse, les saveurs de fruits noirs bien mûrs aboutissent en une finale minérale de très bonne longueur.
(**** @ **** ½ - jan./09 - Fed)

 

 

 

novembre 30, 2008

CR: Barolo & Barbaresco 2003-2004

Après nous être attardés sur les vins de l'excellent millésime 2001, que nous avons revisité à quelques reprises, il était grand temps pour notre panel de passer aux Barolo et Barbaresco des millésimes suivants!

Huit vins peuvent sembler bien peu de matériel pour se faire une bonne idée de deux millésimes. Toutefois, la différence entre 2003 et 2004 est telle et les vins de chacune de ces deux vendanges sont si marqués par leur millésime respectif, qu'il a été facile de tirer des conclusions à la fin de cette dégustation.

Les 2003, vins issus d'un millésime de grande chaleur, nous ont littéralement surpris par leur précocité. Des vins très expressifs, offrant des caractères déjà complexes de vins presque à maturité, mais dotés aussi de structures tanniques très rigides, parfois un brin sèches, qui exigent qu'on les attende encore quelques années. Nous avons approché ce volet avec quelques réserves car bien des gens dans notre groupe ont un seuil de tolérance plutôt bas pour les vins trop chauds et alcooleux. Mais nous avons rapidement compris que ces vins venaient de placer la barre très haute pour les 2004 qui allaient suivre.

Les crus de Pio Cesare ont fait très bonne figure, même si les vins de ce faux-traditionaliste se montraient par moments plus modernes que ceux d'un moderniste comme Domenico Clerico. Le Barolo "Ornato" a dominé ce volet et le Barbaresco "Il Bricco" s'est classé deuxième ex-æquo, un résultat qui est tout à l'honneur de cette historique maison piémontaise qu'on prends souvent pour acquise.

Les vins du millésime 2004 ont constitué un changement de registre radical! Beaucoup moins expressifs, de style très classique, droits, structurés et bâtis pour de très longues gardes. Leur classicisme me rappelait un peu les vins du millésime '96, mais avec plus de plénitude.

Le gagnant du volet a été l'excellent Barbaresco "Fausoni" du jeune Andrea Sottimano, qui a été sans doute favorisé par sa personnalité légèrement plus précoce par rapport aux autres vins du volet. Il faut quand même souligner l'exceptionnelle qualité des vins de Vietti, particulièrement le splendide Barbaresco "Masseria" mais aussi le plus sévère Barolo Rocche, un vin qui devrait vivre trois ou quatre décennies sans problèmes.

 


VOLET #1

Verre #1: Barbaresco "Il Bricco" 2003, Pio Cesare   >  2 votes
Verre #2: Barolo "Enrico VI" 2003, Montezemolo   >  2 votes
Verre #3: Barolo " Ginestra" 2003, Clerico   >  0 votes
Verre #4: Barolo "Ornato" 2003, Pio Cesare   >  8 votes

 

Barbaresco "Il Bricco" 2003, Pio Cesare
Il est de plus en plus difficile de croire à Pio Boffa quand il affirme être un traditionaliste en matière de Barolo et Barbaresco. Ce Bricco 2003, qui se présente sous une robe rubis, de très bonne saturation, aux reflets grenat, offre un nez de bonne intensité, avec des notes boisées bien présentes, qui dominent un fruit de cerises macérées, d'eau de vie et de cacao, avec quelques subtiles nuances balsamiques. L'attaque est assez ample, le milieu de palais est très structuré, ferme et astringent, de très bonne matière, avec un fruit mûr, crémeux, chocolaté, aux relents d'épices qui persistent. Les tannins sont un peu durs, pour le moment, mais ça me semble vraiment très réussi!
(**** - nov./08 - Fed)

Barolo "Vigna Enrico VI" 2003, Monfalletto - Cordero di Montezemolo
Rubis-grenat, bonne saturation. Plutôt boisé, avec des notes de cèdre, de bois de santal et d'épices, un mélange qui se complète d'arômes balsamiques et d'un fruit de prune bien mûre, à l'eau de vie. Belle attaque, mûre presque sucrée, souple, veloutée, tannins plutôt astringents en milieu de palais, beau fruit, mûr, liquoreux, aux relents de prune et de kirsch, qui persistent dans la longue finale. Excellent!
(**** - nov./08 - Fed)

Barolo "Ciabot Mentin Ginestra" 2003, Clerico
Rubis, bonne saturation, reflets grenat. Beaux nez, chaud, profond, complexe, aux nuances de réglisse, d'anis, de vieux foudres de chêne et de boîte à tabac. Attaque, ample, veloutée, milieu de palais très tannique, sévèrement astringent, avec beaucoup de tabac et de réglisse, d'épices et de cacao, finale expansive, chaleureuse et très persistante.
(**** - nov./08 - Fed)

Barolo "Ornato" 2003, Pio Cesare
Rubis, bonne saturation, reflets grenat. Très beau nez, plutôt moderne mais de très bonne complexité, avec des arômes cuirés, épicés, aux nuances d'anis et de violette, il possède une fine minéralité et quelque chose de subtilement viril qui ne lui nuit pas du tout.  En évoluant, il gagne des nuances de chêne et de mine de plomb, résidus d'un élevage assez moderne, ainsi que des arômes terreux et d'herbes aromatiques, qui semblent être l'expression de la chaleur du millésime. L'attaque est ample, la bouche est de très bonne matière, avec des tannins fermes, mais plutôt bien enrobés, aux saveurs d'épices et d'anis, aboutissant en une belle finale vaporeuse et bien persistante, aux relents de chocolat. C'est un Barolo assez élégant et très complet!
(**** - nov./08 - Fed)

 

VOLET #2

Verre #1: Barbaresco "Masseria" 2004, Vietti   >  5 votes
Verre #2: Barbaresco "Fausoni" 2004, Sottimano   >  6 votes
Verre #3: Barolo "Bussia" 2004, Prunotto   >  1 votes
Verre #4: Barolo "Rocche" 2004, Vietti   >  0 votes

 

Barbaresco "Masseria" 2004, Vietti
Rubis, très bonne saturation. Plutôt fermé, le premier nez exprime discrètement quelques notes minérales, réglissées, avec des nuances subtilement viandées, puis commencent à faire surface des arômes de tabac blond, de kirsch et une discrète fraîcheur florale. La bouche est serrée, compacte, d'une belle trame, plutôt soyeuse, avec un milieu de palais profond, épicé, aboutissant sur une longue finale minérale. Un vin très prometteur, qui a besoin de temps.
(**** @ **** ½ - nov./08 - Fed)

Barbaresco "Fausoni" 2004, Sottimano
Rubis, bonne saturation, reflets grenat. Premier nez très frais, un peu vif, avec des odeurs de vernis à ongle qui évoluent lentement vers un ensemble plus floral, aux nuances de cuir neuf, d'épices fines et de chêne, ainsi qu'un peu de rafle. L'attaque est ample, de belle matière, le milieu de palais beaucoup plus ferme, tannique, mais de bonne finesse, le fruit offre des nuances de cerises, mûres, juteuses, acidulées, se mêlant à un discret caractère minéral qui persiste. Très réussi!
(**** - nov./08 - Fed)

Barolo "Bussia" 2004, Prunotto
Rubis, très bonne saturation, reflets grenat. Les notes de réglisse, de sous-bois, de cuir et de prune très mûre, viennent rapidement masquées par un caractère de moka, résidu d'un élevage qui ne semble pas bien coller à la personnalité assez virile du vin. L'attaque est assez ample, la bouche est plutôt épicée, avec des tannins fermes, des saveurs de prune et de réglisse d'assez bonne concentration, qui semble manquer de définition et de longueur en fin de bouche. Pour un Barolo haut de gamme, ce n'est pas du tout convaincant!
(*** ½ - nov./08 - Fed)

Barolo "Rocche" 2004, Vietti
Rubis, très bonne saturation. Très discret, mais plutôt complexe et typé, avec des arômes terreux, minéraux, aux nuances d'anis et de sous-bois, sur un fond de cerise mûre. L'attaque est d'un beau volume, la bouche par contre est plutôt repliée sur elle-même, mettant en évidence sa grande structure, compacte, un brin astringente, mais de grande finesse et assez bien enrobée par une chair de grande qualité. La finale offre un mélange subtil de réglisse, de cerise et de prune. C'est sûrement un Barolo de grande facture, conçu pour défier le temps.
(**** @ **** ½ - nov./08 - Fed)

 

octobre 15, 2008

CR: Châteauneuf du Pape 2004

Huit autres vins pour compléter notre tour d'horizon des Châteauneuf du Pape du millésime 2004. Une analyse qui nous a permis de confirmer l'excellente qualité de ces vins, mais aussi de constater la diffusion de ce style tout en puissance, qui fait peut-être le bonheur de certains critiques américains mais dont les gradations alcooliques souvent brûlantes finissent, à la longue, par fatiguer le palais.

Un style qui ne plait pas nécessairement à tous les consommateurs, comme le démontrent les résultats de notre premier volet, dans lequel les deux vins offrant le plus de fraîcheur et d'équilibre (Bois de Boursan et Charvin) ont raflé la totalité des votes de préférence, laissant loin derrière l'excellente "Réserve Sixtine" de Cuvée du Vatican et le rustique et lourdaud "Barbe Rac" de Chapoutier (un vin qui semble ne jamais obtenir des bons résultats auprès de notre panel!).

À noter que le grand gagnant de ce volet, le Bois de Boursan 2004, est aussi un des vins à avoir suscité le plus d'intérêt auprès des membres du panel qui, en consommateurs bien avertis qu'ils sont, se sont réjouis de la disponibilité actuelle de ce vin dans les succursales de la SAQ et de son prix, vraiment très avantageux pour un Châteauneuf aussi réussi!

Le deuxième volet était le festival de la puissance, avec des vins oscillant presque tous autour des 16% d'alcool (est-ce vraiment nécessaire de produire des vins aussi peu digestes?) Reste-t-il que c'est encore une fois le vin le plus harmonieux, la cuvée "Chaupin" de La Janasse, qui a remporté le volet, suivi de près, toutefois, par la très puissante cuvée "Deux Ex Machina" de Clos Saint Jean.

Les résultats complets des deux volets et mes notes de dégustation suivent.

 

Le 1er volet

Verre #1:             CdP "Barbe Rac" – Chapoutier > 0 votes
Verre #2:             Châteauneuf du Pape - Charvin > 4 votes
Verre #3:             CdP "Réserve Sixtine" – Cuvée du Vatican > 0 votes
Verre #4:             Châteauneuf du Pape - Bois de Boursan > 8 votes

 

Châteauneuf du Pape "Barbe Rac" 2004 Chapoutier
Rubis, très bonne saturation, reflets grenat. Le nez est très chaud, capiteux, avec des arômes de prune, de réglisse, de caoutchouc. La bouche est dense, velouté, épicée, plutôt alcooleuse, avec un milieu de palais droit, minéral, réglissé. Très puissant et alcooleux, un peu trop chaleureux à mon goût, il semble manque de fraîcheur dans le fruit et rien ne laisse penser que le temps pourra corriger ce défaut.
(*** - oct./08 - Fed)

Châteauneuf du Pape 2004 Charvin
Rubis, bonne saturation. Joli nez de kirsch, légèrement confit, aux nuances d'olive, d'épices, de cèdre, avec des subtiles traces végétales de garrigue. Belle bouche, dotée de beaucoup de fraîcheur, de bonne acidité, avec des saveurs réglissées, du kirsch, le tout étant de très bonne concentration et persistance. Élégant et complexe, très réussi, mais à peine un peu moins convaincant dans ce volet comparatif qu'il l'était, dégusté individuellement, l'hiver dernier.
(*** ½ @ **** - oct./08 - Fed)

Châteauneuf du Pape "Réserve Sixtine" 2004 Cuvée du Vatican
Rubis-pourpre, de très bonne saturation. Bon nez, subtil, profond, avec un fruit crémeux de prune fraîche, sur un fond de sous-bois, de cuir et de poivre. Attaque très élégante, suivie par une bouche pleine, au toucher suave, un bon fruit de prune fraîche et de cerise noire, avec une structure tannique ferme, mais de bonne finesse et une finale discrète mais assez persistante. Très belle bouteille, qui mérite d'être attendue deux ou trois ans et qui sera sûrement de bonne garde.
(**** - oct./08 - Fed)

Châteauneuf du Pape 2004 Bois de Boursan (SAQ 10678270 – 37,50$)
Rubis, très bonne saturation. Très joli nez, frais, parfumé, très caractéristique, avec un fruité crémeux de cerise, aux arômes d'olive, de garrigue, d'épices et de sous-bois. La bouche est ample, veloutée, suave, très élégante, avec un très beau caractère épicé complexe, de sous-bois et de musc, des traces de garrigue, d'olive et une subtile minéralité, les tannins très fins et la longue finale de cerise noire et de prune fraîche fait encore une fois preuve de bonne fraîcheur. Un vin qui devrait vieillir avec harmonie et élégance. Superbe achat pour moins de quarante dollars.
(**** - oct./08 - Fed)

 

Le 2e volet

Verre #1:             CdP "Deux Ex Machina" – Clos Saint Jean > 5 votes
Verre #2:             CdP "Chaupin" – La Janasse > 6 votes
Verre #3:             CdP "la Pure" – La Barroche > 0 votes
Verre #4:             CdP "Combe des fous" – Clos Saint Jean > 1 vote

 

Châteauneuf du Pape "Deux Ex Machina" 2004 Clos St. Jean
Un assemblage de grenache (60%) et de mourvèdre (40%). Rubis limpide, très bonne saturation. Bon nez de framboise et de cerise, très mûr, légèrement rôti, aux notes de raisin et de kirsch, avec des accents de cola. Bouche ample, souple, bien glycérinée, de très bonne matière, avec des tannins fins, légèrement astringents. Un châteauneuf profond, dense et de bonne mâche, mais aussi plutôt alcooleux, comme c'est souvent le cas avec les meilleurs vins de cette appellation depuis quelques années. 
(**** - oct./08 - Fed)

Châteauneuf du Pape "Cuvée Chaupin" 2004 Domaine de la Janasse
Rubis, très bonne saturation. Nez très mûr, offrant des arômes de kirsch et de sirop aux cerises, assez net mais encore un peu primaire. La bouche est ample et veloutée, d'excellente matière, très glycérinée, laissant une impression d'ensemble de souplesse, grâce à des tannins mûrs et une superbe densité de chair, belle finale longue et chaleureuse, aux relents de cerise mûre, subtilement réglissée. Un châteauneuf voluptueux, qui pourrait devenir grandissime à condition qu'il gagne un peu plus de complexité aromatique avec le temps.
(**** @ **** ½ - oct./08 - Fed)

Châteauneuf du Pape "La Pure" 2004 Domaine La Barroche
Rubis, bonne saturation, reflets grenat. Nez d'épices, de cèdre et de sous-bois, avec des nuances d'herbes. Bouche élégante, dense et glycérinée, savoureuse, aux accents de kirsch, de prune, d'épices et de réglisse, des tannins souple et une puissance alcoolique assez marquée. Longue finale. Un châteauneuf très intéressant, doté d'un caractère très élégant et épuré pour un vin aussi puissant. 
(**** - oct./08 - Fed)

Châteauneuf du Pape "Combe des fous" 2004 Clos St. Jean
Le nom de la cuvée se réfère à ce que les villageois pensèrent d'Emund Taccusel, créateur du domaine en 1900, quand il décida de planter des vignes sur une butte parsemée d'aussi gros galets. Les vignes, datant du début du siècle dernier, se composent de grenache (60%), syrah (20%), cinsault et vaccarese, avec des rendements de 20 hl/ha. Rubis-poupre, très bonne saturation. Nez fumé, poivré, légèrement rôti, sur un fond minéral, goudronné, aux relents boisés. Bouche dense, glycérinée, d'excellente concentration, avec une structure tannique assez ferme, avec des relents de prune, de réglisse et de chêne, qui s'allongent dans la très bonne finale. Un châteauneuf profond, vibrant, très réussi.
(**** @ **** ½ - oct./08 - Fed)

 

 

juin 08, 2008

CR: Bourgogne 2005: les blancs


La dernière "dégustation-underground" de l'année nous offrait un aperçu des bourgognes blancs du millésime 2005, dont l'excellente réputation semble de plus en plus justifiée. En effet, l'impact avec les vins blancs de ce millésime a été presque aussi positif qu'il le fut avec les rouges plus tôt au courant de la saison. La maturité et la densité des vins sont celles des meilleures années, mais les vins ont préservé beaucoup de fraîcheur et d'équilibre.

Dans le premier volet, le Beaune premier cru "Champs-pimont" de Jacques Prieur a eu la vie dure pour faire valoir son rang face à un Meursault village de la maison Bouchard Père et fils, dont la pureté cristalline a été très appréciée par le groupe (même si une partie de la table l'a trouvé alcooleux en fin de palais).

Le deuxième volet était une affaire de Chassagnes, avec trois premiers crus de cette commune. Le vin tant attendu, "les caillerets" de Jean Noël Gagnard, dont le 2002 avait fait l'unanimité dans une dégustation similaire il y a trois ans, a causé toute une surprise en finissant bon dernier. Presque tous les membres de groupe lui reprochaient un excès de maturité et de bois qui le rendaient excessivement exotique pour un premier cru de Bourgogne. Le volet a été gagné de justesse par le "vide-bourses" de Marc Colin, qui a obtenu un vote de plus que "Clos de la Truffière" de Vincent Girardin, deux vins très classiques, avec des acidités très raffinées, qui ont fait le bonheur des membres du panel.

Pour terminer la soirée, le programme prévoyait un trio composé de deux grands crus, dont un Bâtard-Montrachet de Jean Noël Gagnard, ainsi qu'un premier cru "les Clavoillons" du très renommé Domaine Leflaive, dont on dit qu'il est au blancs de Bourgogne ce que le Domaine de la Romanée-Conti est aux rouges. 

Comme on pouvait s'y attendre de vins de ce rang, ils étaient un peu moins accessibles et ont nécessité plus de patience avant de nous livrer leurs secrets. Toutefois, leur finesse et leur profondeur ont fini par se manifester, surtout dans le cas du somptueux Bâtard, qui a fait le vide derrière lui en ramassant un total de 10 votes sur les treize disponibles. Grande déception pour les amateurs de Corton Charlemagne, dont l'exemplaire de la maison Drouhin a trahi les attentes avec un vin un peu dépourvu de nerf et de race.

      
 

1er volet :
"Champs-pimont" - Jacques Prieur      5 votes
"Clos Berthet" - Dubreuil Fontaine       3 votes
"les clous" - Bouchard                            5 votes


Beaune 1er cru "Champs-pimont" 2005, Jacques Prieur (SAQ 59$)
Très flatteur, alléchant, doté d'un nez bien boisé, doux, finement vanillé, évoluant très positivement vers des notes d'agrumes, de poire et de noisette. La bouche est ample, onctueuse, dotée d'une saine acidité qui lui confère beaucoup de définition, avec un fruit vibrant de fraîcheur, aux relents de pomme verte et d'agrumes, ainsi qu'une fine minéralité et une belle finale encore sur des notes d'agrumes, auxquelles s'ajoutent des relents boisés de sucre brun et de cassonade. Vraiment très bien fait.
(**** - juin/08 - Fed)

Pernand Vergelesses 1er cru "Clos Berthet" 2005, Dubreuil Fontaine (SAQ 42$)
Discret mais de très bonne maturité, avec un fruit presque exotique, qui évoque la banane, ainsi qu'une fine minéralité et un boisé qui laisse des traces de chêne et de cassonade. La bouche est assez onctueuse, avec une présence légèrement douceâtre en milieu de palais, où le vin semble manquer un peu de nerf, finale discrète, dotée d'une fine minéralité mais de peu de longueur. Un peu en dessous de ses standards habituels, mais il pourrait se reprendre un peu avec deux ou trois de bouteille.
(*** @ *** ½ - juin/08 - Fed)

Meursault "les clous" 2005, Bouchard Père et Fils (SAQ 39$)
Pâle, aux refles verdâtres. Plutôt discret, fin, fumé, délicatement minéral. Bouche élégante, de belle finesse, avec des saveurs d'agrumes et une amertume minérale plutôt soutenue en finale. Un meursault très épuré et fin. Très bel achat pour moins de quarante dollars.
(*** ½ - juin/08 - Fed)


 

2e volet :
"les vide-bourses" - Marc Colin                  7 votes
"Clos de la truffière" - Vincent Girardin     6 votes
"les Caillerets" - J. N. Gagnard                    0 votes


Chassagne Montrachet 1er cru "les vide-bourses" 2005, Marc Colin (LCBO 25874 – 94,20$)
Joli nez, très distingué, avec des arômes fumés très classiques de pierre à fusil, un boisé très discret et raffiné, ainsi qu'un fruit de pomme. Très belle bouche, vibrante d'acidité, aux saveurs minérales et d'agrumes, tendu et très fin. Un vin qui devrait très bien évoluer.
(**** - juin/08 - Fed)

Chassagne Montrachet 1er cru "Clos de la truffière" 2005, Vincent Girardin (65$)
Plutôt discret, très fin, avec des notes minérales, fumées, un caractère de cire, d'épices, ainsi qu'un fruit d'agrumes. Belle bouche, onctueuse, savoureuse, de belle acidité, dotée d'un excellent sens des proportions, avec un caractère un peu réservé qui lui donne beaucoup de distinction. Très réussi!
(**** - juin/08 - Fed)

Chassagne Montrachet 1er cru "les Caillerets" 2005, Jean Noël Gagnard (SAQ 89$)
Joli nez, avec une maturité exotique, quoiqu'un peu atypique, le fruit évoque la banane mûre, un brin chimique, marqué par un boisé qui laisse des traces d'épices, aux nuances légèrement médicinales. Le tout est un peu déroutant et ne s'estompe qu'après une très longue aération. Belle bouche, mûre, onctueuse, avec une acidité marquée qui confère au vin une tension laissant une impression presque tannique, le fruit très mûr, aux relents de banane, se mêle au boisé dans un milieu de palais savoureux et complexe mais toujours un peu atypique. Un vin qui est difficile à noter en ce moment, peut-être pour son caractère excessif, mais si le temps lui permettait de trouver un peu plus d'harmonie ce "caillerets" pourrait devenir un excellent Chassagne.  
(*** ½ @ **** - juin/08 - Fed)


 

3e volet :
Bâtard Montrachet - J. N. Gagnard                   10 votes    
Puligny "les clavoillons" - Domaine Leflaive     3 votes
Corton-Charlemagne - Drouhin                           0 votes 

 

Bâtard Montrachet grand cru 2005, Jean Noël Gagnard (SAQ 249$)
Premier nez un peu discret, avec un très beau boisé qui laisse des arômes subtilement fumés, de noisette, puis le fruit devient un peu plus exotique, en préservant toujours beaucoup de classe et de distinction, avec des nuances de poire mûre et de cire d'abeille. La bouche est assez dense, compacte, tendue par une fine acidité, le boisé est très bien intégré, laissant des traces de pain grillé dans une finale racée et très persistante. Un vin jeune, un peu réservé pour le moment, mais doté d'un grand potentiel.
(**** ½ - juin/08 - Fed)

Puligny Montrachet 1er cru "les clavoillons" 2005, Domaine Leflaive (LCBO 125$)
Fumé, très fin, avec un caractère floral frais et complexe, dans lequel s'entremêlent des nuances de chèvrefeuille et de wasabi, le boisé, très subtil, gagne des notes noisettées. Bouche élégante, onctueuse, offrant beaucoup de nerf, avec une superbe tenue en milieu de palais, de la minéralité et une finale discrète d'agrumes.
(**** - juin/08 - Fed)

Corton-Charlemagne grand cru 2005, Joseph Drouhin  (SAQ 10793737 – 137,00)
Très mûr, avec un caractère douceâtre, beurré, vanillé, aux arômes de confiture de pommes, de menthe séchée et d'anis étoilé. La bouche est de bonne matière, encore une fois marquée par une grande maturité de fruit, avec des notes de pomme presque sucrée qui ne semblent pas s'accorder avec le boisé beurrée, un brin trop facile pour un vin de ce rang. Faut espérer que le temps lui rende un peu de noblesse. 
(*** ½ - juin/08 - Fed)